Press Review

[Rue89] Face à la surveillance, les Allemands organisent la résistance

Ces dernières semaines, l’Allemagne a vibré au rythme de plusieurs affaires concernant les données personnelles, et le pays est en passe de devenir le dernier bastion de résistance de la vie privée. [...]

En toile de fond, le projet de loi sur la conservation temporaire des données (« Vorratsdatenspeicherung ») met les politiques allemands dans une situation impossible. Cette loi, qui prévoit la conservation pendant plusieurs semaines des données de connexion télécoms (métadonnées), rencontre une résistance tenace dans la population. [...]

La journaliste Sarah Harrison, qui ne peut plus poser un pied en Angleterre, fait également référence à la procédure extraordinaire lancée en Allemagne suite à l’affaire Snowden : « Notre premier ministre [David Cameron, ndlr] dit tranquillement que “le temps est révolu où les citoyens pouvaient réclamer le droit de ne pas être surveillés”. On en est là. Le fait que des citoyens et des politiques veuillent enquêter sur les pratiques illégales de surveillance est à des années-lumière de ce qu’on observe dans la plupart des pays. » [...]

A côté, le voisin français paraît plus passif, notamment au regard de la mobilisation lors de la loi sur le renseignement, pourtant autrement plus intrusive que le projet de loi allemand. En dépit de la campagne de sensibilisation d’associations – La Quadrature du Net, le fournisseur d’accès associatif French Data Network (FDN), Reporters sans frontières, Amnesty, etc. – ainsi que les prises de position de la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), le grand public a été relativement absent, sur le Net comme dans la rue. Face à l’apathie générale, Mediapart avait publié la « Lettre à ceux qui s’en foutent » de Laurent Chemla (le cofondateur de Gandi), au moment du vote de l’Assemblée. [...]

http://rue89.nouvelobs.com/2015/08/25/face-a-surveillance-les-allemands-...

[Numerama] La Russie lève sa menace de blocage de Wikipédia

Le service fédéral Roskomnadzor, qui est responsable des télécommunications en Russie, annonce l'exclusion de Wikipédia de sa liste noire des sites illégaux. L'encyclopédie avait été placée dans cet Index à cause d'un article sur une drogue. [...]

Coup de théâtre dans le bras de fer qui oppose depuis plusieurs jours la fondation Wikimédia au régulateur russe des télécoms. Dans une notification (.pdf) diffusée ce mardi, le service fédéral Roskomnadzor annonce le retrait de Wikipédia de sa liste noire des sites illégaux. Par conséquent, l'ordre de blocage qui avait été adressé en début de semaine aux fournisseurs d'accès à Internet russes a été annulé. [...]

Il faut dire que la décision du service fédéral allait avoir des conséquentes très lourdes. Dans la mesure où la fondation Wikimédia a généralisé le protocole de sécurisation HTTPS, il n'est pas possible de filtrer les accès selon l'adresse demandée (par exemple, l'URL exacte pointant sur l'article du charas), sauf à déployer des techniques d'analyse de trafic particulièrement contraignantes.

Du coup, c'est l'ensemble de la version russe de Wikipédia qui était menacé de censure en Russie, ce qui est bien trop excessif, même pour une politique très stricte de lutte contre la drogue. Mais en définitive, ce scénario ne verra heureusement pas le jour, permettant aux internautes basés dans ce pays de continuer à consulter les pages de l'encyclopédie libre.

http://www.numerama.com/magazine/33998-la-russie-leve-sa-menace-de-bloca...

[NextINpact] [Interview] Benjamin Bayart : « le chiffrement rendra la surveillance plus coûteuse »

Le Conseil constitutionnel n’a pas seulement validé la quasi-totalité de la loi sur le Renseignement. Il a également rejeté le recours initié par la Quadrature du Net, FDN et FFDN. L’épisode passé, nous avons pu questionner Benjamin Bayart (FDN) sur ces épisodes et les prochaines étapes.

Le Conseil constitutionnel a validé la loi Renseignement, rejeté votre recours... Et maintenant ?

« Dans la mesure où on a perdu devant le Conseil constitutionnel, on peut continuer notre action contre le décret appliquant l’article 20 de la loi de programmation militaire. Nous soulevons de vrais vices et cela reste intéressant à faire, car ce décret servira de base à la loi sur le renseignement. Et si on arrive à le faire sauter, on leur fera perdre du temps. » [...]

Pour en revenir à la décision Quadrature du Net, FDN et FFDN, que conseillez-vous aux avocats et journalistes ?

« Déjà, qu’ils apprennent à chiffrer, cela ne peut pas faire de mal. Cela ne résoudra pas le problème, mais rendra la surveillance plus coûteuse, donc c’est intéressant. Autant le chiffrement du mail est relativement compliqué, cela demande quelques petites connaissances. Autant installer SMS Secure sur son téléphone n’en demande pas et cela marche tout de suite. Cela veut dire en tout cas que ceux qui veulent protéger leur source doivent redoubler de précaution. » [...]

De manière chronique, vous faites des appels aux dons. Où en est-on de l’état des finances de la Quadrature ?

« Depuis que ce n’est plus moi qui m’occupe des sous, j’ai une vision moins claire. À vue de pieds, on a la totalité du budget pour 2015 et un peu plus parce que lors de la dernière campagne de don, on a encore une fois été obligé de hurler pour être entendu. Cela a donc fait peur aux gens. Il n’empêche qu’il va falloir relancer une campagne de dons probablement au moment de la rentrée, même si on a l’argent d’avance, juste parce qu’elle va échouer, juste parce qu’on va dire aux gens : « il y a besoin de financer la Quadrature du Net, c’est un problème annuel, récurrent, donner même beaucoup une seule fois ne suffit pas ». Et quand tu ne fais pas peur aux gens, ils se disent « ah oui, effectivement, il faut, je le ferai la prochaine fois, dans une semaine, un mois… » et ils ne font pas, parce qu’ils oublient ou ont autre chose à faire. C’est un truc dont j’ai horreur, j’ai été le premier à crier au loup, je l’ai fait deux fois…  » [...]

http://www.nextinpact.com/news/96082-interview-benjamin-bayart-chiffreme...

[Humanité] Pas Sage en Seine : Le hacker au cœur de la défense des droits de l'Homme

Surveillance de masse, censure d’Internet, rétention des données personnelles… Le combat pour les droits de l’Homme se joue de plus en plus sur et à propos du Net. Alors comment faire pour s’opposer aux décisions politiques qui limitent ces droits ? Reportage à « Pas sage en Seine », cycle de conférences sur la vie numérique et connectée qui s’est déroulée du 18 au 21 juin derniers à Paris. [...]

Des autocollants roses, jaunes, noirs ou bleus parsèment la table à l’entrée de la salle de conférences : certains avec le symbole de l’association la Quadrature du Net (association de défense des droits de l’Homme sur Internet), d’autres avec l’inscription « We make data love » ou revendiquant le « droit d’asile pour Edward Snowden ». Le ton est donné. « Pas Sage en Seine » est un événement fortement politisé. Et cette année, le lieu est symbolique : C’est à deux pas, au théâtre de la Gaîté Lyrique, où le lanceur d’alertes Edward Snowden a parlé pour la première fois aux Français le 10 décembre dernier par vidéoconférence. [...]

Au terme de ces conférences, une chose est claire : Internet et le numérique sont au cœur des droits de l’Homme, comme Benjamin Bayart raconte : « Maître Spinozi est venu nous aider dans nos batailles juridiques. Il est assez convaincu que la défense des droits de l’Homme aujourd’hui se fera beaucoup sur nos sujets : le numérique et l’informatique. » Parce qu’une grande partie de notre vie est sur Internet. Glenn Greenwald, journaliste et écrivain, écrit en introduction de son livre No Place to Hide au sujet de l’affaire Snowden : « Internet est l’épicentre de notre monde, l’endroit où on se fait des amis, où on choisit nos livres et nos films, où l’activisme politique s’organise, où on crée et enregistre nos données les plus personnelles. » Réduire les libertés sur Internet, c'est fondamentalement toucher aux droits de l'Homme.

http://www.humanite.fr/pas-sage-en-seine-le-hacker-au-coeur-de-la-defens...

[Liberation] « Il y a un petit malaise à voter ça aujourd’hui…»

Mardi en fin de journée, les sénateurs adoptaient définitivement le projet de loi sur le renseignement. Ce mercredi soir, c’était au tour des députés de voter le texte. Mais entre les deux, les révélations de Libération, Mediapart et WikiLeaks sur l’espionnage de trois présidents successifs par l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine, entre 2006 et 2012 au moins, ont fait l’effet d’un coup de tonnerre. De quoi perturber la teneur des discussions du côté du Palais-Bourbon. Sans, pour autant, changer les positions des uns et des autres. [...]

Aubaine. Pour les opposants à ce texte très controversé, qui prévoit une extension inédite des moyens dévolus aux services de renseignement, ces révélations sont une aubaine. «Valls est gêné aux entournures puisqu’il s’apprête à faire voter un texte qui est la copie conforme de tout ce qui, aux Etats-Unis, a été à l’origine de ces dérives, taclait le député (LR) de Paris Pierre Lellouche. Difficile de faire la leçon aux Américains.» Son collègue Lionel Tardy, farouche détracteur du texte, s’étonnait pour sa part «d’entendre ce matin des députés hurler contre les méthodes de la NSA et voter le projet de loi renseignement». [...]

La loi est désormais entre les mains du Conseil constitutionnel, qui va être saisi du texte aussi bien par le président de la République que par les parlementaires. La saisine impulsée par les députés Laure de la Raudière et Pierre Lellouche avait recueilli, mercredi soir, 106 signatures - essentiellement des députés LR, mais aussi UDI, EE-LV et non inscrits (dont des députés FN). Elle doit être déposée ce jeudi matin. D’autres, comme le socialiste Pouria Amirshahi ou le groupe communiste au Sénat, soumettront leurs arguments aux «sages». C’est également le cas de Reporters sans frontières ou de l’association de défense des libertés en ligne La Quadrature du Net. Le Conseil constitutionnel a un mois pour rendre son avis. Décision attendue, donc, le 24 juillet. [...]

http://www.liberation.fr/societe/2015/06/24/il-y-a-un-petit-malaise-a-vo...

[LaTribune] Fin des frais d'itinérance, neutralité du Net : l'UE abat ses cartes

Les institutions de l’UE sont arrivées à un accord dans la nuit de lundi à mardi : celui-ci prévoit une réduction, puis la fin des frais d’itinérance au 15 juin 2017. En outre, il prévoit des « règles strictes » en matière de neutralité du Net, sans pour autant lever les craintes liées à certaines discriminations de contenus. [...]

Alors que pour beaucoup s'inquiètent de l'impact d'un possible « Internet à plusieurs vitesses » - qui pourrait pénaliser, par exemple, les entreprises qui n'auraient pas les moyens de payer pour un traitement « premium » -, la Commission se veut rassurante. D'après elle, les mesures signifient « que l'accès au site Internet d'une start-up ne sera pas injustement ralenti au profit de sites pilotés par de grandes entreprises ». De même, « aucun service ne sera bloqué au motif qu'il ne verserait pas de frais supplémentaires aux fournisseurs d'accès à Internet. Il n'y aura pas de 'gardiens des réseaux' qui décideront de ce à quoi les utilisateurs peuvent ou non accéder ». En résumé, « avec un Internet ouvert, tout le trafic sera traité de la même façon », poursuit l'institution, sauf « en cas d'exceptions d'intérêt général », liées notamment à « la sécurité des réseaux », ou « la lutte contre la pédopornographie ». [...]

Toutefois, Agnès de Cornulier, de la Quadrature du Net, estime qu'un flou demeure concernant les services spécialisés qui seront proposés en parallèle des services Internet traditionnels. « Dans ce cas, rien ne dit qu'une discrimination ne pourra pas voir le jour », explique-t-elle. « Orange pourrait par exemple mettre en place un service de VOD [vidéo à la demande, Ndlr] distinct de son offre Internet. Il pourrait ainsi le favoriser, car ce service ne serait pas, sur cette offre précise, considéré comme un accès à Internet. » En clair, les débats sont loin d'être finis.

http://www.latribune.fr/technos-medias/fin-des-frais-d-itinerance-neutra...

[ZDNet] Europe : fin du roaming et aussi de la neutralité du Net ?

Législation : La Commission Européenne,, le parlement et le Conseil sont arrivés à un accord provisoire sur les règles européennes relatives à la neutralité du net. Un recul par rapport au texte voté par le parlement européen en avril 2014, mais des zones d’ombres restent à éclaircir. [...]

En effet, le texte issu de la négociation entre les trois instances européennes est un net recul par rapport au texte voté initialement en avril 2014 par le parlement et qui instaurait clairement le principe de neutralité du Net. La nouvelle version conserve l’idée de proposer un accès « ouvert et non discriminant » : le communiqué se vante ainsi d’inscrire pour la première fois « le principe » de la neutralité du net dans la loi. [...]

« Il y a un certain nombre de choses qui sont problématiques avec ce texte » explique ainsi à ZDNet.fr, Agnès de Cornulier, coordinatrice de l’analyse juridique et politique à la Quadrature du net « Le nouveau texte évacue ainsi la définition de la neutralité du Net telle qu’elle avait été posée par le texte voté parlement et remplace cela par la notion d’internet ouvert, non discriminatoire et traitant également l'accès au réseau. » [...]

http://www.zdnet.fr/actualites/europe-fin-du-roaming-et-aussi-de-la-neut...

[NextNIpact] Loi Renseignement : la saisine constitutionnelle du président de la République

Quels sont les reproches adressés par François Hollande à sa loi sur le renseignement ? Nous publions la saisine de trois pages qu’a adressée hier l'Élysée au Conseil constitutionnel. Une saisine à la fois très vaste mais qui laisse de côté plusieurs points noirs, notamment celui de la surveillance internationale. [...]

Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, avait prévenu une nouvelle fois François Hollande mercredi : pas de saisine blanche sur la loi sur le renseignement, tout juste adoptée par le Parlement. Par cette demande, le haut magistrat exige du président de la République une saisine détaillée, motivée, accompagnée d'arguments et pas une demande d’examen globale. Nous avons pu nous procurer la saisine adressée hier matin par l'Élysée. Ce n’est certes pas une saisine blanche, mais on reste très (très très) loin du mémoire de la Quadrature du Net, FDN et FFDN. [...]

On notera ainsi que le président de la République s'appuie sur une numérotation antérieure du texte, les articles ayant été réagencés en bout de course à l'Assemblée nationale. En l'état de sa numérotation, sa saisine fait l'impasse sur les sondes implantées directement chez les opérateurs ou encore sur la surveillance internationale. Ces points ont toutefois été soulevés lors de la saisine parlementaire, mais aussi suggérés par les mémoires, notamment celui adressé par la Quadrature du net, FDN et FFDN. Nous reviendrons sur cette problématique une fois obtenu les explications de la présidence. Selon les premiers éléments fournis par l'exécutif, ces articles ne sont que des pistes, le Conseil constitutionnel pourra les rectifier de lui même. [...]

http://www.nextinpact.com/news/95567-loi-renseignement-saisine-constitut...

[LePoint] Scandale de la NSA : Valls et son incroyable mauvaise foi

Le Premier ministre réclame la création d'un "code du renseignement", alors qu'il vient de faire voter une loi pour mettre n'importe qui sur écoutes. [...]

