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[FranceInfo] Pourquoi Internet a-t-il été créé ? et autres questions d'enfants sur la toile

Projet de loi pour la "République numérique" et hackathon pour la sécurité organisé à Paris, les petits journalistes de France Info junior en profitent pour poser toutes leurs questions sur Internet.

Souvenez-nous, à ses débuts dans les années 90, Internet faisait ce bruit-là, celui du modem qui crachote. On ne pouvait y surfer que quelques heures par semaine, seulement sur ordinateur, et il fallait patienter parfois plusieurs minutes pour afficher une image. Un temps que les moins de dix ans ne peuvent pas connaître... Ce sont pourtant des enfants qui posent leurs questions, nombreuses et pertinentes, aujourd'hui sur France Info junior.

Alors que le gouvernement présente aujourd'hui son projet de loi pour une "République numérique", la mairie de Paris organisait la semaine dernière un hackathon pour aider et sécuriser la ville en cas d'attaque ou d'attentat. Quand est né Internet ? Pourquoi a-t-on créé Internet ? Va-t-il mourir un jour ? Sixtine, Benjamin et Marie, élèves en CM2, posent leurs questions à Okhin, activiste de l'Internet, permanent de l'association La Quadrature du Net.

NDLQDN : Merci aux bénévoles qui ont effectué la transcriptions ci-dessous <3>


00:00 — La mairie de Paris organisait dimanche soir le premier hackathon dans les locaux de l'école 42 de Xavier Niel. Facebook, Twitter, les autorités, les startups ont planché sur les moyens technologiques de prévenir, de signaler, de gérer les crises de grande ampleur de la détection des comportements à l'information, à la protection des populations en cas d'attaque type attentat. On a vu le 13 novembre le rôle important joué par Internet et par les réseaux sociaux. L'occasion pour nos petits journalistes de se pencher sur la place d'Internet dans nos vies après seulement une vingtaine d'années d'existence.
00:32 — Bonjour Okhin.
— Bonjour
— Hacktiviste de l'Internet, permanent de l'association la Quadrature du Net. Face à vous Sixtine, Marie et Benjamin, des CM2 de l'école Victor Cousin de Paris et au micro de France Info d'Estelle Fort. C'est toi qui commences Sixtine.
00:44 — Sixtine Comment quelqu'un a eu l'idée de faire Internet ?
00:46 Okhin :Alors il n'y a pas eu quelqu'un qui a eu l'idée de faire Internet.... Internet au début ça a été créé pour mettre en réseau des ordinateurs notamment dans les universités parce qu'à l'époque les ordinateurs étaient très très gros, donc on ne pouvait pas tous en avoir. Et les universités voulaient communiquer les unes avec les autres et s'échanger des données. Ça a commencé comme ça, puis après ils se sont connectés à travers l'océan Atlantique... Et puis après y a des entreprises comme Google qui sont arrivées, ce genre de sites-là et voilà Internet.
1:06 Marie :À quoi ça ressemblait Internet au début, parce que moi j'imagine des couleurs un peu moches, que ça mettait 300 ans à afficher l'image
1:15 Okhin :Alors c'est à peu près ça en fait sauf qu'on n'avait pas forcément beaucoup d'images parce qu'elles étaient très très longues à charger alors c'était beaucoup de textes.
1:21 Animateur :Et quand on dit au début on est en quelle année d'ailleurs ?
1:22 Okhin :Alors moi ça c'est quand j'ai commencé sur Internet, en 95, 97, l'Internet grand public.
1:27 Sixtine :Quel est le premier site inventé sur Internet, c'est Google, Firefox, ou un autre site ?
1:35 Okhin :Rien de tout ça, le premier site sur Internet c'était un site qui a été fait par le CERN, un groupe de recherche qui est basé en Suisse et qui expliquait en fait ce que c'était Internet.
1:41 Animateur :On n'est jamais mieux servi que par soi-même
Okhin :
Voilà.
1:44 Benjamin : Combien y-a-t-il de fichiers sur Internet ?
