Press Review

[France3] Les Réseaux de la Haine : « L'État doit adapter ses structures à nos vies sociales, de plus en plus sur le web »

Félix Tréguer est membre fondateur de l'association La Quadrature du Net, une association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet qui intervient dans les débats sur la liberté d'expression, le droit d'auteur et le respect de la vie privée sur Internet mais aussi sur la régulation du secteur des télécommunications.

Dans son interview, il nous parle du cas de Rokhaya Diallo mais pas seulement : il aborde aussi le cruel manque de moyens de l'unité PHAROS, créée par l'Etat et en charge de recueillir les signalement potentiellement illicites du web. Cette unité ne compte pas plus d'une douzaine de personnes. Or chaque année, il y a près de 140.000 signalements. "Il y a beaucoup d'effort à faire pour que l'Etat adapte ces structures à la vie sociale de ses citoyens, qui se passe de plus en plus sur internet", dénonce Félix Tréguer.

http://paris-ile-de-france.france3.fr/emissions/doc-24-paris-ile-de-fran...

[NextINpact] Europe : la France défendra-t-elle la neutralité du Net ce 6 juin ?

Début avril, les eurodéputés votaient le Paquet Télécom. Ce vote emportait également celui de la neutralité du Net qui, après plusieurs amendements, a trouvé une définition européenne. Cependant, le dispositif doit encore être ausculté par le Conseil de l’Union européenne. L'analyse se fera ce 6 juin, prochaine étape de ce long parcours législatif. [...]

Or, Next INpact a révélé la position française. Paris avait en effet fait connaître son avis sur cette proposition intermédiaire, se félicitant de la promotion d’ « un service d’accès à l’internet de qualité tout en permettant le développement d’offres commerciales innovantes ». L'exécutif estimait par ailleurs que « contraindre les fournisseurs de services spécialisés à proposer des fonctionnalités nécessitant une qualité supérieure de bout en bout semble trop attentatoire à la liberté de commerce et au développement de services plus performants (ex : la TVIP risquerait de ne plus pouvoir être considérée comme un service spécialisé). » Une issue torpillée par Benjamin Bayart (voir notre actualité), qui dénonçait de futurs accords commerciaux entre opérateurs et fournisseurs de contenus. [...]

Depuis le vote du Parlement européen, les lignes ont bougé avec l’arrivée de députés eurosceptiques. Miriam Artino, en charge de l'analyse juridique et politique au sein de l’initiative, considère pour le coup qu’« il est crucial que la position du Conseil des ministres de l'Union européenne, et notamment celle de la France au sein de ce Conseil, soit une position de défense de la démocratie européenne et des intérêts des citoyens. Le gouvernement français va-t-il prêter la main à des manœuvres pour enterrer la position des parlementaires européens, y compris de sa propre couleur politique ? »

http://www.nextinpact.com/news/87919-europe-france-defendra-t-elle-neutr...

[RadioCanada] La sphère – Surveillance : un an après les révélations d'Edward Snowden

Il y a près d'un an, l'espion américain Edward Snowden rendait publique l'étendue du programme de surveillance et d'espionnage effectué par l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA). Accusé d'espionnage et de vol aux États-Unis, Snowden est toujours réfugié en Russie. L'onde de choc provoquée par ses révélations continue d'alimenter plusieurs débats qui concernent l'espionnage et le traitement des données personnelles qui circulent sur Internet. Pour faire le point, Matthieu Dugal parle avec Jérémie Zimmermann, cofondateur de La Quadrature du Net, association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet.

Émission La Sphère diffusée le 31 mai 2014 sur Radio Canada.

http://ici.radio-canada.ca/emissions/la_sphere/2013-2014/

[LExpress] Traque des djihadistes sur Internet : que peut-on faire et ne pas faire ?

Pour lutter contre l'embrigadement des Français en Syrie, l'UMP propose de durcir l'arsenal de répression, notamment en instituant un délit de consultation de sites terroristes. De quoi susciter l'intérêt de Bernard Cazeneuve, qui promet un volet Internet à son plan anti-djihad. […]

L'UMP propose de punir de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende toute personne qui consulte de "manière habituelle" et "sans motif légitime" des sites qui font l'apologie du terrorisme ou diffusent des images de tels actes. […] Pourquoi ça peut coincer: Il y a d'abord la question, qui se pose aussi dans le cas du blocage, de la définition d'un site terroriste. "Peut-on dire que Youtube est un site terroriste si une une vidéo de décapitation est diffusée ?", s'interroge Adrienne Charmet-Alix, coordinatrice des campagnes à La Quadrature du Net. […]

Dernier volet de la proposition de loi, renforcer les moyens des "cyberpatrouilles". Autrement dit, les enquêteurs pourront désormais s'infiltrer dans les réseaux sous pseudonyme, espionner, échanger avec un tiers, récupérer et conserver des données pour débusquer les filières. […] La mesure est similaire au très controversé article 13 de la Loi de programmation militaire, qui a été finalement adoptée mais après maintes protestations. "On est dans une surveillance hors cadre judiciaire ! Cela pose un gros problème de confidentialité, de vie privée et c'est contraire aux libertés individuelles", s'indigne Adrienne Charmet-Alix. […]

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/traque-des-djihadistes-...

[FranceInfo] Données personnelles : un an après Snowden, le débat continue

Alors que les premières lois censées réformer le système d'espionnage américain sont jugées décevantes, Google et les autres mastodontes du secteur réclament plus de protection pour les internautes. Un an après les révélations d'Edward Snowden sur les écoutes de la NSA, la prise de conscience a eu lieu à travers le monde, mais les actes ne suivent pas souvent. […]

Les révélations d'Edward Snowden ont choqué des millions de personnes à travers le monde. Des utilisateurs d'Internet notamment, qui ont appris que leurs données personnelles, semées au gré de leur cheminement à travers les géants américains que sont Apple, Google, Yahoo! ou Facebook, étaient consciencieusement collectées par la NSA. Problème : ces entreprises, contraintes de collaborer, ont vu leur image entachée par cette affaire. […]

L'immense majorité des alliés des États-Unis, dont les dirigeants eux aussi ont été écoutés par la NSA, ont préféré fermer les yeux, malgré des protestations de pure forme. Mais le changement de ton est peut-être en train de se dessiner. En Allemagne, la justice a décidé ce mercredi d'ouvrir une enquête sur l'espionnage du téléphone de la chancellière Angela Merkel. Et au Brésil, la présidente Dilma Rousseff ne rate pas une occasion de dénoncer la surveillance dont elle aussi a fait l'objet. Elle a notamment crié sa colère à la tribune de l'Onu en septembre dernier, et a annulé dans la foulée une visite d'État à Washington. Le Brésil est ainsi devenu l'exemple de la lutte contre la surveillance "sauvage" des citoyens ; un sommet sur la gouvernance du Net s'est tenu à Sao Paulo en avril dernier, et la demande d'asile d'Edward Snowden formulée la semaine dernière est tout, sauf un hasard.

http://www.franceinfo.fr/actu/monde/article/affaire-snowden-google-veut-...

[NextINpact] Un an après Prism, Reset the Net veut mobiliser autour de la vie privée

Le collectif « Fight for the Future » lance aujourd’hui une vaste campagne de communication baptisée « Reset the Net ». Sa mission est de sensibiliser les développeurs autant que les internautes aux questions de sécurité information et de respect de la vie privée. Recommandations, outils, support des protocoles de sécurité : la tâche est vaste. [...]

L’initiative attire en outre bon nombre de soutiens. Plusieurs ONG sont de la partie, comme Greenpeace et Amnesty International, mais on trouve également des formations politiques, telles que le Parti Pirate, ainsi que des sociétés civiles de défenses des libertés, en particulier l’ACLU (American Civil Liberties Union) et La Quadrature du Net, dont les voix se sont fait souvent entendre suite aux révélations d’Edward Snowden. Plusieurs entreprises connues sont également présentes, comme Mozilla, Reddit, imgur, Google, DuckDuckGo ou encore BoingBoing. Évidemment, l’Electronic Frontier Foundation est sur le front. Signalons que les Français du moteur de recherche Qwant font aussi partie du lot. [...]

[Edward Snowden] soutient d’ailleurs lui-même Reset the Net, et le site de Fight for the Future en fournit la déclaration à cette occasion : « Il y a un an, nous apprenions qu’Internet était sous surveillance et que nos activités étaient analysées pour créer des enregistrements permanents de nos vies privées […]. Aujourd’hui, nous pouvons commencer le travail pour arrêter efficacement la collecte nos communications en ligne, même si le Congrès américain n’a pas réussi à le faire. C’est pourquoi je vous demande de me rejoindre le 5 juin pour Reset the Net, où les gens et les entreprises à travers le monde vont s’unir pour intégrer les solutions techniques qui peuvent mettre un terme aux programmes de surveillance de masse de n’importe quel gouvernement. [...] »

http://www.nextinpact.com/news/87957-un-an-apres-prism-reset-the-net-veu...

[Mediapart] La Parisienne Libérée et Jérémie Zimmermann : « Le serpent est dans la pomme »

[…] La société Apple vient d'annoncer le rachat de Beats et tient cette semaine sa grande conférence annuelle des développeurs à San Francisco. Elle a confirmé son intention de s'investir dans des secteurs d'activité où la protection de la vie privée joue un rôle essentiel, comme la domotique et surtout le secteur de la santé. […] Comment garder le contrôle de technologies qui ont été développées sans réel souci de nos libertés ? Datalove #4.

Les autres chansons du projet Datalove sont en ligne ici :

http://www.mediapart.fr/journal/france/050614/la-parisienne-liberee-et-j...

[citation J. Zimmermann]
« Je suis convaincu d’une chose : ce n’est qu’en s’appropriant la technologie qu’on va pouvoir la maîtriser et donc être libre. Parce que l’inverse ça veut dire se faire maîtriser par la technologie et donc se faire contrôler. Et ça, c’est le modèle d’Apple dans lequel tous les appareils sont liés avec les logiciels, avec les produits, avec les machins, vous ne pouvez pas en sortir, une fois que vous avez mis le pied dedans vous ne pouvez pas en sortir... »

C’est un monde merveilleux
Sensuel et facile
Plein de couleurs et de jeux
Aux plaisirs tactiles
Un monde où les coins sont ronds
Qui nous prend la main
Pour guider nos émotions
Viens, tout ira bien

N’y va pas, n’y va pas
Ne croque pas la com’
N’y va pas, n’y va pas
Le serpent est dans la pomme !
N’y va pas, n’y va pas
Ne croque pas la com’
N’y va pas, n’y va pas
Le serpent est dans la pomme !

Entends-tu comme un écho
Une voix familière
Qui murmure derrière ton dos
Et te dit quoi faire ?
Peu à peu tu investis
Dans tous ces écrans
Du plus grand au plus petit
Tout devient tentant...

N’y va pas, n’y va pas
Ne croque pas la com’
N’y va pas, n’y va pas
Le serpent est dans la pomme !
N’y va pas, n’y va pas
Ne croque pas la com’
N’y va pas, n’y va pas
Le serpent est dans la pomme !

C’est un monde qui fanera
Dans l’obsolescence
Un univers extra-plat
Qui trompe nos sens
Neuf encore, déjà fini
Dans sa coquille close
C’est un monde où la batterie
Meurt avec sa chose

N’y va pas, n’y va pas
Ne croque pas la com’
N’y va pas, n’y va pas
Le serpent est dans la pomme !
N’y va pas, n’y va pas
Ne croque pas la com’
N’y va pas, n’y va pas
Le serpent est dans la pomme !

Le soir avant de te coucher
Toujours bien trop tard
Le matin pas réveillé
Au premier regard
Des zitrucs et zibidules
Et des zimachins
Que l’on vend aux somnambules
Comme des ziptitpains

N’y va pas, n’y va pas
Ne croque pas la com’
N’y va pas, n’y va pas
Le serpent est dans la pomme !
N’y va pas, n’y va pas
Ne croque pas la com’
N’y va pas, n’y va pas
Le serpent est dans la pomme !

Pour assurer ton confort
Le serpent choisit
À petits coups, il te mord
Son venin agit
Dans le métro dans le bus
Le nez dans un trou
On en voit de plus en plus
Qui ne voient rien du tout

N’y va pas, n’y va pas
Ne croque pas la com’
N’y va pas, n’y va pas
Le serpent est dans la pomme !
N’y va pas, n’y va pas
Ne croque pas la com’
N’y va pas, n’y va pas
Le serpent est dans la pomme !

Il se pourrait qu'un jour
Enfin, Ève et Adam
Rencontrent un Gnou* d'Amour
Qui chasse le serpent
Il se pourrait alors
Qu'ils balancent leurs iPhones
Et sans aucun remords
Le gnou croquera la pomme !
Le gnou croquera la pomme !
Le gnou croquera la pomme !

☙❦❧

[LeMonde][blog] L'Assemblée se dote d'une commission sur le numérique

[…] "Le numérique est dans toutes les lois mais il n'existe pas de principe législatif sur la question, pas de doctrine forgée, la question est abordée au fil de l'eau, souvent sous la pression", explique le député socialiste de la Nièvre, Christian Paul, auteur déjà d'un rapport sur les "droits et libertés de l'Internet" pour Lionel Jospin à la fin des années 1990. C'est la raison pour laquelle l'Assemblée nationale va installer, mercredi 11 juin, une "commission de réflexion et de propositions ad hoc sur le droit et les libertés à l’âge du numérique", dont il sera le co-président. […]

A dix jours de l'installation, la liste n'est pas encore bouclée mais plusieurs noms sont déjà arrêtés comme celui d'Edwy Plenel, président et directeur de la publication du site d'information en ligne Mediapart. […] Siégeront également dans cette commission paritaire Henri Verdier, directeur de l’administration chargée de l'ouverture des données publiques en France ; Philippe Aigrain, informaticien et chercheur, co-fondateur de La Quadrature du Net ; Cyril Zimmermann, président de l'Acsel, l’association de l’économie numérique ; Myriam Quemener, magistrate spécialiste en cybercriminalité ; Francesca Musiani, docteur en socio-économie de l’innovation ou encore Daniel Le Métayer, directeur de recherche à l'Institut national de recherche en informatique et en automatique de Grenoble.

Une fois installés, les 26 membres de la commission auront à plancher pour formuler des recommandations, définir une doctrine et une méthode de travail dans un rapport attendu pour le printemps 2015. […]

http://parlement.blog.lemonde.fr/2014/06/04/lassemblee-se-dote-dune-comm...

[Numerama] Axelle Lemaire recule-t-elle sur la neutralité du Net ?

[…] Axelle Lemaire va-t-elle reculer sur le dossier de la neutralité du net ? Nommée début avril au poste de secrétaire d'État au numérique suite au remaniement ministériel, la jeune femme vient en effet d'envoyer un signal très inquiétant suite à sa rencontre avec Neelie Kroes, la commissaire européenne en charge de la politique numérique de l'Union et dont la position sur le sujet est l'objet de vives critiques.

C'est en effet une petite phrase rapportée par l'AFP qui laisse à penser que Neelie Kroes a déteint sur Axelle Lemaire, puisque-celle-ci a souhaité à l'issue de son entretien avec la commissaire européenne "que les opérateurs télécoms disposent d'un cadre réglementaire favorable à l'investissement et à leur compétitivité". "Au prix de la neutralité du net ?", s'est inquiété Félix Tréguer, de la Quadrature du Net. […]

Une note du secrétariat général aux affaires européennes, révélée début avril, avait dévoilé la position de la France sur la neutralité, indiquant que "l'introduction d’une définition de la neutralité du réseau n’est pas nécessaire" et refusant toute limite aux services gérés aux seuls services qui ne peuvent pas être délivrés avec la même efficacité par Internet. […]

http://www.numerama.com/magazine/29585-axelle-lemaire-recule-t-elle-sur-...

[NextINpact] Vague de mobilisation pour que la France accueille Edward Snowden

La France ne pourrait-elle pas accorder l’asile politique à Edward Snowden ? Alors que la Russie a autorisé l’ex-agent de la NSA à rester sur son territoire jusqu'à la fin du mois de juillet, plusieurs personnalités politiques et scientifiques françaises viennent de se mobiliser pour que François Hollande ouvre ses bras au célèbre lanceur d’alertes. […]

Mais surtout, l’organisation co-fondée par Jérémie Zimmermann incite les internautes à signer une pétition en ligne lancée hier à l’attention du président de la République, sous l’impulsion du magazine L’Express. Son objectif : exiger de l’exécutif qu’il accorde un droit d’asile à Edward Snowden, sur le fondement de l’article 53-1 de la Constitution. […]

« Je n’y suis pas favorable. Mais si la question se pose, elle sera bien sûr examinée » a répondu hier le Premier ministre, Manuel Valls, sur BFM TV. […] Sauf qu’une telle décision ne revient pas au gouvernement, selon l’historien Patrick Weil. Dans une tribune publiée hier dans Le Monde, ce spécialiste du droit de l’immigration affirme en effet que la décision d’accueillir sur notre sol un étranger persécuté revient à des institutions juridictionnelles, et non à des politiques : l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides, voire la Cour nationale du droit d'asile ou même le Conseil d'État en cas de recours. […]

http://www.nextinpact.com/news/87913-malgre-l-opposition-l-executif-voix...

[Europe1] Des clics et des claques - Le droit à l'oubli

Émission Des clics et des claques diffusée le 2 juin 2014 sur Europe 1 avec Adrienne Charmet, coordinatrice des campagne pour La Quadrature du Net.

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Des-clics-et-des-claques/Son...

[i>TELE] "Droit à l'oubli" : Google cède et lance un formulaire

D'abord réticente, la firme Google n'a eu d'autres choix que de se soumettre à la nouvelle réglementation en matière de "droit à l'oubli", décidée par la Cour de justice des communautés européennes (CJCE) le 13 mai dernier. La célèbre société, fondée par Larry Page et Sergueï Brin, a donc décidé de créer un formulaire à cet effet pour que tous les internautes puissent supprimer les recherches associées à leur nom.

Émission diffusée le 30 mars 2014 sur i>TELE, avec Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes pour La Quadrature du Net.

http://www.itele.fr/monde/video/droit-a-loubli-google-cede-et-lance-un-f...

[ThinkerView] Interview de Benjamin Bayart

Interview de Benjamin Bayart réalisée par en avril 2014 par Thinker View.




