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La revue de presse recense les articles de presse relatifs aux sujets de la Quadrature, compilés par ses bénévoles.
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[LeMonde] Le Sénat crée un délit de « consultation habituelle de sites terroristes »

Le Sénat a adopté, dans la nuit du 30 mars, un amendement du groupe Les Républicains au projet de loi sur le crime organisé et le terrorisme instaurant un délit de « consultation habituelle de sites terroristes ». Le texte adopté punit « le fait de consulter habituellement un service de communication au public en ligne mettant à disposition des messages, images ou représentations soit provoquant directement à la commission d’actes de terrorisme, soit faisant l’apologie de ces actes », de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. [...]

Les opposants à ce type de mesures arguent qu’elles sont attentatoires à la liberté d’expression, et risquent d’aboutir à des condamnations arbitraires. Ils affirment également qu’elles sont peu efficaces, une partie importante du recrutement se faisant par le biais de discussions instantanées et non de sites « classiques ». [...]

Cet amendement devrait logiquement être supprimé en deuxième lecture lors de son passage devant l’Assemblée, où le PS est majoritaire.

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/03/31/le-senat-cree-un-delit-d...

[Libération] Terrorisme : la frénésie sécuritaire française à côté de la plaque

L’enquête, qui est loin d’être terminée, a déjà mis au jour d’incroyables dysfonctionnements des services de sécurité et ce, en France comme en Belgique [...]

Face à cet échec, autant politique que policier et judiciaire, la réaction des autorités, notamment en France, a été de se lancer dans une frénésie législative sécuritaire sans précédent. Ainsi, au lendemain du 22 mars, Manuel Valls n’a rien trouvé de mieux que d’exiger que le Parlement européen adopte, séance tenante, le fichier PNR qui doit recueillir les données de tous les passagers aériens, alors qu’aucun de ces radicalisés n’a emprunté l’avion pour commettre son forfait.

Le Premier ministre n’en est pas à son coup d’essai en matière de réponse inadaptée : la loi sur le renseignement intérieur de juillet 2015, votée après les attentats de janvier, a placé sous surveillance tout le trafic internet au nom de la lutte antiterroriste. Mais, outre qu’il n’y a personne en bout de chaîne pour exploiter les renseignements obtenus, le terrorisme actuel n’est nullement «high-tech», mais au contraire, «low-tech» : pas d’utilisation du Net, on se parle en direct, on achète des téléphones jetables, on loue des voitures ou des taxis, on fabrique des bombes avec du matériel acheté dans des magasins de bricolage. [...]

En réalité, ce sont de moyens humains et matériels dont la police et la justice ont besoin, pas de nouvelles lois confiant des pouvoirs exorbitants et sans contrôle à l’exécutif. [...]

http://www.liberation.fr/france/2016/03/30/terrorisme-la-frenesie-securi...

[BugBrother] Crypto: pourquoi l’ex-chef de la NSA défend Apple

Screenshot

Dans une interview vidéo accordée à l'American Enterprise Institute, un think tank conservateur, Michael Hayden, qui dirigea la NSA de 1999 à 2005, puis la CIA entre 2006 et 2009, expliquait récemment ce pourquoi il comprenait et même soutenait Apple face à la demande du FBI, qui voulait pouvoir disposer d'un logiciel permettant de passer outre le mécanisme de chiffrement des iPhone. [...]

[Michael Hayden :] « Je défends Apple. Du point de vue de la sécurité, au vu de la variété de menaces auxquelles l'Amérique doit faire face, je pense qu'il faut être prudent, parce que cela ouvrirait largement les possibilités de dégrader son système incassable de chiffrement point à point. [...] En tant que professionnel de la sécurité, je pense qu'on ferait mieux de ne pas introduire de trou de sécurité dans un système sécurisé de chiffrement. » [...]

http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2016/03/31/crypto-pourquoi-lex-chef-de...

[LeMonde] L'autocensure des idées minoritaires, conséquence de la surveillance de masse

« Je n’ai rien à cacher. » Cet argument, défendu par de nombreux partisans de la surveillance gouvernementale, semble bien mis à mal par une nouvelle étude. Publiée dans l’édition de mars de la revue Journalism & Mass communication quarterly — et donc après les révélations d’Edward Snowden sur l’ampleur de la surveillance exercée par la National Security Agency (NSA) américaine, notamment sur Internet —, elle se penche sur la façon dont la surveillance de masse des internautes les pousse à s’autocensurer. [...]