Okhin : Ça c'est une question qui est compliquée à répondre. le problème c'est qu'Internet ça change tout le temps tous les jours en très grande quantité. On estime qu'il y a à peu près 5 milliards de pages indexées par Bing et Google et que ça correspondrait à peu près à 1% de la taille totale des pages disponibles sur Internet.
2:01 Donc en fait on ne peut pas dire quelle est la taille d'internet. Marie ?
Marie :C'est quoi qui permet à tout le monde d'avoir Internet, c'est un satellite ?
Okhin :Alors non c'est pas un satellite, c'est des câbles qui passent essentiellement sous les océans, les gros câbles sous-marins dont on parle régulièrement en fait, qui connectent les États-Unis, la France, le reste de l'Europe, l'Angleterre, l'Australie... Parfois ils se font manger par des requins donc il y a des bateaux qui vont réparer régulièrement ces câbles, mais comme il y en a plusieurs s'il y en a un qui est cassé ce n'est pas grave, on passe par un autre câble.
2:24 Benjamin :Est-ce que le créateur d'internet a le contrôle sur Google et Firefox ?
2:29 Okhin :La personne qui a inventé le web qui est Sir Tim Berners-Lee qui a inventé ce qu'on appelle le lien hypertexte n'a absolument aucun contrôle sur Google ni sur Firefox ou autre... Internet c'est un bien commun donc ça appartient à tout le monde et c'est géré un peu par qui peut le gérer.
2:42 Est-ce que les sites peuvent faire leurs propres lois sur Internet?
2:45 Okhin : Ça dépend de ce qu'on appelle la loi mais les sites décident de ce qu'ils veulent héberger donc ils font un peu ce qu'ils veulent.
2:49 Animateur : Mais la loi encadre quand même très strictement les contenus d'Internet
2:52 Okhin : Oui mais la loi est très compliquée à appliquer parce que la loi américaine n'est pas la même que la loi française par exemple et on a énormément de problèmes... Ça veut pas dire qu'Internet est une zone de non-droit, y a beaucoup de coopération internationale par exemple. On peut déjà appliquer le droit actuel, on peut faire tout ce genre de choses-là.
3:02 Animateur : Et on peut couper un site ?
3:04 Okhin : Couper un site c'est compliqué et y a plusieurs façons de le faire. La façon la plus efficace c'est de saisir les serveurs sur lesquels sont hébergés les sites. Par exemple le droit français décide que ce site qui est hébergé au Panama ne doit pas avoir lieu, la France n'a que très peu de moyens d'aller saisir le site physiquement au Panama donc du coup ils vont faire généralement une censure au niveau du DNS, donc du système qui permet de trouver les sites internet mais qu'on peut contourner en utilisant des outils comme Tor par exemple.
3:27 Marie : Quelle est la différence entre Internet et Google ?
3:30 Animateur : Super Question
3:31 Okhin : Alors c'est une question très complexe en fait. Si on parle du contenu, en fait Google ne fait qu'indexer le contenu, et une petite partie du contenu Google ne fait que répondre à la question « Où est-ce que se trouve ça ? » en fait c'est un peu un système d'annuaire, c'est un peu comme un service de renseignements en fait, Google on lui demande « où est-ce que j'peux trouver ça ? » et Google nous dit « Ben là. » Mais toutes les réponses de Google n'appartiennent pas à Google en fait.
3:46 Animateur : C'est que un service de renseignement et pourtant on a vraiment l'impression que c'est l'entreprise la plus puissante de l'Internet
3:52 Okhin : Avant qu'il y ait Google eh bien quand on cherchait un site, on avait des annuaires, des listes qu'on s'échangeait de sites qu'on connaissait et Google a fait : nous on va vous rendre ce service là en fait. C'est le point d'entrée sur Internet et donc il décide de comment on accède à Internet.
4:02 Sixtine : Combien de personnes dans le monde ont accès à Internet comme 60% ou 65%…