  • Benjamin Bayart, bonjour. Je vous interviewe aujourd’hui pour un site internet qui s’appelle ThinkerView. Nous aurions aimé avoir votre point de vue sur les questions concernant le numérique. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur le CSA et ses nouveaux pouvoirs ?
  • D’abord il ne les a pas encore ses nouveaux pouvoirs, pour le moment il est en train de se tirer sur la nouille pour les obtenir mais il ne les a pas. D’un autre coté ça fait dix-huit ans que le CSA essaie d’avoir des nouveaux pouvoirs sur le Net et que… pour le moment il n’y arrive pas. Le gouvernement y est favorable mais tous les gouvernements depuis dix-huit ans y étaient favorables. C’est moins affolant que ça n’en a l’air. C’est inquiétant quand même parce que c’est une source de problèmes et c’est pour ça que ça fait dix-huit ans qu’on s’y oppose. Pour comprendre la question qui est au fond, il faut… en fait il faut voir ça de manière très simple : le pouvoir a une certaine… le CSA a un certaine légitimité à réguler les contenus en matière de hertzien, pour des raisons techniques. C’est-à-dire qu’il y a un très faible nombre de chaînes possibles en hertzien, il ne peut pas y avoir trente millions de chaînes de télévision en France, pas sur du hertzien, pas sur les réseaux… anciens. C’est pour ça que le CSA régule et c’est pour ça que le CSA a un certain pouvoir. Comme c’est souvent expliqué on dit que les fréquences sont attribuées gratuitement aux chaînes de télévision, en dehors du fait d’une…
  • Oui mais là le CSA, le CSA c’est plus du tout du radio amateur qui régule les… les fréquences hertziennes.
  • Non, et d’ailleurs les radios amateurs ne sont pas régulées par le CSA, les radios amateurs c’est les attributions de fréquences par l’ARCEP qui ne fait que de la technique et qui ne touche jamais au contenu.
  • Tout à fait.
  • Le CSA fait de la régulation de contenu parce qu'il n'y a pas beaucoup de fréquences et qu’elles sont attribuées gratuitement aux chaînes, et le CSA — pour ne pas disparaître — aimerait faire de la régulation de contenus sur Internet : c’est ça le fond de la question. Et la régulation de contenu sur Internet, il n'y a pas de bonnes raisons de le faire. C’est aussi simple que ça. Le CSA fait de la régulation de contenu à la télé parce qu'il n'y a pas assez de fréquences, on ne peut pas faire de la régulation de contenus sur Internet — donc, pour les mêmes raisons — parce qu'il y a assez de fréquences. On peut ouvrir un nombre quelconque de chaînes de télévision ou de sites web sur Internet. C’est… La clé de voute pour comprendre l’enjeu est là. Après tout ce que le CSA pourra faire comme conneries sur Internet… c’est sans bornes. C’est sans bornes : il y a… la labellisation est un début, c’est… facile. C’est sans impact majeur immédiat. C’est un problème quand même : selon quelle morale le CSA va labelliser quoi ? C’est… il vont décider de quoi il faut pas montrer aux enfants ?
  • Donc si la morale change… qu’est-ce qu’on fait ?
  • Oh si la morale change ça c’est une question qui est compliquée… Je veux dire que quand les fachos seront au pouvoir, on aura un État fasciste, point. Faut faire avec. Pour moi c’est justement parce qu’on donne trop de pouvoirs à des endroits où il doit pas y en avoir que le mode de gouvernement change. C’est qu’il faut pas se demander « que fera le prochain nazi avec les outils qu’on lui a fait ? », c’est qu’il faut se demander « En quoi les outils qu’on fait nous préparent à un État totalitaire ? ». Il peut très bien y avoir un État totalitaire sans forcément avoir des fachos au pouvoir. L’État totalitaire se prépare déjà et il est déjà en cours. On a des éléments dans le mode de fonctionnement actuel qui sont proches du totalitarisme.
  • Des exemples ?
  • Les pouvoir qu’on veut donner au CSA c’est un très bon exemple. La liberté d’expression est une liberté cardinale. C’est un des éléments clés d’une structure d’État démocratique. On peut pas avoir un système démocratique s’il n’y a pas de liberté d’expression parce que c’est la liberté qui permet de dénoncer tout les abus, qui permet de protéger toutes les autres libertés. À partir du moment où on donne le pouvoir à un organe administratif de réguler la liberté d’expression, on commence… enfin c’est un pas, vers la sortie d’un modèle démocratique et d’un État de droit. On retrouve exactement les mêmes mécanos sur, par exemple, les débats autour de la liberté d’expression. Pour la neutralité du Net — la liberté d’expression en étant un volet : à partir du moment où on autorise les opérateurs à faire ce qu’ils veulent sur le réseau, en fait on les autorise à modifier la société ; on les autorise à modifier la façon dont les gens interagissent entre eux, et donc à avoir… à imprimer leur marque sur la société qui vient avec. C’est exactement ce que fait Apple avec l’AppleStore : l’AppStore d’iOS c’est une façon de déformer la société.
  • C’est-à-dire que ça les rend captifs.
  • Non… rendre captif c’est… la méthode, c’est pas le problème. Le problème c’est que quand tu as la main mise d’un organisme sur les contenus disponibles, tu as une morale qui s’applique et donc tu as une vision du monde qui s’applique et toute vision du monde divergente devient impossible.
  • Mais est-ce que tu crois pas que le mode opératoire traduit le fond du raisonnement ?
  • Non, je pense que c’est le contraire : je pense que c’est parce qu’on met en place ce type d’outils qu’on a une société qui bascule, doucement, vers une espèce de totalitarisme soft. C’est-à-dire que c’est vraiment… je crois pas que c’est parce que nos dirigeants ont des visées totalitaires qu’ils mettent en place des outils de régime totalitaires, je pense que c’est parce que on injecte dans le régime des outils totalitaires que le régime à un comportement de plus en plus totalitaire.
  • Bon alors est-ce que tu peux… je te tutoie hein…
  • Oui.
  • Est-ce que tu peux un petit peu nous développer le concept d’Internet à péages des… de la… on va dire de la neutralité du Net ? Les opérateurs veulent faire quoi ? Les… en quelques mots, les conséquences de tout ça ?
  • Bah, ce que les opérateurs veulent faire c’est assez simple — c’est une lecture à courte vue — ils veulent récupérer un tout petit peu d’argent de plus que ce qu’ils récupèrent déjà. En fait ça part d’un constat qui est… qui est enfantin : un opérateur c’est quelqu’un qui fait des travaux d’infrastructure, qui fait des réseaux, qui construit des centaines de millions de composés… de la fibre optique, du câble, ou… etc. etc. etc. …Et qui en échange de ça gagne… trente euros par mois d’abonnement… Un site de rencontre, c’est un site web qui, heu, fait presque rien : qui fournit… trois pages, une base de données et quelques outils de recherche… et qui vend ses abonnements trente euros par mois.
  • Tu penses que c’est légitime ? C’est-à-dire qu’il faut légitimiser…
  • C’est pas le problème que ce soit légitime ou pas : c’est qu’il y en a un des deux qui est très jaloux. Un des deux qui s’est démené la poire pour gagner trente euros et l’autre qui a fait presque rien… qui en fait pour trente euros te vend tes photos. Parce que le seul contenu qu’a à vendre Meetic, par exemple, ce sont les profils que les gens ont mis dessus ; le seul truc que monsieur Facebook a à vendre c’est ce que tu lui as donné, il l’a pas fabriqué lui.
  • J’ouvre une parenthèse : parle-moi un petit peu de ton… donne-moi un petit peu ta perception sur le big data.
  • C’est autre chose. Je le garde sous le coude celui-là.
  • Aller ! aller, aller ! Lève ton coude !
  • Je le garde sous le coude pour tout à l’heure.
  • Le… Donc en fait, le… la neutralité du Net… ce sont les opérateurs qui cherchent à récupérer une part de l’argent que se font les gens qui développent des services sur Internet. Ils partent d’une idée : moi j’ai payé toute l’infrastructure, lui il a payé rien du tout, et il se fait autant d’argent que moi, et c’est pas juste. Et je sais pas si c’est juste ou pas, ce que je sais c’est que… c’est dangereux. C’est-à-dire que, en fait, comment ils veulent traiter ça ? Ils veulent faire en sorte de… En fait si tu décris leur monde idéal, t’as pris un abonnement chez Pinpin Télécom, et du coup tu as un très bel accès vers Pinpin VOD, et par contre quand tu veux accéder à Netflix ou à Youtube c’est lent, ça rame, ça marche pas bien : et donc du coup tous les films que tu achètes c’est chez Pinpin VOD, tous les sites pornos que tu regardes c’est ceux de Pinpin Porno, etc. etc. etc. Et donc tout ce que tu consommes : t’achètes tes livres chez Pinpin librairie, surtout pas chez Amazon…
  • Donc le modèle de business c’est…
  • Leur modèle de business c’est de te tenir dans une bulle fermée…
  • …captif.
  • …et de, donc de fabriquer cette bulle fermée en faisant de la priorisation sur le réseau. Ce qu’on défend nous, c’est le fait que — en faisant ça — tu déformes le réseau, et tu déformes la vision que les gens ont du monde. C’est-à-dire que tu n’as plus accès à une information de manière neutre. Bêtement quand t’es sur le réseau Internet de manière normale tu vas voir n’importe quel site web, tu te demandes jamais chez qui il est hébergé, tu te demandes jamais comment il est raccordé au réseau, tu as accès à tout Internet, pas à… juste au bout que l’opérateur a voulu te montrer et heu… il y a quinze ans ils essayaient de faire ça avec des portails captifs. Ils faisaient ça avec des portails : t’arrivais sur le portail Orange, où t’avais les news, la météo, machin… et l’objectif était que tu n’en sortes jamais.
  • Qu’est-ce que tu penses… Qu’est-ce que ça va créer chez les fournisseurs d’accès associatifs ? les fournisseurs d’accès Internet associatifs ?
  • …bah en fait nous on est les moins mis en danger là-dessus : parce que… nos abonnés, ils ont accès à tout, ils y ont accès comme ils veulent, si ça coûte cher en bande passante ils payeront cher en abonnement… bah, je me pose pas de questions très compliquées… C’est… nous on est pas tellement la question là-dessus, on est plutôt la réponse. On est plutôt la bonne réponse à la question…
  • D’accord…
  • Mais, le fond du problème c’est que tu déformes, tu déformes la perception que les gens ont du monde… tu crées une société déformée, c’est-à-dire que en fait tu recrées un mécanisme aussi pervers et aussi mauvais que la télévision. C’est-à-dire que t’as… t’as recréé TF1 sauf que ça s’appelle pas TF1 ça s’appelle Orange.
  • Ah bah quand tu vois… l’aspect télévision c’est… ça devient dur… Hum, donc développe-moi un petit peu ton point de vue sur la big data !
  • Alors… les questions de big data… Bon il y a tout un tas de questions là dedans qui sont extrêmement intéressantes mais qui sont pas sur mon sujet, qui sont les questions de business et de comment on peut faire du business avec du big data. Il y a plein de gens qui les développent beaucoup mieux que moi, et je… le sujet moi ne me passionne pas, je suis pas entrepreneur… mon ambition dans la vie n’est pas d’être milliardaire, donc tout va bien. …Le sujet pour moi c’est de comprendre à quel moment ça te touche toi en tant que humain et quel est le rôle que joue l’utilisateur là dedans. Est-ce que l’humain qui est au milieu de tout ça il est… juste la marchandise et il ferme bien sa gueule, ou est-ce qu’il est quelque chose de plus central, c’est-à-dire est-ce qu’il reste avant tout citoyen pensant, actif, acteur de sa vie, autonome et adulte. Et c’est en fait une vraie question. Que tu peux déjà poser sur des sites plus simples… je peux te la formuler de manière enfantine : qui est propriétaire de ce que tu as mis sur Facebook ? Toi ! Forcément toi… Toutes les autres réponses sont dangereuses. Toutes les autres réponses disent, que tu n’es plus adulte, que tu n’es pas libre de relire des anciennes conversations, que tu n’es pas libre de retirer les contenus que tu as mis autrefois… que tu n’es pas libre de partir. Et donc pour moi il y a un élément central sur les questions sur les données personnelles et sur le big data qui est « Comment tu reprends tes billes ? ». Et heu… [un groupe de touristes bruyant passe à proximité] ah le lieu touristique, faut assumer en interview ! c’est curieux !
  • Ah des fois… c’est, c’est agréable pour la rétine.
  • Le… La question est de savoir… En fait pour moi ça revient quasiment à la question de la portabilité des données. C’est-à-dire qu’il y a un système big data quelconque, j’ai pas de problèmes avec, du moment que moi humain, acteur de ma vie, je puisse décider de prendre mes billes et de partir. Ça peut être effacer les données ça peut être juste dire « je les emmène ».
  • Et on parles d’un lieu touristique là : est-ce que tu penses que les gens qui viennent de passer… la population… les jeunes, sont conscients de ces enjeux de société ?
  • Ça vient.
  • Ça vient dans quelles proportions ?
  • C’est en train de venir. …Ça vient plus vite qu’on le croit et ça vient par les gamins.
  • Ça vient par les gamins ?
  • Parce qu’ils comprennent très vite.
  • Ben écoutes, moi j’ai pas l’impression…
  • Bah, je te donne un exemple très très simple : le résultat de l’affaire Snowden c’est que les gens ont compris ce que c’était les metadata pour le téléphone. Ils comprennent que ça existe et quand tu leur parles ils t’écoutent. Quand tu leur en parlais il y a trois ans ils t’écoutaient pas. Quand tu leur dis « ton téléphone envoie sur le réseau des infos de géolocalisation en permanence. », ils comprennent assez vite que oui, d’accord, les opérateurs enregistrent ça… ah. Et en fait ils ignoraient que les opérateurs avaient cette info là.
  • Et certains opérateurs ont des rapports consanguins avec les services de renseignement.
  • Oui mais ça toujours : les services de renseignement ont des rapports consanguins avec les grands groupes, c’est… d’accord, so what? Je veux dire le gouvernement est copain avec les patrons du CAC40… c’est pas une grande nouveauté quoi… C’est pas très innovant. C’était vrai sous De Gaulle si tu veux aussi…
  • Ou le RTF.
  • Oh, ça c’était pire, c’était…
  • C’était pire… t’as dis qu’on revenait à la télévision, donc heu, faut…
  • Mais… Si tu veux pour moi l’approche saine de ce cas — je te donne quelques exemples très bêtes, c’est : tu devrais pouvoir sur Facebook, en quelques clics, télécharger un fichier qui contient toute ta page facebook. Tout. Ce que tu as dit, ce que les gens t’ont dit, ce que tu as fait. Tout l’historique. Ton carnet d’adresses, tes contacts, tes copains…
  • Tout ce qu’ils ont…
  • Tout ce que tu as dit avec eux, ’fin tout ce que Facebook a sur ton compte.
  • Mais ça, c’est… c’est possible ?
  • Nan, à l’heure actuelle tu ne peux pas le récupérer : c’est-à-dire que le seul mec qui a réussi à le récupérer il s’est mangé des années de procès pour y arriver et… il a eu le droit d’avoir le tout sous forme d’un PDF. C’est inutilisable ! Tu devrais pouvoir récupérer tout ça sous un format utilisable !
  • D’accord.
  • Je te donne un autre exemple : ton opérateur de téléphonie a les données de géolocalisation sur ton mobile, et bah, sur le bout de site client qu’il te donne, où ils te mettent tes factures détaillées, qui tu as appelé, combien de temps t’as parlé avec ta mémé hier, tout ça il le met. Tu peux même télécharger les messages qu’il y a sur ta boîte vocale. Pourquoi à coté il y a pas les données qu’il a sur toi ? Disant : « bah, voilà, ça c’est les traces qu’on a de géolocalisation » ! Il y a pas de secret ! Tu savais très bien où tu étais !
  • Ouais mais le fait de savoir…
  • Mais le fait de savoir qu’ils ont les données ferait de toi un acteur beaucoup plus conscient de ce que tu es, de ce que tu fais, de ce qu’il sait sur toi, du fait qu’il peut donner ça à la police sur toi ou il peut donner ça à quelqu’un d’autre !
  • Ou il y a peut-être un copain qui travaille qui pourra recevoir…
  • N’importe quel admin système là-bas peut avoir accès aux informations.
  • D’accord…
  • Donc, ça te permet de savoir ce qui existe, et à partir du moment où tu sais ce qui existe…
  • N’importe qui accrédité peut-être… ?
  • Non…
  • Non ?
  • Je t’assures en pratique le mec qui est root sur l’ordinateur bah il fait ce qu’il veut, hein, accrédité ou pas. Donc c’est… t’as deux personnes qui ont un pouvoir infini dans une boîte : t’as l’actionnaire, et t’as l’adminsys. Ces deux là ils font ce qu’ils veulent.
  • Revenons un peu sur les jeunes là. Bah, est-ce que tu…
  • Bah, les jeunes de plus en plus comprennent qu’ils laissent des traces, comprennent à peu près quelles traces ils laissent, et il suffirait que tu mettes… en fait si tu leur laisse accès aux données qu’ils ont généré, et que tu rends ces données portables, et qu’ils puissent les emmener et les utiliser ailleurs… alors ils vont très bien comprendre dans quel monde ils sont, ils vont très bien comprendre ce qu’ils font… Je pense qu’on verra même apparaître des formes d’art perverses, qui consistent à se comporter de manière à avoir laissé une trace qui soit jolie.
  • C’est un poème…
  • C’est-à-dire que tu… Nan mais c’est super rigolo après comme idée. Tu te promènes avec comme objectif que la trace laissée par ton téléphone…
  • intoxique celui qui…
  • …fasse, heu, un joli dessin, fasse… un parcours historique dans Paris… fasse… je sais pas, ça dessine…
  • Je vois que tu…
  • …que tu joue au morpion… T’as plein de trucs qui apparaissent à partir de ça.
  • D’accord… Heu, je voudrais te poser une autre petite question concernant la jeunesse : est-ce que tu penses que les jeunes générations — un peu plus jeune que nous et que toi — ont un enseignement suffisamment pertinent sur les questions numériques, depuis l’école ? Est-ce que depuis l’école, on les sensibilise correctement, à tes yeux, à ces questions là ?
  • Non, et la question n'est pas numérique.
  • La question elle est quoi alors ?
  • Hum… La question n'est pas numérique : ce n’est pas au numérique qu’il faut les sensibiliser c’est à la société du réseau. C’est à la société qui construit… Je dis souvent : apprendre la programmation aux gamins… Ouais, autant qu’on leur apprend l’électronique si tu veux… c’est… c’est pratique, c’est bien d’avoir une petite culture générale, de comprendre les bases, de voir un peu ce que ça fait, de pas croire à la magie quoi, de comprendre que ça existe. Mais, ce n’est pas important. Le grand apport d’Internet c’est que l’Internet permet aux gens d’écrire. Internet permet aux gens de s’exprimer.
  • …de créer.
  • Ouais… créer, tu prends l’approche artistique tout de suite… Mais non, juste écrire ! En fait ce que t’écris sur ton… ton Facebook, ou… ton blogger, ou ton Twitter… ou sur ta page que t’héberges dans ta machine à la maison… Ce que tu écris sera lu par potentiellement n’importe qui sur Internet. Ça existait pas avant ! Ma mère quand elle écrivait, elle écrivait une lettre à quelqu’un. C’était précis, c’était ciblé… Elle n'a jamais écrit dans la presse.
  • Donc avec ça t’es en train de me décrire une société beaucoup plus horizontale.
  • Bah, je suis en train de te décrire une société dans laquelle les gens s’expriment en public. Et ils ne sont pas formés à ça. Les… Pour moi, l’enseignement central autour du… du numérique et de tout ça… c’est vraiment la partie « expliquer… apprendre aux enfants à s’exprimer en public ». C’est apprendre… C’est-à-dire que pour moi, les questions autour de l’Internet ce n’est pas pour les profs de math ou pour les profs de sciences, c’est les profs de français, c’est pour les profs de philo. Il faut apprendre aux gamins, non pas à lire et écrire comme on faisait au dix-neuvième siècle, mais à lire et écrire pour être lus et à écrire en public, écrire pour publier. Ça c’est un enseignement très particulier du numérique.
  • Est-ce que tu penses que les profs, à l’heure actuelle…
  • …Et il se trouve que c’est justement avec ça que vient une société qui est horizontale, mais ça, la société horizontale, les gamins s’y font très bien tout seuls ils ont pas besoin qu’on les forme.
  • D’accord… est-ce que tu penses que l’Éducation nationale… Est-ce que t’as un message à faire passer à l’Éducation nationale… Est-ce que t’as déjà essayé de faire passer un message à l’Éducation nationale, dans ce sens ?
  • Nan moi je bosse très peu sur la question de l’éducation parce qu’elles sont compliquées, parce qu’elles supposent de connaître… heu… En fait faut connaître les rouages, faut savoir à qui aller parler… Je connais pas du tout ce monde là. Le mec qui fait ça très bien — c’est-à-dire si tu veux poser des questions sur l’éducation et le numérique — c’est Michel Guillou qu’il faut que tu rencontres…
  • …ouais.
  • C’est le mec qui connaît le sujet, qui sait ce qu’il fait, qui est… et tu verras, il est rigolo comme tout, il est très bien, je te le recommande chaudement.
  • Donc, on va passer aux préconisations : si t’avais un conseil immortel à laisser sur la toile aux jeunes générations ? Aller, peut-être même deux conseils.
  • Gardez Internet et gardez le ouvert. Faut vraiment les deux éléments clés.
  • Comment ?
  • « Comment » ça on le trouvera. C’est facile, c’est comme toujours, c’est tu repères qui a du pouvoir et veut l’accroître et le conserver, et lui faut le taper, et…
  • « Faut le taper » mais c’est des grands mots…
  • Ouais, ’fin heu… Tu peux le taper avec une loi si ça suffit…
  • D’accord…
  • Quand ça suffit pas faut sortir plus gros… Mais c’est… exactement comme… protéger la liberté d’expression : c’est empêcher que il y ait tous les journaux aux mains de trois pouvoirs, c’est empêcher que il y ait tous les partis aux mains de… trois lobbies… c’est empêcher que… ’fin faire en sorte que le jeu reste ouvert. Et Internet est un outil qui permet d’ouvrir le jeu. Et donc garder… protéger Internet, pour ce qu’il est : pas les réseaux, pas le numérique… le numérique ça sert à rien ! Je… Le numérique c’est du bullshit, tu es en train de me filmer en numérique là, tu m’aurais filmé en argentique c’était pareil ! Si au lieu de me filmer t’avais noté mes propos pour les recopier sur un papier c’était pareil. Ça avait la même valeur. La…
  • Peut-être pas la même rapidité…
  • Ouais ça c’est même pas sûr…
  • Ben ta mère quand elle écrivait à sa copine… ça mettait peut-être une semaine à cheval, nan ?
  • Bah, ouais, ça mettait peut-être une semaine à cheval, d’un autre coté, le temps était plus condensé et du coup plus structuré et du coup beaucoup plus réfléchi, avec moins de blancs… Avec…
  • D’accord…
  • C’était pas pareil, hein… Tu ressors n’importe quel bouquin du dix-septième siècle en matière de politique, c’est autrement plus dense que les merdes qu’ils pondent aujourd’hui. Et c’est pas parce qu’ils sont plus intelligents hein, c’est, juste, ils réfléchissent plus avant d’écrire…
  • Est-ce que t’as des sites à conseiller ? Pour s’informer ? Est-ce que t’as des méthodes ? Est-ce que t’as des… des choses comme ça ?
  • Bah, pour s’informer… c’est assez compliqué… c’est-à-dire que pour comprendre les combats politiques, t’as des infos sur La Quadrature qui sont bien faites. Pour essayer de comprendre le monde qui vient il y a pas grand chose aujourd’hui… Il y a… quelques sites qui diffusent des infos, mais vraiment pas grand chose… j’ai pas de trucs systématiques comme ça…
  • Tu fais comment pour t’informer toi ?
  • Heu, au hasard.
  • Au hasard ?
  • Ouais au hasard.
  • Au feeling ou au hasard ?
  • J’ai… quelques sites sur lesquels je m’informe quand vraiment je m’emmerde et que j’ai que ça à faire. Type PCINpact ou Numérama… ou le Monde, ou… Mais en fait il se trouve que 99% de l’information dont l’ai besoin m’est apportée par les gens. C’est-à-dire que j’ai… j’ai choisi précisément qui je follow sur Twitter, et je follow les gens qui disent des trucs rigolos… je follow les gens qui disent des trucs intéressants. Et donc je ne dois suivre qu’une centaine de personne, ce qui est pas beaucoup. Et, quand il y a une info qui m’intéresse, c’est-à-dire qui est dans le panorama des sujets que j’essaye de couvrir en général je la trouve sur Twitter très vite… Donc je m’informe beaucoup plus par les réseaux que par un point central.
  • La gouvernance d’Internet ?
  • Ah, la gouvernance d’Internet ! Ça c’est un sujet rigolo ! C’est bien parce que ça ne veut rien dire ! C’est un des problèmes. Gouverner… Tu parles de gouvernance quand t’as un organisme structuré et Internet n’est pas un organisme structuré… C’est un peu comme si tu voulais gouverner une flaque d’eau… c’est… bof… Tu peux au mieux essayer de la contenir. En fait la gouvernance d’Internet on met des idées assez… compliquées, opaques… c’est inaccessible aux profanes. En gros tu as quelques organismes américains qui sont chargés de gérer deux ou trois ressources critiques sur Internet : distribuer les noms de domaine, distribuer et gérer les attributions d’adresses IP… Gérer… deux trois conneries dans ce goût là… À l’heure actuelle, le seul État qui a un pied là dedans c’est le gouvernement américain par le département du commerce qui a un pied dans le fonctionnement de ces organismes là… et on nous fait tout un foin du fait qu’il faudrait que d’autres que les États-Unis aient un pied là dedans. Tout ça c’est essentiellement de la merde. Ça ne représente pas d’intérêt. Ça occupe beaucoup les diplomates, parce que ça leur donne un sujet vachement intéressant à discuter en anglais dans des conférences internationales, des sommets, etc. etc. Mais ça présente pas d’intérêt majeur. En matière de gouvernance si on veut essayer de calmer l’omniprésence américaine… Il y a essentiellement deux problèmes, autour de ces sujets là — et ça se résume à ces deux problèmes. L’un qui est la gestion des noms de domaine, et où ça c’est un pur problème de droit, c’est-à-dire que le droit applicable en matière de noms de domaine est le droit américain : si tu veux contester un nom de domaine, c’est toujours la justice américaine qui en dernier ressort tranchera, parce que les grandes entreprises qui gèrent les noms de domaines racine, le .com, le .net, etc. sont des entreprises américaines. Et ça c’est un problème, c’est-à-dire qu’il y a que la vision américaine du droit qui prévaut. Et la bonne réponse à ça on la connaît déjà, elle est documentée : je te recommande d’aller regarder ce que fait Louis Pousin sur le sujet par exemple, c’est d’avoir plusieurs racines dans le système de DNS internet, ça forcera ces racines à coopérer entre elles, et ça rendra le système beaucoup plus résilient, et beaucoup moins centralisé. Et le deuxième problème, qui lui est plus… vraiment plus géostratégique, c’est l’adressage du réseau. Je sais pas si tu sais, Internet tel que nous le connaissons est essentiellement adressé par la version 4 du protocole IP, avec quatre milliards d’adresses, et pas plus…
  • Ouais, il y a un problème au niveau du nombre d’IP là…
  • …et, il y a une v6 qui existe qui permet beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup plus d’adresses mais qui est pour le moment très peu utilisée.
  • Bah l’IPv6, au niveau de l’IPv6, il y a pas des petits problèmes au niveau de la… des… comment-dire… il y a pas de conflits entre IPv4 et IPv6 ?
  • Si, c’est incompatible l’un avec l’autre. On sait faire des passerelles plus ou moins bricolées entre les deux mais… ce sont deux réseau relativement incompatibles entre eux. Et il se trouve qu’à l’heure actuelle la majorité des équipements savent traiter les deux protocoles. …sauf qu’on utilise que la version… la v4. Quels problèmes ça va poser ça en termes de géopolitique… C’est un truc très simple : il y a plus assez d’adresses IPv4, et il y a beaucoup d’adresses IPv6, ça veut dire que de plus en plus les accès Internet qui vont être fournis sont fournis sur des adresses IPv6. Alors que les accès serveurs resteront sur des adresse IPv4. Ça veut dire qu’on aura créé un Internet asymétrique. C’est-à-dire un Internet où les serveurs ne sont pas raccordés de la même façon que les clients, et ça c’est un problème. C’est d’autant plus un problème que un peu plus de 50% des adresses IP sont… américaines. C’est-à-dire que les États-Unis consomment 50% de la ressource alors qu’ils sont 5% de la population. Ça aussi c’est un problème. Et donc ça va tendre, d’abord à abîmer Internet hein, en le rendant sur un modèle beaucoup plus proche du minitel, où le client et le serveur ne sont pas sur un pied d’égalité ; mais en plus, à faire en sorte que, la concentration aux États-Unis des serveurs soit accentuée et devienne structurelle. C’est-à-dire qu’elle ne soit plus juste un aléa de la vie économique, mais qu’elle soit codée dans la structure du système. Et ça c’est un gros gros gros gros problème. Et donc typiquement les pays qui se posent des tas de questions sur la gouvernance d’Internet devraient réfléchir à ça. C’est pas très compliqué à traiter techniquement, c’est — en gros — il faut inciter les opérateurs de… d’un peu partout à tout basculer en IPv6, pas que les abonnements mais aussi les serveurs, les sites, les accès, etc. Et en fait, si tu veux, pour moi c’est un tandem entre typiquement ce qu’a fait le Parlement européen sur la neutralité du Net, en forçant les opérateurs à rester sur un jeu ouvert et sur un réseau ouvert — si ce qu’a été voté au Parlement européen finit par devenir réellement un règlement applicable, on aura là une première brique très intéressante —, et la deuxième est d’avoir un incitatif très fort tout en v6, pas que les abonnements mais tout, et à le faire vite, pour éviter la pénurie qui est en train de se créer sur v4 et l’espèce d’économie malsaine et nauséabonde où on vend et achète des adresses IP ce qui n’a… aucun sens. Donc là il y a un enjeu de géopolitique du réseau qui est extrêmement fort. Et tu peux être certain que les derniers qui bougeront pour qu’on bascule tout en v6 ce sont les américains parce que ça leur fait perdre la haute main sur le réseau.
  • D’accord… L’hégémonie, ok… On voit le problème sur d’autres domaines comme…
  • Donc, ça c’est un élément quand on parle de gouvernance d’Internet faut pas se tirer sur la nouille pour savoir qui va rejoindre le board de l’Icann à part… à la place du Department of Commerce, est-ce que c’est l’ONU, est-ce que c’est l’UNESCO, est-ce que c’est telle agence internationale de Genève, est-ce que c’est… On s’en fout ! C’est pas ça le sujet. Ça, ça n’a pas d’importance. On peut le regarder, ça occupe les diplomates, il faut leur laisser un nonos à ronger, mais le vrai sujet il est pas là, le vrai sujet il est technique. Le vrai sujet technique c’est comment on fait pour forcer le réseau à rester ouvert.
  • Je te passe du coq à l’âne : t’as commencé ta phrase en disant « C’est comme essayer de gouverner une flaque d’eau, au mieux on peut l’encadrer ». C’est ça ?
  • Au mieux on peut essayer de la contenir…
  • Voilà, au mieux on peut essayer de la contenir.
  • Le truc c’est juste qu’il faut surtout pas la contenir.
  • Est-ce que tu penses que la loi de programmation militaire et tout l’arsenal législatif qu’il est posé, c’est une façon d’essayer de contenir la flaque d’eau que… sans reprendre le mot de Gustave Lebond — la psychologie des foules — est-ce que tu penses que la psychologie des foules a apporté une flaque d’eau, est-ce que l’arsenal législatif c’est pas un peu une façon de contenir le peuple, de sa façon d’accéder à la connaissance ?
  • L’article 13 devenu 20 de la loi de programmation militaire c’est en fait une façon de permettre… ’fin c’est un outil dont se dote le pouvoir exécutif pour surveiller et contrôler la population. C’est très clairement du contrôle social. C’est pas pour traquer les terroristes, c’est pas pour traquer les méchants pédonazis. Ça, ça se fait dans le code pénal, quand on le fait dans la loi de programmation militaire, c’est-à-dire pour les services de renseignement, c’est-à-dire pour les barbouzes, et qu’on donne — en gros — les pleins pouvoir en matière de surveillance au barbouzes, c’est qu’on essaye de faire une petite NSA à la française. Alors nous on fait ça façon… parce qu’on a pas les budgets, mais le but est clairement qu'une forme de police qui est secrète puisse surveiller ce que fait la population en permanence avec un certain nombre d’entorses à l’État de droit que ça comporte.
  • Est-ce que ça t’inquiète que quand tu vois que l’Europe est en train de basculer dans des gouvernement encore plus instables. Il y a des mouvements genre Occupy Wall Street, des mouvements un petit peu… qui demandent des réponses ? Est-ce que tu… ça t’inquiète, que ce type de violence légitime détenue par un État arrive quand même à passer, surtout de la façon dont ça a été passé ?
  • Bien sûr que ça m’inquiète, évidemment que ça m’inquiète, mais je ne vois pas de corrélation immédiate entre les deux… C’est-à-dire que les politiques, qui sont essentiellement, aujourd’hui, les tenants de l’ancien monde, aimeraient que rien ne bouge parce qu’ils veulent rester en haut de la pyramide. Et c’est même pas forcément conscient… Et du coup ils font les lois dans ce sens là. Donc ils font des lois visant à contrôler la population parce qu’ils sentent que la population s’agite, ils font des lois visant à… empêcher Internet de déborder parce qu’ils ne comprennent rien à Internet… Ce n’est pas avec des visées totalitaires. Je suis pas sûr que ce soit tout à fait lié à la montée des totalitarismes. La montée des totalitarismes, en Europe, elle est flagrante, et elle est plutôt liée à des questions de macro-économie. C’est-à-dire que tu retrouves les mêmes montées de totalitarisme dans l’Europe des années 30 pour des raisons similaires, qui sont, la répartition des richesses produites, qui sont, les structures économiques, qui sont… Bah pour faire simple, quand la finance s’envoie en l’air, cinq ans plus tard le fascisme monte en Europe, c’est comme ça. La finance s’est envoyée en l’air en 2008, le fascisme est en train de monter en Europe, c’est comme ça. Et c’est pour les mêmes raisons qu’en 1929 hein, ça n’a pas… il y a pas de changement profond. À l’époque ça prenait des formes très particulières en Europe, mais c’est le même problème : c’est-à-dire que c’est le même délire du capitalisme, où on voit les revenus du capital, et donc les prix du capital, augmenter, les revenus du travail baisser, la répartition de richesses se faire de travers, donc… en gros tu cherches ce que détiennent les 10% plus riches d’un pays… versus ce que détiennent les 50% les plus pauvres… et plus l’écart augmente, plus il y a une tension dans la société, cette tension se résout toujours, par le fait que les puissants — qui sont assez voisins des riches — ont envie que les choses restent stables, que le monde ne change pas et donc font tout pour empêcher le monde de changer, et créent une tension. C’est-à-dire que la tension sociale devient une tension politique, et c’est comme ça qu’on dérive vers des systèmes totalitaires, et on voit plusieurs briques en ce moment… c’est-à-dire que, oui t’as le CSA qui est une brique, oui t’as la loi de programmation militaire qui est une brique, t’as tout le monde de régulation de la finance par contrainte, je veux dire c’est ce qu’on est en train de faire à la Grèce c’est une connerie… T’as, voilà… Tout ça se tient. Le fait que les fachos vont arriver au pouvoir c’est pas une conséquence d’Internet et c’est pas une conséquence à la loi de programmation militaire. Les deux sont une même conférence du même phénomène qui est une société qui va mal.
  • Benjamin Bayart, merci !
  • Je t’en prie.