Résultat, les personnes à qui l’on a rappelé la surveillance d’Etat étaient moins enclines à parler de leurs idées, si elles les jugeaient non conformes à l’opinion majoritaire. Même parmi les participants qui, selon leur profil psychologique, étaient les moins sujets à l’autocensure. [...]

Ces conclusions sont cohérentes avec la théorie de la « spirale du silence », mise en avant dès les années 1970, qui démontre que les individus ont tendance à taire leur point de vue s’ils sentent que celui-ci n’est pas partagé par leurs pairs, par peur de l’isolement. Mais cette dernière étude apporte un nouvel élément, en s’intéressant notamment à l’expression sur Internet et à la surveillance gouvernementale : « C’est la première étude à apporter la preuve que les programmes de surveillance gouvernementaux en ligne peuvent menacer l’expression d’idées minoritaires, et contribuer au renforcement de l’opinion majoritaire.  » [...]

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/03/30/l-autocensure-des-idees-...

[NouvelObs] Les secrets de "Citizenfour" par sa réalisatrice Laura Poitras

Vous ne la connaissez sans doute pas. C'est pourtant Laura Poitras qu'un certain analyste de la redoutable National Security Agency (NSA) a contactée le jour où il a voulu livrer ses secrets. [...]

[Laura Poitras :] « La peur est manipulée par les élus pour faire passer des mesures. Mais j'ai tendance à blâmer les médias pour la façon dont ils gonflent leur audience en encourageant cette tendance. Ils sont trop proches du gouvernement, ils acceptent ses arguments trop facilement. La guerre d'Irak est un exemple parfait. A ce sujet, je suis déçue de voir aujourd'hui certaines décisions prises en France, comme l'état d'urgence. On ne rend pas le monde plus sûr en suspendant les libertés. »

Autre difficulté, une certaine tendance à dire : moi, de toute façon, je n'ai rien à cacher…
[Laura Poitras :] « Snowden a une réponse parfaite à ce genre de propos : "Vous n'abandonnez pas la liberté de parole, même si vous avez le sentiment qu'elle n'est pas menacée." Il y a des principes sacrés, dans les sociétés démocratiques, qui méritent qu'on lutte pour les défendre. » [...]

http://teleobs.nouvelobs.com/actualites/20160315.OBS6501/citizenfour-les...

[NextINpact] Réforme pénale : la petite farce de l'IMSI catcher

Une petite farce. Voilà comment pourrait être résumé le vote par les sénateurs, dans le silence poli du gouvernement, de l’article 2 du projet de loi sur la réforme pénale, celui visant - en façade - les IMSI catcher. [...]

Dans un amendement adopté en Commission des lois, ces IMSI catchers (et autres techniques intrusives) ont été étendus pour l’interception « des correspondances émises ou reçues par un équipement terminal ». Soit des écoutes frappant une conversation et toutes autres formes de correspondances privées. Et hier, le gouvernement s’est bien gardé de déposer un amendement pour revenir sur ce texte et faire en sorte qu’« aucune donnée de contenu » ne soit concernée. [...]

Mais ce qu’a oublié de rappeler le garde des Sceaux, c’est que le gouvernement a notifié fin février à la Commission européenne un texte pour modifier le champ d‘application de l’article 226-3 du Code pénal. La réforme attendue autorisera le recueil des données de connexion et de contenus via également une vraie antenne relai de téléphonie mobile. Grâce à l’intelligence embarquée dans ces éléments de réseaux de nouvelles générations, il sera possible de dupliquer l’ensemble des correspondances échangées dans son rayon d’action. Et ce rayon dépasse allègrement les 200 mètres qu’Urvoas feignait de trouver tellement « trop » vastes.

http://www.nextinpact.com/news/99292-reforme-penale-petite-farce-imsi-ca...

