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[Mediapart] Terrorisme: un rapport confidentiel-défense condamnait en 2013 le tout-sécuritaire

Classifié « confidentiel défense », le texte ne semble pas avoir pris une ride deux ans après sa rédaction. Alors que le gouvernement s’est de nouveau engagé depuis les attentats de janvier, puis ceux de novembre 2015, dans une politique exclusivement sécuritaire (et sans contre-pouvoir véritable), Mediapart publie en intégralité un rapport du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) sur la « prévention de la radicalisation ». Son contenu, qui tente d’analyser les ressorts de l’embrigadement terroriste et les moyens d’y répondre, tranche singulièrement avec le ton martial de l’époque, véhiculé par le Premier ministre Manuel Valls. [...]

Son constat est sans appel : le tout-sécuritaire serait voué à l’échec. « Nous sommes aujourd’hui face à un phénomène de fond auquel les dispositifs en place ne répondent qu’imparfaitement car ils ne prennent en compte qu’une partie de la réponse, uniquement sous l’angle de la répression […]. Il y a donc urgence à agir », peut-on lire dans le rapport. [...]

Le rapport Jounot ne cesse de pointer divers manquements de l’État dans la lutte contre la radicalisation pouvant aboutir à la violence terroriste, « les ministères sécuritaires ne pouvant à eux seuls y répondre ». C’est pourquoi il propose d’« adopter une démarche non stigmatisante qui s’attaque davantage aux causes de la radicalisation (agir sur les vulnérabilités et réduire les influences) qu’à ses manifestations » et d’« associer les acteurs sécuritaires et non sécuritaires ». Surtout, il réclame d’« assumer publiquement cette démarche ». [...]

Seulement voilà, la France est à la traîne. Les ministères non régaliens « manquent d’outils » pour « quantifier l’ampleur et les évolutions » du phénomène et manquent « de politiques élaborées destinées à le contenir, ce qui traduit l’absence d’une analyse partagée » de celui-ci. Les études sont « lacunaires » et « aucune ne permet de développer un cadre d’analyse complet ». « Il n’existe pas non plus de stratégie globale ni même de doctrine pour tenter de limiter l’influence des idéologies radicales dans la société. » Même les ministères sécuritaires (Intérieur, Défense, Justice…) ont des « dispositifs largement perfectibles », note le SGDSN fin 2013. [...]

https://www.mediapart.fr/journal/france/110116/terrorisme-un-rapport-con...