☙❦❧

[LeMonde] Thaïlande, Taïwan : les réseaux Mesh, outil anticensure

Après leur coup d'Etat, les militaires se sont dits prêts à censurer Internet. Mais une technologie permettant de créer des réseaux décentralisés existe. [...]

Les manifestants sont séduits par une fonctionnalité toute particulière, le « near-by » mode, qui génère un réseau local décentralisé et permet d'échanger des messages en court-circuitant les opérateurs télécoms. « FireChat est prévue pour communiquer dans les situations où l'on ne peut habituellement pas », explique Micha Benoliel, qui cite les avions, le métro, les festivals, les boîtes de nuit… FireChat n'a pas vraiment été pensé comme un outil de subversion politique, de contournement de la censure ou de communication furtive. Mais la technologie sur laquelle elle repose, baptisée Mesh, pourrait changer profondément les façons de communiquer, au moins sur un plan local. [...]

Félix Tréguer, doctorant à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (et par ailleurs membre de La Quadrature du Net, association militant pour la défense des libertés sur Internet), a coécrit un article à paraître, qui compare ces réseaux avec les autres composantes d'Internet : « Les licences Creative Commons offrent une gestion des contenus comme des biens communs. L'Internet Engineering Task Force (IETF) et le W3C font de même avec les normes qui régissent Internet. Le Mesh correspond à une gestion des infrastructures comme des biens communs ».

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/05/23/thailande-taiwan-les-res...

[Sénat] Journée d'étude : "Numérique, renseignement et vie privée : de nouveaux défis pour le droit"

Table ronde « Les nouvelles technologie, une menace pour la vie privée ? » enregistrée le 22 mai 2014 au Sénat, lors de la journée d'étude sur le thème « Numérique, renseignement et vie privée : de nouveaux défis pour le droit », avec la participation de Philippe Aigrain, cofondateur de La Quadrature du Net.

Les questions du public :

Les enregistrements des autres tables rondes et la conclusion d'Axelle Lemaire sont visibles à cette adresse :
http://www.senat.fr/colloques/numerique_renseignement_et_vie_privee.html

[Numerama] WePromise : les candidats aux Européennes s'engagent sur le numérique

L'EDRi, en collaboration avec la Quadrature du Net, a élaboré une charte des droits numériques qu'une cinquantaine de candidats aux élections européennes en France ont accepté de signer. [...]

La charte se décline en 10 points :

  • Je m'engage à promouvoir la transparence, l'accès aux documents et la participation des citoyens
  • Je m'engage à soutenir la protection des données et les législations relatives à la protection de la vie privée
  • Je m'engage à défendre un accès sans restriction à Internet et aux services en ligne
  • Je m'engage à promouvoir la mise à jour de la législation sur le droit d'auteur
  • Je m'engage à ne pas soutenir des mesures de surveillance globales et incontrôlées
  • Je m'engage à promouvoir l'anonymat en ligne et le chiffrage
  • Je m'engage à ne pas soutenir les mesures d'application privatisées des lois en dehors de l'état de droit
  • Je m'engage à soutenir le contrôle de l'exportation des technologies de surveillance et de censure
  • Je m'engage à soutenir le principe des modèles pluripartites
  • Je m'engage à promouvoir les logiciels libres

En France, à l'heure où nous publions ces lignes, 59 candidats ont accepté de signer la charte, ce qui fait de la France le deuxième pays où les engagements sont les plus nombreux, derrière l'Espagne (64) mais devant l'Allemagne (52). [...]

http://www.numerama.com/magazine/29449-wepromise-les-candidats-aux-europ...

[Arte] Une contre-histoire de l'Internet – Naissance du mp3

Les meilleurs souvenirs Internet de Jérémie Zimmermann ? L'apparition du MP3, puis celle de Napster…

http://future.arte.tv/fr/sujet/une-contre-histoire-de-linternet#article-...


Un de mes meilleurs souvenirs… je crois que c’est l’apparition de Napster… Parce que ça faisait des années qu’avec des potes on s’échangeait de la musique, qu’on s’échangeait des fichiers de musique.

J’avais un pote dans cette petite bande avec qui on se connectait en réseau qui avait inventé son propre format de compression de musique, qui compressait la musique 4 à 5 fois dans un truc à peu prêt correct… On avait commencé à utiliser ça, et on s’échangeait — mais comme des blagues — genre des chansons […]… et on se mettait à fond les ballons pour se faire chier les uns les autres. Et, mais on commençait comme ça à collectionner de la musique…

Puis un jour quelqu’un sur IRC me dit… presque en mode panique : « Regarde ce truc ! Télécharge ce soft ! C’est… c’est dingue ! » …Je vois un petit… lecteur multimédia… « Je… qu’est-ce que c’est que ton machin ? » Il me me dit « Bah ouvre le fichier qui, qui est livré avec, écoutes-le. ». J’ouvre le machin, « play », il y a un brouillis comme ça, stéréo, très bien fait, des bruits de verre… cristallin, tout ce qu’il faut… Je dis « Oui, bon, alors ? C’est un son, de bonne qualité, qu’est-ce que tu… ? pourquoi tu me… ? — Eh ben regarde la taille du fichier. » 71 kilo-octets… Oh ! oh non… Oh il l’ont fait… Oh… ça y est… on peut compresser plus de 10 fois le son, la musique… Donc, toute ma musique, désormais, sera comme ça.

J’ai passé une semaine à trouver le codeur qui venait du laboratoire Fraunhofer, j’ai encodé mon premier CD en MP3… ça m’a pris… douze heures de calcul, je crois… Donc j’en lançait un le soir quand je me révéillait c’était pas fini… Quand je revenais du lycée c’était fini puis j’en lançais un autre et puis j’ai fait toute ma collection de CD, comme ça en environ un mois. Puis j’ai donné mes CD. Et donc ça c’était 95… Et je savais que le futur de ma musique serait dans ce format, MP3.