[Télérama] Amesys, cette société française qui aidait Kadhafi à surveiller les Libyens

De 2007 à 2011, le régime libyen de Kadhafi traquait et torturait les opposants, débusqués grâce à un système de surveillance vendu par une société française. Une enquête judiciaire en apporte de nouvelles preuves. [...]

Ce mercredi, Libération et France Inter publient de nouveaux éléments prouvant qu’une entreprise française, Amesys, a bel et bien fourni des technologies de surveillance des télécommunications à la Libye de Mouammar Kadhafi. Les forces de sécurité de l’ex-leader de la Jamahiriya (le nom officiel du pays sous la dictature) se seraient servies d'Eagle pour traquer, arrêter et torturer plusieurs dizaines, peut-être des centaines d’opposants trahis par leur contestation numérique. Eagle ? D’après la brochure de présentation d’Amesys, il s’agit d’« un système massif conçu pour répondre aux besoins d’interception et de surveillance à l’échelle d’un pays, capable d’agréger tout type d’informations et d’analyser en temps réel, un flux de données à l’échelle nationale ». [...]

http://www.telerama.fr/medias/amesys-cette-societe-francaise-qui-aidait-...

[Libération] L’allié français du paranoïaque Kadhafi

Des archives prouvent que l’ex-régime libyen s’est servi d’un système développé par l’entreprise Amesys pour réprimer et torturer des opposants. [...] Le témoignage de Fonaas est un nouvel élément-clé. « Son récit montre que le système de surveillance n’a pas été utilisé seulement pendant le soulèvement de 2011, mais bien avant, pour la répression quotidienne », relève l’avocate Clémence Bectarte, de la FIDH. [...]

Tout, c’est justement ce que proposait de collecter le système de l’entreprise française Amesys. La plaquette de présentation vante un « système massif […] conçu pour répondre aux besoins d’interception et de surveillance à l’échelle d’un pays, capable d’agréger tout type d’informations [et] d’analyser, en temps réel, un flux de données à l’échelle nationale ». [...]

De qui le régime de Kadhafi se méfiait-il ? De tout le monde. Les motifs justifiant les mises sous surveillance sont ainsi très flous. Quant aux conversations échangées, peu semblent émaner de militants complotant pour la chute du régime. Un sentiment renforcé par les notes manuscrites laissées par les services de sécurité, qui parsèment ces fiches. [...]

Pour Alsanosi Fonaas, qui l’a dit lors de son audition, le système est encore en place et fonctionne, il a simplement changé de mains, passant de Kadhafi aux milices de Benghazi, constituées notamment de cadres de l’ancien régime. L’hypothèse n’est pas encore confirmée mais les juges doivent entendre, vendredi matin, le témoignage d’Aguila.

http://www.liberation.fr/france/2016/03/15/l-allie-francais-du-paranoiaq...

[WashingtonPost] Traduction : Une étude montre que la surveillance de masse réduit au silence les opinions minoritaires

Nous publions ici une traduction réalisée par des courageux bénévoles d'un article sur la surveillance de masse et l'auto-censure publié dans le Washington Post le 28 mars 2016.

Une récente étude universitaire montre que la conscience de la surveillance gouvernementale pousse les gens à auto-censurer la publication en ligne de leurs opinions dissidentes. Elle offre un point de vue qui donne à réfléchir sur l'effet souvent vanté de « démocratisation » des réseaux sociaux et d'Internet qui renforcerait la diffusion des opinions minoritaires. L'étude, publiée dans la revue Journalism and Mass communication Quarterly étudie les effets causés par des rappels subtils de surveillance de masse exercée sur les sujets. La majorité des participants a réagi en supprimant les opinions qu'ils percevaient comme minoritaires. Ce travail illustre la manière dont les opinions dissidentes des participants sont tues à la suite de la large prise de conscience de la surveillance gouvernementale révélée par le lanceur d'alerte Edward Snowden en 2013.

La « spirale du silence » est un phénomène très étudié dans lequel les gens refrènent des opinions impopulaires pour s'adapter et éviter l'isolement social. Ce phénomène a été observé dans le contexte des médias sociaux par l'effet de matraquage médiatique, au travers duquel nous ajustons nos opinions pour être en adéquation avec nos amis de Facebook et Twitter. Mais cette étude ajoute un nouveau filtre d'analyse en examinant précisément comment la surveillance gouvernementale affecte l'auto-censure.