Cette réaction est particulièrement démagogique. D'une part, la France sait au moins depuis 2013 que ses élites sont massivement sur écoutes, et que la grande oreille est à Washington : les révélations d'Edward Snowden ainsi que le repérage d'une station d'écoutes sur le toit de l'ambassade américaine à Paris ne laissaient guère de doutes. Mais surtout le gouvernement vient de faire voter, avec le soutien de l'opposition, une loi sur le renseignement qui contient des mesures permettant à la France de se comporter comme une barbouze, du moment qu'elle n'espionne pas (trop) ses citoyens sur son territoire national. [...]

Les "boîtes noires" que l'État pourra installer chez les opérateurs télécoms sont l'une des raisons qui font que la loi a autant d'opposants : les institutionnels (la Cnil, le Conseil national du numérique, la Commission nationale consultative des droits de l'homme, le Syndicat de la magistrature, l'ordre des avocats de Paris, etc.), les ONG (Reporters sans frontières, La Quadrature du Net, Amnesty International, Human Rights Watch, etc.) ou encore le secteur de l'économie numérique dans sa quasi-totalité (Google, Microsoft, Facebook, Yahoo!, Skype, Dailymotion, Deezer, etc.) s'opposent fermement au texte. [...]

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/guerric-poncet/scandale-de-l...

[NextINpact] Loi Renseignement : ce que dit le mémoire de la Quadrature, FDN et FFDN

Alors que le projet de loi sur le renseignement a été adopté hier au Sénat et sera débattu à l’Assemblée nationale dans sa version finale, la Quadrature du Net, French Data Network et la Fédération FDN ont révélé leur mémoire visant à accompagner la saisine attendue du Conseil constitutionnel. Résumé des principaux points. [...]

Les finalités de la loi qui permettent aux services de déployer la surveillance sont estimées trop larges, parfois inintelligibles, elles seraient au surplus disproportionnées. Ainsi « La notion "d’intérêts économiques, industriels et scientifiques majeurs de la France" n’est définie par aucune disposition constitutionnelle ou légale. Dès lors, une telle finalité justifierait la surveillance de toute personne dont le comportement est simplement susceptible de nuire à la promotion des intérêts individuels d’un grand nombre d’entreprises françaises ; elle est ainsi manifestement disproportionnée au regard des atteintes faites aux droits et libertés fondamentaux de ces personnes ». Problème, ces flous augmenteraient dans le même temps les compétences du pouvoir exécutif alors que seul le législateur peut porter ainsi atteinte à la vie privée (cas « d’incompétence négative »). [...]

En effet, la loi ne définit par ces dispositions et les débats n’ont pas été bien éclairants. Ils évoquent coup sur coup des métadonnées, des données de connexion voire « d’autres documents » également. Pas simple, mais pourtant crucial : sans définition stricte, voilà l’exécutif autorisé à des atteintes encore plus profondes dans notre vie privée. Le bug est d’autant plus patent que le périmètre des personnes manipulant ces « informations et documents » n’est pas clairement dressé. Les interprétations divergent spécialement sur l’inclusion ou non des services de correspondances privées. Ce flou est pourtant embêtant puisque c’est l’ensemble des échanges de la population qui est en jeu… Dans tous les cas, les auteurs du mémoire considèrent que la gravité de l’atteinte à la vie privée est équivalente, que ce soit lorsqu’on accède aux contenus ou aux données les encapsulant. [...]

http://www.nextinpact.com/news/95538-loi-renseignement-ce-que-dit-memoir...

[Franceinter] Comme un bruit qui court : Terminator est dans votre poche

Il y a deux ans, jour pour jour aujourd'hui, un 6 juin 2013, nous sommes entrés dans une nouvelle ère. Ce jour-là, Edward Snowden s'adressait au monde, et depuis, que nous le voulions ou non, notre relation à la technologie a changé. Nous ne pouvons plus dorénavant faire confiance aux machines. [...]

C’est pourquoi Jérémie Zimmermann, cofondateur de l’association La Quadrature du Net, nous a dégoté une allégorie, une fable qui nous permette de mieux comprendre et de mieux réagir.

http://www.franceinter.fr/emission-comme-un-bruit-qui-court-comme-un-bru...

[Francetvinfo] Loi sur le renseignement : les trois armes qui restent aux opposants pour poursuivre leur combat

Les sénateurs ont adopté le texte, mardi, à une écrasante majorité avec 251 voix pour et 68 contre. Pas de quoi décourager ceux qui estiment que ce projet de loi menace les libertés individuelles. [...]

Des dizaines de députés ont annoncé, dès le mois de mai, leur intention de saisir le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative de France. Ce mouvement transpartisan est mené par des élus des Républicains comme Laure de la Raudière et Pierre Lellouche. Et cet élan va probablement se renforcer. "Nous avons discuté avec des sénateurs et certains d'entre eux, notamment de l'UDI, vont peut-être rejoindre les députés [contre le projet de loi]", précise à francetv info Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes de la Quadrature du Net, aux avant-postes de la protestation contre cette loi.

Mais l'association compte surtout "déposer un mémoire pour accompagner et appuyer la saisine, ajoute-t-elle. Nous évoquons des questions techniques et celle liée à la conformité au droit européen. Il y a une importante jurisprudence européenne sur le respect des libertés individuelles. Or, la France est tenue de respecter la loi européenne." [...]

http://www.francetvinfo.fr/politique/loi-sur-le-renseignement/loi-sur-le...

[Reporterre] Une cyberaction pour protester contre le meurtre de Rémi Fraisse pourrait mener des Anonymous en prison

Trois militants du collectif Anonymous sont appelés le 9 juin devant le tribunal correctionnel de Nancy. En cause : des attaques informatiques contre des sites institutionnels qui entendaient dénoncer la politique d’enfouissement de déchets nucléaires et le meurtre de Rémi Fraisse à Sivens. Ils encourent jusqu’à 10 ans de prison et/ou 150 000 euros d’amende. [...]

De plus, à l’heure où l’ONU appelle la communauté internationale à prendre des mesures pour protéger les installations nucléaires d’éventuelles cyber-menaces, il semble capital de faire preuve de discernement quant à la nature des attaques. "L’hacktivisme apparaît souvent comme une catégorie fourre-tout, mêlant toutes formes de criminalité informatique conduite à des fins politiques", estime Félix Tréguer, co-fondateur de la Quadrature du Net. Il vient de publier une analyse juridique sur le droit pénal de la fraude informatique, dans laquelle il dénonce la confusion et les incohérences entourant ces questions. [...]

Enfin, l’universitaire se désole de "la méconnaissance des réalités sociales et techniques d’Internet qui affecte certains magistrats", et qui "les conduit à exagérer la nature et la gravité des faits reprochés et à voir dans des activités banales un savoir-faire qui serait l’apanage d’une élite délinquante au sein du monde hacker". C’est le cas notamment pour le militant interpellé à Nantes : la justice lui reproche notamment d’avoir agi via l’utilisation de proxys, de serveurs destinés à s’anonymiser, le fait de créer un compte Twitter destiné à revendiquer ses actions, la participation à un salon de discussion IRC, ou encore l’utilisation de pseudonymes - des actes normaux et courants chez beaucoup des utilisateurs d’Internet, revendiqués par beaucoup comme légitimes et nécessaires à l’ère de la surveillance généralisée. [...]

http://www.reporterre.net/Une-cyberaction-pour-protester-contre-le-meurt...

[NextInpact] Loi Renseignement : des faux positifs, des atteintes aux libertés ? Pas grave !

Hier, le Sénat a commencé l’examen du projet de loi sur le renseignement par l’inévitable discussion générale. Chacun des groupes et sénateurs a pu ainsi donner « sa » religion sur ce texte, contesté par bon nombre d’organisations de la société civile, tout comme la CNIL ou le défenseur des droits. Compte rendu.
[...]

La sénatrice Michelle Demessine (CRC) sera pour sa part plus critique : « ce texte porte en lui le germe d'une collecte massive et indifférenciée de données qui débouche inévitablement sur une surveillance généralisée de la société. ». Claude Malhuret (UMP) embraye, plus réservé encore : « On nous dit que ne seraient concernées que les métadonnées. Cela relève de l'escroquerie intellectuelle. M. X, marié, se connecte tous les quinze jours à un site de rencontres extra-conjugales ; M. Y, dans la même situation, visite toutes les semaines un site de rencontres homosexuelles. Les métadonnées contiennent toute l'information intéressante. Point besoin de connaître aussi le contenu ». [...]

Les sénateurs débattront véritablement des articles et des amendements à partir de 14 h 30 aujourd’hui jusqu’au 9 juin. Ensuite « leur » texte sera arbitré avec celui des députés en Commission mixte paritaire. Si le gouvernement le souhaite, c’est l’Assemblée nationale qui pourra avoir le dernier mot, du moins si la disharmonie perdure. Après cela, le projet de loi devrait être contrôlé par le Conseil constitutionnel, avant sa publication au Journal officiel. Une promesse de François Hollande, alors que plus de 60 députés se sont déjà réunis pour doubler cette saisine par une action parlementaire en ce sens. Ajoutons que le Conseil constitutionnel pourrait dans le même temps examiner le recours précité, initié par la Quadrature du Net, la FDN et FFDN, si du moins le Conseil d’État suit l’avis du rapporteur général en ce sens. [...]

http://www.nextinpact.com/news/95299-loi-renseignement-faux-positifs-att...

[NextINpact] Données de connexion : la QPC de la Quadrature, FDN et FFDN transmise au Conseil constitutionnel !

La décision est courte. Mais ses effets sont explosifs : le Conseil d’État vient à l’instant de valider la demande de Question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la Quadrature du Net, French Data Network et FFDN. C’est le cœur de la collecte des données de connexion qui est désormais mis en cause devant les yeux du Conseil constitutionnel. [...]

Aujourd’hui, le Conseil d’État a jugé que l’ensemble de ces questions présentait bien un caractère sérieux quant à leur conformité face à l’ensemble des droits et libertés garantis par la Constitution, « en particulier au droit au respect de la vie privée, au droit à un procès équitable et à la liberté de communication ». Jouant son rôle de filtre, il considère que la QPC de la Quadrature, FDN et FFDN doit donc être transmise au Conseil constitutionnel. [...]

http://www.nextinpact.com/news/95334-donnees-connexion-qpc-quadrature-fd...

[NextINpact] QPC sur les données de connexion : interview de Benjamin Bayart

Aujourd'hui, le Conseil d’État a donc transmis au Conseil constitutionnel la Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) déposée par la Quadrature du Net, French Data Network et FFDN. La cible ? Tout simplement l’or noir de la loi de programmation militaire mais aussi du projet de loi Renseignement : les données de connexion, visiblement mal définies par les textes. C’est ce que nous explique Benjamin Bayart, porte-parole de French Data Network. [...]

http://www.nextinpact.com/news/95335-qpc-sur-donnees-connexion-interview...

[Libération] Le grand flou de l'espionnage à l'étranger

Le projet de loi sur le renseignement, discuté jusqu'à jeudi au Sénat, traite pour la première fois de la surveillance à l'étranger. Un encadrement en trompe-l'œil, dénoncent plusieurs associations. [...]

On le savait : le projet de loi sur le renseignement étend le domaine de l’espionnage, met en place une surveillance de masse (les boîtes noires branchées chez les opérateurs), légalise des pratiques très intrusives (pose de micros et caméras, piratage d’ordinateurs…). Il encadre aussi la surveillance au-delà des frontières hexagonales. Mais pour les associations de défense des libertés, réunies lundi matin lors d’une conférence de presse à la Ligue des droits de l’homme, cet encadrement ne serait qu’une façade. « Le gouvernement veut empêcher tout recours et tout contrôle », proteste Adrienne Charmet, de la Quadrature du Net. [...]

Plus grave, selon Adrienne Charmet, le texte ne dit rien sur les échanges de renseignement entre les Etats, la « place de marché » mondiale de l’espionnage. Adrienne Charmet s’interroge sur le mutisme affiché par la France après les révélations de la presse sur l’espionnage, par l’Allemagne mais pour le compte des Etats-Unis, d’entreprises françaises. En 2013, les documents d’Edward Snowden avaient aussi révélé l’existence d’un accord de coopération entre la NSA américaine et la DGSE (les services extérieurs français). [...]

http://www.liberation.fr/societe/2015/06/02/le-grand-flou-de-l-espionnag...

[Nextinpact] Loi Renseignement : les sénateurs adoptent boîtes noires et sondes

Le projet de loi sur le renseignement a débuté son examen de fond hier au Sénat. À l’occasion, les parlementaires ont adopté deux des principaux dispositifs du texte, parmi les plus contestés : les boites noires (ou algorithmes) et les sondes. Mais d’autres échanges sont à souligner. [...]

Les sénateurs socialistes, comme rapporté dans nos colonnes, avaient aussi tenté de restreindre le champ d'application des procédures de surveillance en les focalisant sur « le recueil des données de connexion » et non celui des « informations et documents ». Mais la substitution proposée a été rejetée à coup « d’avis défavorables » par le rapporteur et le gouvernement. [...]

Fait notable cette question est justement sur le grill du Conseil d’État, grâce à une question prioritaire de constitutionnalité déposée par la Quadrature du Net, French Data Network et FDN (notre compte rendu d’audience à Paris). Ceux-là jugent l’expression « informations et documents », qui avait fait grand bruit lors de la loi de programmation militaire, comme trop floue. Ils considèrent en outre que les mesures d’aspiration de ces données personnelles ne permettent pas dans le droit actuel de protéger efficacement les journalistes et les parlementaires. L’affaire a été rappelée notamment par Catherine Morin-Desailly, mais n’a suscité aucun émoi chez Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. [...]

http://www.nextinpact.com/news/95310-loi-renseignement-senateurs-adopten...

[NextINpact] Données de connexion : interview de Me Spinosi, avocat de La Quadrature, FDN et FFDN

Hier, le rapporteur public a considéré que la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par La Quadrature du Net, French Data Network (FDN) et la Fédération des Fournisseurs d’accès à internet associatifs (FFDN) méritait une transmission au Conseil constitutionnel (notre compte rendu). La balle est maintenant dans le camp du Conseil d’État qui, s’il n’est pas lié par ses conclusions, les suit généralement. Nous avons interrogé en sortie d’audience Me Patrice Spinosi, l’avocat des requérants.

En 2013, lors des débats du projet de loi Programmation militaire, la Quadrature du Net, la FDN et la FFDN n’avaient eu de cesse de dénoncer les flous du régime français de la surveillance des réseaux. Malheureusement, ni les parlementaires, ni le gouvernement n’ont souhaité les faire examiner par le Conseil constitutionnel. [...]

Hier, à Paris, le rapporteur public a lui aussi considéré que cette fameuse LPM souffre de brèches. En effet, elle autorise d’une main les services du renseignement à avaler quantité de données (les « informations et documents ») dans les bras des acteurs du Net et des télécoms sur simple « sollicitation » de leur réseau. Dans l’autre, elle ne protègerait pas assez les professions à risques, à savoir les avocats et les journalistes dont les sources sont potentiellement malmenées. C’est ce dernier point qui suscite dans son esprit le plus d’interrogations. De par sa fonction - recommander des solutions de droit au Conseil d’État - il lui suggère donc de transmettre l'ensemble du dossier aux neuf sages de la rue Montpensier. L'affaire est un beau grain de sable pour le projet de loi sur le Renseignement, débattu à partir d’aujourd’hui au Sénat. En effet, ce dernier amplifie la surveillance initiée par la loi de programmation militaire, en s’appuyant à plein régime sur ses rouages. En sortie d’audience, nous avons recueilli les impressions de Me Spinosi, avocat de la Quadrature du Net, FDN et FFDN. [...]

http://www.nextinpact.com/news/95277-donnees-connexion-interview-me-spin...