Et, de là, avec les potes, on s’ouvrait des serveurs FTP ; d’autres bandes de potes à vélo de serveurs FTP ont commencé à aller les uns chez les autres, un p’tit peu comme sur la scène warez… Et on commençait à se remplir des bibliothèques de CD, on a commencé le, le peer-to-peer à notre sauce. Et, ça faisait, quand Napster est apparu, ça faisait trois ans que je me disais « Mais quand est-ce qu’on va avoir l’outil universel pour partager nos bibliothèques ! »

Et donc je crois que la semaine où Napster s’est ouvert je me suis jeté dessus… Direct j’en ai inventé une utilisation sociale, où en fait je repérais les utilisateurs qui avaient des fichiers bien rangés comme moi j’aimais bien les ranger, qui n’avaient que des albums complets, et qui avaient des trucs que j’aimais… et je parlais avec eux. « Salut, je vois que t’as tel et tel machin, heu si ça te dérange pas je vais te prendre ça et ça et ça, et puis si t’aimes ça et ça et ça je te recommande chez moi d’aller prendre ça et ça et ça », et j’ai « rencontré » — entre guillemets hein, parce que je les ai jamais vu physiquement — des gens avec qui j’ai eu des relations, discuté de musiques de choses et tout… avec qui ont a partagé la culture musicale comme ça ; et je, c’est là que j’ai fait ma culture musicale… Avant ça j’avais, heu… avant le MP3 j’avais peut-être dix références culturelles, avant Napster j’en avais peut-être cinquante ou soixante… maintenant c’est des centaines d’artistes, j’ai passé des années à être à la pointe, le p’tit label de musique que j’allais voir en concert… au Rex, au Bateau phare, à la Bonne époque, etc.

Napster c’est le début de mon apprentissage de la culture musicale, ça c’est vraiment… c’était vraiment une révélation.

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[FranceCulture] Journal de sept heures : la neutralité du Net

Extrait de l'émission Le journal de sept heures diffusée le 4 avril 2014 sur France Culture avec Félix Tréguer, co-fondateur de l'association La Quadrature du Net.


  • Vous écoutez France culture.
  • Le journal de 7h, avec Antoine Marettes.
  • Bonjour Antoine.
  • Boujour Marc, bonjour à tous.
  • La neutralité du Net, c’est le principe défendu hier par le Parlement européen. L’idée c’est de garantir que tous les internautes aux mêmes contenus quelque soit leur fournisseur d’accès. Une première étape importante pour les défenseurs des libertés sur la toile mais désormais il va falloir le vote du prochain parlement européen issu des élections fin mai, tout comme l’accord des 28 pays membres de l’UE, comme quoi rien n’est fait. Victor Maté :
  • Décrocher une deuxième victoire ne sera effectivement pas facile reconnaît l’eurodéputée Françoise Castex du parti Nouvelle Donne qui s’est beaucoup battu dans ce dossier :
  • Il y a des lobbies importants des entreprises — notamment des fournisseurs d’accès — qui voudraient avoir maintenant des accès spécialisés, c’est-à-dire des accès spécifiques et fléchés, un petit peu comme si quand vous prenez l’autoroute on vous amenait automatiquement dans un endroit bien précis… ».
  • Faire face aux géants de l’Internet, bien décidés à passer des accords commerciaux, c’est donc le premier défi ; le second c’est de résister aux pressions juridiques : un tribunal américain vient en effet de déclarer le principe de la neutralité inconstitutionnel, ce qui ouvrirait la voie à un Internet à deux vitesses — on en est pas encore là — si l’ARCEP, le gendarme du Net en France, n’a pas officiellement dénoncé de pratiques contraires à cette neutralité, « les cas existent bien » dit Félix Tréguer, le cofondateur de La Quadrature du Net, collectif de défense des internautes, parle de blocage politique, et ce n’est pas le remplacement de Fleur Pellerin par Arnaud Montebourg au numérique dans le nouveau gouvernement qui va changer la donne.
  • Je pense pas que ça change la position du gouvernement français qui était de toute façon très alignée sur celle des grands opérateurs, mais par contre Montebourg a déjà fait preuve en tant que ministre du redressement productif d’une proximité assez effarante à l’égard de ces intérêts industriels et du coup on s’attend à ce que le gouvernement français prenne des positions assez « adverses » à celles adoptées par le Parlement européen…
  • …Félix Tréguer parle tout de même d’une victoire importante avec ce vote du parlement, mais compte bien poursuivre le combat si un règlement était adopté par les eurodéputés il s’imposerait à tout les fournisseurs de l’Union européenne.

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[MadmoiZelle] La neutralité du Net en danger ? — « Je veux comprendre »

La neutralité du Net, Internet en danger, les FAI… Voilà un moment qu’on en parle, mais difficile de bien saisir ce qu’il se passe en ce moment. Et si on essayait d’y voir plus clair ensemble ? […]

La neutralité du Net est un principe plutôt qu’une réglementation — on ne rentre pas au Mordor réglemente pas Internet comme ça, vous êtes fous, vous. La Quadrature du Net résume la chose en ces termes éloquents : « La neutralité du Net est un principe fondateur d’Internet qui garantit que les opérateurs télécoms ne discriminent pas les communications de leurs utilisateurs, mais demeurent de simples transmetteurs d’information. Ce principe permet à tous les utilisateurs, quelles que soient leurs ressources, d’accéder au même réseau dans son entier. »

Voilà pourquoi la décision de la FCC [ou Commission Fédérale des Communications] va à l’encontre de la neutralité du Net. En donnant le droit aux FAI de faire ce qu’ils veulent, elle ouvre la porte aux restrictions et discriminations d’accès ; Internet qui devient un modèle économique, c’est un peu la fin de la liberté de publication et d’expression pour tous. Un jour, si ça se trouve, il faudra payer pour écrire « lol cé nulle » sous une vidéo YouTube ou publier une note de blog pleine de lolcats ! […]

À noter que pendant ce temps, les choses ont l’air de mieux se passer du côté de chez nous : pendant que la Commission travaillait sa petite idée, début avril dernier le Parlement européen a adopté pour la première fois un texte protégeant la neutralité du Net. […]

http://www.madmoizelle.com/neutralite-net-je-veux-comprendre-253101

[NextINpact] Le grand projet de loi sur le numérique pourrait être prêt pour 2015

Initialement promis pour « début 2014 au plus tard », le vaste projet de loi « numérique » du gouvernement continue d’accumuler du retard. Selon le Conseil national du numérique, qui sera chargé de coordonner une grande concertation à son sujet, le texte pourrait être présenté au Parlement d’ici janvier 2015. De son côté, l’exécutif tarde toujours à saisir officiellement l’institution, Axelle Lemaire ayant simplement affirmé vendredi que ce serait le cas « prochainement ».

C’était l’une des mesures phares de la feuille de route gouvernementale dédiée au numérique du 28 février 2013 : le dépôt, devant le Parlement, d’un projet de loi « sur la protection des droits et des libertés numériques » d’ici le début de l’année 2014 « au plus tard ». Mais finalement, la préparation de ce texte a pris du retard. À l’automne dernier, La Quadrature du Net s’étonnait d'ailleurs dans nos colonnes du silence troublant de l’exécutif et déplorait sa gestion de ce dossier. Du côté de Matignon, l’on nous assurait néanmoins que le fameux projet de loi serait bel et bien présenté en Conseil des ministres, mais « au premier semestre 2014 », c’est-à-dire avant juillet. […]

http://www.nextinpact.com/news/87460-le-grand-projet-loi-sur-numerique-p...

[BFMTV] Fleur Pellerin : "nous aurions dû faire davantage de pédagogie sur le traité transatlantique"

La secrétaire d'État au Commerce extérieur, était l'invitée de BFM Business ce lundi 19 mai. Elle est revenue sur la diplomatie économique et le traité transatlantique en cours de négociation. […]

Par ailleurs, Fleur Pellerin est revenu [sic] sur le traité transatlantique. Et elle a fait, au nom de la classe politique, son mea culpa. "Nous aurions dû faire davantage de pédagogie". La situation est compliquée : ce traité est négocié en toute confidentialité, mais certains pays comme la France demandent sa publication officielle. D'ailleurs, la secrétaire d'Etat salue le fait que le texte ait fuité sur internet. […]

http://www.bfmtv.com/economie/fleur-pellerin-veut-renforcer-linfluence-f...

[Note de LQDN : la version fuitée du mandat de négociations et d'autres documents de référence sont disponibles dans le webdossier consacré à TAFTA.]

[L'Informaticien] Rapport MIQ téchargement illégal : un arsenal qui ignore les internautes

Le rapport Mireille Imbert-Quaretta définit un ensemble d’outils « opérationnels » pour lutter contre le téléchargement illégal. Première mesure : supprimer les ressources des sites qui diffusent des contenus multimédias. Mais en choisissant l’autorégulation et les « bonnes pratiques », ce document favorise une voie extrajudiciaire de résolution des affaires de contrefaçon et donne ainsi plus de poids aux autorités administratives et aux ayant droit. […]

La Quadrature du Net s’inquiète d’ailleurs de la possible mise en place de ces mesures extrajudiciaires, « puisque [ce rapport] propose de mettre en place une infrastructure où l'administration et les intermédiaires techniques, financiers et de publicité, sont en position de force pour déterminer le caractère contrefaisant ou non des sites de partage et pour agir contre eux ». L’association spécialisée dénonce ce document qui « porte atteinte aux droits fondamentaux de chacun » et s’inscrit, sans le dire, dans la droite lignée d'ACTA, texte retoqué en 2012 par le Parlement Européen.

http://www.linformaticien.com/actualites/id/33092/rapport-miq-telecharge...

[Rue89] L’Europe défend le droit à l’oubli, ce vieux machin qui énerve tant Google

Pour Eric Schmidt, président du conseil d’administration de Google, la justice européenne a tort. Elle est même complètement dans le faux. La Cour de justice de l’UE a commis cette semaine la pire des hérésies : reconnaître que les hommes avaient le droit d’être oubliés et d’échapper à l’œil inquisiteur du géant de Mountain View. [...]

Le premier réflexe, dans un contexte où la défense de la vie privée apparaît plus importante que jamais, serait de se réjouir de voir le juge octroyer au citoyen davantage d’outils de protection. Félix Tréguer, cofondateur de l’association de défense des droits La Quadrature du Net, est pourtant assez réservé : « La Cour demande à Google de décider ce qui relève du débat public ou de la vie privée. Cette attitude participe d’un mouvement général dans nos sociétés qui consiste à déléguer des pouvoirs de police à des acteurs privés. »

Pour le militant, le droit à l’oubli doit certes être un thème majeur des débats sur la protection des citoyens sur Internet, mais la stratégie choisie est peut-être une erreur : « Plutôt que de passer par Google, pourquoi ne pas contacter directement le site où est publié le contenu que l’on voudrait voir disparaître et lui demander d’anonymiser ou de placer un petit outil de désindexation sur sa page ? » [...]

http://rue89.nouvelobs.com/2014/05/16/leurope-defend-droit-a-loubli-vieu...

[Politis] NETMundial : l'art de ne pas protéger l'écosystème

Organisé sur proposition du Brésil à la suite des révélations d’Edward Snowden, la conférence internationale NETMundial a réuni les 23 et 24 avril, à São Paulo, un millier de participants : États, secteur privé, société civile, communauté technique et des universitaires, venant de 87 pays. Son ambition était de définir les principes d’une gouvernance multipartite de l’Internet et une feuille de route pour l’évolution de cet « écosystème ». [...]

Pour La Quadrature du Net « la farce de la gouvernance de l’Internet par NETMundial doit servir à réveiller les citoyens qui veulent réellement la fin de la surveillance de masse et favoriser les libertés numériques ». Son communiqué s’achève sur un appel vibrant de son ex-porte-parole, Jérémie « Che » Zimmermann : « Nous devons mener un combat politique pour obtenir la protection de nos droits et libertés en créant un contexte global qui forcera les gouvernements à protéger Internet comme un bien commun, inspiré par les précédents siècles de lutte pour les droits civiques et humains. » [...]

http://www.politis.fr/NETMundial-l-art-de-ne-pas,26912.html

[Mediapart] La Parisienne Libérée et Jérémie Zimmermann : « Bruxelles Bubble »

Cette semaine, La Parisienne Libérée invite Jérémie Zimmermann pour chanter le lobbying européen et l'art de faire des amendements devant un verre de bière ! Datalove #3.

http://www.mediapart.fr/journal/france/080514/la-parisienne-liberee-et-j...

Les autres chansons du projet Datalove sont en ligne ici :

[citation J. Zimmermann]
« C’est frappant de voir combien d’un côté il y a cet univers en vase clos, avec ses codes, ses règles, ses personnalités, ses usages, et de l’autre combien tout le monde se fout de ce qui se passe à Bruxelles ! Il y a une vraie déconnexion. Et ce qui s’engouffre dans cette déconnexion, ce sont les lobbies. »

C'est Place du Luxembourg
Devant le parlement
En se voyant tous les jours
Que très naturellement
On partage un petit verre
Et quelques sentiments
Puis sans en avoir l'air
On fait des amendements !

De bière en bière
De bar en bar
Wanabee députés
Lobbies et volupté
De bière en bière
De bar en bar
On ne se sent jamais seul
Dans la Bruxelles Bubble

À force de cultiver
Toutes ses connexions
La bulle est savonnée
Par des groupes de pression
Ce soir c'est table ouverte
Chez les gens du tabac
La grande blonde est offerte
Et certains ne se privent pas !

De bière en bière
De bar en bar
Wanabee députés
Lobbies et volupté
De bière en bière
De bar en bar
On ne se sent jamais seul
Dans la Bruxelles Bubble

Il y a les fonctionnaires
Il y a leurs assistants
Et puis les mercenaires
De tel ou tel groupement
Je t'offre une Chimay Bleue
Et tu me racontes un peu
Un repas étoilé
Je pourrai t'expliquer !

De bière en bière
De bar en bar
Wanabee députés
Lobbies et volupté
De bière en bière
De bar en bar
On ne se sent jamais seul
Dans la Bruxelles Bubble

Le long de la Rue de la Loi
Il y a le monde en miniature
Les gens qui travaillent là
Ont chacun leur devanture
Fédération bidule
Du cabinet machin
Qui souffle sur la bulle
Pour marquer son chemin

De bière en bière
De bar en bar
Wanabee députés
Lobbies et volupté
De bière en bière
De bar en bar
On ne se sent jamais seul
Dans la Bruxelles Bubble

Au pied du Berlaymont
On croise le ballet
Des petites délégations
De technos engoncés
L’univers bruxellois
Est une brasserie de cervelles
Qui vit dans l'entre-soi
D'un monde parallèle...

De bière en bière
De bar en bar
Wanabee députés
Lobbies et volupté
De bière en bière
De bar en bar
On ne se sent jamais seul
Dans la Bruxelles Bubble

[Final sifflé par Jérémie]

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[FranceCulture] Les Bubblies vs King : quand la propriété intellectuelle devient folle

Vous avez sûrement entendu parler ces derniers jours de cette histoire qui aurait pu être drôle si elle n’était pas symptomatique : le groupe King, éditeur du célébrissime jeu Candy Crush, groupe valorisé à 7,5 milliards de dollars, a lancé une procédure de justice contre un groupe de rock toulousain, au prétexte que le nom du groupe, les Bubblies, se rapprochait un peu trop d’un autre jeu édité par King, Bubble Witch. […]

Cette histoire illustre un phénomène que certains nomment « copyright madness », la « folie du copyright », phénomène que deux experts du nom de Calimaq et Thomas Fourmeux documentent chaque semaine avec un mélange d’affliction et de drôlerie. Car si d’un côté, Internet et le numérique remettent en question l’exercice du copyright, du droit d’auteur et l’exploitation des brevets tels qu’ils ont lieu depuis plus de deux siècles, il y a un revers dont on parle moins : l’extension de la propriété intellectuelle à des sphères inédites. On ne compte plus les absurdités auxquelles aboutit cette extension. Les marques qui veulent déposer des couleurs, des mots, des lettres, des expressions mais aussi des histoires à dormir debout. […]

Émission Ce qui nous arrive sur la toile diffusée le 6 mai 2014 sur France Culture.

http://www.franceculture.fr/emission-ce-qui-nous-arrive-sur-la-toile-les...

[Note : le terme « propriété intellectuelle » prétend désigner de nombreuses lois n'ayant que peu de rapport les unes avec les autres, et est générateur de confusion. LQDN préfère évoquer les droits d'auteur, des marques, des brevets, etc.]

[LQDN] Débat sur "L'affaire Snowden" – 11 mars 2014

Enregistrement du débat du 11 mars 2014, tenu à la Maison de l’Amérique Latine à l'occasion de la parution du livre L'affaire Snowden aux Éditions La Découverte, avec son auteur, Antoine Léfébure, Philippe Aigrain, cofondateur de La Quadrature du Net, Duncan Campbell et Maurice Ronai.

[DebatPublic] Définir les communs

Intervention de Philippe Aigrain, cofondateur de La Quadrature du Net, filmée dans le cadre du projet Remix the Commons, à l’occasion de la Conférence L’économie et les communs à Berlin en mai 2013, réalisée par Alain Ambrosi et Frédéric Sultan (Communautique et Gazibo), avec le soutien de la Fondation pour le Progrès de l’Homme (FPH Charles Léopold Mayer).

http://paigrain.debatpublic.net/?p=8682

[Libération] Contre les discriminations, ne tirez pas sur Internet

Tribune de Rokhaya Diallo, administratrice du Réseau européen contre le racisme (Enar), et Félix Tréguer, cofondateur de La Quadrature du Net, publiée dans Libération du 27 avril 2014.

Dans plusieurs textes en cours de discussion au Parlement, et notamment le projet de loi sur l’égalité femmes-hommes, le gouvernement compte œuvrer au renforcement de la répression sur Internet.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement et sa majorité ont proposé plusieurs mesures visant à lutter contre les discriminations, qu’elles soient fondées sur l’origine, le sexe, l’orientation sexuelle ou le handicap. La tâche est d’envergure et nul ne reprocherait à l’Etat de combattre la haine et les préjugés. Néanmoins, il ne serait pas superflu de s’interroger sur les batailles choisies par nos responsables publics. Alors qu’une sérieuse autocritique devrait être engagée pour comprendre les échecs présents et passés, alors qu’il faudrait, au-delà de l’affichage, engager une politique de lutte contre les discriminations systémiques dont les institutions républicaines sont aussi les vectrices, c’est la stigmatisation d’Internet qui est privilégiée.

Dans plusieurs textes en cours de discussion au Parlement, et notamment le projet de loi sur l’égalité femmes-hommes, le gouvernement a répondu à l’appel d’une partie du monde associatif pour œuvrer au renforcement de la répression sur Internet. En l’espèce, il s’agit de demander à certaines entreprises privées, comme Twitter, de faire elles-mêmes la police sur leurs réseaux dès que leur sont signalés des contenus haineux potentiellement illicites. Exit le juge judiciaire. On préfère contourner les tribunaux et généraliser la censure privée, en fermant les yeux sur les inévitables risques de dérives. Et pour justifier cette entorse à l’Etat de droit et au principe d’une répression judiciaire des abus de liberté d’expression, une avancée, héritée de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, on mobilise une nouvelle fois la rhétorique désormais familière d’Internet hors-la-loi. La ministre Vallaud-Belkacem en fait ainsi une « une zone de non-droit ». Le député, Malek Boutih, « une sorte de far west ». Manuel Valls, désormais Premier ministre, appelait, il y a quelques mois à durcir la législation pour tenir compte de « la force de frappe d’Internet et de son influence sur les citoyens ». Quant aux médias, ils ne sont pas en reste. Ainsi, en pleine controverse autour du spectacle de Dieudonné, l’éditorialiste Christophe Barbier donnait en exemple la censure drastique pratiquée par les autorités chinoises pour montrer qu’il était possible de « réguler Internet ».