4:08 Okhin : Alors en fait ce sont 65% de gens dans le monde qui n'ont pas accès à Internet.
4:11 Animateur : 35% de gens donc qui ont accès à Internet
4:14 Okhin : Voilà qui sont essentiellement les Américains du Nord et les Européens.
4:16 Marie : Est-ce que sur Internet y a des censures dans certains pays ?
4:19 Okhin : Alors oui y a des censures. On pense souvent à l'Iran ou à la Chine, à ces grands pays extrêmement démocratiques. On pense beaucoup moins à tous les pays européens, par exemple la France qui est un pays qui censure beaucoup Internet, ce qui va être fait par la HADOPI qui a pour but de sanctionner, faire fermer les moteurs qui permettent d'accéder à du contenu multimédia. Y a eu le ministère de l'intérieur par exemple qui va censurer des sites qu'il juge lui-même sans intervention d'une procédure juridique/judiciaire, sans intervention d'un juge, que ces sites font l'apologie du terrorisme. Par exemple y a des sites d'information sur ce qu'il se passe en Syrie qui ont été censurés. La France censure pas mal Internet en fait.
4:53 Sixtine : Pourquoi Internet est addictif ? Parce que moi des fois j'arrive pas à m'arrêter.
4:59 Okhin : Alors oui, moi non plus. C'est très compliqué d'arrêter Internet, parce qu'en fait Internet, ça permet plusieurs choses, ça permet par exemple de parler en permanence avec ses amis, et on n'a jamais envie de s'arrêter de parler avec ses amis. Ça permet de regarder tous les films et toutes les séries, permet de lire tous les livres, permet de jouer à tous les jeux vidéo, ça permet de parcourir Wikipédia au hasard et d'apprendre énormément de choses sans s'en rendre compte. Et quand on en a marre de traîner sur Wikipédia on va sur un autre site pour, par exemple, regarder les infos, ou jouer en ligne à d'autres trucs, puis après on va sur Facebook, puis après on va sur Twitter, et après on retourne sur Wikipédia. Donc, en fait, il y a pas de fin à Internet, et c'est pour ça parfois c'est compliqué, on se fait un peu absorber parce qu'il y a énormément de choses qui sont intéressantes.
5:30 Benjamin :Est-ce qu'on pourrait augmenter les effectifs d'Internet pour pouvoir enlever toutes les photos et vidéos malsaines d'Internet ?
5:40 Okhin :Alors Internet n'étant pas une entreprise, il n'y a pas d'effectif en soi. Donc on ne peut pas augmenter les effectifs d'Internet, et ça pose la question de qu'est-ce que c'est qu'une photo ou vidéo malsaine. Et donc c'est pour ça que généralement on a ce qu'on appelle le droit et la loi qui déterminent qu'est-ce que c'est qu'une photo ou vidéo malsaine, et donc il faut qu'il y ait un processus juridique avec un juge, des policiers, des plaignants, etc qui disent « Et ben moi j'suis choqué par cette vidéo », les policiers font une enquête et les juges rendent un verdict. On en a actuellement pas mal qui sont fait actuellement en France sur tout ce qui va être apologie du terrorisme, incitation à la haine raciale, tout ce qui va être lié à la pédophilie etc. Ou il y a un juge qui prend une décision qui dit « beh non, cette vidéo, cette photo ne doit pas être accessible facilement par le public ».
6:14 Animateur :Sixtine ?
6:16 Sixtine :Est-ce que Internet va mourir un jour ?
6:18 Okhin :Probablement. Ou changer du moins. Moi je suis né y'avait pas Internet, mes parents étaient nés y'avait pas les six chaines à la télé, mes grands-parents sont nés ils avaient à peine la radio... Vous vous êtes nés vous avez Internet Facebook et Twitter qui étaient déjà là... Vos enfants auront d'autres choses, je ne sais pas.
6:31 Animateur :Bon terminons sur ce je sais pas alors. Merci Okhin d'être venu répondre aux questions des enfants de France Info Junior qui nous emmène demain dans les coulisses de la tournée des Enfoirés avec Maxime Le Forestier.