[NextINpact] Loi Renseignement : quand les sénateurs PS s'inquiètent du texte gouvernemental

Le projet de loi sur le renseignement sera examiné la semaine prochaine au Sénat. Après avoir été voté par les députés, le texte suscite des doutes et inquiétudes, même chez les élus socialistes. C’est en tout cas ce qui ressort de plusieurs amendements déposés par le groupe, notamment s’agissant de l’ampleur des données qui pourront être aspirées par les services. [...]

Le projet de loi sur le renseignement déjà voté par les députés et discuté la semaine prochaine au Sénat, ouvre davantage ces vannes : outre le fait que les finalités sont élargies, désormais l’accès à ces mêmes éléments pourra se faire directement, et non plus sur demande. Nuance ! En somme, il permet l’installation d’un pipeline afin que les services puissent puiser des pans entiers de la vie privée des citoyens, notamment des internautes. Un accès direct qui avait évidemment suscité les craintes de la CNIL en mars dernier (toujours vivaces, sur d'autres plans, cependant). [...]

On notera qu'il aurait été plus efficace de s'attaquer directement à l'article L246-1 du Code de la sécurité intérieure plutôt que sa périmétrie, si le problème est considéré comme réel. Les sénateurs n'ont pas fait ce choix. En attendant, ce sujet central est à l'honneur d'une question prioritaire de constitutionnalité initiée par La Quadrature du Net, la FDN et la FFDN qui, consacrée par le Conseil constitutionnel, pourrait menacer les versants les plus intrusifs de tous les textes de surveillance.

http://www.nextinpact.com/news/95234-loi-renseignement-quand-senateurs-p...

[THSF2015] Droits et libertés sur Internet - Jérémie Zimmermann

Conférence de Jérémie Zimmermann, co-fondateur de La Quadrature du Net, au THSF de Toulouse en mai 2015. Merci aux bénévoles de l'April pour la transcription !


Je suis très content d’être ici parce que, eh bien voila, parce que c'est la famille, ce sont les copains ; parce que, d'année en année, même si j'ai manqué l'édition de l'année dernière, on sent à quel point et d'une le discours politique évolue, devient de plus en plus mûr, à quel point la réflexion se projette, de plus en plus, dans la partie politique des conférences ici, et, en même temps, combien les interactions avec les artistes, la culture, la musique, les machins qui clignotent dans tous les sens, se fait, là aussi, de plus en plus en profondeur, et ça, en soi, par la pratique, confirme une bonne partie de ce dont on va discuter ici. Ce qui m'amène à un point.

Je suis Jérémie, je suis cofondateur de la Quadrature du net, plus opérationnel à plein temps comme je l'ai été pendant six ans et demi, depuis maintenant un an, et j'ai envie, aujourd'hui, de vous raconter une histoire, pour qu'en fait on se réapproprie le storytelling, un anglicisme qui commence, se raconter des histoires ; se raconter des histoires parce qu'on a un petit peu perdu l'habitude de ça, voire on ne l'a jamais prise, et parce que, toute la journée, on s'en fait raconter des histoires. On se fait raconter des histoires de terrorisme, des histoires de sécurité, des histoires de renseignement, de police. On se fait raconter des histoires d'informatique de confiance, de réseau intelligent, de services priorisés et de choses comme ça. Et, vous allez voir l'idée, c'est une espèce d'expérience que j'ai commencée la semaine dernière à Berlin, qu'on va poursuivre ici, une expérience, donc, de storytelling et de comment s'approprier, se réapproprier les moyens du discours et de l'action politique au travers d'histoires.

L'histoire que j'ai choisie, vous l'aurez tout de suite reconnue, c'est celle du Terminator. On dit Terminator comme ça en langue des signes, Jérémie se frappe le front avec le côté de la main. Donc l’histoire du Terminator, c'est le film de James Cameron, de 1984, que vous avez peut-être tous vu ? Qui n'a pas vu le film Terminator ici ? Peu de gens. Je vous invite à le voir. Quand j'avais une douzaine d'années, il me semblait que c’était un super film d’action avec Arnold Schwarzenegger, et, quand on le regarde aujourd'hui, on s'aperçoit que c'est, en fait, une page de satire sociale et politique. Et l'hypothèse que je vais mener ici c'est qu'on est, en réalité, déjà, dans le monde du Terminator. Alors pourquoi je trouve ça intéressant ? Pourquoi je trouve ça amusant ? Parce que le terminator c'est un objet qui fait aujourd'hui partie de l'inconscient collectif, vraiment, on ne dit pas mainstream, mais du grand public et qui évoque, pour tout le monde, quelque chose d'effrayant. Le terminator, c'est une machine qui évoque quelque chose d'effrayant chez à peu près tout le monde. Arnold Schwarzenegger, son fort accent autrichien, les armes automatiques et pas tant d’effets spéciaux que ça dans la première mouture font de l'ensemble quelque chose qui a marqué les esprits. On se souvient tous de ce robot dont la caractéristique principale était le caractère implacable. On se sentait dans la peau de Sarah Connor et de Kyle Reese pendant tout le film, à ne pas pouvoir échapper au terminator, à être convaincu qu'on n'allait pas être capable d’échapper au terminator.

Et donc l’histoire du terminator m'intéresse à plus d'un titre, parce que c'est une version modernisée du mythe du cyborg, que l'on trouve aux confins de la science-fiction, et, comme dans une bonne partie du reste de la science-fiction, pose la question de l'interaction entre l'homme, l'humain et la machine. Et que cette question de l'interaction avec la machine, notre rapport en tant qu'humain, en tant qu'individu à la machine est, je pense, profondément bouleversé, au point que dans l'esprit de chacun, on se fait des histoires. On s'est monté des histoires sur ce qui était notre rapport aux machines et que la réalité est, à mon sens, tellement loin de ces histoires que l'on s'est montées, que voilà ! Par le biais d'une histoire j'ai envie de vous amener sur ce terrain-là. Donc dans Terminator, on se souvient il y a ce héros venu d'un autre âge, Kyle Reese, qui est envoyé du futur pour prévenir Sarah Connor. Kyle Reese va expliquer à Sarah Connor, qui est une humaine comme les autres, insouciante, qui écoute son walkman, de la disco dans son walkman, walkman Sony, product placement pardon, un placement produit particulièrement efficace, Sarah Connor fait sa gym en écoutant son walkman en mangeant de la junk food, en préparant son rencard du soir, quand débarque Kyle Reese pour lui expliquer une réalité, pour lui expliquer une vérité à laquelle elle ne peut échapper et dans laquelle elle deviendra, malgré elle, l'actrice principale. En fait, l’histoire de Terminator c'est, quelque part, la capacitation de Sarah Connor, qui va se retrouver nez à nez avec les dures réalités, qui ne sont pas exactement celles de son temps, mais qui sont les réalités dans lesquelles elle baigne, malgré elle.

Donc, on ne va pas parler ici, sauf si vous me le demandez, et d'une de tactique impliquant des armes automatiques ou des explosions, et de deux, de voyage dans le temps. Si quelqu'un, parmi vous, possède la technologie pour le voyage dans le temps, je vous remercierai de venir me parler avant la conférence, sinon on pourra peut-être en discuter tout à l'heure.

La technologie dans Terminator et la technologie du terminator. Pour les besoins de la traduction et des autres, je vais vous lire ça en français. Donc Sarah Connor demande à Reese : « I don't understand ; je ne comprends pas », parce qu'au début elle un petit peu une cruch,e Sarah Connor. Après elle ! Voilà (geste avec le pouce en l'air). Je ne comprends pas. Non, non, c'est le film qui est comme ça, au début elle est cruche et elle s'empower et c'est bien l'histoire de son empowerment, mais comme dans toutes les histoires, évidemment, les personnages ont des traits de caractère très marqués et, effectivement, au début de l’histoire, on pourrait considérer que Sarah Connor est dépeinte, de façon sexiste, comme une cruche, mais ça s'améliore.

Reese lui répond : L les ordinateurs du réseau de la défense ». Là, déjà, peut-être que ça va évoquer quelque chose chez certains. On pourrait remplacer défense par sécurité nationale, enfin nationale de quelqu’un, nouveau, puissant, branché dans tout, à qui l'on fait confiance pour tout faire tourner. ???passage ???. L'histoire dit que c'est devenu intelligent, une nouvelle forme d'intelligence, puis il a vu tous les gens comme une menace, pas seulement ceux du côté d'en face. Il a décidé de notre destin dans une microseconde, l'extermination. Donc ça c'est l'histoire du Terminator, c'est l'histoire d'un réseau d’ordinateurs qui

1/ est branché dans tout

2/ à qui l'on fait confiance pour tout

3/ qui voit tous les gens comme une menace

et

4/ qui décide du destin de l'humanité.

Dans Terminator, Kyle Reese est identifié par ce qui s’apparente à une sorte de code barre, un identifiant unique qui permet aux machines de l'identifier à tout moment. On n'est pas dans la science-fiction, vous voyez, on a tous dans notre poche, soit un passeport biométrique, une carte d'identité biométrique, soit un ordinateur mobile, connecté plus en moins en permanence à un réseau téléphonique, une carte de crédit et autant d'appareils identifiants auxquels il est particulièrement difficile d'échapper, en tout cas d'échapper dans leur ensemble. Le seul fait d'avoir un compte Facebook ou un compte Google, puis de ne pas être logué dessus et de continuer votre navigation, par l'identifiant unique de Facebook dans votre navigateur, ou l'identifiant unique de Google dans votre navigateur, permet à Facebook ou à Google de savoir à coup sûr qui vous êtes lorsque vous consultez n'importe quel page contenant un bouton like, une publicité par Google, un morceau de JavaScript par Google, une fonte servie par Google ou un moteur d'analyse par Google derrière. Donc cette identification unique des individus, mon point ici est que dans notre rapport quotidien à l'informatique, notre rapport quotidien aux technologies est déjà une réalité.

Vous vous souvenez, dans les années 90, on disait que, sur Internet, personne ne sait que vous êtes un chien. Ça c'était la vision utopiste que des bisounours du début, comment on dit bisounours ?

Rires.

Ça c’était la vision utopique des bisounours du début. Aujourd'hui, non seulement on sait que vous êtes un chien, mais on sait, peut-être, au travers de Google glasses comme celles-ci, qui sont évidemment la vision du Terminator, on le sait en agrégeant des données provenant de sources multiples, en bâtissant des profils, et en allant se servir dans, potentiellement, cinq ans, dix ans, vingt ans de données stockées dans le passé.

On a appris, le programme Xkeyscore de la NSA, dans lequel les agents, partent d'un identifiant unique et vont rechercher tout votre historique, tout ce qui a été stocké par Google, Facebook, Microsoft, Apple, Yahoo et compagnie, du moindre brouillon qui a été commencé à être tapé, la moindre touche que vous avez tapée pour ensuite l'effacer. Toutes ces informations-là sont stockées, ad vitam æternam, et sont, aujourd'hui, agrégées les unes avec les autres. C'est la somme de tout ce que vous avez tapé dans un produit Google ou dans une page connectée à un produit Google, depuis le temps que vous avez un compte chez Google, plus la somme de ce que vous avez tapé dans Facebook, ou dans une appli connectée à Facebook, depuis que vous avez ouvert un compte sur Facebook, plus tout ce que vous avez fait avec votre téléphone Android, depuis que vous avez un téléphone Android, plus, etc, etc, etc. Cet agrégat d'informations, le fait de bâtir des profils pour doter certains de ce côté-ci de la vision des Google glasses de 1984, du film, donne une espèce d'hyper réalité sur les uns et les autres, une précision dans la connaissance de vous, qui dépasse, probablement, votre connaissance de vous-même, et qui dépasse la connaissance de vous qu'ont les individus les plus proches, les plus intimes, que vous avez autour de vous. Et cette notion d'intimité est précisément, je pense, une des clefs de la compréhension de cette histoire, et une des clefs de la compréhension de cette violence, beaucoup moins explicite que celle d'un Schwarzenegger qui va zigouiller des gus à coups de fusil à pompe, mais de cette violence que l'on commence à peine à subir aujourd'hui.

Pourquoi je parle d'intimité ? Parce que, quelque part, on m'emmerde la vie privée. La protection de la vie privée comme une liberté fondamentale, oui môssieur, liberté fondamentale, dans la Charte européenne des droits de l'homme et du citoyen. Oui la Déclaration des droits… Vous connaissez tous le discours, on l'entend, on l’entend, on le réentend, on le sur-entend, on parle de trucs super abstraits quand on parle de défendre nos libertés fondamentales. Ici, il s'agit de quelque chose qui est beaucoup plus terre à terre.

Donc, quelque part, merde à la vie privée, merde à la protection de la vie privée, ici on parle de nos intimités. On n'a pas besoin d'une constitution, ou d'une charte des droits de l'homme, pour comprendre ce que ça veut dire. L'intimité c'est quand on regarde dans sa culotte. L'intimité c'est quand on est tout nu, quand on choisit d’être tout nu, au propre ou au figuré c’est-à-dire sans masque, sans costume, sans faux-semblants. Ces moments dans lesquels on est tout nu, dans lesquels on est soi-même, dans lesquels on choisit d’être vraiment soi-même, en pleine confiance, seul ou avec les autres, là encore, en choisissant. Ces moments dans lesquels on est en pleine confiance, ce sont ces moments dans lesquels on expérimente, ce sont ces moments dans lesquels on crée. C'est dans ces moments que l'on va expérimenter, par exemple, avec de nouvelles idées, avec de nouveaux concepts « tiens, et si ce type, en fait, avait raison ! Il dit ceci, il dit cela, je vais me renseigner, vérifier mes sources. En fait non ». Donc on ne va pas considérer que vous pensiez, un seul instant, que ce type avait raison ; il s'agit d'une hypothèse. Si vous deviez être en public et que tout le monde le sache « tiens, et si Alain, Mélanchon, ???, Marion, Guevara, avaient raison », s'il fallait dire ce genre de truc en public, on sait bien qu'on ne le dirait pas, on ne le dirait pas de la même façon.

On peut aussi expérimenter avec de nouvelles pratiques. Si vous êtes reconnu comme un homme, vous pouvez expérimenter de vous habiller en femme, ou l'inverse, sans avoir nécessairement besoin, immédiatement, de vous exposer au regard de tout le monde. Si vous avez une guitare, vous pouvez la prendre, la grattouiller et vous dire « tiens, je vais essayer comme ci, comme ci, comme ça », puis trouver que c'est nul, parce que vous n'aimez pas ce que vous faites en général, et réessayer, et réessayer et réessayer. Et après cent fois, après mille fois, vous dire « ah ben tiens, peut-être que celui-ci je vais le montrer aux copains ». C'est donc cette capacité d'expérimenter, sans être jugé par nos pairs, que l'on pourrait définir comme nos intimités et que l'on peut définir comme cet espace dans lequel on se développe, peut-être pour s'améliorer, peut-être pas, mais dans lequel on se développe d'un point de vue personnel, d'un point de vue culturel. Et c'est par ce développement de soi, par ce développement de son identité, véritablement, que l'on existe comme individu. Et que l'on existe comme individu donc que l'on peut interagir avec d'autres individus, que l'on peut participer à la société, que ce soit d'un point de vue politique, culturel, économique, etc.