Autant de caricatures. Chacun admet qu’il est non seulement possible mais aussi nécessaire de faire appliquer le droit sur Internet. La puissance publique doit encadrer la liberté d’expression en réprimant lorsque cela est nécessaire les propos qui incitent à la haine, à la violence ou aux discriminations. Partant de là, la seule vraie question est donc de savoir si l’on consent à se donner les moyens de respecter les principes de la république et de l’Etat de droit, sur Internet comme ailleurs. Comment ? D’une part, en faisant en sorte que les victimes de propos de haine diffusés en ligne puissent être accompagnées par les pouvoirs publics et défendues. C’est grâce au travail de la police et de la justice que la coauteure de ces lignes, visée par un appel au viol lancé sur Twitter en juin 2013, a vu sa démarche judiciaire aboutir à la condamnation de l’auteur du message menaçant. Dans de telles circonstances, chacun doit bénéficier du soutien des instances républicaines. D’autre part, en garantissant le droit au procès équitable pour les auteurs de tels propos qui se verraient censurés. C’est-à-dire faire l’inverse de la politique actuelle, qui consiste à déléguer la réception des plaintes et l’exécution de la censure à des entreprises privées plutôt que de renforcer les moyens de la police et de la justice, extraordinairement démunies en la matière. Seule une dizaine d’agents est affectée au traitement de près de 130 000 signalements des cyber-infractions potentielles (12% signalant des propos raciste) effectués l’an dernier par les internautes !

Cela dit, l’intolérance ne trouvera aucune réponse satisfaisante dans la seule approche répressive. Car plutôt que l’origine du mal, Internet est bien davantage la caisse de résonance des dérives haineuses, qui peuvent aussi provenir d’une partie des élites. Certains font preuve en effet d’une redoutable imagination, alimentant la surenchère de propos racistes, xénophobes, misogynes ou homophobes. La multiplication des outrances de ministres, d’élus de la république - couvrant largement l’échiquier politique - ou d’éditorialistes médiatiques, dont les plus scandaleuses leur ont d’ailleurs valu des comparutions devant la justice et parfois même des condamnations, ne les empêchent pas de tenir toujours le haut du pavé dans l’espace public. Ce sont pourtant ces discours, qui instrumentalisent les souffrances et instaurent un climat réactionnaire dont les échos sont palpables dans le quotidien des Français.

Pour commencer, il est impératif que les leaders d’opinions, dans les institutions comme dans les grands médias, soient exemplaires. Un gouvernement qui tolère dans ses rangs des sorties stigmatisantes pour une partie de la population perd toute légitimité à porter un combat en faveur de l’égalité. Au-delà, seuls une politique innovante et d’envergure de lutte systématique contre les discriminations et les préjugés, engageant les grands champs de la société (éducation, santé, logement), ainsi que le démantèlement effectif de l’ensemble des pratiques discriminatoires institutionnelles (médias, police et justice…) pourront assurer à tous les citoyens une égalité de droit, et leur permettre ainsi de travailler ensemble à la construction d’une démocratie apaisée et solidaire.

http://www.liberation.fr/societe/2014/04/27/contre-les-discriminations-n...

[ZDNet] NetMundial : Obladi, Oblada (la vie continue)

Dans son communiqué diffusé ce vendredi, la Quadrature du Net ne fait pas dans la dentelle. Mais illustre bien la déception d'une partie de la société civile au sortir de la rencontre mondiale sur la gouvernance de l'Internet de Sao Paulo, NetMundial, qui s'est achevé hier aux antipodes de ce qu'elle aurait pu espérer. […]

Au final, beaucoup de sujets ont été évincés, dont certains étaient majeurs même s'ils ne touchaient pas directement le fonctionnement de l'Icann. Quant au NetMundial, il a surtout ressemblé, pour la société civile, à une nuit ONUsée.

http://www.zdnet.fr/actualites/netmundial-obladi-oblada-la-vie-continue-...

[LeMonde] NETmundial de Sao Paulo : réactions très contrastées des participants français

Les militants de l'Internet Libre présents au sommet de Sao Paulo, au Brésil, sur la gouvernance de l'Internet, regroupés dans le collectif « Our NETmundial », repartent déçus.

Jérémie Zimmermann, porte-parole de l'association française La Quadrature du Net, est franchement amer : « Sous la pression des entreprises et des gouvernements, le texte [initial] a été massacré, la société civile balayée (…) Le texte final est un compromis mou et inutile, qui ne propose aucune mesure concrète. » […]

Plus généralement, La Quadrature du Net rejette le concept de gouvernance « multi-parties prenantes », qui supposerait l'émergence d'un impossible consensus entre tous les acteurs de l'Internet, publics, privés et associatifs, à l'échelle mondiale : « Internet nous appartient, à nous, citoyens, et c'est ce que nous devons imposer aux gouvernements et aux entreprises. Pour cela, nous n'avons pas besoin d'une ''gouvernance globale multiacteurs''. Nous devons plutôt nous inspirer d'une longue tradition de conquête des droits et des libertés. » […]

http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/04/25/netmundial-de-sao-paul...

[FranceTVInfo] Pourquoi la neutralité du net est-elle menacée aux Etats-Unis ?

Une ébauche de règlement américain prévoit que les fournisseurs d'accès à internet puissent faire payer les sites pour qu'ils bénéficient d'une connexion optimale. Francetv info vous explique pourquoi ce projet inquiète les défenseurs des libertés sur internet. [...]

Ce jeudi 24 avril, la Federal Communications Commission (FCC), l'instance américaine de contrôle des télécoms, présente un projet réglementaire qui pourrait remettre en cause la neutralité du net, en instaurant le principe de "traitement préférentiel", explique Le Monde.fr. Ainsi, les fournisseurs d'accès à internet (FAI) pourraient faire payer les sites pour qu'ils bénéficient d'une connexion optimale. Sont particulièrement visées les plateformes de vidéos, comme YouTube et Netflix, qui sont de grosses consommatrices de bande passante, explique ZDNet, c'est-à-dire qu'elles créent d'importants échanges de données et nécessitent un haut débit pour fonctionner. Un moyen clair pour les FAI de faire du profit, car, dans le même temps, il n'est pas prévu que les prix des abonnements des consommateurs américains baissent. [...]

Qui peut garantir que cette rupture de la neutralité du net ne serait opérée que pour des raisons économiques ? Il est légitime de se demander si l'accès à des sites ne pourrait pas être bridé pour des raisons politiques, menaçant ainsi la liberté d'expression. [...]

http://www.francetvinfo.fr/internet/pourquoi-la-neutralite-du-net-est-el...

[NextInpact] Liens entre Orange et la DGSE : vers des poursuites pénales ?

Alors que Le Monde affirmait le mois dernier que la DGSE dispose d'un accès complet aux données circulant dans les réseaux d’Orange, l'Observatoire des libertés et du numérique (OLN) vient de demander publiquement au gouvernement de faire la lumière sur ces révélations. L’organisation, qui compte dans ses rangs La Quadrature du Net et la Ligue des droits de l’Homme, réclame également que des poursuites pénales soient engagées. [...]

Face aux faibles répercussions de ces révélations, l'Observatoire des libertés et du numérique s’est élevé hier contre ce manque de réaction, et a demandé publiquement à ce que « des réponses politiques, légales et pénales soient apportées à ces agissements ». Cette organisation qui regroupe notamment la Ligue des droits de l'Homme, le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France et La Quadrature du Net affirme dans un communiqué qu’il « est sidérant que ces informations n'aient donné lieu à aucune réponse du gouvernement ».

« Il semble bien que ce soit une véritable opération de surveillance généralisée conjointe conduite par des agents de la DGSE et d’Orange, issus des mêmes corps d’État, et passant de l’une des organisations à l’autre, qui ait été mise en place, regrette l’OLN. L’existence de ce type de dispositif renforce toutes les inquiétudes dont nous avions déjà fait état à propos des dispositions de l’article 20 de la loi de programmation militaire. Que vaut la soi-disant protection résultant de ce que l’accès au réseau passe par des demandes à l’égard des opérateurs, dans un contexte où certains de leurs agents travaillent main dans la main avec les services de renseignement en vue d’une surveillance de masse, hors de tout cadre légal ? » [...]

http://www.nextinpact.com/news/87176-liens-entre-orange-et-dgse-vers-pou...

[FranceInter] Les p'tits bateaux - Les 5 questions-réponses du dimanche 23 février

Émission Les p'tits bateaux diffusée le 23 février 2014 sur France Inter avec Jérémie Zimmermann, cofondateur de La Quadrature du Net.

http://www.franceinter.fr/emission-les-ptits-bateaux-les-5-questions-rep...

[NextInpact] Le Brésil sacralise la Neutralité du Net

Les sénateurs brésiliens ont adopté hier le « Marco Civil da Internet », un projet de loi consacrant notamment la neutralité du Net. Le texte n’attend plus que la signature de la présidente, Dilma Roussef, pour être gravé dans le marbre. L'intéressée reçoit d’ailleurs à partir d’aujourd’hui et pour deux jours différents représentants de gouvernements, afin de discuter de la gouvernance d’Internet. [...]

L’adoption du « Marco Civil da Internet », hier, n’est absolument pas anodine. Le Brésil organise en effet aujourd’hui et demain le « NETmundial », une réunion internationale dont l’objet n’est autre que la gouvernance mondiale du réseau. Dilma Roussef espère bien arriver à ce que les États-Unis, qui ont la mainmise sur l’ICANN (l’organisme qui gère les noms de domaine au niveau mondial), lâchent un maximum de lest.

Si la France sera représentée par Axelle Lemaire, toute nouvelle Secrétaire d’État au Numérique, des associations telles que La Quadrature du Net ont déjà fait part de leur très grand pessimisme. Dans une tribune publiée hier, le co-fondateur de l’association de défense des libertés citoyennes déplore en effet que ce type de sommet soit régulièrement organisé depuis une dizaine d'années, sans que les choses n’avancent réellement : « À quelques jours du forum « NETmundial » de Sao Paulo, il est devenu évident que « la gouvernance de l'internet » est une façon grotesque de nous détourner d’une triste réalité : durant ces quinze dernières années, rien de concret, pas une seule action n’a émergé des réunions multipartites, tandis que dans le même temps, la technologie a été dans son ensemble retournée contre ses utilisateurs, comme un outil de surveillance, de contrôle et d'oppression. »

http://www.nextinpact.com/news/87175-le-bresil-sacralise-neutralite-net.htm

[LeMonde] Réglementons l'activité des services secrets

Avec une franchise confondante, le PDG d'Orange, Stéphane Richard, a avoué au Monde qu'il ignorait que ses employés livraient les données confidentielles de ses clients aux services de l'Etat. Le personnel gérant ces interventions ne serait pas tenu de lui en référer. Voilà une confession qui n'est pas faite pour rassurer les abonnés d'Orange, ni ceux des autres opérateurs qui sont dans la même situation.

Quelles sont les écoutes réalisées hors cadre légal par les opérateurs pour le compte de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) ? Concernent-elles uniquement les communications internationales ? Quid des renseignements recueillis, restent-ils dans les dossiers des services français ? Sont-ils donnés ou échangés avec des pays alliés ? Quelles sont les relations avec l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) ? [...]

Les blasés estiment que, n'ayant rien à cacher, ils n'ont pas à se préoccuper d'être surveillés. Les fatalistes pensent que c'est une exception culturelle française que cette volonté permanente de l'Etat de tout savoir de ses citoyens. Personne ne se préoccupe du fait que cette surveillance généralisée est une menace réelle pour la vie démocratique, hormis quelques courageuses associations comme La Quadrature du Net et d'autres réunies dans l'Observatoire des libertés et du numérique.

Il est temps que nos citoyens soient informés des enjeux du domaine et que des mesures réglementant l'activité des services secrets soient mises en place, afin de protéger nos vies privées et nos libertés fondamentales.

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2014/04/23/reglementons-l-activi...

[LaCroix] Pourquoi il faut réformer Internet

Convoqué à l’initiative de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, le NetMundial, réuni les 23 et 24 avril à Sao Paulo, vise à avancer des pistes de réforme du mode de gouvernance d’Internet. [...]

Les services de renseignements prêtent aussi beaucoup d’attention aux données personnelles, officiellement dans le but de combattre le terrorisme. En juin 2013, l’informaticien de la National Security Agency (NSA) américaine, Edward Snowden, révélait l’existence de programmes de surveillance. Le plus connu, nommé PRISM, permet au gouvernement américain d’accéder directement aux serveurs de neuf compagnies : Microsoft, Yahoo, Google, Facebook, PalTalk, YouTube, Skype, AOL, Apple. La NSA aurait ainsi, en mars 2013, récupéré 97 milliards d’informations. [...]

Pour Jérémie Zimmerman, cofondateur de l’association La Quadrature du Net, qui défend les droits des internautes, ce scandale pose avant tout la question de la confiance : « Les utilisateurs ont confié leur vie privée à ces services en ligne. Aujourd’hui, ils se rendent compte qu’ils ne peuvent plus leur faire confiance. » Il conseille aux internautes d’utiliser des chiffrements en ligne pour « s’approprier ces technologies. » [...]

Le chemin suivi par le Brésil pourrait d’ailleurs servir d’exemple aux pays participants. Les députés brésiliens ont adopté fin mars une loi qui garantit sur Internet la liberté d’expression, la protection des donnés privées, la neutralité du réseau... Un exemple pour la France ? « Il faudrait qu’on traduise cette loi en français ! a déclaré le député Christian Paul. Je milite pour inscrire les droits et libertés de l’Internet dans la loi française, puis dans la Constitution. » [...]

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Pourquoi-il-faut-reformer-Intern...

[Libération] Le numérique plus vite que la musique

Un responsable d’Hadopi, une eurodéputée, un militant des libertés en ligne et un célèbre DJ réfléchissent à la manière, pour les artistes, de suivre l’évolution ultrarapide de la Toile sans renoncer à leurs droits. [...]

Jérémie Zimmermann, cofondateur et ancien porte-parole de la Quadrature du Net, un groupement de militants qui se bat pour les libertés en ligne, s’évertue, quant à lui, à s’opposer à cette mécanique normative européenne. Il défend un Internet libre, « fortement menacé par une vision archaïque de contrôle de la copie et de la distribution ». [...]

Pour la Quadrature du Net, le droit d’auteur devrait à nouveau remplir son rôle de pacte social entre artistes et citoyens. « Aujourd’hui pris en otage, ce droit s’est transformé en une arme pour les intermédiaires : il leur permet d’exploiter à la fois les auteurs et le public, lance Zimmermann, adepte d’un partage illimité sans but lucratif entre individus. On est face à des opérations de censure privée, alors que pour une génération entière, réinterpréter et remixer des œuvres est devenu un mode d’expression. » [...]

http://www.liberation.fr/culture/2014/04/14/le-numerique-plus-vite-que-l...

[PCINpact] L'accentuation de la responsabilité des intermédiaires votée au Sénat

[…] En discussion devant le Parlement depuis juillet 2013, le projet de loi « pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes » continue sa route. Après avoir été adopté une première fois par le Sénat en septembre, puis par l’Assemblée nationale en janvier dernier, le texte vient à nouveau d’être voté par les élus du Palais du Luxembourg, cette nuit aux alentours de minuit et demi.

Depuis plus de neuf mois, ce texte suscite des inquiétudes. Et pour cause. Son article 17 vise à modifier le régime de responsabilité des intermédiaires, tel que protégé depuis 2004 au travers de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN). […]

Le problème est qu’une telle évolution pourrait avoir des effets mécaniques radicaux sur le comportement des FAI et des hébergeurs. « Compte tenu de la jurisprudence qui tient les hébergeurs pour responsables dès lors qu'ils ont connaissance de l'existence de contenus sur leurs services, cette extension risque de poursuivre la transformation des hébergeurs en police privée du Net, les incitant à la censure automatique de tout contenu signalé » craint ainsi La Quadrature du Net. Le Conseil national du numérique a lui aussi été très clair, en affirmant dans un avis rendu en décembre 2013 qu’il ne fallait pas toucher à l’équilibre maintenu jusqu’ici par la LCEN. […]

Du côté de La Quadrature du Net, l’heure est sans surprise à la déception. « À nouveau, au nom de la lutte contre les discriminations, le Parlement vient de sanctuariser la privatisation de la censure déjà encouragée par la LCEN. Comme l'a déjà indiqué le Conseil Constitutionnel, le dispositif mis en place par cette loi comprend un risque inhérent de censure extra-judiciaire. Or, pour peu que l'on s'en donne les moyens, il existe des mesures alternatives plus proportionnées et respectueuses de l'État de droit » a ainsi réagi Félix Tréguer. Le co-fondateur de l’association de défense des libertés citoyennes regarde dorénavant vers les élus du Palais Bourbon, qui font figure de derniers remparts avant d’adoption définitive du texte : « Lors du second et dernier examen du projet de loi à l'Assemblée nationale, les députés auront l'opportunité de corriger ce projet de loi en amendant son article 17, comme l'avait d'ailleurs proposé la secrétaire d'État Axelle Lemaire lorsqu'elle était députée. » […]

http://www.pcinpact.com/news/87120-l-accentuation-responsabilite-interme...

[PCINpact] Philippe Aigrain condamne l'extension rampante du CSA sur le Net

Dans l’avant-projet de loi Filippetti consacrant ses nouveaux pouvoirs sur Internet, il est question de confier au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) la capacité de mettre son nez dans les logiciels de contrôle parental. [...]

Nous avons demandé son avis à Philippe Aigrain. Le co-fondateur de La Quadrature du Net avait en effet dans le passé dénoncé le risque d’une « télévisionnisation de l’internet » avec la mainmise du CSA sur les contenus du réseau. « Je reste effectivement d'avis que l'attribution au Conseil supérieur de l’audiovisuel de responsabilités de tutelle ou réglementaires sur internet constitue une violence symbolique, réitère l'intéressé. Ceci dit les conséquences de cette violence symbolique seront elles, bien réelles. Dans les premières annonces, on voit que le CSA ou ceux qui souhaitent lui confier de nouvelles responsabilités avancent à petits pas, en étendant la définition des services audiovisuels ou des dispositions concernant le contrôle parental. » [...]

http://www.pcinpact.com/news/86875-philippe-aigrain-condamne-extension-r...

[NouvelObs] Le CSA deviendra-t-il le gendarme du web français ?

Alors qu'il doit absorber l'Hadopi, le Conseil supérieur de l'audiovisuel réclame des pouvoirs accrus pour réglementer internet, laissant craindre une future censure du web. […]

"Pas à pas, le CSA tente d'étendre son royaume de tutelle à internet, en préfigurant de la prochaine loi Création", souligne Philippe Aigrain, cofondateur de La Quadrature du Net. Le Conseil doit absorber les compétences de l'Hadopi, notamment la riposte graduée qui prévoit une répression du téléchargement illégal après trois avertissements, lors d'une prochaine loi sur la culture et internet. […]

Philippe Aigrain poursuit : "On connaît la difficulté de monétiser son audience sur internet, alors si accepter un conventionnement est synonyme d'aides économiques, le CSA s'appropriera un pouvoir sur la façon d'opérer des sites. Et cela présente un risque sur la liberté d'expression." […]

http://obsession.nouvelobs.com/high-tech/20140415.OBS3944/le-csa-deviend...

[PCINpact] Œuvres orphelines, restrictions d’accès et œuvres libres : les réactions

Le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique poursuit sa mission sur les œuvres orphelines. Et pour cause, d'ici la fin de l'année, la France devra transposer comme les autres pays membres une directive sur ce sujet. Au ministère de la Culture, le CSPLA a rédigé un questionnaire interne où il se demande s’il faut ou non prévoir des restrictions d'accès sur ces œuvres. Il soulève aussi la question des oeuvres libres. Next INpact a recueilli les réactions de l'Aful, l'April et SavoirCom1 sur ces deux thèmes. [...]

Le juriste et bibliothécaire Lionel Maurel (@Calimaq), membre de SavoirCom1, témoigne d’ailleurs qu’en bibliothèque, il existe « des tas de documents d’archives où il est rigoureusement impossible de tracer les titulaires de droits. »

Cependant, tempère-t-il, « si jamais on met des contrôles d’accès, on va diffuser ces éléments dans une sorte d’extranet et ce n’est pas ce que prévoit la directive. La mise en place de ces systèmes ne nous paraît donc pas une bonne solution. Au CSPLA, est envisagé aussi des restrictions à la copie, bloquer le download. Cela ne nous parait pas davantage justifié, car il devrait au moins y avoir la possibilité de faire des copies privées : l’accès à la bibliothèque est au moins une source licite, ni plus ni moins. Il faudra au contraire prévoir des mesures d’informations pour dire que c’est diffusé dans le cadre de ce régime-là et il n’y a pas de réutilisation possible du document, mais il ne peut y avoir pour nous de contrôle d’accès ou de blocage de la reproduction. » [...]

http://www.pcinpact.com/news/86925-%C5%93uvres-orphelines-restrictions-d...

