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Sarkozy et Internet: Entre farce et dogmatisme inquiétant

Paris, le 8 janvier 2010 – Nicolas Sarkozy vient d'annoncer qu'il mettrait en œuvre certaines préconisations du rapport qu'il a commandité au producteur et lobbyiste du disque Patrick Zelnik. Ces dispositions « sur mesure » existent avant tout pour servir les intérêts des amis de la présidence. Bien que risibles, elles révèlent un dogmatisme inquiétant dans lequel les droits du public et l'intérêt général disparaissent au profit de quelques industries désemparées… les copains d'abord !

C'est officiel : Les contribuables français devront mettre la main à la poche pour payer des millions de copies de fichiers musicaux. Rien de plus normal en période de crise économique et tandis que les universités et les hôpitaux sont à l'agonie. Cette mesure, qui s'annonce toute aussi efficace que la machine à punir HADOPI inaugurée aujourd'hui en grande pompe, révèlent une vision d'Internet étroite, dangereuse et dogmatique de la part du Président de la République.

Écartée d'un revers de main, la contribution créative était pourtant la seule voie d'évolution qui aurait pu mettre fin à cette absurde « guerre contre le partage », menée par les industries du divertissement contre les consommateurs et citoyens. Elle aurait également permis de reconnaitre enfin les droits du public à hauteur des nouveaux usages sociaux, tout en apportant des financements supplémentaires pour la création. Qu'importe ! Alors que de nombreuses études gouvernementales et indépendantes confirment1 que le partage d'œuvres sur Internet, entre individus et sans but commercial, a un impact neutre voire positif sur l'économie de la création, le dogme des intermédiaires impose de fermer les yeux.

« Punir et taxer pour combattre ce que l'on ne comprend pas, voilà une drôle de façon de considérer le futur d'Internet… Tout un programme pour la création et son public ! », ironise Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net. « Ces mesurettes fades et coûteuses sont au niveau de la farce HADOPI. Il faut garder à l'esprit qu'après la répression du partage d'œuvres sur le réseau, le pouvoir en place semble bien décidé à poursuivre son entreprise de contrôle de l'Internet, notamment avec la censure du Net amorcée par la future loi LOPPSI. », conclut-il.