J'ai un petit peu chaud. Excusez-moi.

Ce qui se passe, c'est le vol de nos intimités, le viol de nos intimités. Ce réseau d'ordinateurs de la défense, à qui l'on a fait confiance pour tout, n'est pas juste en train de violer la définition d'une liberté fondamentale, ou telle qu'écrite dans un vieux texte poussiéreux. Non ! Ce réseau d'ordinateurs viole, au jour le jour, et autant que possible, nos intimités, le seul espace, le dernier bastion, dans lequel nous pouvons être nous-mêmes et nous développer. Et les conséquences de ça, le jeu mots tourne vachement mieux en anglais quand on dit so crushing. Les conséquences de ça écrasent les individus et sont utilisées au cours de l'histoire, ont été utilisées au cours de l'histoire, précisément pour écraser des individus. La conséquence directe de cette perte d'intimité c'est ce l'on appelle autocensure. Mais quand on dit autocensure, on pense immédiatement à la censure de la parole, de l'expression : je ne vais pas dire « lui là-bas c'est un con », je vais juste le penser dans ma tête, ensuite peser les conséquences. C'est parce que j'arrive à penser dans mon intimité, pour le coup dans ma tête, où je peux en discuter avec d'autres, dans l'intimité, avant d'exposer cette théorie, que je vais pouvoir la mener, la vérifier ou l'invalider. De la même façon, si vous savez que toutes vos communications vont être enregistrées et potentiellement utilisées contre vous, vous n’allez pas appeler un médecin pour lui parler d'une MST ou d'un avortement

Donc l'autocensure ce n'est pas seulement ce que l'on ne dit pas, c'est aussi ce que l'on ne fait pas. Ne pas sortir dans la rue habillé en femme si vous êtes un homme ou habillé en homme si vous êtes une femme, de peur qu'il puisse y avoir sur vous, un jugement, quelque chose avec lequel vous ne serez pas confortable ; on va s'autocensurer parce qu'on n’ira pas à une réunion de tel ou tel groupe militant ou de tel parti politique. Et donc, ce qui est effrayant dans cette histoire, c’est que la surveillance de masse, comme l'autocensure qui est sa conséquence directe, sont toutes les deux invisibles. Ce sont des choses que l'on ne voit pas, que l'on ne sait pas montrer du doigt, que l'on ne sait pas expliciter, et c'est pour cela, je pense, qu’il est essentiel d'écrire des histoires, de se réapproprier des histoires, pour pouvoir en parler avec des choses aussi concrètes que ces gros robots autonomes, écraseurs de crânes humains, chasseurs d'humains, cibleurs d’humains.

La technologie du terminator, c'est celle que l'on subit aujourd'hui. Dans le film, évidemment, et je vous ai dit on ne va pas parler du continuum spatio-temporel ici, on garde le sujet pour un petit peu plus tard au cours de la soirée qui s'annonce longue, et abondamment liquide, et musicale, c'est que dans le film, vous vous souvenez, l'action se passe à la fois dans un futur proche, inévitable et dans un présent, aujourd’hui passé, et le lien entre les deux c'est ce robot tueur, le terminator, le T-800. Donc dans le film, le réseau d'ordinateurs tout puissants, qui décident de tout, et à qui l'on a fait confiance pour tout et qui agit contre l'humanité, contre les individus est incarné par ce robot, envoyé dans le passé, ce robot implacable, qui est tout entier programmé contre l'utilisateur qui est ciblé. Un robot qui est programmé contre un individu.

La version 2015 de ce robot, je vous la montre ici (Jérémie brandit un téléphone portable), un robot surpuissant, tout entier élaboré, tout entier conçu, pour agir contre sa cible. À la différence du film, les robots sont déjà omniprésents, ils n'ont pas l'accent autrichien d'Arnold Schwarzenegger, et les utilisateurs ont l'impression d'avoir, plus ou moins librement, fait le choix d'acquérir un de ces robots. Et au passage, les utilisateurs ont perdu leur robot.

Les caractéristiques fondamentales de cette technologie qui nous attaque, de cette technologie qui est tout entière conçue, construite, pour nous attaquer et nous cibler sont, je pense de, comment dire, répondre à trois caractéristiques fondamentales. En anglais on parlerait de design features, on pourrait parler ici de principes de conception, de principes d'ingénierie. Des concepts, des modes de conception des appareils qui sont, tout entiers, tournés contre l'utilisateur.

Le premier, le plus évident, peut-être de tous, c'est la centralisation, voire l’hyper-centralisation, des données et des communications. Je dis hyper-centralisation, parce qu'en vrai, il n'y a aucun impératif technique Google à savoir quelle touche vous pressez quand vous écrivez un brouillon. Le brouillon pourrait tout entier être écrit sur votre ordinateur, éventuellement chiffré sur votre ordinateur, puis ensuite transiter par le réseau Google. L’intérêt de Google de savoir chaque touche que vous pressez, c'est un intérêt économique mais certainement pas un intérêt technologique. Donc, cette technologie poussée jusqu'à l'hyper-centralisation, où l'on va savoir tout de vos faits et gestes et pas seulement ce que l'on a besoin d'acheminer pour rendre un service donné, c'est une caractéristique fondamentale de ces technologies nouvelles, de ces robots qui, nous ciblant, de ces robots œuvrant contre nous.

Une deuxième caractéristique, elle sera là-aussi assez claire pour tout le monde dans ce public, je pense, c'est, évidemment, le logiciel fermé et le matériel fermé. Des appareils dont on ne peut pas prendre le contrôle. Des appareils qui viennent dans un état dans lequel l’utilisateur ne peut pas être administrateur, ne peut pas être root, ne peut pas lire ou écrire tous les fichiers de l’ordinateur qu'il a pourtant acheté, qu'il a pourtant dans sa poche. Des logiciels qui, peut-être, se mettent à jour tout seuls, qui se mettent à jour tout seuls au travers d'une plate-forme unique, centralisée, contrôlée, laissant donc à leur vrai maître, le choix des logiciels qui pourront, ou non, être utilisés. Et c'est là un des aspects fondamentaux, aussi, de notre technologie du contrôle, de notre technologie de mort, de notre technologie du viol de nos intimités. Par rapport à celle du film Terminator, c'est que, dans le futur de Terminator, en 2029, je crois, Skynet est devenue complètement autonome. Aujourd'hui nous sommes dans cette peut-être courte période de grâce dans laquelle les machines ne sont pas encore tout à fait autonomes, mais techniquement, ou au moins encore sur le papier, aux mains de leurs vrais maîtres, humains, ceux-ci ; leurs vrais maîtres humains qui sont, de façon proto classique, quelque part entre Wall Street, la Silicon Valley, le US States Department et Fort Meade, Maryland, le siège de la NSA.

Cette fermeture des logiciels et du matériel est la clef du contrôle de nos appareils, est la clef du contrôle de nos infrastructures. Le problème est encore plus profond lorsque l'on va considérer la question du hardware, du matériel. Vous connaissez tous, peut-être, le principe de ces puces dites baseband, ça c'est un terme anglais, bande de base, baseband. Il s'agit du deuxième microprocesseur, qui est situé dans tous ces ordinateurs mobiles, même ceux qui ont l'air de dater des années 90, mais qui ont un écran couleur aujourd'hui, ont ces deux puces distinctes, ces deux processeurs. Celui que vous utilisez pour faire swipe, swipe et caresser des applications, dans certaines documentations des fabricants est appelé le processeur esclave. L'autre, celui que l'on ne contrôle pas, celui qui est une boîte noire dans laquelle personne au monde, à part ceux qui ont signé certains contrats indignes, ont accès aux spécifications, celui que l'on ne sait pas, non seulement contrôler, mais dont on ne peut pas savoir ce qu'il fait, celui-ci est appelé le processeur maître. Et celui-ci reçoit des commandes, à distance, par le réseau. C'est comme cela que l'on peut recevoir des coups de fil, des SMS, et c'est également comme cela que l'on sait, désormais, qu'on peut activer, à distance, des composants de l’ordinateur, des microphones, des caméras, des détecteurs de mouvement, des détecteurs de lumière, des détecteurs de proximité, des détecteurs de pression, des détecteurs d'accélération, et j'en passe.

Cette fermeture des logiciels et du matériel est une entreprise active d'incapacitaion des individus, est une construction d'ignorance pour nous empêcher de comprendre, pour nous empêcher de savoir, pour nous empêcher de savoir ce que fait la machine lorsqu'elle agit contre nous.

La troisième caractéristique de ces technologies du contrôle, c'est une illusion de sécurité. C'est l'autre histoire, celle dont on parlait tout à l'heure, vous savez, les terroristes et la sécurité « fermez les yeux, tout va très bien, faites-nous confiance »-. C'est cette histoire-là. C'est l'histoire dans laquelle on vous dit « pour être en sécurité, il faut fermer les yeux et faire confiance ». C'est cette sécurité dans laquelle Google est votre ami, dans laquelle Apple est votre ami, dans laquelle le gouvernement ne va absolument pas abuser de ses pouvoirs, et dans laquelle, lorsque vous ouvrez les yeux et que vous voyez un petit cadenas, dessiné dans un coin, « ouf , tout va bien, vous êtes en sécurité ».

Prises ensemble, ces trois caractéristiques des technologies du contrôle, fabriquent notre incapacité à comprendre et à contrôler la machine. Donc, si vous aviez l'impression, jusqu'à présent, qu'on était quelque part dans la science-fiction et juste parce que j'aime beaucoup parler de cette entreprise, ça c'est la troisième génération des robots humanoïdes, d'une entreprise qui s'appelle Boston Dynamics. Qui, ici, a entendu parler de Boston Dynamics ? C'est environ dix fois plus que dans n'importe quel public. Boston Dynamics est une entreprise qui, lorsque Google l'a achetée, fin 2013, travaillait sur six robots tueurs pour la Navy US. Six robots tueurs dont deux anthropomorphiques, ça c'est donc la troisième génération, celui-ci s'appelle Atlas, sans doute en référence à ???. Six robots tueurs qui, aujourd'hui, appartiennent à Google. La bonne nouvelle c'est que Google, fin 2013, en acquérant Boston Dynamics est devenu un contractant militaire US, si ce n'était pas clair pour tout le monde, là c'est officiel, c'est sur le papier. La deuxième bonne nouvelle c'est que Google possède aujourd'hui des robots tueurs.

Ce qui nous amène immédiatement à la suite. La suite c'est qu'est-ce qu'on fait ? On en est là et qu'est-ce qu'on fait? Dans le film Terminator, pour que Sarah Connor sorte de sa petite vie confortable de cruche, c'est sexiste mais c'est comme ça qu'elle est vue au début du film, pour que Sarah Connor sorte de sa vie, il lui faut un choc. Il lui faut un choc, elle a failli se manger un certain nombre de pruneaux, et je pense que ça réveille n'importe qui, mais le vrai choc c'est quand Kyle Reese lui explique. Bon, effectivement, il y a le paradoxe spatio-temporel sur lequel nous ne reviendrons pas ici, l'histoire de la filiation de John Connor, un truc très bizarre, vraiment, et l'histoire de gamètes qui auraient voyagé dans le temps. La question, ici, c'est qui est notre Kyle Reese. Vous avez peut-être entendu parler de ce jeune homme, de trente et un ou trente-deux ans aujourd'hui, il s’appelle Edward Snowden, et il a choisi de risquer sa vie pour faire comprendre au monde une réalité un peu effrayante, très difficile à comprendre, surtout très difficile à admettre. Vous aurez peut-être remarqué cette immense capacité qu'a l'esprit humain à se construire des barrières mentales, pour ne pas voir ce qui fait vraiment peur, pour ne pas voir ce qui impliquerait de changer tant de choses à sa façon de voir le monde, et de comprendre le monde.

Dans notre histoire, Edward Snowden est venu d'un futur dystopique, ce futur dystopique se trouve réparti entre les bunkers de la NSA, de Booz Hamilton Allen, où il travaillait, de centaines d'entreprises comme celle-ci, de dizaines d'autres services secrets d'autres pays, et des data-centers de Google, Facebook, etc. Cet univers, ce futur dystopien, c'est aujourd’hui, c'est aujourd'hui qu'Edward Snowden est venu nous raconter cette histoire. D'où la question que vous vous posez peut-être tous, qui est Sarah Connor dans notre histoire ? Dans l'annuaire, vous vous souvenez qu'il y a plusieurs Sarah Connor. Évidemment, si, à l'époque, on avait pu profiler assez précisément, quelques dommages collatéraux, comme on dit, auraient pu être évités en termes de Sarah Connor. Vous l'avez compris, on est tous ici Sarah Connor, on est entourés de Sarah Connor, on vit dans une foule de Sarah Connor. Si vous avez entendu hier la conférence passionnante sur les luttes insurrectionnelles, cette doctrine militaire, qui est aujourd'hui devenue la doctrine de notre renseignement et de notre police, et qui devient la logique première de nos gouvernements sous la Cinquième République, cette logique, si je me souviens bien des termes employés, de faire la guerre dans la foule ; nous sommes la foule, nous sommes la foule de Sarah Connor. Nous sommes tous principalement, majoritairement dans un cycle confortable, intellectuellement, à se dire que oui, oui c'est peut-être noir, c'est peut-être terrible, mais moi j'ai mon petit siège, j'ai mon petit appareil, je suis confortable, j'ai ma petite vie à moi, je n'ai rien à cacher, je n'ai rien à me reprocher. Pourquoi il faudrait que je pense à tout ça ? Pourquoi il faudrait que je m'inquiète de tout ça ? Pourquoi faudrait-il que j'admette cette réalité, telle qu'on me la met sous le nez ? Il est tellement plus facile, tellement plus facile de rester derrière le mur, de garder le mur intact, et de croire en son confort. On est tous les Sarah Connor de cette histoire.

Et de là comment fait-on ? Dans le film, vous vous souvenez peut-être, cette scène extrêmement érotique, dans laquelle Kyle Reese apprend à Sarah Connor à faire, les pipes bombs, les bombes dans les tuyaux, je ne sais pas comment on dit, boum dans les tuyaux. Je suis loin d’être convaincu que ce soit une des meilleures tactiques aujourd'hui, mais, en même temps, je ne vais pas empêcher à qui que ce soit, je ne vais pas nier à qui que ce soit sa liberté de tactique. Dans le film il s'agit de combattre une machine qui, on l'a dit tout à l'heure, est une projection, projection en termes spatio-temporels, mais aussi en termes symboliques de ce Skynet. Dans ce monde-là, il y a une machine par individu, un terminator, et sa cible. Alors que dans notre monde à nous, on a déjà ce réseau des machines entre elles, on a tous, au moins, un terminator par individu. Oui, je vous ai parlé tout à l'heure, excusez pour la parenthèse, on a parlé tout à l'heure de puces base band dans les ordinateurs mobiles, mais certains petits malins ici se sont peut-être dit « ah ! Ah ! Mais moi je n'ai pas d'ordinateur mobile », donc, chat perché. Je fais le pari que ces mêmes individus possèdent un ordinateur avec un microprocesseur de moins de dix ans, qui sera donc un Intel Core i5, i6 ou i7 ou i12, qui sera venu après, et qui, comme tous les ordinateurs mis sur le marché dans ces dix dernières années, possède la, j'oublie toujours son nom, la Intel administration platform, la remote administration platform. Quelqu'un connaît le titre précis ?