[PCINpact] La Quadrature du Net réclame un changement de politique à Manuel Valls

L’arrivée de Manuel Valls à Matignon va-t-elle faire infléchir la politique du gouvernement sur les dossiers numériques ? C’est en tout cas ce à quoi veut croire La Quadrature du Net. Pour ce faire, l’association co-fondée notamment par Jérémie Zimmermann et Philippe Aigrain vient d’interpeller plusieurs ministres, afin d'inviter l'exécutif à une profonde remise en cause des projets et positions soutenus jusqu’ici. […]

Car vingt-trois mois après l’arrivée de François Hollande à l’Élysée, le bilan dressé par LQDN se veut négatif : « Loin de se détacher de celle de ses prédécesseurs, l'action du gouvernement Ayrault n'avait jusqu'à présent représenté aucun progrès dans ce domaine, voire avait empiré la situation. » L’association fait ici référence à l’adoption de la loi de programmation militaire, aux projets d’extension des compétences du Conseil supérieur de l’audiovisuel (qui récupérerait au passage les missions de la Hadopi), aux différents textes visant à accentuer la responsabilité des intermédiaires techniques, à l’image du projet de loi pour l’égalité femmes-hommes, etc. […]

http://www.pcinpact.com/news/86989-la-quadrature-net-reclame-changement-...

[PCINpact] La CJUE interdit de gonfler la « taxe » copie privée avec les sources illicites

La Cour de justice vient de décider ce matin (PDF) que la redevance pour copie privée ne peut en aucun cas indemniser les copies illicites. L’affaire avait été soulevée aux Pays-Bas, mais cet arrêt vaut pour tous les pays européens. [...]

Les ayants droit faisaient valoir qu’il n’existe aucune mesure technique applicable pour combattre la réalisation de copies privées illicites. Mais l’argument ne pèse rien pour la CJUE : il « n’est pas de nature à remettre en cause cette constatation ». Bref, si les ayants droit veulent agir contre les copies illicites, ils n’ont qu’à le faire devant les juges, avec leurs deniers, mais sûrement pas en maximisant les entrées d’argent au titre de la copie privée, les mains dans les poches.[...]

On indiquera au passage que la Quadrature du net avait regretté le découplage entre copie privée et source illicite imposé finalement par la loi de 2011.

Et pour cause, le critère de la licéité de la source va imposer en pratique à ce que « chacun, pour faire une copie en vue d'un usage privé, se livre à une analyse juridique basée sur des éléments la plupart du temps impossibles à déterminer. La source utilisée pour réaliser l'acte de copie privée était-elle licite ? S'il s'agit d'une diffusion sur Internet, qui l'a mise en ligne ? Cette personne avait-elle une autorisation de l'auteur ? etc. Autant de questions qui n'auront jamais de réponse en pratique, et qui rendront par défaut la copie illicite ». [...]

Qu'on partage ou non l'analyse de la Quadrature, plusieurs questions restent en souffrance dans les pays qui ont mélangé ainsi copie privée et sources illicites : est-ce que les ayants droit rembourseront les sommes prélevées en trop, car appuyées pendant des années sur des sources illicites ? À qui rembourseront-ils ? [...]

http://www.pcinpact.com/news/86942-la-justice-europeenne-impose-decoupla...

[Slate] « Moi, ministre du Numérique » : quatre personnalités du Net français exposent leurs idées

[…] Qui va reprendre le flambeau de Fleur Pellerin ? En attendant la nomination d'un(e) éventuel(le) secrétaire d'Etat ou ministre délégué(e) au Numérique, le journaliste Xavier de la Porte s'est mis, le temps d'une brillante chronique sur France Culture, dans la peau de l'heureux élu et a imaginé le programme qu'il proposerait alors.

Nous avons décidé de prolonger l'exercice en demandant à différentes personnalités de l'Internet français, politiques, entrepreneurs, mais aussi militants associatifs, de livrer leur programme et leurs idées si eux aussi, se voyaient propulsés à la tête du numérique. Nous avons proposé cela à plusieurs personnes, certaines ont décliné l'offre, d'autres n'étaient pas immédiatement disponibles… […]

Benjamin Bayart : « La question du programme général d'un gouvernement que je puisse soutenir n'est pas celle qui est posée aujourd'hui. On va même faire l'inverse: quel serait le programme numérique d'un gouvernement qui pourrait me soutenir… » […]

Lionel Maurel : « Si j’étais ministre du Numérique, j’agirais pour replacer au centre de la politique de la France la question du respect des droits et libertés. Je répondrais aux inquiétudes des citoyens face à la violation constante de leur vie privée et à l’exploitation abusive de leurs données personnelles par une politique industrielle privilégiant les logiciels libres, le chiffrement des communications et l’auto-hébergement, seuls à même de rendre aux individus les moyens de retrouver la souveraineté sur leurs vies numériques... » […]

http://www.slate.fr/story/85739/moi-ministre-du-numerique-tribune-person...

[L'Expansion] Neutralité du Net: vers une protection renforcée dans la loi européenne

Le Parlement européen a voté un règlement qui encadre de manière stricte les entorses au principe de non-discrimination des flux et des contenus sur internet, comme les ralentissements sur YouTube des abonnés Free. [...]

L'association la Quadrature du Net, qui s'est énormément investie dans le lobbying pro-neutralité du Net, s'est félicitée auprès de L'Express de cette "victoire", cependant non définitive puisque le texte peut encore être modifié en Conseil de l'Union européenne.

La définition de la "Neutralité du réseau" est désormais la suivante pour Bruxelles: "Le principe selon lequel l'ensemble du trafic internet est traité de façon égale, sans discrimination, limitation ni interférence, indépendamment de l'expéditeur, du destinataire, du type, du contenu, de l'appareil, du service ou de l'application". [...]

La Quadrature du Net explique que le règlement, dans sa version actuelle, garantit la liberté de choix des usagers, et pose les conditions d'une concurrence loyale entre opérateurs télécoms et fournisseurs de services. Dans la mesure où l'égalité de traitement est garantie, les géants du web ne pourront normalement pas s'imposer chez les opérateurs au détriment de concurrents moins puissants. [...]

A condition de le faire correctement appliquer, tâche qui sera dévolue aux autorités de régulation des télécoms, soit, en France, à l'Arcep.

http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/la-neutralite-du-net-fait-son-ap...

[L'Usine Digitale] Le Parlement européen fait volte-face et consolide le principe de neutralité du net

Le 3 avril, lors d'un vote en assemblée plénière, les députés européens ont largement adopté de nouvelles dispositions législatives renforçant le principe de neutralité du net. L'adoption d'une définition positive contraignante de la neutralité du net garantit notamment à tous les utilisateurs européens un accès permanent aux contenus de leur choix et une vitesse de connexion adéquate. [...]

Pour Miriam Artino, coordinatrice de l'analyse juridique et politique au sein de l'association La Quadrature du Net, surprise par la tournure des événements, "ce vote permet trois avancées majeures : la portée normative permise par la définition contraignante de la neutralité du net, la garantie de la concurrence loyale entre grands groupes télécoms et petites entreprises qui veulent créer une activité sur internet, et l'encadrement des services spécialisés pour favoriser le libre choix de l'utilisateur". [...]

http://www.usine-digitale.fr/article/le-parlement-europeen-fait-volte-fa...

[PCINpact] Les eurodéputés sacralisent la neutralité du net, sous la menace du Conseil

C'est fait. Les députés européens ont voté à une large majorité le Paquet Télécom initié par Neelie Kroes. Les frais d'itinérance mobile dans les pays de l'UE disparaitront d'ici le 15 décembre 2015. Quant à la neutralité du net, de nombreux amendements ont été votés afin de la renforcer. Une victoire pour ses défenseurs et une claque pour certains lobbies. Mais reste à savoir si le Conseil européen validera cette version. […]

Cela signifie-t-il pour autant que la neutralité du net est actée dans tous les pays de l'Union européenne (et non seulement les Pays-Bas) ? Non. Certes, les députés européens ont envoyé un message important à sa population et même au monde entier, néanmoins, une étape cruciale doit encore être passée : le Conseil européen. Composé des chefs d'États ou de gouvernements des vingt-huit pays de l'Union, ce conseil peut rejeter ce texte. […]

Un espoir tout aussi mince partagé par La Quadrature du Net, qui alerte les citoyens sur cette nouvelle étape. « Nous devons maintenant rester vigilants quant à la suite de la procédure, car le texte va désormais devant le Conseil de l'Union européenne, où de nombreux gouvernements nationaux vont chercher à démanteler les dispositions relatives à la neutralité du Net afin de satisfaire leurs oligopoles télécoms. Même si nous avons gagné aujourd'hui, le combat pour un Internet libre continue ! » a ainsi déclaré Félix Tréguer, cofondateur de La Quadrature du Net. L'association indique que « la docilité des gouvernements face aux lobbies des télécoms est telle qu'une participation citoyenne soutenue sera capitale pour éviter que les avancées obtenues aujourd'hui ne soient défaites ». […]

http://www.pcinpact.com/news/86851-les-eurodeputes-sacralisent-neutralit...

[Slate] La neutralité du Net adoptée au Parlement européen: d'accord, mais ça veut dire quoi ?

«Une victoire nette pour la neutralité du Net.» Pour la majorité des défenseurs du concept, l'adoption ce jeudi 3 avril au Parlement européen d'un texte «visant à faire de l'Europe un continent connecté» est synonyme de succès. Et d'excellente nouvelle pour Internet et les millions d'Européens qui le pratiquent tous les jours. […] Comme l'explique Félix Tréguer, un co-fondateur de La Quadrature joint par téléphone:

«C'est une victoire nette car les points principaux ont été adoptés. En gros, des amendements portant sur la définition de la neutralité du Net et sur l'encadrement des "services spécialisés".» […]

La neutralité du Net est sur la table des politiques français depuis des années: comme précisé plus haut, en 2010 déjà, NKM proposait un rapport très critiqué sur la question. […] Ces derniers mois, le gouvernement a annoncé sa volonté de légiférer sur la question, […]

Il semblerait néanmoins que la France penche plutôt du côté des opérateurs que de celui de la Quadrature. Selon des documents révélés par PCINpact et attribués au secrétariat général des Affaires européennes, le gouvernement se dit prêt à soutenir le texte... «sous réserve que les amendements alternatifs mentionnés ci-dessus ne soient pas adoptés».Les amendements en question étaient ceux soutenus par les partisans d'une neutralité du Net clairement définie et encadrée. Autant dire que la discussion et le bras de fer sont loin d'être terminés.

http://www.slate.fr/economie/85509/neutralite-du-net-adoptee-parlement-e...

[Ouest-France] Le Parlement européen vote la neutralité du net

Le Parlement européen a voté jeudi en faveur de la "neutralité du net", une disposition éminemment importante qui garantit l'accès égal et sans discrimination à internet. […]

Malgré les efforts intenses de lobbying des opérateurs télécoms, le texte a été amendé au dernier moment […]

La quadrature du net (un collectif de citoyens sensibles aux enjeux numériques) a salué « un pas historique pour la protection de la neutralité du Net » mais appelle à maintenir « la plus grande vigilance » car le texte doit passer devant le Conseil de l'UE composé des états membres, dont « la docilité face aux lobbies des télécoms est telle qu'une participation citoyenne soutenue sera capitale pour éviter que les avancées obtenues aujourd'hui ne soient défaites. » Le gouvernement français soutenant pour sa part une version du texte incompatible avec la défense de la neutralité du net. […]

http://www.ouest-france.fr/internet-le-parlement-europeen-vote-la-neutra...

[PCINpact] Le CSA, future autorité morale des logiciels de contrôle parental

Comment la régulation du CSA va-t-elle tout doucement s’immiscer dans notre quotidien connecté ? Le mécanisme en gestation Rue de Valois révélé par BFM voilà quelques jours est sournois. Le CSA va se voir en effet confier les clefs des logiciels de contrôle parental. C’est ce qui ressort d’une esquisse de projet de loi que nous avons pu consulter à notre tour. [...]

Dans un extrait du texte que nous avons pu lire, Aurélie Filippetti compte ajouter un nouvel article à la loi de 1986 sur la liberté de communication, juste après l’article 15. À ce jour, cet article prévoit que « le Conseil supérieur de l'audiovisuel veille à la protection de l'enfance et de l'adolescence et au respect de la dignité de la personne dans les programmes mis à disposition du public par un service de communication audiovisuelle. » [...]

Le cofondateur de la Quadrature du net soutenait voilà quelques mois que « la transformation d’une autorité de l’audiovisuel (entendre la télévision et la radio) en « autorité de l’internet et de l’audiovisuel » constituerait un véritable saccage d’un bien commun précieux. C’est bien pour cela qu’elle est désirée conjointement par des groupes d’intérêts des industries de la rareté et par les politiques qui ont besoin de contrôler l’espace public au moins avant quelques élections clés. » [...]

http://www.pcinpact.com/news/86854-le-csa-future-autorite-morale-logicie...

[LeFigaro] Le Parlement européen défend la neutralité du Net

Le parlement européen s'est prononcé jeudi en faveur de la «neutralité du Net», qui garantit l'accès légal et sans discrimination à InterNet pour tous les citoyens. […]

Les eurodéputés se sont prononcés à une large majorité pour que les fournisseurs d'accès à internet (FAI) ne puissent plus bloquer ou ralentir les services internet de leurs concurrents. […]

http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2014/04/03/01007-20140403ARTFIG...

[ZDNet] Le principe de neutralité du Net adopté au Parlement européen

Le bon peuple des Internets se réjouit, le Parlement européen semble avoir une fois de plus pourfendu les tentatives de sabotage de la neutralité du Net. Mais ce n'est pas terminé. [...]

Le projet initial était effectivement en partie défavorable à la neutralité du Net. [...] C'était sans compter sur les amendements venus de la gauche du parlement. [...]

Voici cet amendement, définition claire et simple de la neutralité du Net, citée par Numérama : « "Neutralité du réseau", le principe selon lequel l'ensemble du trafic internet est traité de façon égale, sans discrimination, limitation ni interférence, indépendamment de l'expéditeur, du destinataire, du type, du contenu, de l'appareil, du service ou de l'application. » Soit une définition largement partagée dans les colloques, publications, forums, agoras, conférences, débats, interviews, auditions et discussions de machine à café. A l'exception des machines à café installées dans les locaux des opérateurs télécoms, évidemment. [...]

Bien malin celui qui dira aujourd'hui ce qui ressortira du Conseil. Des questions politiques joueront. Ce qui peut donner un avantage au texte, tant il peut être compliqué politiquement de désavouer le vote du Parlement européen sur un sujet assez suivi. Mais qui mettra forcément dans la balance les intérêts des Etats. Et, par effet de lobbying et de sauvegarde des "champions" nationaux, des opérateurs.

http://www.zdnet.fr/actualites/le-principe-de-neutralite-du-net-adopte-a...

[Mediapart] L'UE fait un pas vers la reconnaissance de la neutralité du net

Le Parlement européen a adopté, jeudi 3 avril, un texte reconnaissant pour la première fois le concept de « neutralité du net » et qui pourrait, si ce vote est confirmé, imposer aux fournisseurs d’accès à internet un accès égal et sans discrimination au réseau. […]

De son côté, l’association de défense des libertés numériques La Quadrature du Net a salué « un grand pas en avant pour l’internet libre ». L’association, qui a mené une intense campagne en faveur de la neutralité du net, met toutefois en garde : « Nous devons maintenant rester vigilants quant à la suite de la procédure, car le texte va désormais devant le Conseil de l’Union européenne, où de nombreux gouvernements nationaux vont chercher à démanteler les dispositions relatives à la neutralité du net afin de satisfaire leurs oligopoles télécoms. » « Même si nous avons gagné aujourd’hui, le combat pour un internet libre continue », conclut Félix Tréguer, co-fondateur de La Quadrature du Net.

http://www.mediapart.fr/journal/international/030414/lue-fait-un-pas-ver...

[PCINpact] Neutralité du Net : la France plaide pour les services spécialisés

Demain matin à Bruxelles, les députés européens voteront en faveur ou en défaveur d'un texte majeur pour le continent. Proposé par Neelie Kroes, il concerne l'itinérance mobile en Europe ainsi que la question de la neutralité du net. Ce dernier point est crucial, notamment en raison des modifications opérées par la commission ITRE. De son côté, le gouvernement français n'a pas caché être en faveur de cette vision, qui fait la part belle aux services spécialisés, ce qui risque de détruire la notion même de neutralité du réseau. […]

Le gouvernement [français a] envoyé avant-hier aux députés son avis sur la question. Fourni par le Secrétariat Général des Affaires européennes, cet avis est particulièrement tranché puisque la France soutient « la position adoptée par la Rapporteure (de la Commission ITRE, ndlr) en ce qu’elle garantit un service d’accès à l’internet de qualité tout en permettant le développement d’offres commerciales innovantes (« services spécialisés »). Sous réserve que les amendements alternatifs mentionnés ci-dessus ne soient pas adoptés, les autorités françaises considèrent que le rapport de la commission ITRE améliore la proposition de la Commission sur ce thème. » […]

Du côté de La Quadrature du Net, le vote de demain « sera le plus important pour les droits et libertés en ligne des citoyens depuis le rejet de l'accord ACTA ». S'il est « correctement amendé », ce paquet télécom pourra garantir la neutralité du net ceci sur tout le continent. Mais selon l'association, « l'issue du vote de demain reste malheureusement très incertaine ». En effet, si les eurodéputés en faveur des amendements pro-neutralité du net pourraient être majoritaires, encore faut-il qu'ils soient tous présents. « Malheureusement, malgré le dépôt de propositions d'amendements positifs au nom de leur groupe, la cohérence des votes des eurodéputés libéraux demeure incertaine. Face aux importants efforts de lobbying déployés par l'industrie des télécoms et la Commission européenne, leurs votes pourraient être considérablement différents des recommandations des organisations de la société civile et de certaines entreprises. ».

http://www.pcinpact.com/news/86828-neutralite-net-france-plaide-pour-ser...

[LePoint] Données personnelles : l'Europe se réveille (enfin)

L'Union européenne examine un règlement général sur la protection des données, soutenu par le gendarme de la vie privée. Il était temps !

L'adoption par l'Union européenne d'un ensemble de textes réglementant la collecte et l'utilisation des données personnelles devrait aider les entreprises à optimiser leurs activités dans l'Union. C'est en tout cas ce qu'a affirmé le contrôleur européen de la protection des données (CEPD) lors de la présentation mardi matin de son rapport annuel. Le patron du gendarme de la vie privée à Bruxelles, Peter Hustinx, a salué l'arrivée d'"un ensemble uniforme de règles que les entreprises pourront appliquer plus simplement et plus économiquement". [...]

Parmi les éléments-clés du texte tel que validé par le Parlement européen, on relèvera notamment l'existence de sanctions effectives, ainsi que l'exigence d'un "consentement explicite" de l'internaute lors de la collecte de données personnelles. Mais pour protéger l'"intérêt légitime" de l'utilisateur, un site web pourrait se passer de son consentement explicite. La définition précise de cet "intérêt légitime" va donc être au centre des débats, comme le craint le collectif La Quadrature du Net. [...]

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/guerric-poncet/donnees-perso...

[FranceCulture] Libre-échange États-Unis / Europe : pourquoi une telle discrétion médiatique ?

Les Etats-Unis et l'Union Européenne mènent des négociations commerciales depuis juillet 2013 pour mettre en place un accord de libre-échange dans un très important nombre de domaines.

S'il voit le jour, cet accord pourrait avoir des conséquences non négligeables sur notre économie et nos vies.

La presse française est très discrète sur le sujet et ces négociations n'ont donc quasiment suscité aucun débat dans l'opinion publique lors de la semaine écoulée. L'occasion était pourtant belle d'en parler avec la venue de Barack Obama à Bruxelles.

Pourquoi si peu de médiatisation ? Le sujet n'intéresse-t-il pas ? Est-il trop complexe et technique ? Est-ce de la paresse journalistique ? Est-ce un problème d'opacité de la Commission européenne ? Et comment éviter que ce silence médiatique ouvre la porte aux théories du complot ?

