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La revue de presse recense les articles de presse relatifs aux sujets de la Quadrature, compilés par ses bénévoles.
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[WashingtonPost] Traduction : Une étude montre que la surveillance de masse réduit au silence les opinions minoritaires

Nous publions ici une traduction réalisée par des courageux bénévoles d'un article sur la surveillance de masse et l'auto-censure publié dans le Washington Post le 28 mars 2016.

Une récente étude universitaire montre que la conscience de la surveillance gouvernementale pousse les gens à auto-censurer la publication en ligne de leurs opinions dissidentes. Elle offre un point de vue qui donne à réfléchir sur l'effet souvent vanté de « démocratisation » des réseaux sociaux et d'Internet qui renforcerait la diffusion des opinions minoritaires. L'étude, publiée dans la revue Journalism and Mass communication Quarterly étudie les effets causés par des rappels subtils de surveillance de masse exercée sur les sujets. La majorité des participants a réagi en supprimant les opinions qu'ils percevaient comme minoritaires. Ce travail illustre la manière dont les opinions dissidentes des participants sont tues à la suite de la large prise de conscience de la surveillance gouvernementale révélée par le lanceur d'alerte Edward Snowden en 2013.

La « spirale du silence » est un phénomène très étudié dans lequel les gens refrènent des opinions impopulaires pour s'adapter et éviter l'isolement social. Ce phénomène a été observé dans le contexte des médias sociaux par l'effet de matraquage médiatique, au travers duquel nous ajustons nos opinions pour être en adéquation avec nos amis de Facebook et Twitter. Mais cette étude ajoute un nouveau filtre d'analyse en examinant précisément comment la surveillance gouvernementale affecte l'auto-censure.

Les participants à l'étude ont d'abord fait l'objet d'une enquête portant sur leurs convictions politiques, leurs traits de personnalité et leur activité en ligne, le but étant de créer un profil psychologique de chaque personne. L'existence de la surveillance gouvernementale a ensuite été subtilement rappelée à un groupe-échantillon sélectionné au hasard ; puis une manchette fictive et neutre annonçant des frappes aériennes américaines visant l'État islamique en Irak a été montrée à chaque membre de ce groupe. Les sujets se sont alors vu poser une série de questions concernant leurs attitudes vis-à-vis de cette annonce hypothétique, par exemple quelle serait selon eux la réaction de la plupart des Américains face à ces frappes aériennes et s'ils exprimeraient leur opinion en public à ce sujet. La majorité des sujets auxquels on avait rappelé l'existence de la surveillance de masse se sont dits moins susceptibles d'exprimer leurs idées non conformistes, y compris ceux dont on avait estimé qu'ils seraient moins enclins à s'auto-censurer au regard de leur profil psychologique.

Elizabeth Stoycheff, directrice de recherche de l'étude et professeure assistante à la Wayne State University, se dit préoccupée par ces résultats.

« Tant de gens à qui j'ai parlé disent qu'ils ne se sentent pas concernés par la surveillance en ligne parce qu'ils n'enfreignent aucune loi et qu'ils n'ont rien à cacher. Je trouve donc ces conclusions profondément troublantes », a-t-elle déclaré.

Elle a précisé que les participants qui souscrivaient à l'idée du « rien à cacher », ou encore ceux qui tendaient à approuver la surveillance de masse car étant nécessaire pour des raisons de sécurité nationale, étaient les plus susceptibles de taire leurs opinions minoritaires.

« Le fait que les personnes qui n'ont « rien à cacher » ressentent un effet d'intimidation significatif montre bien que la notion de la vie privée en ligne va bien au-delà de la simple légalité des actes personnels. Elle a trait à un droit humain fondamental qui consiste à garder le contrôle sur sa représentation et sur son image, en privé et aujourd'hui, dans son historique de navigation et dans les métadonnées », ajoute Stoycheff.

Madame Stoycheff est également inquiète du comportement subtilement oppressif de l'auto-censure.

« Cela m'inquiète que la surveillance semble permettre une culture d'auto-censure car cela prive encore plus de leurs droits les groupes minoritaires. Et il est difficile de protéger et renforcer les droits de ces populations vulnérables si leurs voix ne font pas partie de la discussion. La Démocratie se nourrit de la diversité des idées, et l'auto-censure l'affame. » déclare-t-elle. « Il est nécessaire de lancer publiquement cette discussion, afin que les Américains comprennent que les libertés publiques sont aussi fondamentales pour le bien-être à long terme du pays que de repousser les très rares attaques terroristes. »

Elizabeth Stoycheff a écrit à propos de la capacité des outils de partage en ligne à inspirer des changements démocratiques. Mais les résultats de cette étude l'ont amenée à changer son opinion. « L'adoption de techniques de surveillance par le gouvernement et le secteur privé sabote la capacité d'Internet à servir de plateforme neutre pour une discussion ouverte et honnête. Cela commence à priver Internet de sa capacité à être un espace d'expression pour toutes les voix, et à la place [Internet] tend à valoriser les plus dominantes. », dit-elle. Elle précise n'avoir reçu aucune subvention extérieure pour la recherche ou la publication de cette étude.