☙❦❧

http://www.franceinfo.fr/emission/france-info-junior/2015-2016/pourquoi-...

[Euronews] L'entretien complet avec Antoine Daniel

Pour les plus curieux d’entre vous, voici la retranscription complète de l’entretien avec le vidéaste, père de l‘émission What The Cut !. [...]

Pensez-vous qu’internet s’est aseptisé ?
[...] Il y a beaucoup d’argent sur YouTube, et les gens s’en rendent compte. Du coup ils se lancent sur YouTube non pas parce qu’ils aiment faire des vidéos, mais parce qu’ils ont un plan de carrière. Ils se disent « je veux être connu », « je veux gagner de l’argent, côtoyer des gens célèbres » et je trouve ça horrible. Quel dommage ! Tout le côté publicitaire, les placements de produits, les opérations spéciales, les vidéos dédiées ! Franchement, j’ai l’impression que les gens ne se rendent pas compte qu’on a un Eldorado. Et on construit des McDonalds dessus. C’est un truc de fou !
[...]
D’autres part, je suis pour un internet totalement libre, où on essaie des choses, où la vie privée est respectée, où il y a beaucoup de choses en open source, où la neutralité du net est respectée… Hadopi c’est du pipi de chat ; d’autres lois sont bien plus liberticides : l’état d’urgence, la loi de la programmation militaire… Je n’accepte pas forcément les lois, mais que je ne les accepte ou pas, je les vis. Si certains ont envie de réfléchir à ces questions, voire de s’engager, je leur conseille d’aller voir des sites comme la Quadrature du Net, ou Framasoft. Ces sites très intéressants peuvent être une porte d’entrée pour réfléchir collectivement à des modèles alternatifs, et dénoncer des pratiques qui ne vont pas.
[...]

http://fr.euronews.com/2016/02/11/antoine-daniel-lentretien-complet

[Liberation] Que reste-t-il des utopies du Net ?

En 1996, l'essayiste américain John Perry Barlow publiait sa «Déclaration d’indépendance du cyberespace», devenue emblématique des cyberutopies libertaires. Vingt ans après, Etats et entreprises ont repris la main, mais l'imaginaire de réinvention sociale n'a pas disparu. [...]

Mais sa «Déclaration d’indépendance du cyberespace», envoyée par e-mail à quelque 400 contacts, va se répandre dans la nuit telle une traînée de poudre. «Gouvernements du monde industriel, vous, géants fatigués de chair et d’acier, je viens du cyberespace, la nouvelle demeure de l’esprit, écrit l’Américain, lyrique à souhait. Au nom du futur, je vous demande à vous, du passé, de nous laisser tranquilles. Vous n’êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n’avez pas de souveraineté là où nous nous rassemblons.» [...]

De fait, la «Déclaration d’indépendance du cyberespace» va devenir un bréviaire des cyberutopies libertaires. A la relire aujourd’hui, alors qu’elle vient de fêter son vingtième anniversaire, elle semble terriblement datée. «On a l’impression d’avoir changé de monde, et d’Internet», résume Benoît Thieulin, le président sortant du Conseil national du numérique (CNNum). Sont passés par là, à mesure que croissait le nombre d’utilisateurs du réseau, les luttes des industries culturelles contre le piratage, les débats sur les limites à la liberté d’expression, entre régulation et censure, et l’extension de la surveillance de masse. Barlow lui-même n’a pas oublié les déclarations de Nicolas Sarkozy sur «l’Internet civilisé» au G8 de 2011, comme il le raconte à Wired.

http://www.liberation.fr/futurs/2016/02/09/que-reste-t-il-des-utopies-du...

[Nextinpact] Loi Renseignement : l'avis que la CNIL refuse de publier

Après bien des efforts, la CNIL a bien voulu nous communiquer son avis sur le projet de décret relatif aux données de connexion qu’elle ne souhaitait pas diffuser d’elle-même, contrairement à l’ARCEP. Next INpact diffuse du coup ce document. [...]