Les participants à l'étude ont d'abord fait l'objet d'une enquête portant sur leurs convictions politiques, leurs traits de personnalité et leur activité en ligne, le but étant de créer un profil psychologique de chaque personne. L'existence de la surveillance gouvernementale a ensuite été subtilement rappelée à un groupe-échantillon sélectionné au hasard ; puis une manchette fictive et neutre annonçant des frappes aériennes américaines visant l'État islamique en Irak a été montrée à chaque membre de ce groupe. Les sujets se sont alors vu poser une série de questions concernant leurs attitudes vis-à-vis de cette annonce hypothétique, par exemple quelle serait selon eux la réaction de la plupart des Américains face à ces frappes aériennes et s'ils exprimeraient leur opinion en public à ce sujet. La majorité des sujets auxquels on avait rappelé l'existence de la surveillance de masse se sont dits moins susceptibles d'exprimer leurs idées non conformistes, y compris ceux dont on avait estimé qu'ils seraient moins enclins à s'auto-censurer au regard de leur profil psychologique.

Elizabeth Stoycheff, directrice de recherche de l'étude et professeure assistante à la Wayne State University, se dit préoccupée par ces résultats.

« Tant de gens à qui j'ai parlé disent qu'ils ne se sentent pas concernés par la surveillance en ligne parce qu'ils n'enfreignent aucune loi et qu'ils n'ont rien à cacher. Je trouve donc ces conclusions profondément troublantes », a-t-elle déclaré.

Elle a précisé que les participants qui souscrivaient à l'idée du « rien à cacher », ou encore ceux qui tendaient à approuver la surveillance de masse car étant nécessaire pour des raisons de sécurité nationale, étaient les plus susceptibles de taire leurs opinions minoritaires.

« Le fait que les personnes qui n'ont « rien à cacher » ressentent un effet d'intimidation significatif montre bien que la notion de la vie privée en ligne va bien au-delà de la simple légalité des actes personnels. Elle a trait à un droit humain fondamental qui consiste à garder le contrôle sur sa représentation et sur son image, en privé et aujourd'hui, dans son historique de navigation et dans les métadonnées », ajoute Stoycheff.

Madame Stoycheff est également inquiète du comportement subtilement oppressif de l'auto-censure.

« Cela m'inquiète que la surveillance semble permettre une culture d'auto-censure car cela prive encore plus de leurs droits les groupes minoritaires. Et il est difficile de protéger et renforcer les droits de ces populations vulnérables si leurs voix ne font pas partie de la discussion. La Démocratie se nourrit de la diversité des idées, et l'auto-censure l'affame. » déclare-t-elle. « Il est nécessaire de lancer publiquement cette discussion, afin que les Américains comprennent que les libertés publiques sont aussi fondamentales pour le bien-être à long terme du pays que de repousser les très rares attaques terroristes. »

Elizabeth Stoycheff a écrit à propos de la capacité des outils de partage en ligne à inspirer des changements démocratiques. Mais les résultats de cette étude l'ont amenée à changer son opinion. « L'adoption de techniques de surveillance par le gouvernement et le secteur privé sabote la capacité d'Internet à servir de plateforme neutre pour une discussion ouverte et honnête. Cela commence à priver Internet de sa capacité à être un espace d'expression pour toutes les voix, et à la place [Internet] tend à valoriser les plus dominantes. », dit-elle. Elle précise n'avoir reçu aucune subvention extérieure pour la recherche ou la publication de cette étude.

Merci aux bénévoles qui ont participé à cette traduction <3

https://www.washingtonpost.com/news/the-switch/wp/2016/03/28/mass-survei...

[Liberation] [Audio] 56Kast #71 – Neutralité du Net : mais où est passé le respect ?

Cette semaine, Adrienne [Charmet] de la Quadrature du Net présente la campagne «Respect My Net» pour signaler les entorses des fournisseurs d'accès à la neutralité du Net. Par ailleurs, la Google Car se cogne et les scientifiques se bastonnent. [...]

http://www.liberation.fr/futurs/2016/03/23/audio-56kast-71-neutralite-du...

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