Public : AMT.

J. Z. : AMT, Advanced Management Technology, un truc comme ça. Il s'agit d'une porte dérobée, d'une back door matérielle, fondue dans les puces Intel, dans les processeurs, au cœur du microprocesseur. Donc, ce terminator, on l'a tous, que ce soit dans notre poche ou dans notre sac à dos, ou version de bureau, ou en version à quatre roues s'il s'agit d'une voiture, ou dans plein d'autres figurations.

Dans le film, donc, il s'agit de combattre une machine, de combattre la projection de ce robot de machine. Au travers du combat contre cette machine, c'est donc tout le réseau qui est combattu, parce qu'il y a aussi cette histoire de lien de filiation et de ??? spatio-temporels, dont on ne va pas discuter ici. La première chose qui nous vient à l'idée c'est donc les outils technologiques, ce que représentent ici les pipes bombs. Les outils technologiques, vous avez compris, il y a beaucoup ici, je reconnais beaucoup d'amis hackers, nerds, enthousiastes, bidouilleurs, donc vous avez tous compris quand j'en ai parlé tout à l'heure, les caractéristiques technologiques de ces machines du contrôle, l’hyper-centralisation d'un côté. Évidemment, en face, dans le miroir, il y a quoi ? Il y a décentralisation des services et des communications. Et là-bas vous avez un atelier, avec ???, qui peuvent vous expliquer en long en large et en travers ce que c'est, aujourd'hui, concrètement, que la décentralisation des services et des communications. Dans le miroir du matériel et du logiciel fermés qui génèrent de l'ignorance, il y a évidemment le logiciel ?

Public : Libre.

J. Z. : Libre. Il a fallu quand même trois secondes et demie, non c'est moi c'est moi qui ai dû compter vite à cause de la ???. On va dire une ; entre une et deux secondes. Le logiciel libre et le matériel libre sur lequel on est encore très, très loin derrière, mais ce logiciel libre, comme un outil, comme un objet sorti de l’esprit humain, qui appartient à l'humanité tout entière, que l'auteur donne à l'humanité tout entière, pour que chacun puisse jouir des mêmes libertés que lui. Ce bien commun, cet outil que nous partageons tous, nous donne la capacité de compréhension et la capacité d'action dont nous avons besoin, qui est essentielle pour que nous puissions contrôler la machine. C'est la condition sine qua non. Si nous ne pouvons pas la comprendre, nous ne pouvons pas la contrôler. Si je ne peux pas la danser, ce n'est pas la révolution. Eh non.

Le Logiciel libre, évident, dans le matériel libre. Qu'est-ce qu'on fait ? On a perdu la capacité industrielle en Europe, à faire des puces de je ne sais pas combien de micromètres on est aujourd'hui, quinze, quatorze, treize, je ne sais même plus. On ne sait plus. Combien ?

Public : C'est quatorze.

J. Z. : D'accord. On ne sait plus faire des puces comme celles que l'on a dans nos poches. Seuls les Chinois savent les faire aujourd’hui. Là, il y a vrai problème industriel, un vrai problème de souveraineté. Il faut aller voir votre représentant UMP, souverainiste, et lui dire « mon coco, on a un problème avec les puces ! ». Et ce sont deux rapports parlementaires de députés UMP de 2005, de 2007, le rapport Carayon et le rapport Lasbordes, qui disent exactement la même chose, « on a un problème d’intelligence économique, c'est pour la guerre économique, c'est pour la souveraineté, on a un problème avec les foutues puces ». Et là, je les aime beaucoup, d'ailleurs mon meilleur ami est un Arduino, mais on a quand même un problème avec les Arduino, les Raspberry , on est entre dix et quinze ans derrière le niveau de miniaturisation et d'intégration de ces merdiers-là. La bonne nouvelle est qu'on est en train de le faire mais il y a un du boulot.

Vous vous souvenez, ensuite, qu'on parlait de l'illusion de sécurité, celle dans laquelle vous fermez les yeux et vous faites confiance. Évidemment, dans le miroir de ça il y a le chiffrement de bout en bout, end-to-end encryption en anglais, le chiffrement de bout en bout, c'est-à-dire la sécurité aux mains de l'utilisateur. Je ne vais pas fermer les yeux et faire confiance à des entreprises qui se sont fait corrompre pour m'espionner, ou dont le business modèle est de m'espionner. Ça ne fait pas sens. Je génère une clef de chiffrement, tu génères une clef de chiffrement, on échange nos clefs, et à partir de ce moment-là on a besoin de faire confiance dans les maths, dans le logiciel libre qui implémente les maths, dans notre capacité à gérer des clefs, quelques petits machins en chemin. Le premier qui dit ??? a gagné. Je ne sais pas comment on dit, terminal, on va dire le terminal.

Avec le chiffrement de bout en bout, on n'a plus besoin de faire confiance à un tiers. Le tiers pourrait être l'auteur du logiciel libre, mais on a cette capacité collective à comprendre et donc à améliorer, à réparer ce logiciel. Et c'est là la différence fondamentale, dans ces technologies que Sarah Connor doit mettre en œuvre pour battre son terminator. Il lui faut la décentralisation des services et des communications, il lui faut des logiciels libres et du matériel libre et il lui faut une sécurité entre ses mains au travers du chiffrement de bout en bout. Les trois ensemble sont la seule solution. S'il manque un de ces piliers, on retombe dans la doctrine collectiv ?, tout collecter, on retombe dans la technologie du contrôle. Et là, j'en vois ici, tirer des têtes de six pieds de long.

J'en ai entendu des discours. On connaît bien, tous, ces arguments « eh bien oui, mais moi je n'ai pas le temps. Oui , mais moi ça m'intéresse, mais », celui qu'on entend le plus c'est « oui, mais moi je ne peux pas. Oui, mais c'est trop compliqué pour moi ». Je comprends c'est politiquent, ouah ! Oh my mind ! « Mais moi je ne peux pas, parce que moi je suis nul. Je suis nul, je suis nul en maths, je suis nul en machin et je ne peux pas comprendre. Je ne peux pas comprendre parce que je ne suis pas un hacker, je ne suis pas un ingénieur, peut-être parce que je ne suis pas un homme, peut-être parce je ne suis pas un génie, peut-être parce que je ne suis pas un fou. Mais je ne peux pas parce que je n'ai pas cette capacité-là ». Et la barrière psychologique que l'on voit le plus souvent érigée, en chemin, pour l'adoption de ces technologies. Et c'est là, je pense, un des points les plus fondamentaux, parce qu'on a dit tout à l'heure cette technologie du contrôle, elle génère de l’ignorance. Elle est fabriquée pour que l'on ne puisse pas comprendre. Alors que ces technologies de la liberté sont faites pour être apprises, sont faites pour être partagées, sont faites pour être appropriées. Et la condition sine qua non, pour bénéficier de ce que ces technologies ont à nous apporter, c'est l’appropriation. Il n'y a que lorsqu’on les a ingérées, lorsqu’on les a faites complètement siennes, que l'on peut jouir de cette liberté.

Il y a un mouvement culturel formidable au Brésil, dans les années vingt, 1920/1930, qui s'appelait « Antropofagia », comme l'anthropophagie, qui était en gros l'équivalent brésilien du surréalisme, mais qui était ancré dans des cultures ancestrales, précoloniales dans lesquelles certaines tribus mangeaient d'autres individus, et mangeaient seulement des individus formidables pour se nourrir de leur substance, pour, quelque part, absorber leurs caractéristiques. C'était une forme de mystique. Et j'aime beaucoup cette notion, parce là, il devient essentiel de pratiquer de l’anthropophagie technologique, de manger, d'ingérer, de s'approprier la technologie, et c'est la seule solution si l'on souhaite se libérer aujourd'hui. Donc cette appropriation technologique est un des piliers les plus essentiels, les plus fondamentaux, de notre action et de ce que l'on a à bâtir ensemble.

Ensuite, vous le savez, et je ne vais pas vous casser les pieds avec ça parce que je l'ai fait déjà pendant des années, et des que des gens très bien ont repris les opérations de la Quadrature du Net pour le faire à encore plus plein temps que je ne l'ai fait avant, c'est évidemment le volet politique. Vous l'avez tous en tête, c'est ce que l'on va pouvoir faire pour exposer ces processus invisibles, dans lesquels les politiciens sont soit les complices de cette surveillance de masse, soit, carrément, les acteurs, voire les premiers bénéficiaires, dans lesquels les gens qui sont censés nous représenter votent des lois qui vont contre notre intérêt. Vous connaissez la routine. Vous avez peut-être tous ici, déjà, envoyé un e-mail, passé un coup de fil à vos parlementaires pour leur parler d'une Hadopi, d'une Loppsi, d'une loi renseignement. Il est évident que l'on doit continuer ça, que l'on doit inventer, sans cesse, de nouvelles tactiques dans ce domaine-là. On doit mettre sur leurs épaules tout le poids, toute la pression de cette violence qu'ils font ressentir, qu'ils font peser sur nous, de façon symbolique, bien sûr. Il leur faire sentir le poids des casseroles, le poids de cette réalité, de cette hyper-violence qu'ils projettent.

Mais, j'en suis convaincu, la seule chose qui nous permettra véritablement d'écraser cette machine, de la désactiver, une fois pour toutes, et de reprendre le contrôle sur nos vies, devra se faire par la technologie, devra se faire par la politique, mais devra aussi se faire par la culture, par nos interconnexions, par nos humanités, par notre capacité à nous raconter des histoires, par notre capacité à inventer des histoires. Et je suis convaincu que ça n'est qu'en articulant, ensemble, ces trois lignes tactiques, technologique, politique, et culturelle, que l'on arrivera, non seulement, à reprendre le contrôle des machines, à, peut-être, prendre le contrôle de ces institutions devenues folles, mais peut-être, de façon encore plus importante, à abattre nos barrières mentales afin de partager cette connaissance et cette capacité du contrôle de la technologie qui est la clef de nos émancipations, de notre transformation en des Sarah Connor qui iront écraser les motherfuckers, qui iront écraser les terminators. Je vous remercie.

Applaudissements

Vous avez ici quelques URL, sur datalove.net, je partage la musique d’Amérique latine et quelques torrents qui me semblent être intéressants. Sur droneh.it, vous trouverez Drone Hits vol. 1, qui est une autre tentative d'utiliser des moyens un peu détournés pour essayer de faire rire avec des robots tueurs, encore, qui sont, pour le coup là, des drones de ce Drone Hits vol.1. Vous trouverez le remarquable karaoké de chansons sur des drones. Et surtout un Big Up Wash Wash Yo, à Jean Bas(?) et ses terminators studies, que je vous invite à consulter, qui sont source infinie d'inspiration sur le champ des interactions entre la réalité et la fiction, sur les questions du cyborg, de la technologie, et notre rapport à la technologie. Ensuite, pour finir par une autre annonce de service, j'espère que toutes et tous êtes au courant que cet été, autour du week-end du 15 août, du 13 au 17 août, se tient au nord de Berlin, le Chaos Communication Camp, le camp de la communication chaotique, c'est tous les quatre ans, ça va être, un petit peu, le centre de notre monde pendant cinq jours, on sera sans doute quinze mille. On est déjà en train de comploter des trucs pour que les sourds se sentent bien là-bas, et on complote pour créer une tea house, un salon de thé, et un salon de massage, et plein de choses très analogiques, parce que analogique pour ingrat. Je ne sais pas si on dit comme ça. Et donc pour prolonger ces discussions et réfléchir, comme ça, voilà, prolonger les lignes stratégiques, étendre le champ des tactiques et passer des bons moments entre individus encore constitués de chair et d'os, mais autour de bons thés chauds et de massages. J'espère que vous aurez l'occasion de vous y rendre. Voilà. J'espère qu'il y a des questions, des commentaires, des trolls, et autres interventions passées, présentes ou futures.

Organisateur : On va prendre des questions pour quinze minutes. Première question ?

Public : Tu l'as dit, la surveillance de masse a un gros souci, c'est l'autocensure. Mais cette autocensure, à mon avis, fait un pas si la surveillance de masse est cachée. C'est bien pour ça qu'il y a des caméras de surveillance qui sont complètement ostentatoires. À partir de là, juste la dénonciation, c'est un simple outil de contrôle comme un autre et sachant que les révolutions partout, enfin débutent toujours, avec une minorité, comment enclencher sans attendre que tout le monde se mette à faire du Tor et compagnie, ce que je ne fais pas moi-même, je suis peut-être coupable. Comment enclencher quelque chose d'effectif ?

J. Z. : D'abord, que ce soit clair, je ne te juge pas. Ce n'est pas mal ou bien, c'est juste que tu n'es pas encore-là. Tu n'es peut-être pas expérimenté avec ça, tu ne sais peut-être pas encore comment ça fonctionne, et donc tu n'as pas encore appris. Ça va, c'est cool, il y a plein de gens comme toi. Ensuite, c'est vrai que la surveillance de masse ne se voit pas et c'est un des principaux problèmes que l'on a. C'est une différence fondamentale avec les autoritarianismes du 20e siècle. Quand tu avais une armée qui marchait dans l'avenue principale de ton village, ta ville, tu avais globalement compris. Quand tu voyais des gens se faire exécuter sur la place publique, des femmes se faire violer, des gens torturés, tu comprends immédiatement. Tu vois exactement où ça te touche et comment. Quand l’adversaire c'est quelques millions d'individus, aux États-Unis, seulement, il y a un million de personnes qui ont un niveau d'accès égal ou supérieur à celui d'Edward Snowden, donc un million de personnes, a priori, qui ont accès à tout Google, tout Facebook, tout Apple, tout Microsoft, et capacité, en plus de ça, d’aller cibler des individus. Ce million de personnes étant réparti entre des milliers d'entreprises privées et des milliers, enfin il y a combien de services de renseignement aux US, je crois qu'il y en a plus d'une dizaine, et les accords avec les firewalls, donc les services de renseignement britanniques, néo-zélandais, australiens, canadiens. Ensuite il y a les eleven ???, je crois, l'Allemagne, etc. Donc on a un ennemi qui est gigantesque, sans parler des gens chez Google, Facebook et tout ça, qui est gigantesque, mais qui n'est pas visible. Et c'est donc là, je pense, qu'il y a un pas de plus. Tu avais une armée dans ta rue en train d'exécuter les gens, tu pouvais te dire « eh bien voilà je vais prendre mon couteau de cuisine et je vais y aller et advienne que pourra ». Et, ce que certains appelaient à l'époque terrorisme a été considéré, par d'autres, comme étant de la résistance, c'est en fonction de qui a écrit l'histoire, c'est devenu acceptable, moralement ou pas, mais je l'ai dit, on ne va parler de tactique violente ici. Ici, il y au moins une étape de plus, qui est de comprendre la réalité de cette architecture techno-politique de l’oppression qui se dessine. Je veux dire, on est déjà dedans, mais on n'est qu'au début du pouième du balbutiement de ce qui pourra être fait contre nous, avec tout ça. Donc il y a besoin d'une étape de plus, qui est cette compréhension. Et cette compréhension, c'est ce dont on discute ici, on la fait collectivement, on la partage collectivement. On peut le faire le poing levé, avec un mégaphone, et un drapeau, et un panneau de parti politique derrière, en disant « non, non, non », sous la pluie. On peut tout à fait faire ça. On peut aussi le faire avec des vidéos rigolotes avec des images de chats. On peut peut-être le faire en chantant, on peut peut-être le faire en dansant, on peut le faire par des pièces de théâtre. On peut le faire avec des robots traceurs qui vont aller tracer des images de chats, ou d'Edward Snowden, sur des machins incongrus, ou, je n'en sais rien. Mais l'éventail des tactiques là-dessus est sans fin et reflet de cette glorieuse diversité qui nous définit, qui nous unit au travers de les internets.