Consultée sur le projet de décret, l’ARCEP a pris l’initiative de diffuser son avis sur le projet initial de ce texte. Même si sa plume est prudente et courtoise, le gendarme des télécoms l’égraine de quelques considérations épicées. Ainsi, pressés par les services du renseignement, les opérateurs auront parfois quelques difficultés à distinguer les données de contenant et celles de contenus. Autre chose, l’armada sécuritaire de la loi risque d’occasionner des coûts douloureux pour les Bouygues, Free, Numericable et autres Orange. En creux, l’ARCEP suggère à l’Intérieur de ne surtout pas suivre l’exemple du ministère de la Culture face à Hadopi. La Rue de Valois a en effet bataillé ferme pour éviter que les FAI perçoivent leur obole, en contrepartie de leur collaboration obligée dans la riposte graduée. [...]

Fait notable : la CNIL prend soin de considérer que l’URL est « porteuse par nature des informations consultées ». Inspirée par le Conseil constitutionnel dans sa QPC Quadrature du Net, FDN, FFDN, elle considère que l’adresse ne devrait donc pas être alpaguée par les services, sauf à faire l’objet préalablement d’une anonymisation. Contrairement à ce qu’affirmait le ministre de la Défense, les boites noires ne devraient donc pas permettre de renifler l’identité des personnes venant voir une décapitation sur site tel YouTube. Elle insiste en ce sens : « si elle est nécessaire à l’acheminement d’une communication, l’URL permet également de révéler des informations consultées ». [...]

http://www.nextinpact.com/news/98483-loi-renseignement-avis-que-cnil-ref...

[Nextinpact] Données personnelles : pourquoi la CNIL met en demeure Facebook

La CNIL a mis publiquement en demeure Facebook suite à une longue série de manquements à la législation sur les données personnelles. Le réseau risque une sanction de 150 000 euros, voire 1,5 million d’euros en justice, sauf à colmater ces problèmes d’ici trois mois. [...]

Puisque Facebook a un établissement en France, au sens de la décision Weltimmo, la CNIL estime que la loi de 1978 est indéniablement applicable au réseau social. Dès mars 2015, elle effectue donc plusieurs contrôles sur place dans les locaux de Facebook France. Vérifications doublées par des contrôles en ligne, comme le lui autorise une disposition de la loi Hamon. Qu’est-ce que la CNIL a relevé ? Tout simplement une pluie de manquements à lui faire saigner les yeux. [...]

Au jour de son constat, la CNIL a remarqué que Facebook s’abritait toujours derrière le Safe Harbor pour justifier du transfert de données personnelles des Européens, vers ses serveurs aux États-Unis. Le réseau social estime ainsi que la décision de la CJUE qui a annulé le Safe Harbor compte pour du beurre, du vide, du rien, n’existe pas. La CNIL est limpide : « dans la mesure où cette décision a été invalidée, il n’est désormais plus possible pour la société de procéder à un transfert de données personnelles vers les États-Unis sur la base du Safe Harbor ». [...]

http://www.nextinpact.com/news/98449-donnees-personnelles-pourquoi-cnil-...

[Nextinpact] État d’urgence : après les perquisitions administratives, les saisies de PC, téléphones, tablettes

L’avant-projet de loi modifiant une nouvelle fois la loi de 1955 relative à l’état d’urgence, va autoriser prochainement les saisies informatiques à l’occasion des perquisitions administratives autorisées depuis novembre dernier. [...]

En cas de saisie, réalisée en présence d’un officier de police judiciaire, un procès-verbal devra mentionner ces motifs tout en dressant l’inventaire des biens. Ce PV est remis au principal concerné. Et ensuite ? « Documents, systèmes informatiques et équipements terminaux » visés sont conservés « sous la responsabilité du chef du service ayant procédé à la perquisition et à la saisie ».