Merci aux bénévoles qui ont participé à cette traduction <3

https://www.washingtonpost.com/news/the-switch/wp/2016/03/28/mass-survei...

[Liberation] [Audio] 56Kast #71 – Neutralité du Net : mais où est passé le respect ?

Cette semaine, Adrienne [Charmet] de la Quadrature du Net présente la campagne «Respect My Net» pour signaler les entorses des fournisseurs d'accès à la neutralité du Net. Par ailleurs, la Google Car se cogne et les scientifiques se bastonnent. [...]

http://www.liberation.fr/futurs/2016/03/23/audio-56kast-71-neutralite-du...

[PublicSénat] Chiffrement des données de l’iPhone : Apple ne veut pas de vers dans le fruit

En refusant de fournir au FBI, un logiciel permettant de déchiffrer les données de l’iPhone d’un terroriste, Apple protège pour le moment les données de ses clients et son image. [...]

Que penser aussi de cette déclaration du patron de l’Agence de Sécurité Américaine (NSA), Michael Rogers affirmant que « certaines des communications » des jihadistes du 13 novembre « étaient cryptées ». « Clairement, si on avait su, Paris n'aurait pas eu lieu » a-t-il déploré. Ou comment faire pression sur Apple, en prenant l’opinion publique à témoin. « Des affirmations nulles et non avenues en l’absence de la moindre preuve et de la moindre information sur la réalité des choses » pour la porte-parole de la Quadrature du Net, Adrienne Charmet-Alix. « Au contraire toutes les informations qu’on a eu depuis le 13 novembre sur les communications des terroristes étaient plutôt qu’ils s’envoyaient des SMS non chiffrés. Le fait de focaliser sur le chiffrement est vraiment une manière de faire croire au grand public qu’on ne doit pas sécuriser ses données personnelles » assure-t-elle. [...]

http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/chiffrement-des-donnees-l-iphone...

[NextINpact] Arrêt Allostreaming : FAI et moteurs doivent supporter les coûts du blocage et du déréférencement

Dans un arrêt révélé dans nos colonnes, la cour d’appel de Paris a finalement donné raison aux ayants droit de l'audiovisuel et du cinéma face à Yahoo, Microsoft, Orange, SFR, Auchan Télécom, Darty Télécom, Bouygues Télécom, Numericable et Free. Le fond du dossier ? La question du coût du blocage et du déréférencement des sites de streaming illicites. [...]

En résumé, les intermédiaires vont devoir prendre à leur charge le coût des mesures de blocage et de déréférencement voulu par les ayants droit, jusqu’au jour où ils parviendront à démontrer qu’il s’agit pour eux d’un « sacrifice insupportable ».

Cette affaire est fondamentale puisqu'elle ouvre d'une certaine manière les vannes : à l'avenir, tous les secteurs de la création vont maintenant être tentés de réclamer eux-aussi des mesures de blocage, au frais des intermédiaires. [...]

http://www.nextinpact.com/news/99093-arret-allostreaming-fai-et-moteurs-...

[Libération] Liberté et sécurité : « Cela va participer à la société du soupçon »

La commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) publie ce vendredi un avis très sévère sur le projet de loi débattu à l'Assemblée nationale réformant la procédure pénale. Et tendant à créer un état d'urgence bis dans le droit commun. [...]

Dans son avis, la Commission recommande notamment le retrait de l’article 18 du projet de loi, qui prévoit l’institution d’une rétention d’une durée de quatre heures pour des vérifications avec les services de renseignement. « Il y a un risque que cette rétention soit faite au faciès, explique Christine Lazerges, qui note que cette procédure n’offre pas les mêmes garanties que la garde à vue ou l’audition libre. Cela peut avoir d’importantes conséquences d’ordre professionnel ou familial et va participer à la société du soupçon. » [...]

La présidente de la CNCDH le répète : « Je ne nie pas qu’il est très difficile de sortir de l’état d’urgence, d’autant que l’opinion publique semble accepter un recul des libertés au nom de la sécurité. Mais là, le curseur est dangereusement déplacé, la garde est baissée. » Christine Lazerges redoute les « effets dévastateurs en matière de cohésion sociale » de cette réforme sécuritaire.

http://www.liberation.fr/france/2016/03/18/liberte-et-securite-cela-va-p...

[NextINpact] Devant la CEDH, 13 plaintes contre la France et sa loi Renseignement

Une pluie d’actions devant la Cour européenne des droits de l’Homme. Voilà ce qui s’est abattu sur la France avec pour cible principale, la loi sur le renseignement de juillet 2015. [...]