Donc, je ne sais pas te dire si ça va ressembler à une barricade, à une insurrection, dans laquelle le peuple va prendre un bâtiment symbolique et de là établir son pouvoir alternatif, pour ensuite se faire récupérer ou balayer par une contre-révolution qui viendra des gens qui attendaient d’être au pouvoir juste avant, comme c'est souvent le cas. Ou à quoi ressembleront des barricades numériques, à quoi ressemblera une insurrection numérique, ni même si ça doit prendre cette forme-là. Une chose dont je suis convaincu, c'est qu'il nous reste environ 99,99999 % de tactiques à expérimenter, et qu'il y a cette couche intermédiaire de partage de la connaissance, de partage de l'intelligence, quelque chose que l'on sait faire, et d'une certain façon, c'est là l'optimisme dans tout ce merdier, c'est de se dire qu'au bout du compte c'est un pari sur notre intelligence, en tant qu'individus et collectivement notre capacité à partager cette intelligence. Et c'est peut-être ça qui est aussi vraiment nouveau, ou différent, dans la résistance contre l'oppression au 21e siècle, après avoir évoqué les différences dans l'oppression même au 21e siècle, c'est que cela va peut-être beaucoup plus passer par l'usage de notre intelligence, le partage de la connaissance, l'appropriation, le remix, plutôt que le fait d'avaler une idéologie et de la régurgiter en montant des barricades physiques. La discussion sur les tactiques est ouverte mais ça va se faire au moins autant à coups de matière grise qu'à coups de pavés, je pense.

Organisateur : Une autre question ?

J. Z. : Là-haut. Après là.

Public : Bonjour. Merci pour ton intervention. Moi j'ai deux petites questions. Une pratique. Je ne sais pas si dans les sites que tu as mentionnés il y a des guides pratiques pour des gens comme moi qui ont un compte Google, Facebook, et qui voudraient s'y mettre mais ne savent pas par où commencer, voire moi, ça me fait un peu peur de, peut-être, me faire déjà blacklister', en commençant à faire ces recherches.

J. Z. : T'inquiète, tu es déjà dedans !

Public : D'accord. Comme ça, c'est clair ! Et la deuxième question c'est, donc moi j'avais suivi le travail que vous aviez fait avec la Quadrature du Net au moment des lois SOPA, PIPA, je ne me souviens plus exactement

J. Z. : ACTA.

Public : ACTA, merci et c'est très bien ces techniques de réussir à s'adresser aux politiques parce qu'on les a élus et tout ça. Là tu as mentionné un million de personnes qui bossent dans des compagnies privées, qui bossent à la NSA et tout ça. Moi je me demande s'il n'y pas dans ces un million peut-être quatre, cinq personnes d'Edward Snowden potentiels. Et est-ce que dans le travail d'information publique que tu fais, ou que quelqu'un pourrait faire, il y a une manière de s'adresser aux ingénieurs de chez Google, aux gens de la NSA et tout ça, et est-ce que ça pourrait être une bonne manière d'aborder le problème parce que les politiques ne sont forcément les mecs qui s'y connaissent.

J. Z. : Déjà si tu avais un doute sur le fait que tu étais, ou non, dans la moitié de la population mondiale qui est l'objet de cette surveillance de masse : là vous êtes assis depuis une heure, dans une salle, à côté de mon téléphone mobile allumé, et je suis un ami de Julien Assange et de Jacob Appelbaum et d'autres personnes qui sont ciblées à un assez haut niveau. On sait que c'est à trois niveaux de relations que les gens entrent dans le système. Donc je suis à un niveau, vous êtes à deux niveaux. Voilà. Donc maintenant il n'y a plus d’inhibition à avoir là-dessus ; j'ai prononcé les mots « pipe bomb, arme automatique, pavé et barricade » pendant cette heure. C'est bon !

J'ai une documentation. Je vais te remettre cet artefact (Jérémie brandit???), pour que tu n'aies plus aucun doute, vraiment plus aucun doute là-dessus. Tu as posé une très bonne question, enfin deux très bonnes questions. La première c'est où se documenter, et je vais te faire une réponse de Normand numérique, en te disant partout et quelque part en particulier. Partout, parce qu'il va falloir que tu trouves le type de docs qui te parleront, qui seront plus adaptées à ta curiosité, à tes besoins, au temps que tu as disponible. Et là j'ai dit quelque chose et je n'ai rien dit à la fois. Sur le wiki de la Quadrature du Net, je crois qu'il y a quelques infos comme ça, sur un site qui s'appelle surveille tiret tes tiret données point fr ou point net, je ne sais plus.

Public : Ce n'est pas surveille, contrôle tes données.

J. Z. : Contrôle, bien sûr, pas surveille, contrôle, c'est bien, contrôle tiret tes tiret données point quelque chose. Le site n'est plus trop mis à jour, mais on avait commencé à lister des ressources là-dessus. Il y avait un site de l'IFF, de l'EFF qui s'appelait ??? break, prism, comme un prisme, break, comme le cassé.

Public : Même sur la CNIL.

J. Z. : On ne parle pas de choses qui fâchent. On a dit qu'on restait poli. On ne va parler de la CNIL. Mais, en réalité, des docs techniques tu en trouveras plein. Moi, ce que je te recommande, c'est de passer par l'humain. Tu es Toulousain ? Est-ce qu'il ici il y a un gentil hacker toulousain qui sait quand, pour la prochaine fois, au Tetalab ou ailleurs, il y a un atelier d'initiation à la crypto, aux technologies qui permettent de s’approprier, de se réapproprier ses données, ses communications. Si quelqu'un sait, voilà, est-ce que tu peux aller lui parler, après, ou est-ce que tu peux venir faire une annonce au micro parce que ça intéressera plein d'autres gens, pour savoir quand est-ce qu'il y a un atelier pour faire ce genre de choses, et tu vas aller demander à quelqu'un, un vrai quelqu'un avec de la chair et ??? autour, à qui tu vas demander comment faire ces choses-là. C'est ta façon de faire ou pas, mais ce sera peut-être beaucoup plus confortable et efficace qu'aller lire des docs.

Public : Ça intéresse tout le monde.

J. Z. : Alors je te file le micro dans une seconde, mais pour répondre à ta deuxième question. ACTA c'était un travail de quatre ans, un travail de damnés, à faire de l'analyse juridique de « marde », sur des textes de « marde , à expliquer une situation politique de « marde et à faire ça, en grande partie, dans des institutions de « marde » . Avant de remporter une victoire éclatante !

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https://mediakit.laquadrature.net/view.php?full=1&id=2319

[FranceCulture] Que reste-t-il des espoirs politiques du Net des années 2000 ?

Il y a quinze ans ou plus, on voyait dans la démocratisation d’Internet un vent nouveau pour le politique de manière générale. Que reste-t-il de ces espoirs ? Qu’est-ce qui a été profondément changé ? Comment les jeunes générations se sont-elles emparé de l’outil pour faire de la politique, renouveler les pratiques ou les champs de pensée, s’y sensibiliser, s’engager.

Émission Les Nouvelles vagues diffusée le 27 mai 2015 sur France Culture avec Philippe Aigrain, cofondateur de La Quadrature du Net et Benjamin Bayart, ancien président de French Data Network.

http://www.franceculture.fr/emission-les-nouvelles-vagues-politique-35-q...

[LeMondeDiplomatique] Contre la surveillance de masse, une résistance multiforme

Depuis l’été 2013 et le début des révélations de M. Edward Snowden sur les méthodes de la National Security Agency (NSA), la résistance s’organise contre la surveillance de masse. Elle passe, d’une part, par la technique. A travers le monde, des collectifs de hackers et de militants du logiciel libre tentent de renforcer l’autonomie des utilisateurs d’Internet en les aidant à mieux protéger leur vie privée. L’un des chantiers fondamentaux est celui de la cryptographie. […]

Dans ce domaine, de nombreux projets suscitent un fort regain d’intérêt, qu’il s’agisse par exemple du système d’exploitation Tails, du réseau d’anonymisation TOR ou de projets de messagerie comme CaliOpen, lancé en septembre 2013 par M. Laurent Chemla, pionnier de l’Internet militant en France. […]

Autre tâche : la lutte contre les monopoles, qui facilitent la surveillance d’Internet. Fin 2014, l’association française Framasoft a par exemple lancé une campagne baptisée « Dégooglisons Internet », avec pour but de proposer des solutions de rechange aux grandes plates-formes américaines en version « libre, éthique, décentralisée et solidaire ». […]

Parallèlement, la lutte se poursuit sur le terrain judiciaire. Le jeune militant autrichien Max Schrems a par exemple lancé plusieurs procédures judiciaires contre Facebook, dont une action collective à laquelle participent vingt-cinq mille citoyens européens, dans le but de dénoncer la violation par l’entreprise américaine du droit européen sur les données personnelles, mais aussi, en creux, l’attentisme des autorités. […]

http://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/TREGUER/53100

[LeMondeDiplomatique] États et entreprises à l'assaut de la vie privée

En ce 15 avril, le ministre de l’intérieur français, M. Bernard Cazeneuve, s’emporte face aux quelques députés qui, dans un hémicycle clairsemé, bataillent contre le projet de loi relatif au renseignement. « Les opérateurs Internet détiennent nos données personnelles, argue-t-il, et je suis convaincu que nombre d’entre eux utilisent des techniques extraordinairement intrusives à l’égard de nos propres existences. » Or « cela ne pose aucun problème lorsqu’il s’agit de grands trusts internationaux (…). Mais lorsqu’un Etat se propose de prévenir le terrorisme sur Internet, il est nécessairement suspect de poursuivre des objectifs indignes ! ».

D’un point de vue régalien, le raisonnement semble aller de soi : pourquoi, à moins de faire preuve d’incohérence, vouloir interdire à la puissance publique de mobiliser des techniques couramment mises en œuvre par le secteur privé ? Les adversaires de la loi sur le renseignement critiqueraient les visées orwelliennes de l’Etat, mais resteraient cois lorsque les grandes plates-formes numériques auxquelles ils se livrent corps et âme recourent à des pratiques semblables pour bombarder leurs utilisateurs de publicités ciblées. […]

Pour autant, l’analogie n’est pas dénuée de fondements techniques. Bien qu’elles aient chacune des finalités propres, surveillance commerciale et surveillance étatique reposent sur les mêmes dispositifs. Qu’il s’agisse d’anticiper la criminalité ou le comportement des consommateurs, les outils de collecte et d’analyse des données sont identiques. Mais on peut tirer de cette similitude une conclusion tout à fait opposée à celle du ministre de l’intérieur : plutôt que de se prévaloir des turpitudes privées pour légitimer celles de l’Etat, le législateur pourrait s’employer à réglementer plus sévèrement ces deux formes d’atteintes à la vie privée. […]

http://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/TREGUER/53099

[LeMondeDiplomatique] Feu vert à la surveillance de masse

[…] Le 19 mars, le projet de loi [sur le renseignement] est finalement adopté en Conseil des ministres. M. Valls déploie une stratégie de communication parfaitement huilée afin de gérer le paradoxe suivant : d’une part, le texte ne doit rien changer aux pratiques qui placent la France « en première division » [dans le domaine du renseignement technique] ; de l’autre, on continue de soutenir publiquement que l’Etat se limite à de la « surveillance ciblée ». Face à ceux qui établissent un lien entre les pratiques autorisées dans le projet de loi et celles mises en lumière par M. Snowden, le premier ministre affirme qu’« il n’y aura aucune surveillance de masse des citoyens » et soutient même que « le projet de loi l’interdit ».

Pourtant, les parallèles abondent entre cette loi — dont le gouvernement admet qu’elle vise à légaliser les techniques existantes — et les pratiques en vigueur aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Plusieurs dispositions-clés du texte paraissent contraires à l’article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales sur le « droit au respect de la vie privée et familiale ». Elles exposent la France à des recours devant la CEDH, pour peu que le texte actuel ne soit pas invalidé par le Conseil constitutionnel. […]

Enfin, l’éventail des missions de renseignement autorisant la mise en œuvre de ces techniques de surveillance s’élargit sensiblement : outre la prévention du terrorisme et de la criminalité organisée, il inclut notamment l’espionnage pour le compte des grands groupes industriels français, la conduite d’opérations en matière de cybersécurité, ainsi que la prévention des « atteintes à la forme républicaine des institutions » ou encore des « violences collectives de nature à porter atteinte à la sécurité nationale ». Or on connaît l’imagination dont font preuve certains policiers et procureurs dans l’interprétation de la notion de « terrorisme » — ce dont témoigne par exemple le renvoi devant le tribunal correctionnel de trois militants du groupe dit « de Tarnac » décidé début mai par le parquet antiterroriste de Paris. Ces nouvelles catégories laissent donc craindre une banalisation de la surveillance policière des mouvements sociaux, avec à la clé de nouveaux reculs des libertés d’expression et d’association. […]

http://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/TREGUER/53056

[FranceInter] Luttes dans le numérique et sous les tropiques

Ça c’est passé cette semaine: le vote en procédure accélérée d’une loi encadrant les activités de nos services de renseignement.

Cette loi inaugure un dispositif de captation massive de données de connexion et de téléphonie. Des filets numériques qui prennent tout, à la recherche de quelques individus potentiellement suspects.

Alors nous ne doutons pas chers auditeurs que vous n’avez rien à vous reprocher, mais avouez que vous avez peut-être quand même une ou deux choses à cacher. [...]

http://www.franceinter.fr/emission-comme-un-bruit-qui-court-luttes-dans-...

[VoixContreOreille] Embarquement immédiat vers la surveillance généralisée et la société de la suspicion !

Le projet de loi sur le renseignement a été massivement adopté par les députés de l'Assemblée nationale, hier mardi 5 mai, malgré une forte opposition à droite, à gauche, et dans la société civile (associations, professionnels de l'internet, syndicats de policiers et de magistrats, ...).

Comment la France peut elle faire ce qui a été dénoncé suite à l’affaire Snowden.

Comment sommes nous en train de nous embarquer vers une logique de la surveillance généralisée et de société de la suspicion ?

Refuser cette loi revient-il renoncer à lutter contre le terrorisme ? Ou au contraire, ne sommes nous pas en train de faire exactement ce que veulent les terroristes ?

Bifuraction vers une société de la surveillance et de la suspicion ? Inflexion majeure ? ou évolution constante matérialisée par l'empilement des lois sécuritaires depuis 20 ans.

http://voixcontreoreille.org/emission_view.php?id_emission=485

[LeFigaro] Qu'est-ce que la loi renseignement?

Ce texte, voté en première lecture ce mardi à l'Assemblée nationale, veut moderniser les moyens des services de renseignement face au numérique. Le Figaro fait le point. [...]