Émission Le Secret des sources diffusée le 29 mars 2014 sur France Culture.

http://www.franceculture.fr/emission-le-secret-des-sources-libre-echange...

[…]

Jean-Marc Four : Alors il y a un autre thème qu'il faut qu'on aborde François Beaudonnet – vous prononciez tout à l'heure le mot « complot » – c'est que ce faible traitement médiatique a un effet quasi-mécanique, Eric Chaverou, c'est qu'à l'inverse les réseaux sociaux, les blogs, parlent abondamment de ces négociations, et y compris sur le mode conspirationniste.

Eric Chaverou : Oui alors il y a un fort contraste : il y a une constellation de blogs et de sites qui évoquent ce sujet d'un point de vue thématique ou d'un point de vue politique. Il y a une tête de pont côté opposants, c'est le collectif « stop tafta ! »…

Jean-Marc Four : « TAFTA » et « TTIP » c'est la même chose, c'est l'acronyme de la même négociation.

Eric Chaverou : …qui a donné son nom à un mot dièse pour twitter… Donc là, il a un site où l'on retrouve la centaine de membres qui le constituent. Bon sur ce site, il n'y a pas grand chose de surprenant : un document .pdf de 4 pages pour comprendre les enjeux… En fait l'information on la trouve bien d'avantage sur une autre plateforme, beaucoup mieux organisée, et beaucoup plus agréable à découvrir et à pratiquer, c'est celle de La Quadrature du Net, qui est très expérimentée en la matière, qui propose entre autre une chronologie, et puis surtout des documents de référence, François Beaudonnet en parlait tout à l'heure, le mandat de négociations qui a fuité, et une liste partielle des négociateurs avec un appel aux internautes à la compléter.

Jean-Marc Four : Et face à cette mobilisation des blogs, des réseaux sociaux, est-ce qu'en face la Commission européenne fait quelque chose ?

Eric Chaverou : Alors elle a timidement répliqué avant-hier, j'ai découvert ça, par une consultation en ligne à propos de la protection des investisseurs. Ce qui est intéressant, c'est ce qui est écrit dans le communiqué de presse : elle reconnaît elle même qu'il s'agit de répondre à l'ampleur pris par le débat et aux craintes grandissantes, et elle parle d'efforts constants pour faire de ces négociations « les plus ouvertes et les plus transparentes jamais menées », comme si – on le disait tout à l'heure – comme si les secrets en fait ne venaient que de la part des américains. Alors le problème, c'est que pendant ce temps là, la colère monte, un peu comme un 2005, c'est-à-dire qu'il y a énormément d'internautes qui eux se plaignent du travail, du manque de travail des journalistes, et qui les accusent de se taire…

Jean-Marc Four : Oui, ils en prennent plein leur grade les journalistes !

Eric Chaverou : Plein leur grade. Par exemple le blog des "moutons enragés". Alors le problème c'est que c'est un internaute anonyme, mais qui lui dit que les journalistes se taisent volontairement parce qu'ils sont au service des puissances politiques, lobbyistes, et financières…

[…]

☙❦❧

[PCINpact] Modalités de blocage : les réactions contrastées à l'arrêt à « Kino » de la CJUE

Hier, la Cour de justice de l’Union européenne a rendu un arrêt très attendu (PDF), puisqu’il concernait les conditions dans lesquelles un juge peut imposer à un FAI le blocage d’un site Internet portant atteinte au droit d’auteur. Interprétant la directive 2001/29/CE, les magistrats ont considéré qu’il était tout à fait possible pour un juge national d’ordonner ce type de mesure, même sans que les moyens à mettre en œuvre pour arriver à un tel résultat (blocage d’IP, de DNS, etc.) soit définis par la juridiction. […]

Dans son analyse de la décision, La Quadrature du Net regrette qu’en « acceptant qu'une obligation de moyens soit imposée aux FAI dans des termes généraux, la CJUE autorise les juges à déléguer le choix difficile du type de mesure adéquat aux FAI sur la base de deux conditions qui n'apportent à ces derniers aucune sécurité juridique ». Pour l’organisation citoyenne, la Cour reste trop vague dans les conditions qu’elle pose, de telle sorte que les opérateurs ne sauront jamais véritablement à quoi s’en tenir pour ne pas voir leur responsabilité engagée.

« Alors que le blocage de sites Internet met directement en cause la liberté d'expression, cet arrêt ne résout rien à l'insécurité juridique des FAI, voire l'aggrave, et conduit à une procéduralisation inutile » conclut LQDN. Pour l’organisation, la CJUE aurait dû a minima « contraindre les juridictions nationales à prescrire des mesures détaillées dans leurs ordonnances de blocage plutôt que se défausser sur les FAI ». Ces derniers seront en effet passibles de sanctions si jamais un internaute estimait que son droit à l’information était illégitimement bafoué par son opérateur, ou bien si un ayant droit victime considérait que les mesures étaient au contraire insuffisantes. […]

http://www.pcinpact.com/news/86757-modalites-blocage-reactions-contraste...

[PCINpact] Les députés brésiliens adoptent une loi en faveur de la neutralité du Net

Discuté depuis de longs mois déjà, le « Marco Civil da Internet » a été adopté mardi soir par la Chambre des députés du Brésil. Ce projet de loi, relancé par l’exécutif suite aux révélations d’Edward Snowden, contient des dispositions visant notamment à garantir la neutralité du Net dans ce pays d'Amérique du Sud. Soutenu au niveau international par WikiLeaks, La Quadrature du Net ou Tim Berners-Lee, le texte est l'objet de nombreuses attentions. Désormais, il doit cependant obtenir l’approbation du Sénat. […]

Si le Brésil adoptait définitivement cette loi, il deviendrait l’un des rares pays au monde à intégrer la neutralité du Net dans son édifie normatif. Jusqu’ici, seuls les Pays-Bas, la Slovénie et le Chili sont connus pour s'être engagés sur cette voie. En France, le Conseil national du numérique avait affirmé il y a quasiment un an jour pour jour qu’il conviendrait également de légiférer sur ce point, après que l’exécutif lui a demandé son avis. Mais le dispositif proposé avait eu du mal à convaincre […]

http://www.pcinpact.com/news/86722-les-deputes-bresiliens-adoptent-loi-e...

[Europe1] Données personnelles : pourquoi s'attaquer aux géants du web ?

Le contexte. Après les menaces, l’UFC-Que Choisir est passé aux actes : l’association française de défense des consommateurs a assigné en justice les principaux réseaux sociaux, Facebook, Twitter et Google+, pour dénoncer leurs conditions générales d'utilisation qu'elle juge "abusives" et "illicites". Cette plainte est censée faire pression sur ces géants du web, mais pas que. […]

Cet appel à la mobilisation ne vise pas vraiment Google, Facebook & co, pour qui une telle initiative a des effets bien plus limités qu’une procédure judiciaire. Le vrai destinataire de cette pétition se trouve en réalité à Bruxelles car les institutions européennes sont en train de préparer une nouvelle loi sur la protection des données personnelles. […]

Le Parlement a adopté le 21 octobre 2013 un texte bien plus protecteur pour les citoyens européens. Sauf que les associations de défense des internautes, dont La Quadrature du Net, redoutent que cette première version soit, sous l’influence de lobbies nationaux ou privés, détricotée par la Commission européenne et le Conseil Européen, qui regroupe les 27 gouvernements de l’UE. D’où une pétition pour maintenir la pression, qui plus est à quelques semaines des élections européennes. […]

http://www.europe1.fr/High-Tech/Donnees-personnelles-pourquoi-s-attaquer...

[JeuneAfrique] Orange - DGSE : Africains, téléphonez, la France vous espionne !

Depuis cinq années, la France espionnerait les pays africains. À en croire un document interne du Centre de la sécurité des télécommunications du Canada (CSEC), dont Le Monde a pu se procurer une copie, les services secrets français auraient mis en place "une vaste opération de piratage informatique, qui aurait débuté en 2009 et se poursuivrait toujours, grâce à un implant espion".

Parmi les pays concernés par cet espionnage informatique de l'État français, on retrouve la Côte d'Ivoire et l'Algérie, croient savoir les services secrets canadiens qui ont détecté l'implant suspect français dans ces deux pays africains, mais aussi au Canada, en Espagne, en Grèce et en Norvège. […]

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20140321131508/algerie-afriq...

[LExpress] Facebook nous rend-il encore plus bêtes que la télévision ?

Facebook nous ramollit le cerveau. Adeptes du réseau social, rassurez-vous tout de suite: ce n'est pas la conclusion d'une énième étude américaine mais plutôt un discours de plus en plus répandu, par exemple dans les médias américains. Slate.com s'intéressait ainsi le 18 mars à nos contacts "tellement crédules" qui croient tout ce qu'ils voient passer sur leur fil d'actualité. Y compris la dernière grosse bêtise du Gorafi. […]

Une pente glissante ? Souvent accusée d'abrutir ses spectateurs, la télévision à au moins le mérite de "toujours laisser une possibilité de découverte", juge Guilhem Fouetillou. Alors que "Facebook montre à quel point on peut réduire l'usage et la possibilité de voir du nouveau. Si vous allez vers la facilité, vous allez rester dans une zone de confort avec quelques amis et quelques médias."

"C'est une mutation assez naturelle que le site portait en son germe dès le début", renchérit Jérémie Zimmermann de La Quadrature du Net. "Certains ont pensé que ces plateformes pouvaient donner le contrôle aux utilisateurs mais on ne peut pas leur faire confiance." Selon lui, le réseau verrouille autant nos usages qu'il garde la main sur nos données personnelles. "Là-dedans, l'utilisateur est le dindon de la farce". […]

http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/facebook-nous-rend-il-encore-plu...

[Reflets] LQDN pose les bonnes questions : qui pour répondre ?

La Quadrature du Net vient de publier aujourd’hui un article dénonçant les pratiques de collaboration du gouvernement auprès des services de renseignements anglais dans le cadre de la surveillance des communications de la population française. […]

L’Europe réagit aux révélations des indélicatesses de la NSA à son encontre et diligente une enquête — enquête à laquelle les parlementaires français refusent de participer ? Pourtant, qui donc d’autres que les parlementaires, dans le système actuel, peuvent demander des réponses au gouvernement sur ces questions de violation des libertés par des pratiques illégales des services de l’Etat ? Personne. Puisqu’en réalité, ni LQDN, ni les médias, ou les citoyens n’ont ce pouvoir. La démocratie représentative est ainsi faite. Il est donc temps de se demander pourquoi aucuns des élus des chambres représentatives ne veut se saisir de ce dossier, pourtant central dans la vie démocratique française. […]

http://reflets.info/lqdn-pose-les-bonnes-questions-qui-pour-repondre/

[UsineDigitale] Neutralité du Net : l'amendement européen qui fait polémique

[…] L'Europe acceptera-t-elle de remettre en question le principe de "neutralité du net" en donnant la possibilité aux fournisseurs d'accès de prioriser les flux internet en fonction d'accords avec les éditeurs de contenus ?

Après de nombreux reports, la commission Industrie, transports et énergie (Itre) du Parlement européen a adopté, le 18 mars, par 30 voix contre 12 et 14 abstentions, l'amendement "de compromis" de la députée espagnole Pilar del Castillo Vera (PPE). S'il assure renforcer le principe de neutralité du net, ce texte introduit des exceptions qui font bondir certains acteurs du numérique. […]

L'association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet La Quadrature du Net a dénoncé "de dangereuses failles" suite à ce vote. "Allons-nous laisser les gros opérateurs télécoms et les géants de l'Internet fixer les règles du jeu dans l'économie numérique, ou les législateurs adopteront-ils des principes contraignants pour garantir qu'Internet demeure une plateforme décentralisée pour la liberté d'expression et l'innovation où citoyens et nouveaux entrants peuvent rivaliser avec les acteurs les mieux établis ?" a dénoncé Félix Tréguer, co-fondateur de La Quadrature. […]

http://www.usine-digitale.fr/article/neutralite-du-net-l-amendement-euro...

[LePopulaire] Quelle protection le web garantit-il à ceux qui se connectent ?

Benjamin Bayart, expert en télécommunication, était l’invité de la BFM, hier, pour une conférence sur « la neutralité du net : liberté d’expression et données personnelles ». [...]

Les données personnelles, enfin, qui intéressent en haut lieu ne sont pas seulement l'âge ou la liste d'amis. « Leur usage commercial est d'ailleurs devenu anecdotique. Ce qui compte, ce sont les méta-données : les données sur les données : dates d'appel, durée et interlocuteur, localisation… Linky, le nouveau compteur électrique d'EDF, connaîtra vos habitudes de vie (lever, coucher, séance tv…). Ce qui pose problème, c'est qu'Edward Snowden nous a révélé que les grands groupes américains – et ce sont eux que nous utilisons – coopèrent systématiquement avec les services secrets américains ! Avant, quand on le disait, on nous traitait de paranoïaques. Maintenant, on a des preuves. Les pays riches espionnent leur population. » Est-ce légitime ? Peut-on faire ce que l'on veut avec les données personnelles des gens ? « C'est un problème politique que l'on ne résoudra pas avec des solutions techniques. La société change avec internet, et ce quelle deviendra dépend des réponses que l'on donnera à ces questions. »

http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/2014/03/23/quelle-protectio...

[PCINpact] ACTA : deux hauts fonctionnaires de Bercy attaquent une internaute

Vendredi dernier, un procès s’est tenu à Paris opposant une internaute, Émilie Colin, à MM. Patrice Guyot et Jean-Philippe Muller, deux hauts fonctionnaires qu’elle avait présentés sous des termes acidulés comme négociateurs français du projet de l’accord anticontrefaçon, ACTA, désormais rejeté par le Parlement européen. […]

Dans le crépitement d’ACTA, les noms de ces deux personnes n’étaient pourtant pas inconnus puisque le porte-parole de La Quadrature du Net, Jérémie Zimmermann, les avait cités sur son fil Twitter dès le 26 février 2010. On les retrouvait également à l’honneur sur le site de La Quadrature par exemple ce communiqué de mars 2010 annonçant une rencontre entre ces deux personnes, le collectif et Act Up ou celui-ci, sans évoquer plusieurs articles de presse. […]

Venue témoigner vendredi, l’eurodéputée Sandrine Bélier considère pour sa part que « ce procès fait peser une menace sur les lanceurs d’alerte en France » et « si l’on se concentre uniquement sur le fond de l’affaire, que reproche-t-on en effet vraiment à Émilie Colin et Thibault Lesage ? D’avoir réussi à rendre public [des noms] jusque-là tenus secrets, et de s’être inquiétés des positions que ceux-ci étaient susceptibles de défendre, là où nul, pas même le Parlement européen, n’était tenu informé par les États parties à l’accord tant du contenu du texte en préparation que de l’identité de ses négociateurs ? » […]

http://www.pcinpact.com/news/86523-acta-deux-hauts-fonctionnaires-bercy-...

[Mediapart] La Parisienne Libérée et Jérémie Zimmermann : « Genèse du Net »

[…] La commission industrie du parlement européen a adopté mardi 18 mars un texte important sur le marché des télécommunications, qui va servir de base au vote en plénière qui aura lieu le 3 avril prochain. La Quadrature du Net dénonce un texte qui « démontre l'influence colossale qu'exerce le lobby des télécoms sur le processus législatif européen ». Elle s'inquiète en particulier du fait que des « services spécialisés » pourraient permettre aux opérateurs de contourner la neutralité du Net.

Le concept de Net neutre est à plusieurs titres discutable et il est souvent utilisé dans des contextes (en particulier institutionnels et marketing) où les préoccupations réelles pour la liberté d'internet ne sont pas au premier plan. Pour évoquer ces questions, il vaut sans doute mieux parler d'un Net universel, d'un Net libre et d'un Net ouvert, tant la neutralité n'est ni une réalité technique, ni un principe réellement mobilisateur.

Jérémie Zimmermann l'explique clairement dans la partie de l'entretien de documentation consacrée à ce problème (voir la vidéo de l'entretien ici, premier chapitre). Mais derrière la diversité de ces expressions, les intérêts économiques cherchant à s'approprier les bénéfices du réseau sont bien réels. Et ils méritent qu'on reste attentif aux dispositifs législatifs nationaux et européens qui limitent (ou pas) l'appétit financier des grandes entreprises de télécommunications.

http://www.mediapart.fr/journal/france/200314/la-parisienne-liberee-et-j...

Les autres chansons du projet Datalove sont en ligne ici :

[citation de Jérémie Zimmermann]
En réalité la neutralité du net c’est l’universalité du net.
Ça veut dire que tout le monde connecté à internet a accès à tout internet et peut participer à tout internet.

Au commencement, l’Homme créa les 0 et les 1
Et il vit que cela était bien.
Alors pour les mettre en commun
Il fit une grande fête et créa : Internet

Comme l’Homme était infiniment sage
Il voulut qu’Internet soit ce lieu de partage
Dans lequel les humanités
Puissent s’entraider, s’exprimer
Sans distinction de sexe, de religion, ou d’âge

Mais un jour où il était sûrement d’une humeur moins bonne
Il créa l’État et les Géants Télécoms

Quelques jours plus tard, les Géants assemblés
Vinrent lui rendre visite au petit matin et lui tinrent ce prêche :
« Homme, certains de tes amis sont fort bien dotés
Mais d’autres sont clairement dans la dèche !
Désormais, nous livrerons les paquets prioritairement
À ceux qui donneront le plus d’argent »

Puis vers midi, l’homme reçut un courrier de l’État
– Qu’il avait créé pour rien, jusque-là –
Dans lequel un certain nombre de mots listés
Étaient suivis de la mention :
« Prière de censurer tous les paquets
Contenant au moins l’un de ces mots-clés »

Alors que le soir tombait
L’homme réfléchissait.

Il eut soudain une idée.
Il convoqua l’État, et lui dit :
“État, j’ai décidé de créer la Loi
et c’est toi qui t’en occuperas,
Alors grave ceci, dans la cire de ta plus belle tablette :

« Plus jamais il ne sera porté atteinte à l’universalité du net.
Plus jamais aucun paquet ne sera discriminé.
Plus jamais un Zéro ou un Un ne sera filtré ou priorisé
Par rapport à son Zéro ou à son Un voisin.
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen connecté,
Article premier. »

[citation de Jérémie Zimmermann]
Le problème aujourd’hui c’est que des intérêts industriels d’une part et politique d’autre part rêvent de porter atteinte à cette universalité. Il faut un net neutre, il faut un net universel.
Il y a déjà un certain nombre de pays au monde qui ont fait le choix d'imposer cette neutralité du net (...) qui ont donc inscrit dans la loi qu'Internet doit être neutre et que les opérateurs n'ont pas le droit de violer cette universalité.

Net neutrality
Сетевой нейтралитет
Netzneutralität
Neutralidad de red
(ad lib.)

☙❦❧

[VentsContraires] Jérémie Zimmermann : La naissance de La Quadrature du Net

Jérémie Zimmermann est le porte-parole et co-fondateur de La Quadrature du Net, une organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur le web, qui promeut une adaptation de la législation française et européenne en faveur de l'accès à un Internet libre et ouvert, le partage de la culture et des connaissances. À ce titre il intervient dans les débats concernant la liberté d'expression, le droit d'auteur, la régulation du secteur des télécommunications ou encore le respect de la vie privée. La Quadrature du Net fournit aux citoyens intéressés des outils leur permettant de mieux comprendre les processus législatifs afin d'intervenir efficacement dans le débat public.

Enregistré le 1er février 2014 dans la salle Roland Topor Théâtre du Rond-Point.

Enregistrement audio complet

http://www.ventscontraires.net/article.cfm/12792_jeremie_zimmermann_:_la...

[ITEspresso] Neutralité du Net: le Parlement européen affine sans faire l'unanimité

La Commission de l’Industrie du Parlement européen a adopté des dispositions télécoms intégrant le volet de la neutralité Internet. L’approche est-elle pertinente ? [...]