Les agents auront alors 15 jours pour fouiller et copier l’intimité numérique de la personne avant restitution des biens à leur propriétaire. Certes, avant terme, celui-ci pourra toujours saisir le juge administratif pour obtenir une restitution anticipée, mais remarquons une chose : dans tous les cas, l’avant-projet de loi ne dit rien du sort des données copiées par les services, ni de ce qu’il adviendra des retranscriptions. La loi de 1955, modifiée après les attentats, souffrait déjà d’un même reproche qui a occasionné le dépôt victorieux d’une question prioritaire de constitutionnalité à la demande de la Ligue des droits de l’homme, auscultée actuellement par le Conseil constitutionnel. [...]

http://www.nextinpact.com/news/98323-etat-d-urgence-apres-perquisitions-...

[LeMonde] L’Inde met un coup d’arrêt aux rêves de Facebook d’un Internet low cost

Facebook vient de perdre une longue bataille face aux autorités indiennes. L’Autorité régulatrice des télécoms (TRAI – Telecom Regulatory Authority of India) s’est opposée, lundi 8 février, au service d’accès à l’Internet mobile du réseau social. [...]

La TRAI a publié un règlement qui interdit aux opérateurs mobiles de proposer des tarifs différenciés et discriminants d’accès à Internet sur téléphone mobile, barrant la route à Free Basics dans sa formule actuelle. Les sociétés contrevenantes s’exposeront à des sanctions financières. La nouvelle règle sera réétudiée au bout de deux ans d’application. [...]

Ces offres présentent plusieurs inconvénients, argue la TRAI. Elles peuvent désavantager les petits opérateurs, qui n’auraient pas les moyens d’offrir ces tarifs low cost, et auraient du mal à concurrencer les gros acteurs du marché. Plus largement, le régulateur affirme qu’autoriser les accès discriminés risque de compromettre « l’ouverture de l’Internet tel qu’on le connaît ». Avec cet argument, la TRAI offre une victoire aux défenseurs de la neutralité du Net, un principe d’accès égal et non discriminé. « Autoriser des tarifs différents selon le type de contenu auquel on accède serait un coup porté aux bases fondamentales d’Internet qui ont changé la manière dont chacun se connecte aux autres. » [...]

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/02/08/internet-mobile-l-inde-f...

[Rue89] Loi numérique : « Ce manque de courage politique me gonfle »

Le projet de loi numérique est discuté mardi à l’Assemblée nationale. Isabelle Attard, députée écologiste qui a déposé 66 amendements, dénonce les lobbies à l’œuvre dans la discussion et l’absence de stratégie numérique du gouvernement. Entretien. [...]

Quel que soit le projet de loi, et peut-être encore plus sur la loi création et celui-ci, c’est le fait de voir quelques privilégiés, quelques soi-disant défenseurs des créateurs, se mettre entre la création et le public. Afin de détourner à leur profit, sous couvert de culture, de financement de la culture. Pour moi, c’est mensonge sur mensonge ce genre de tactique. [...]

Sur le domaine public, me dire qu’on n’a pas encore tous les éléments alors qu’il y a un an et demi, on m’a fait poireauter en me promettant l’arrivée du rapport de Pierre Lescure. Maintenant qu’il est là [depuis mai 2013, ndlr], favorable au domaine public, on va trouver quoi comme prétexte ? [...]

Leur idée, c’est : on touche pas aux droits d’auteur. Sauf que le droit d’auteur a été créé pour protéger les auteurs. Or, là, ça aide leurs petits-fils, leurs petits cousins et leurs héritiers indirects. [...]

Les députés ne sont pas sensibles au sujet ?

Non, mais je pense que c’est moins lié au lobbying qu’à la méconnaissance des enjeux. [...]

http://rue89.nouvelobs.com/2016/01/18/loi-numerique-manque-courage-polit...