Le projet de loi relatif au renseignement a été publié officiellement le 19 mars. Il doit moderniser les moyens des services de renseignement, notamment face au numérique. Pour le gouvernement, il s'agit d'une étape supplémentaire du renforcement de l'arsenal juridique après les attaques de Charlie Hebdo. Néanmoins, le projet ne limite pas à la lutte contre le terrorisme: il touche aussi à la prévention de la criminalité organisée, les « intérêts essentiels de la politique étrangère » ou «les intérêts économiques ou scientifiques essentiels» de la France. [...]

Les associations de défense des libertés ont été les premières à s'indigner de la loi renseignement, comme la Quadrature du Net, la Ligue des droits de l'Hommes, Amnesty International ou Reporter sans frontières. Toutes dénoncent un projet liberticide qui ouvre la voie à une «surveillance de masse» des Français. « Il y a des risques de débordement vers des formes de police politique qui s'en prendront aux mouvements sociaux et politiques qui n'auraient pas l'heur de plaire », prévenait Laurence Blisson, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, lors d'une conférence de presse donnée début avril. [...]

http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2015/05/05/01007-20150505ARTFIG...

[Politis] Loi sur le renseignement : les craintes persistent

Dix-huit organisations se sont réunies hier à Paris pour protester contre le projet de loi sur le renseignement adopté aujourd’hui par les députés. Espionnage de masse et dérives autoritaires sont au cœur des inquiétudes. [...]

Zones d’ombres, flou, incertitude. Les « boîtes noires » prévues par le projet de loi cristallisent toutes les contestations. Et pour cause, elles symbolisent le manque de transparence qui caractérise le projet de loi. Ces « boîtes noires » sont des algorithmes destinés à traiter automatiquement les données sur Internet pour détecter les risques terroristes. Le texte prévoit que « si une telle menace est ainsi révélée, le Premier ministre ou l’une des personnes déléguées par lui peut décider de la levée de l’anonymat sur les données, informations et documents afférents ». [...]

« Au lieu de cibler les menaces, les services de renseignements vont avoir accès à la vie privée de personnes innocentes » déplore Félix Tréguer, membre fondateur de la Quadrature du Net. Une association rattachée à l’Observatoire des Libertés et du Numérique (OLN). [...]

Selon Félix Tréguer, « le rejet de cette loi est hautement improbable et les juges de la Cour européenne des droits de l’Homme [élus par le Conseil de l’Europe] sont aujourd’hui le dernier rempart institutionnel contre l’espionnage de masse ».
http://www.politis.fr/Loi-sur-le-renseignement-les,31014

[FranceTVInfo] Loi sur le renseignement : les opposants espèrent toujours être écoutés

Après l'adoption par l'Assemblée nationale du projet de loi sur le renseignement, avec une large majorité, les opposants misent désormais sur les sénateurs pour faire évoluer le texte. La commission des lois du Sénat devrait commencer à examiner le texte le 20 mai, avant qu'il arrive dans la Haute Assemblée dans la première moitié du mois de juin. Les opposants regroupent des associations de défense des libertés, des juges antiterroristes, des avocats, mais aussi des syndicats, des associations de victimes et le Défenseur des droits, Jacques Toubon. Et ils comptent tous utiliser ce délai de quelques semaines pour se faire entendre. […]

Les sénateurs sont une cible de choix pour les opposants qui souhaitent faire évoluer la réflexion sur ce projet de loi. "Nous avons peut-être une fenêtre plus grande au Sénat, les sénateurs sont un peu plus sages", estime Adrienne Charmet, responsable des campagnes à La Quadrature du Net, une association qui défend les libertés sur la toile. […]

Comme pour les députés, les opposants vont contacter tous les sénateurs, un à un, pour les sensibiliser et tenter de les faire changer d'avis. "Nous allons mener le même travail de conseil, d'analyse juridique. Nous allons proposer des pistes d'amendements", complète Adrienne Charmet. […]

Les opposants s'attendent à un combat difficile. "Nous avons peu d'espoir que le texte devienne bon. Pour qu'il devienne acceptable, il faudrait le refaire de fond en comble", estime Adrienne Charmet. […] Au niveau du contenu, les opposants veulent insister sur deux points clés : les "boîtes noires" et le contrôle exercé par la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR). […]

http://www.francetvinfo.fr/politique/loi-sur-le-renseignement/loi-sur-le...

[note de l'équipe de la revue de presse : plutôt qu'« écoutés », nous voudrions surtout être « entendus »]

[Bastamag] Surveillance de masse, atteintes aux libertés : ce qui inquiète dans le projet de loi Renseignement

Des rassemblements sont prévus ce lundi 4 mai contre le projet de loi sur le renseignement que l’Assemblée nationale se prépare à voter mardi. Les organisations de défense des libertés et des droits dénoncent un texte qui met en place une surveillance de masse de la population. De la captation en temps réel des métadonnées des abonnés à Internet, à la mise en place d’algorithmes pour la détection automatique des profils suspects sur le réseau, petite synthèse des points qui font débat dans cette loi. [...]

« Le ministre de l’Intérieur passe son temps à argumenter qu’il n’y a que les métadonnées qui seront ainsi surveillées. Mais les métadonnées donnent en fait plus d’informations sur quelqu’un que le contenu des conversations », analyse Benjamin Bayart, de la FFDN, une fédération des fournisseurs d’accès à Internet associatifs, qui regroupe une trentaine de fournisseurs sur toute la France (lire notre article). « Surveiller les métadonnées, c’est en fait extrêmement intrusif. » [...]

Le débat politique précipité, sur un sujet aussi important et complexe, est loin d’être satisfaisant, pointe la Quadrature du Net, spécialisée dans la défense des libertés numériques : « Les trop rares députés qui se sont opposés au rapporteur Urvoas et aux ministres de l’Intérieur, de la Justice et de la Défense se sont vus opposer des réponses fuyantes ou elliptiques à leurs questionnements pourtant très précis du point de vue technique et juridique. ». Les « modifications cosmétiques et opportunistes » apportées en première lecture à l’Assemblée nationale n’ont pas modifié l’équilibre du texte, qui « reste inacceptable pour une démocratie », alerte l’association.

http://www.bastamag.net/Surveillance-generalisee-du-net-traitement-autom...

[Reflets] Agent de double-langage

Dans le projet de loi sur le renseignement, deux points – au moins – posent question : pour chacun d’eux le gouvernement affirme l’inverse de ce que tous les experts dénoncent. […]

D’après les promesses du gouvernement (retranscrites dans le schéma ci-contre fait par Gandi), les données fournies par les hébergeurs se limiteront aux seuls services visés dans l’autorisation de l’exécutif: il n’y aura pas de surveillance générale de tous les sites hébergés. On en déduira que, forcément, l’information qui permet de sélectionner tel ou tel service, telle ou telle boîte email, viendra d’ailleurs: s’il y a « boîte noire » et « détection de signal faible », ça ne peut pas se faire en bout de chaîne, ni sur des services précisément définis. On n’est plus, là, dans la détection: on est dans la surveillance d’une cible déjà identifiée. […]

Chez eux, point de métadonnées déjà décodées: ils ne sont pas en bout de chaîne, ce sont de simples tuyaux par lesquels passent tous nos petits paquets IP pas encore remis dans l’ordre. Les métadonnées sont quelque part dedans, mais éparpillées «façon puzzle», parfois chiffrées, souvent pas, en désordre complet. Impossible pour les fournisseurs d’accès de ne fournir « que les métadonnées » dont ils disposent: ils n’en disposent pas. […]

https://reflets.info/agent-de-double-langage/

[Mediapart] Valls touche à la liberté d'expression pour lutter contre le racisme et l'antisémitisme

La seule mesure d’envergure présentée par Manuel Valls vendredi 17 avril à Créteil est contestée par la plupart des organisations de lutte contre le racisme, les juristes spécialisés dans le droit de la presse et les défenseurs des libertés sur Internet. [...]

Sortir les discours haineux de la loi de la presse de 1881, qui constitue le cadre juridique de la liberté d’expression, droit fondamental reconnu à l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, n’est pas sans conséquence. Jusqu’à présent, les manifestations de la pensée bénéficiaient toutes, sans exception, d’un statut spécifique : afin de garantir la liberté d’expression et le pluralisme, les abus ne pouvaient pas être jugés en urgence, par le biais de la comparution immédiate ; les délais de prescription étaient réduits ; et les prévenus ne pouvaient pas être placés en garde à vue. Ce qui ne les empêchaient pas d’être sanctionnés, via un régime de responsabilité en cascade. [...]

C’est également la position de la Ligue des droits de l’homme (LDH), du Syndicat de la magistrature (SM) et de la plupart des juristes spécialistes du droit de la presse, selon lesquels la procédure actuelle assure des débats apaisés. « Une société démocratique ne peut condamner pénalement l’usage de la parole sans dresser de solides garde-fous contre la censure », rappelait récemment le SM dans un communiqué. « Si la loi passait et que Charlie était jugé à nouveau pour les caricatures de Mahomet, on pourrait être jugés en comparution immédiate, entre un escroc et un dealer », estimait de son côté Richard Malka, l’avocat de Charlie Hebdo, dans Libération le 4 mars. Défendant les droits et libertés des citoyens sur Internet, la Quadrature du net estime quant à elle que cette « diabolisation trahit de la part de nos représentants élus un inconfort profond vis-à-vis de la liberté d’expression en général ». [...]

https://www.mediapart.fr/journal/france/170415/valls-touche-la-liberte-d...

[NextINpact] La Hadopi, cible d'une mission d'information au Sénat

À l’initiative des centristes de l’UDI, la Commission de la culture du Sénat vient de lancer une mission d’information entièrement consacrée à la Hadopi. Des auditions doivent avoir lieu à partir de demain au Palais du Luxembourg, en attendant un rapport prévu pour cet été. Celui-ci pourrait influencer plusieurs textes législatifs, à commencer par le projet de loi de Fleur Pellerin sur la création. [...]

Concrètement, cette mission d’information va se traduire par la tenue d’auditions, qui débuteront demain après-midi par une rencontre avec La Quadrature du Net. L’association de défense des libertés numériques, qui a toujours combattu les lois Hadopi, sera représentée par le juriste Lionel Maurel (alias @Calimaq). « Nous conduirons des auditions permettant à tous les acteurs et toutes les opinions de s’exprimer » promet Loïc Hervé. Les ayants droit devraient donc également être invités à faire valoir leur point de vue au cours des prochains mois. [...]

http://www.nextinpact.com/news/93738-la-hadopi-cible-dune-mission-dinfor...

[Humanité] « Ce texte organise la répression préventive »

Les députés ont commencé hier [NDLQDN : les débats ont eu lieu du 13 au 16 avril] à se pencher sur le projet de loi renseignement. Associations et syndicats ont de nouveau dénoncé l’absence de réel débat autour de cette réforme bouleversant les libertés. […]

Pour Christopher Talib, de La Quadrature du Net, le terrorisme à bon dos : « On nous parle de bloquer des sites djihadistes, pédopornographiques ou, à présent, des sites faisant l’apologie de l’anorexie. Dans les faits, ces problématiques réelles sont instrumentalisées pour mettre en place des dispositifs de censure administrative, autrement dit sans contrôle judiciaire. » Le jeune militant déplore que le gouvernement ne prenne pas le temps du débat : « C’est une loi importante, qui germe depuis 2007.  »

http://www.humanite.fr/ce-texte-organise-la-repression-preventive-571109

[Telerama] Projet de loi renseignement : liberté, égalité, surveillés

Lancé en urgence par le gouvernement, le projet de loi sur le renseignement prétend répondre à la menace terroriste. Au mépris de certains principes fondamentaux du droit ? [...]

Lors d'une conférence de presse organisée par des associations de défense des libertés publiques, La Quadrature du Net, attachée à leur versant numérique, s'est inquiétée de l'émergence en France « d'une NSA du pauvre », plus modestement outillée mais tout aussi intrusive que sa cousine américaine. De fait, en évitant les explications techniques, le gouvernement empêche de mesurer le véritable périmètre du texte. Auditionnés, Orange, SFR, Bouygues et Free se retrouvent d'ailleurs dans une situation délicate. Contraints par la loi de collaborer — en secret — avec les autorités et passibles de 375 000 euros d'amende s'ils refusaient, les opérateurs redoutent de voir ces nouveaux dispositifs mettre à mal le secret des correspondances et la protection des données personnelles. [...]

http://www.telerama.fr/idees/projet-de-loi-renseignement-liberte-egalite...

[Mediapart] Loi sur le renseignement : Hollande cherche la parade face à une opposition grandissante

L’annonce, dimanche 19 avril, par François Hollande de la saisine du Conseil constitutionnel du controversé projet de loi renseignement était pour le moins inattendue. Un mois jour pour jour après la présentation du texte en conseil des ministres, le président de la République s’était jusqu’à présent plutôt fait remarquer par son absence dans le vif débat voyant s'affronter partisans et opposants de cette réforme. […]

Difficile de dire, en l’état des débats, quelles pourraient être les conclusions du Conseil constitutionnel. La saisine présidentielle pouvant porter sur l’ensemble du texte, les motifs de censure pourraient être nombreux, d’autant plus que, comme le souligne la CNCDH dans son avis de 26 pages particulièrement sévères, le projet de loi renseignement semble également contestable au regard du droit européen. Il faudra en outre compter sur les éventuelles modifications qui pourront être apportées lors du passage du texte au Sénat, et sur la mobilisation toujours croissante des opposants.

https://www.mediapart.fr/journal/france/200415/loi-sur-le-renseignement-...

[20Minutes] Loi sur le renseignement : Pourquoi les Français se moquent d’être placés sous surveillance?

Une caméra dans le salon. Une balise sous la voiture. Et un mouchard sur l’ordinateur. « Big Brother will be watching you ! » Et les Français s’en moquent. Alors que débute, ce lundi à l’Assemblée nationale, l’examen du projet de loi sur le renseignement censé doter les services de police de moyens de surveillance élargis, les défenseurs des libertés individuelles ont bien du mal à mobiliser l’opinion publique sur les risques de dérives. [...]

« Les Français se disent "Je ne suis pas un terroriste donc je n’ai rien à craindre", résume Michel Tubiana. Mais ils ne se rendent pas compte qu’ils peuvent tout de même être surveillés pour bien d’autres raisons. » [...]

Depuis des semaines, la Quadrature du Net, association qui défend les droits des citoyens sur Internet, tente donc de les alerter. « Mais c’est très difficile, avoue Adrienne Charmet, la porte-parole de ce mouvement. Dans la classe politique, on n’entend personne défendre véritablement le texte. Du coup, on donne l’impression de crier dans le désert et de se débattre tout seul. Notre message paraît inaudible. » [...]

http://www.20minutes.fr/societe/1582771-20150413-loi-renseignement-pourq...

[20Minutes] Loi sur le renseignement : Le mouvement de contestation prend de l’ampleur

Difficile de les imaginer en train de manifester ensemble. Et pourtant, quelques militants de La Manif pour tous et d’autres de l’association Act Up se sont retrouvés devant l’Assemblée nationale pour protester contre le projet de loi sur le renseignement. Alors que le texte est débattu par les députés en « procédure accélérée » jusqu’à jeudi, le mouvement de contestation prend de l’ampleur dans la société civile. [...]

Adrienne Charmet n’a pu s’empêcher de sourire en découvrant ce site. Porte-parole de la Quadrature du net, association de défense des libertés sur Internet, elle regrettait d’avoir prêché seule dans le désert pendant des semaines sur le sujet. « Depuis lundi, nous voyons plein d’associations rejoindre notre combat, s’exclame-t-elle auprès de 20 Minutes. Même au sein de la classe politique, cela commence à bouger. » [...]

