Soutenons La Quadrature du Net !

Libertés sur Internet : halte au double-langage !

Paris, le 9 décembre 2011 – Les Pays-Bas organisent aujourd'hui une conférence internationale consacrée aux libertés sur Internet. Alors que les États-Unis et l'Europe se posent en défendeurs des libertés en ligne, la Quadrature rappelle que leurs politiques Internet vont à l'encontre des grands principes affichés lors de cette conférence, notamment en encourageant la censure du Net au travers de l'accord anti-contrefaçon (ACTA) et d'autres initiatives.

« Mesdames Clinton et Kroes feignent d'ignorer que les libertés en ligne sont menacées partout dans le monde, pas uniquement dans les régimes autoritaires mais aussi dans les démocraties comme l'Inde1, les pays de l'UE ou les États-Unis. Alors que dans son discours, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton promeut un Internet sans frontière, elle assimile les atteintes au droit d'auteur à la cybercriminalité, usant de la même rhétorique fallacieuse que les partisans des mécanismes de censure actuellement débattus au Congrès américain2. Que ce soit par l'accord ACTA 3, les conclusions du G84, ou la stratégie de l'UE pour le droit d'auteur5, de nombreuses initiatives visent à confier des missions de police et de justice aux entreprises de l'Internet et aux machines qu'elles programment. Le risque d'abus est inévitable, et les conséquences pour la liberté d'expression seraient terribles. » déclare Jérémie Zimmermann, porte-parole de l'organisation citoyenne La Quadrature du Net.

« L'appel de la Commissaire Neelie Kroes en faveur d'une “auto-régulation” de l'industrie de la censure et de la surveillance restera sans effet sur l'exportation de ces technologies, souvent développées avec l'aide des gouvernements occidentaux eux-mêmes6. Il faut aller au-delà du double-langage, et joindre les actes à la parole en rejetant l'ACTA et les autres dispositifs de censure, et en préservant l'universalité d'Internet à travers une protection législative de la neutralité du Net. Nous voulons des actions concrètes pour protéger les libertés des citoyens, et le rejet inconditionnel de la censure automatisée et privatisée d'Internet sous couvert d'“auto-régulation”. » conclut Zimmermann.