« Les entreprises pourraient toujours offrir des services spécialisés de haute qualité, tels que la vidéo à la demande ou les applications en nuage de données essentielles pour les entreprises, tant que ces services n’interfèrent pas avec la rapidité de connexion promise à d’autres utilisateurs> », précise le service de communication du Parlement européen. « Des mesures visant à bloquer ou ralentir Internet seraient autorisées uniquement dans des cas exceptionnels, par exemple sur décision d’un tribunal. » [...]

De son côté, une association militante de défense des libertés à l’ère numérique a protesté contre ce vote qui « démontre l’influence colossale qu’exerce le lobby des télécoms sur le processus législatif européen ». Elle souligne des « failles importantes qui subsistent dans le règlement » qu’il faut colmater « en dépassant les clivages politiques, afin d’assurer que l’intérêt général prime sur les intérêts commerciaux à court terme de l’industrie des télécoms », déclare Miriam Artino, en charge de l’analyse juridique et politique à La Quadrature du Net et cité[e] dans le communiqué. [...]

http://www.itespresso.fr/neutralite-net-parlement-europeen-peaufine-unan...

[PCINpact] Neutralité du Net : le vote en ITRE indigne Castex, la Quadrature et le CNNum

Ce matin, la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie (ITRE) du Parlement européen a adopté le rapport Del Castillo à 30 pour, 12 contre et 14 abstentions. Un rapport qui laisse des failles importantes dans la neutralité du net selon l'eurodéputée Françoise Castex, ainsi que d'après la Quadrature du Net et le Conseil Nationale du Numérique. […]

Pour [La Quadrature du Net], la commission ITRE a « cédé à la pression des lobbies des télécoms, laissant subsister d'importantes failles dans le texte ». Le fait que les FAI et opérateurs mobiles puissent signer des accords avec des services spécialisés irrite particulièrement La Quadrature. « Malheureusement, lors du vote d'aujourd'hui, les membres de la commission ITRE sont restés sourds à la mobilisation citoyenne et ont refusé d'adopter une définition stricte des services spécialisés. (…) Le lobbying agressif des télécoms à l'encontre des membres de la commission semble avoir joué un rôle déterminant dans la décision finale de ces derniers. »

LQDN a d'ailleurs la dent dure envers les opérateurs, dont le poids sur les membres de la commission ITRE semble avoir été important. « Le vote d'aujourd'hui démontre l'influence colossale qu'exerce le lobby des télécoms sur le processus législatif européen. Les failles importantes qui subsistent dans le règlement devront être corrigées lors du vote final du Parlement européen, qui aura lieu dans quelques semaines. Les nombreux eurodéputés ayant proposé des amendements constructifs en commission ont désormais l'occasion d'en déposer de nouveaux, en dépassant les clivages politiques, afin d'assurer que l'intérêt général prime sur les intérêts commerciaux à court terme de l'industrie des télécoms » a ainsi déclaré Miriam Artino, en charge de l'analyse juridique et politique au sein de l'association. […]

http://www.pcinpact.com/news/86550-neutralite-net-vote-en-itre-indigne-c...

[PCINpact] Neutralité du Net : la commission ITRE de retour demain pour un vote crucial

Fin février, à Strasbourg, la commission industrie, transports, énergie (ITRE) du Parlement européen votait les dispositions du Paquet Télécom de Neelie Kroes portant sur l'itinérance et la neutralité du net. Un vote très attendu, mais qui fut finalement reporté, faute de traduction complète de tous les amendements. Demain, la commission se réunira à 10h pour un vote crucial. […]

En février dernier, la commission des libertés civiles, justice et affaires intérieures (LIBE) a par exemple proposé de nombreux amendements au texte initial, allant dans le sens d'une véritable neutralité, pour le plus grand bonheur de ses défenseurs. […] La commission ITRE, plus tournée vers l'industrie donc, n'a logiquement pas la même vision sur la neutralité du net que son acolyte LIBE. Selon La Quadrature du Net, les amendements de compromis de l'ITRE proposés par l'Espagnole Pilar del Castillo (du Parti Populaire) pourraient permettre aux opérateurs de dégrader certains types de flux (par exemple le P2P), tout en permettant à d'autres types de flux de bénéficier d'une distribution normale, ou encore de conclure des accords avec des fournisseurs de services Internet (par exemple YouTube ou Netflix), pour leur assurer un traitement privilégié en tant que soi-disant services spécialisés.

Le vote de demain confirmera ou infirmera ces informations, néanmoins, mais il est crucial de le suivre, dès lors que les députés européens s'appuieront sur la décision de l'ITRE pour débattre et voter. « L'adoption de ce rapport pourrait marquer un point de non-retour » estime même LQDN. « À ce stade, la bataille pour un Internet ouvert est loin d'être gagnée. Les membres du groupe libéral (ALDE) – dont les voix seront déterminantes pour l'issue du vote – ont juqu'ici refusé de s'associer au vote des Socio-démocrates et des Verts, préférant soutenir la dangereuse proposition de la rapporteure Pilar del Castillo » explique même l'association. Cette dernière estime d'ailleurs qui n'est pas trop tard pour influencer les députés et en appelle aux citoyens afin qu'ils contactent leur eurodéputé. […]

http://www.pcinpact.com/news/86524-neutralite-net-commission-itre-retour...

[LeMonde] Les «copy party» autorisées mais dans le cadre d'un usage privé

Faire le plein de cours, de recettes ou d'histoires pour enfants, les « copy parties » sont là pour ça, et ce n'est pas du plagiat ! Au travers d'un événement convivial organisé dans certaines bibliothèques, on peut exercer un droit méconnu : celui de copier en toute impunité. [...]

Lionel Maurel, l'un des cofondateurs de la « copy party », est juriste et bibliothécaire. Il exerce dans la bibliothèque universitaire de Nanterre où les chercheurs, travaillant sur de gros ouvrages, peuvent depuis longtemps repartir avec un double. Ils peuvent ainsi continuer leurs travaux sans avoir à se déplacer. La question de la légalité ne se pose pas, une salle est même réservée à cette pratique. Pour lui, la copie fait partie du processus de création : « Copiez un auteur et c'est du plagiat, copiez plusieurs auteurs et c'est une thèse », s'amuse-t-il. [...]

Sa première copy party a eu lieu en mars 2012, dans la bibliothèque universitaire de La Roche-sur-Yon. Olivier Ertzscheid, maître de conférences à l'université de Nantes et l'un des organisateurs, veut « sortir du traditionnel discours policier » entourant les questions de téléchargement et de copyright. « Beaucoup ne savent pas que le droit à la copie privée existe, souligne l'universitaire, ni qu'ils paient une redevance pour pouvoir appliquer ce droit. » Les 80 participants à cette première copy party ont appris, avec étonnement, qu'au prix du matériel numérique (aussi bien l'achat d'un CD vierge que celui d'un appareil photo), s'ajoute une taxe servant à rémunérer les ayants droit et à financer les actions culturelles. [...]

http://abonnes.lemonde.fr/monde-academie/article/2014/03/12/les-copy-par...

[30C3] Hacking With Care

Présentation éclaire donnée par Emily et Baba au 30C3, le 30ème Chaos Communication Congress du CCC allemand, à Hamburg, le 28 décember 2013.

Hacking (with) care est une initiative polyvalente et collaborative dont l'objectif est d'apporter l'équilibre, le bien être, l'éveil du corps et de l'âme, de prendre soin des communautés de hackers, et de partager des pratiques éthiques, enrichissantes et créatives pour tous, dans la liberté et le partage des connaissances.

Hacking (with) care s'intéresse aux questions relatives au bien être psychologique et physique des hackers, à leur santé, et à la manière dont le sentiment de liberté dans le domaine technologique peut devenir un sentiment de liberté dans le reste de la vie. Nous tentons d'encourager l'épanouissement de la vitalité et du (data)love à la fois devant et loin des claviers. Nous voulons également faire quelque chose pour ceux qui agissent, souvent derrière leurs ordinateurs, pour nous et s'engagent au quotidien dans la défense de nos libertés.

https://events.ccc.de/congress/2013/wiki/Static:Lightning_Talks

Voir ausi : http://hackingwithcare.in/

Emily : Salut. Je suis Emily et voici Baba, et nous sommes « Hacking With Care ». Hacking with Care est un projet collectif destiné à prendre soin des hackers investis dans le bien commun (hackers-who-care) et à les aider à prendre soin d'eux et des autres. Avant d'aller plus loin, nous allons nous étirer la langue et le visage pour faciliter la parole et je vous invite à nous imiter. Imaginez un gros lion et tirez votre langue aussi loin que possible en ouvrant vos yeux autant que possible. Allons-y, trois, deux, un… Ahhhhh…. Ok ! Vous pouvez faire ces mouvements chaque fois que vous avez des tensions dans la mâchoire. C'est vraiment bien pour les gens qui grincent des dents la nuit. Et aussi juste avant de donner une conférence. Et donc à présent, Baba est prêt à parler…

Baba : Par définition un hacker n'a pas de limites. Leur seule limite reste, jusqu'à présent, leur corps. Pour survivre, nous devons prendre soin de notre corps et de nos organes. Je précise que nous ne nous inscrivons pas dans la théorie trans-humaniste. C'est même plutôt le contraire : des techniques anciennes peuvent offrir des solutions aux problèmes très modernes que les hackers rencontrent. Le yoga, ou la médecine traditionnelle chinoise, sont des solutions aux problèmes habituels, ceux du quotidien. Grâce à un entraînement régulier, en s'entraînant une dizaine de minutes chaque jour, nous pouvons mieux sentir notre propre corps. Comme les ordinateurs, nous pouvons commencer chaque journée par une séquence de démarrage. Vous n'avez pas besoin d'être des super héros pour vous étirer. Les étirements sont naturels.

Emily : Nous considérons le massage et les techniques comme le yoga comme des exemples de peer-to-peer super réussis. Certaines de ces pratiques existent depuis des milliers d'années et sont des exemples d'arts libres, encore libres, en grande partie accessibles, des protocoles très ouverts, et donc d'une certaine façon nous nous identifions ici avec l'éthique des hackers c'est comme ça que nous pratiquons. Nous voulons encourager et faciliter la régénération de la résistance, des forces vitales de celles et ceux qui s'engagent pour la défense et la création des libertés, pour qu'elles/ils se sentent bien et évitent l'épuisement. Nous voulons partager nos connaissances à ce sujet. Je voulais aussi vous raconter ce que quelqu'un m'a dit dit avant que je le masse, lorsque je lui ai demandé où il avait mal, il m'a répondu que le monde entier est une douleur chronique. D'une certaine manière, c'est vrai, donc nous souhaitons vous aider, avec ce projet, à ce que cette douleur ne s'installe pas dans votre corps, afin que vous, que chacun/e puisse continuer à agir pour le bien commun sans s'effondrer.

Baba : Nous allons vous montrer quelques exercices de base que les hackers peuvent faire. D'abord, le yoga des yeux, parce que nous regardons constamment un écran… alors le yoga des yeux ressemble à ça, et nous entraînons nos yeux de cette manière. Le deuxième exercice est bon pour les muscles des bras. On peut former deux coins comme ça, et ça aide à étirer…

Emily : …les tendons, pour éviter d'avoir une tendinite à cause des clics. Celui-ci est pour les doigts.

Baba : Nous avons mis en place une enquête, nous voudrions vous inviter à y contribuer. Si vous connaissez des exercices qui vous aident au quotidien, nous aimerions les regrouper, et faire un…

Emily : …nous aimerions créer une boîte à outils du bien-être, alors nous vous invitons à ajouter vos propres trucs sur notre blog.

Baba : …et nous vous invitons aussi à venir à la tea house de La Quadrature du Net au quatrième étage, où vous pourrez vous faire masser et boire du thé.

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[PCINpact] Droit à l'oubli, etc. Les eurodéputés votent le Réglement Données personnelles

Hier, les eurodéputés ont adopté la résolution législative sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données (ouf !). Derrière ce long intitulé, l’Union européenne veut se doter d’un même corps de règle pour gérer la manipulation des données personnelles de ses citoyens et donc des internautes [...]

Avec le vote d'hier, l’eurodéputée Françoise Castex par exemple voit « un signal fort » dans l’adoption du paquet sur les données personnelles (règlement et directive). « Après le scandale de la NSA et alors que nous négocions un accord de libre-échange avec un État qui espionne nos concitoyens, il était fondamental de redéfinir les règles du jeu » commente encore celle désormais sous les bannières du groupe Nouvelle Donne. [...]

Ce n’est pas tout. Alors qu’un bras de fer a lieu entre l’UE et les États-Unis sur l’accord TIPP (notre actualité), le dispositif devrait également permettre de multiples transferts de données en se passant de l’accord préalable de l’internaute. Il suffira en effet que le responsable y trouve un « intérêt légitime ». Une expression encore trop floue toujours pour la Quadrature du Net. [...]

Miriam Artino, analyste politique à La Quadrature du Net, prévient déjà : « les citoyens doivent exiger de leur gouvernement qu'il corrige ces failles, préserve les avancées, et n'introduise pas de nouvelles exceptions dans le texte ». Surtout, le règlement devra être finalisé par le prochain Parlement. La Quadrature espère donc que les prochaines élections européennes permettront d’accentuer l’attention des futurs eurodéputés sur ces sujets de premier ordre.

http://www.pcinpact.com/news/86460-au-parlement-europeen-donnees-cest-vo...

[Atlantico] Surveillance numérique généralisée : la capacité à protéger sa vie privée va-t-elle devenir le comble du luxe ?

La journaliste américaine Julia Angwin dit avoir dépensé 2 200 dollars et passé de nombreuses heures de travail pour protéger ses données numériques. De quoi s'interroger sur notre capacité à protéger notre vie virtuelle. [...]

Jérémie Zimmermann :

Car n'oublions pas que la protection de notre vie privée, c'est la protection de notre intimité. C'est dans cette intimité que l'on va apprendre, créer, inventer, tester des hypothèses, être nous-mêmes, sans avoir à s'exposer au jugement de l'autre. Ces espaces d'intimité sont ceux qui nous définissent au plus profond de nos êtres. L'intimité, c'est l'humanité. Nos humanités sont-elles un luxe ? L'amour est-il un luxe ? Espérons que non. [...]

A l'ère hyper-connectée, ne pas comprendre, ne pas savoir où sont ses données, ne pas être en mesure de protéger ses données, c'est l'équivalent de ne pas savoir lire et écrire au XXème siècle ou au siècle précédent. Il faut faire évoluer les mentalités pour comprendre qu'apprendre à se servir d'un logiciel de chiffrement n'est pas un truc de nerd. Ça fait partie du bagage de base pour exercer au mieux sa citoyenneté dans un environnement numérique. Il faut bien comprendre que les risques que l'on prend à exposer notre vie privée sont aussi des risques que l'on fait courir à nos correspondants. Il faut arriver à reprendre le contrôle de nos communications et de notre vie privée. [...]

http://www.atlantico.fr/decryptage/surveillance-numerique-generalisee-ca...

[Scinfolex] Pour les YouTubeurs, fin de l'âge d'or ou possibilité d'un nouveau départ ?

La semaine dernière est paru sur Rue89 un article détaillé sur les conséquences du changement de politique de droit d’auteur survenu sur YouTube en décembre 2013 et auquel j’avais consacré un billet. Pour rappel, YouTube avait subitement changé les règles du jeu sur sa plate-forme en modifiant le comportement du système de filtrage ContentID, qui repère les oeuvres protégées à partir d’une base d’empreintes fournies par les titulaires de droits. La sensibilité du robot a été augmentée, ce qui fait que des vidéos reprenant même de courts extraits de films ou de musique protégés ont subi des signalements. YouTube a aussi fait perdre leur "immunité" aux chaînes qui étaient affiliées à des "Networks", des intermédiaires faisant tampons avec les titulaires de droits et gérant la monétisation des vidéos. [...]

En combinant ces deux types de solutions, il me semble que les YouTubeurs peuvent se créer l’opportunité de prendre un nouveau départ. Et du point de vue de l’écosystème numérique tout entier, de tels principes me paraissent plus "sains" que l’ancienne dépendance complète à YouTube. La diffusion des vidéos sur un site propre va dans le sens de la décentralisation d’internet et de la reprise de contrôle sur ses propres données par le biais de l’auto-hébergement. Le recours a une plateforme comme Tipeee peut atténuer la dépendance aux revenus publicitaires, en passant par une relation directe entre le créateur et son public. [...]

http://scinfolex.com/2014/03/11/pour-les-youtubeurs-fin-de-lage-dor-ou-p...

[Senat] MCI sur la gouvernance mondiale de l'Internet : compte rendu de la semaine du 3 février 2014

Audition de M. Jérémie Zimmermann, porte-parole de l'association « La Quadrature du net » : [...]

« La gouvernance de l'internet ne peut qu'être l'affaire des internautes et des « trustees », qui sont des dépositaires de confiance et dont on peut se demander s'ils sont des acteurs privés ou publics et s'ils doivent interagir. Nous devons défendre l'internet comme le bien commun de ses utilisateurs : ce sont eux les « stakeholders » qui doivent être au centre, sous peine de transformer internet en instrument de contrôle. » [...]

« Les politiques doivent défendre nos libertés fondamentales. Le respect de la neutralité du Net en fait partie ; ils doivent à ce titre la protéger absolument. Dans sa décision n° 2009-580 DC du 10 juin 2009, relative à la loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur Internet, le Conseil constitutionnel a consacré la liberté d'accéder aux services en ligne comme une composante de la liberté d'expression. Défendre celle-ci, c'est également défendre l'innovation et la concurrence.  »

http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20140203/mci_gouvernance.ht...

[TV5] Internet : les biens culturels "libres de droits" sont-ils l'avenir ?

La Commission européenne a lancé une nouvelle consultation sur le droit d'auteur en décembre dernier : Internet reste, en 2014, un enjeu central pour la diffusion des œuvres culturelles. La suprématie commerciale des "firmes culturelles" n'est pourtant pas totalement acquise en termes de propriété intellectuelle. Pour preuve, les différents modèles de droits de propriété intellectuelle "libres" qui prospèrent sur la toile. Quel futur modèle pour la culture européenne sur Internet ? […]

La Commission européenne continue donc à chercher des moyens d'empêcher le contournement des droits de copyright via Internet, ce que des collectifs de défense des libertés numériques, comme La Quadrature du Net (ayant activement participé à permettre le rejet d'ACTA par le Parlement européen) dénoncent, puisque pour eux, "il faut défendre tous les contributeurs à la création contre l'appropriation d'une grande part des revenus issus des œuvres par les rentiers des industries culturelles, les grands distributeurs et intermédiateurs et les héritiers de stocks de droits." […]

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redact...

[Reflets] Après la cyber utopie, le cyber cauchemar ?

Les analyses à propos du réseau informatique mondial sur les 20 dernières années ne manquent pas, et nombreuses sont celles qui en ont fait l’apologie : le réseau devait nous sauver, ou presque. Une nouvelle ère s’ouvrait, faite d’accès universel à la connaissance, aux savoirs, à l’échange, au partage, à la gratuité. […] En 2014, que sont devenues les cyber-utopies, et surtout : avons-nous basculé dans un cyber-cauchemar ?[…]

Après une forme de moyen-âge survenue dans les années 90, une renaissance (?) s’opère dans les années 2000 avec l’émergence de cette notion étrange du web 2.0 —qui voudrait que l’on puisse alors (enfin) fournir du contenu en tant qu’internaute — comme si ce n’était pas possible auparavant (!)—, nous voici arrivés à l’époque de la « révolution industrielle » du réseau. Et quand l’industrie prend le gouvernail, les utopies sont souvent battues en brèche. […]

L’utopie peut être réactivée, ce n’est qu’une volonté de ceux qui la défendent, contre ceux qui poussent au cyber-cauchemar. Avec un élément à conserver à l’esprit : on ne peut pas vouloir quelque chose et agir à l’inverse. La responsabilité est collective, et si la marchandisation du réseau est telle, écrase tout, c’est qu’une majorité la plébiscite. A nous, acteurs de la cyber-utopie, de permettre à ceux qui n’ont pas connu l’âge mythique d’Internet, de les convaincre qu’ils peuvent participer à stopper le cauchemar. Et pourquoi pas, retrouver le souffle des origines ?

http://reflets.info/apres-la-cyber-utopie-le-cyber-cauchemar/

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