[Libération] Les députés s'emparent de la loi numérique

Enfin, on y est. Présenté le 9 décembre en Conseil des ministres, le projet de loi «pour une République numérique» est débattu, à partir de ce mardi après-midi, par les députés. Porté par la secrétaire d’Etat en charge du Numérique, Axelle Lemaire, il s’est largement appuyé sur le rapport rendu en juin par le Conseil national du numérique (CNNum), et a fait l’objet d’une consultation publique en ligne. C’est désormais au tour des parlementaires de se pencher sur ce texte, touffu — il compte à ce stade 48 articles —, qui aborde aussi bien l’ouverture des données des administrations, l’accès aux travaux de recherche et la «neutralité du Net» que les droits des utilisateurs sur leurs données personnelles ou l’accès au réseau et aux services Internet pour les publics les plus fragiles. [...]

[La] question des logiciels libres — ceux dont le code source est ouvert, et qui peuvent être librement utilisés, diffusés et modifiés —, particulièrement mise en avant par les participants à la consultation en ligne mais écartée par le gouvernement, est bien revenue en commission des lois. Laquelle a amendé le texte pour que les administrations et le secteur public «encouragent» leur utilisation. De quoi provoquer la levée de boucliers de plusieurs organisations du secteur [...]

Ni la liberté de panorama — «prématurée», a jugé Axelle Lemaire, quand des négociations sur le droit d’auteur sont en cours à Bruxelles — ni les «communs» — «pas suffisamment mûrs» — n’ont passé le cap de la commission des lois, mais leurs partisans entendent bien mener la bataille. [...] Reste que l’affaire semble mal engagée : comme en témoigne un argumentaire envoyé aux députés et publié par l’association la Quadrature du Net, le ministère de la Culture ne ménage pas sa peine pour ferrailler contre le «domaine commun». [...]

Le projet de loi pourrait-il être significativement modifié par le Parlement ? Adrienne Charmet-Alix, chargée des campagnes de la Quadrature du Net, n’y croit pas : «Le texte a été vidé de sa substance, déplore-t-elle. Il n’est pas mauvais en soi, mais il n’a rien de révolutionnaire, et je ne pense pas qu’il bougera énormément.» [...]

http://www.liberation.fr/futurs/2016/01/19/les-deputes-s-emparent-de-la-...

[LeMonde] Les 11 700 fiches « S » pour islamisme mises sous surveillance

C’est la seule véritable mesure choc du gouvernement et du président de la République pour faire pièce au terrorisme qui a durement frappé la France en 2015. Lors du Conseil national du renseignement du 14 janvier, François Hollande a validé la mise en place d’un dispositif visant, à terme, à mettre sous surveillance l’ensemble des données de communication des 11 700 personnes fichées « S » pour lien avec l’islamisme radical. [...]

Le souci réside dans le fait que les moyens humains et techniques de la CNCTR étant, pour l’heure, largement sous-dimensionnés pour une telle tâche, il a été décidé de procéder par un examen « simplifié » et « groupé », le temps de pourvoir aux besoins de l’instance de contrôle. Le président de la CNCTR, Francis Delon, n’a pas opposé de résistance à cette procédure qui restreint, de fait, le champ de sa mission. Aucun délai n’ayant été fixé pour améliorer cette capacité de contrôle, le gouvernement se met dans l’illégalité alors que la loi sur le renseignement devait justement le replacer dans le giron du droit.

Il s’agit de collecter des données de connexions, également appelées métadonnées, qui circulent dans les câbles et sont captées grâce aux moyens techniques de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et à l’accès au stockage de données des opérateurs de communication. L’Etat peut ainsi suivre toutes les connexions attachées aux adresses IP d’ordinateurs, de numéros de téléphone, cartes bancaires et tout autre objet relié à un réseau électronique utilisé par les personnes fichées. Cette collecte systématique permet de surveiller la vie des individus de façon bien plus intrusive que par écoute téléphonique. De quoi établir une vaste toile de surveillance comprenant également les entourages et les entourages des entourages. [...]

http://abonnes.mobile.lemonde.fr/police-justice/article/2016/02/04/les-1...

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