En substance, les atteintes au texte de la CEDH seraient multiples : atteinte au secret des sources des journalistes, atteinte au secret professionnel de l’avocat, etc. Si ces professions dites à risque bénéficient, dans la loi, d’un régime plus protecteur, ce formalisme se fragilise en pratique puisqu’il est impossible, lors d’un ample recueil de données de connexion, d’isoler celles qui relèvent ou non de ces acteurs. De même, seules les informations relatives à leur profession ou mandat profitent de ce surplus de garanties. Or, il est consubstantiellement impossible d’anticiper dans un échange à venir, celles des données relevant de leur vie privée ou de leur activité.[...]

Dans ce lot, sept des recours nominaux concernent sept membres du bureau de l'association de la presse judiciaire. On devrait donc retrouver mécaniquement les arguments portés par les associations et syndicats du secteur. [...]

http://www.nextinpact.com/news/99109-devant-cedh-13-plaintes-contre-fran...

[NextINpact] État d’urgence, déchéance : du plomb dans l’aile de la révision constitutionnelle

En commission, le Sénat a profondément revu le projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation, celui visant à inscrire l’état d’urgence et la déchéance de nationalité dans le texte fondateur de 1958. [...]

Comme on peut le voir sur cette fiche comparative, il a déjà raboté l’article 1er du texte qui voulait que l’état d’urgence soit décrété « soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique ». Cette deuxième alternative a sauté pour ne conserver que le péril imminent. De même, les seules mesures pouvant être prises pour prévenir ce péril doivent être dorénavant « strictement adaptées, nécessaires et proportionnées ». Une mesure de sagesse, oubliée du gouvernement, rouvrant la porte au contrôle des juges.

Et cette porte n’ouvre pas dans n’importe quelle pièce : la Commission des lois, présidée par le sénateur Philippe Bas, a également pris soin de souligner que l’état d’urgence ne peut déroger « à la compétence que l’autorité judiciaire tient de l’article 66 pour la protection de la liberté individuelle ». Plus accessoirement, alors que les députés suggéraient un état d’urgence sur 4 mois, la version sénatoriale lui préfère un délai de 3 mois. [...]

http://www.nextinpact.com/news/98986-etat-d-urgence-decheance-plomb-dans...

[NextINpact] Neutralité du Net en Europe : le BEREC dévoile sa feuille de route

Le groupement des régulateurs européens des télécoms, le BEREC, a annoncé le planning pour sa décision sur la neutralité du Net, prévue pour fin août. Il doit déterminer comment les autorités nationales vont l'appliquer précisément, notamment sur des sujets comme le « zero rating ». [...]

Comme nous l'expliquait Sébastien Soriano, le président de l'ARCEP, il « reste tout de même une interrogation sur le zero-rating [le non-décompte d'un service dans le volume de données Internet]. Le texte pose un principe très général, que l'on devra interpréter au sein du BEREC ». Ce texte du groupement doit donc définir comment les autorités nationales devront appliquer la neutralité du Net, avec quelles limites. Pour mémoire, Soriano doit prendre la tête du BEREC l'an prochain. [...]

http://www.nextinpact.com/news/98873-neutralite-net-en-europe-berec-devo...

[Mediapart] Les patrons des DGSE et DGSI sceptiques face à la « réponse sécuritaire »

Les directeurs des deux services de renseignement, Bernard Bajolet (DGSE) et Patrick Calvar (DGSI), prônent une réponse globale pour lutter contre le terrorisme. Leur discours se démarque de celui du gouvernement. [...]

Si Mediapart ne peut pas être suspecté d’indulgence avec les services de renseignement (voir ici par exemple), force est de constater que les patrons de la DGSE et de la DGSI, avec l’expression mesurée qui est la leur, n’ont pas manié la langue de bois. « Je suis convaincu, à titre personnel, que la réponse sécuritaire n'est que partielle et ne résoudra pas le phénomène », affirme Patrick Calvar. [...]

Son homologue du renseignement intérieur pointe le problème clef pour notre démocratie : « Jusqu'à quel point sommes-nous prêts à aliéner des libertés pour notre sécurité ? » Car, selon M. Calvar, la menace terroriste est « de nature à déstabiliser notre société ». [...]

https://www.mediapart.fr/journal/france/010316/les-patrons-des-dgse-et-d...

[Liberation] «Respect My Net» : la neutralité du Net sous surveillance citoyenne

Des associations européennes de défense des libertés sur le réseau relancent une plateforme pour signaler les discriminations du trafic par les opérateurs. [...]

Pour débusquer les entorses à la neutralité du Net, rien ne vaut les internautes. Cinq ans après son premier lancement, la plateforme « Respect My Net » est réactivée ce jeudi par une dizaine d’associations européennes de défense des libertés sur le réseau – dont la Quadrature du Net en France, Digitale Gesellschaft en Allemagne, Bits of Freedom au Pays-Bas, ou European Digital Rights. Objectif : permettre aux internautes de signaler en ligne les discriminations du trafic pratiquées par les opérateurs, afin de peser sur les discussions des régulateurs européens (dont l’Arcep en France), qui sont chargés de négocier les modalités d’application du récent règlement sur les télécommunications. [...]

http://www.liberation.fr/futurs/2016/03/03/respect-my-net-la-neutralite-...

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