Illustration avec l’initiative « Sous surveillance ». Affichant les coordonnées de tous les députés de France sur ce site, la Quadrature du net a demandé à ses militants de les appeler un par un pour tenter de les convaincre de voter contre le projet de loi. « On les harcèle, reconnaît Adrienne Charmet. Mais cela marche. Certains changent d’avis. » [...]

http://www.20minutes.fr/societe/1586831-20150414-loi-renseignement-mouve...

[LeTemps] Jérémie Zimmermann : « Nous exigeons un débat démocratique »

Jérémie Zimmermann, 37 ans, fait partie des soutiens d’Edward Snowden. Cofondateur de La Quadrature du Net, l’association très en pointe sur la défense des libertés sur Internet, il dénonce « la dérive hypersécuritaire » de la France.

Le projet de loi est un inventaire à la Prévert de mesures liberticides. Rien ne prouve qu’elles seront efficaces pour lutter contre le terrorisme. Le viol des libertés individuelles conduit nécessairement à des abus. Il faut interdire celles qui violent massivement nos libertés, mais nous n’avons pas le choix de la direction. [...]

Le recours à la procédure d’urgence est devenu la norme en France. Il réduit considérablement les délais de consultation et la capacité d’amendement des parlementaires. [...]

Dans ce contexte, il est difficile de mener un débat serein autour d’une loi ficelée d’avance et dont les discussions ont démarré en quatrième vitesse. Le projet attire plusieurs oppositions parmi les grands acteurs d’Internet et des fournisseurs d’accès. [...]

Au sein de La Quadrature du Net, nous allons consigner tous les noms des parlementaires en faveur du texte. Nous les tiendrons pour responsables en cas d’abus lorsque la loi sera votée.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ea7e445a-e2cf-11e4-94b8-e7cac4d21567/J%C...

[NextINpact] Loi Renseignement : François Fillon saisira le Conseil constitutionnel

Chez Jean-Jacques Bourdin, François Fillon a annoncé ce matin qu’il soumettra le projet de loi sur le renseignement au Conseil constitutionnel. Du moins si le gouvernement ne le fait pas. [...]

Après le vote de la loi contre le terrorisme fin 2014, ou un an plus tôt avec la loi de programmation militaire, ni l’actuelle majorité ni l’opposition n’avaient souhaité saisir une telle opportunité. Désormais, les temps changent visiblement, puisque l’ancien Premier ministre François Fillon (UMP), s'il n'a pas participé aux débats actuels, a annoncé ce matin qu’il trouverait les 60 députés nécessaires à une telle saisine. [...]

Il faut dire que FDN, FFDN et La Quadrature du Net viennent de déposer une question prioritaire de constitutionnalité, épaulés par le cabinet Spinosi&Sureau. Elle vise spécialement l’article 20 de la loi de programmation militaire. Dans leur recours déposé devant le Conseil d’État, et ciblant un des décrets d’application, ils dénoncent que les notions « d’informations et documents » que la police administrative peut aspirer sur « sollicitation du réseau » ne sont pas définies. [...]

http://www.nextinpact.com/news/93849-loi-renseignement-francois-fillon-s...

[LeMonde] Loi sur le renseignement : un débat escamoté

L’image en elle-même vaut bien des discours. A peine une trentaine de députés étaient présents dans l’hémicycle, lundi 13 avril, pour le début de l’examen par l’Assemblée nationale du projet de loi sur le renseignement. Alors même que le futur dispositif fait l’objet d’une procédure parlementaire accélérée, et que les moyens qu’il alloue aux services secrets français sont « une petite révolution », selon les propres mots du premier ministre, Manuel Valls, qui s’est chargé en personne de sa présentation. [...]

Lundi après-midi, quelque 200 personnes ont manifesté devant l’Assemblée, à l’appel de l’Observatoire des libertés et du numérique, qui regroupe différents syndicats et associations comme le Syndicat de la magistrature, Amnesty International, la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat national des journalistes ou la Quadrature du Net. Autant d’acteurs qui se heurtent à une certaine indifférence. [...]

« On constate une apathie générale de la part des députés, notamment à gauche », regrette Pierre Tartakowsky, le président de la Ligue des droits de l’homme. « Que Nicolas Sarkozy ne nous écoute pas en 2008 lorsque nous dénoncions les abus du fichier de renseignement Edvige ne nous avait pas vraiment étonnés. Mais qu’en revanche, un gouvernement de gauche campe à ce point sur des positions sécuritaires est plus qu’inquiétant », ajoute M. Tartakowsky. [...]

Résultat, le projet de loi n’a fait l’objet d’aucune discussion ces dernières semaines au sein du PS. Pas plus qu’il ne figure dans les quatre motions en lice pour le congrès du parti à Poitiers en juin. Les socialistes dans leur ensemble approuvent au contraire la volonté d’encadrer un certain nombre de pratiques des services jusqu’à présent clandestines, et louent « un texte plutôt équilibré », selon leur premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis. « Ça gueule très peu en interne, chacun se disant en somme que la fin justifie les moyens », résume un dirigeant du PS. Il ajoute cependant, inquiet : « On espère toutefois que demain, un tel arsenal ne tombera pas entre les mains d’un pouvoir politique plus autoritaire. »

http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2015/04/14/loi-sur-le-rensei...

[OuestFrance] Renseignement. Manifestation contre le projet de loi

"Non à la surveillance de masse", "Protégez nos libertés": plusieurs dizaines de personnes ont manifesté lundi midi contre le projet de loi sur le Renseignement.

Plusieurs associations, regroupées dans « l'Observatoire des libertés et du numérique » avaient appelé à protester contre ce projet de loi, parmi lesquelles le syndicat de la magistrature, le syndicat des avocats de France, Amnesty International, Attac, la ligue des droits de l'Homme, la SNJ-CGT, SNJ, Solidaires, la Quadrature du net ou Droit au Logement. [...]

« Nous sommes aujourd'hui du bon côté de la démocratie. Notre courage est le même que celui des Assange et des Manning » a fait valoir Jérémie Zimmermann, cofondateur de la Quadrature du net, en référence à ces lanceurs d'alerte. « Cette loi est faite pour qu'il n'y ait plus d'affaire des fadettes, pour qu'on ne puisse plus prendre les services (de renseignement) les doigts dans le pot de confiture quand ils font quelque chose d'illégal ». [...]

http://www.ouest-france.fr/terrorisme-manifestation-contre-le-projet-de-...

[Mediapart] La loi renseignement mobilise plus ses opposants que les députés

Ils n’étaient qu’une trentaine de députés dans à l'Assemblée nationale, lundi 13 avril, pour écouter Manuel Valls défendre le controversé projet de loi sur le renseignement à l’occasion de l’ouverture des débats. Une indifférence qui contraste avec la vivacité du débat que le texte a déclenché dans la société civile. [...]

Ces mesures ont été unanimement critiquées par les associations de défense des droits de l’homme, particulièrement mobilisées sur ce dossier et qui, pour l’occasion, ont mis leurs forces en commun. « Nos organisations expriment leurs plus vives inquiétudes par rapport à cette proposition de loi qui propose d’installer des technologies de surveillance directement chez les fournisseurs d’accès à internet et dans les entreprises de télécommunication afin d’analyser toutes les activités sur internet grâce à des algorithmes développés par le gouvernement », dénonçaient ainsi, dans un communiqué commun publié le 25 mars, Reporters sans frontières (RSF), Privacy International, Amnesty International, la FIDH, la Ligue des droits de l’homme. Le lendemain, La Quadrature du net, la Ligue des droits de l’homme, Amnesty international, RSF, le Syndicat de la magistrature et CECIL tenaient une conférence de presse commune pour « alerter l’opinion publique » sur les risques d’une « surveillance de masse ». Les associations dénonçaient elles aussi le champ « immense et amalgamant » des finalités du renseignement et des risques de mise sous surveillance des « organisations syndicales » et « mouvements associatifs ». [...]

Toutes ces voix, pourtant très variées, n'ont entraîné jusque-là que très peu de critiques de la part des responsables politiques. Et pour cause : la très grande majorité des députés s'apprêtent à voter le texte. Le groupe UMP y est majoritairement favorable [...]

https://www.mediapart.fr/journal/france/140415/la-loi-renseignement-mobi...

[RFI] Manifestation contre la loi sur le renseignement

Reportage diffusé le 14 avril 2015 sur RFI avec Jérémie Zimmermann, cofondateur de La Quadrature du Net.

http://www.rfi.fr/emission/20150414-manifestation-contre-loi-renseigneme...

[20Minutes] Manifestation contre le projet de loi sur le Renseignement

Non à la surveillance de masse", "Protégez nos libertés": plusieurs dizaines de personnes ont manifesté lundi 13 avril à quelques pas de l'Assemblée nationale, contre le projet de loi sur le Renseignement, au premier jour de son examen par les députés.
Durée: 01:17

http://www.20minutes.fr/tv/afp-actus/167194-manifestation-contre-le-proj...

[Libération] Manifestation contre la « loi liberticide » sur le renseignement

Quelques centaines de personnes se sont réunies ce lundi à Paris pour s'opposer au projet de loi présenté à l'Assemblée par le gouvernement, accusé de permettre la surveillance généralisée. [...]

Quelques écharpes tricolores d’élus côtoient d’inévitables masques d’Anonymous. Sur un banc transformé en tribune, Adrienne Charmet-Alix, de la Quadrature du Net, dénonce au porte-voix «une mise sous surveillance généralisée de la population». La Quadrature fait partie des associations, regroupées au sein de l’Observatoire du numérique et des Libertés, ayant appelé au rassemblement. Tout comme le syndicat de la magistrature, représenté par sa secrétaire générale Laurence Blisson, qui se demande tout haut si «les parlementaires ont une perception très claire de ce que les technologies prévues dans la loi vont impliquer». [...]

Maryse Artiguelong, de la Ligue des droits de l’homme, critique quant à elle à une «loi liberticide» présentée par le gouvernement qui «avait dit le 11 janvier [au lendemain des attentats, ndlr] qu’il n’y aurait pas de Patriot Act». Et de pointer l’instance de contrôle mise en place par la loi, qui «aura moins de pouvoirs» qu’aujourd’hui. [...]

http://www.liberation.fr/societe/2015/04/13/manifestation-contre-la-loi-...

[FranceTVInfo] L'article à lire pour comprendre le projet de loi sur le renseignement

Surveillance de masse, renforcement des moyens contre le terrorisme, libertés individuelles et sécurité… Francetvinfo démêle pour vous le texte qui arrive à l'Assemblée nationale. [...]

Cette loi autorise les services de renseignement à faire des écoutes bien plus intrusives que précédemment. Si ce projet est adopté en l'état par le Parlement, les services pourront poser des micros dans un appartement ou un véhicule, installer des balises GPS ou écouter des communications téléphoniques, sans l'accord d'un juge. Ils pourront également utiliser des IMSI-catchers, un dispositif qui permet d’écouter toutes les communications (téléphoniques comme électroniques) dans un rayon de 500 mètres à un kilomètre. [...]

Malgré les dénégations du gouvernement qui jure qu’il ne s’agit pas d’une surveillance de masse, la formulation extrêmement vague du comportement suspect ou même des motifs de surveillance possibles font craindre aux opposants que cette loi puisse être utilisée pour surveiller l’ensemble de la population. Car si les "boîtes noires" ne font remonter que les comportements suspects, elles analyseront tout le trafic internet. [...]

Cette surveillance de masse est précisément un des points clés de la manifestation organisée lundi 13 avril par les opposants à cette loi devant l’Assemblée nationale. [...] [Les opposants au texte] luttent également pour obtenir des garanties plus importantes face à l’étendue des nouveaux moyens confiés aux services. Et notamment qu’un juge procède au contrôle des écoutes. Car, dans le projet de loi actuel, les nouveaux moyens des services de renseignement pourront être mis en œuvre sans le contrôle d’un juge. Plus précisément, le contrôle est laissé à la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) qui ne dispose que d’un avis consultatif. Le vrai pouvoir de décision reste entre les mains du Premier ministre. [...]

http://www.francetvinfo.fr/politique/loi-sur-le-renseignement/larticle-a...

[AFP] Manifestation contre le projet de loi sur le Renseignement

Reportage diffusé le 13 avril 2015 par l'AFP avec Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net.

[CorseMatin] Manifestation contre le projet de loi sur le Renseignement

« Non à la surveillance de masse », « Protégez nos libertés » : plusieurs dizaines de personnes ont manifesté lundi midi à quelques pas de l'Assemblée nationale, contre le projet de loi sur le Renseignement, au premier jour de son examen par les députés. […]

« Nous sommes aujourd'hui du bon côté de la démocratie. Notre courage est le même que celui des Assange et des Manning » a fait valoir Jérémie Zimmermann, co-fondateur de la Quadrature du Net, en référence à ces lanceurs d'alerte. « Cette loi est faite pour qu'il n'y ait plus d'affaire des fadettes, pour qu'on ne puisse plus prendre les services (de renseignement) les doigts dans le pot de confiture quand ils font quelque chose d'illégal ». […]

Selon l'Observatoire des libertés et du numérique, ce projet « entérine les pratiques illégales des services » et légalise, « des méthodes de surveillance lourdement intrusives », évoquant « des moyens de surveillance généralisée comparables à ceux de la NSA dénoncés par Edward Snowden ». […]

http://www.corsematin.com/article/france/manifestation-contre-le-projet-...

[LCI] Loi sur le renseignement : « Des innocents seront surveillés »

Extrait du 12-14 diffusé le 13 avril 2015 sur LCI avec Jérémie Zimmermann, cofondateur de La Quadrature du Net.

[LCI] Plusieurs associations manifestent contre le projet de loi renseignement

Reportage diffusé le 13 avril 2015 sur LCI avec Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net.

[LeFigaro] Manifestation contre le projet de loi sur le Renseignement

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté ce midi à quelques pas de l'Assemblée nationale, contre le projet de loi sur le Renseignement, au premier jour de son examen par les députés.

Plusieurs associations, regroupées dans "l'Observatoire des libertés et du numérique" avaient appelé à protester contre ce projet de loi, parmi lesquelles le syndicat de la magistrature, le syndicat des avocats de France, Amnesty International, Attac, la ligue des droits de l'Homme, la SNJ-CGT, SNJ, Solidaires, la Quadrature du net ou Droit au Logement. [...]

"Nous sommes aujourd'hui du bon côté de la démocratie. Notre courage est le même que celui des Assange et des Manning" a fait valoir Jérémie Zimmermann, co-fondateur de la Quadrature du net, en référence à ces lanceurs d'alerte. [...]

Selon l'Observatoire des libertés et du numérique, ce projet "entérine les pratiques illégales des services" et légalise, "des méthodes de surveillance lourdement intrusives", évoquant "des moyens de surveillance généralisée comparables à ceux de la NSA dénoncés par Edward Snowden". [...]

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/04/13/97001-20150413FILWWW00163-m...

[FranceCulture] Criminalité : vers un contrôle d'Internet sans les juges?

Depuis plusieurs mois, les lois s’enchaînent avec un même objectif affiché : mieux encadrer le web pour répondre à la menace terroriste et criminelle. Elles multiplient les mesures de contrôle sans intervention du juge. Le projet de loi renseignement - examiné à partir de lundi prochain - renforce les pouvoirs de surveillance des services sur simple décision d'une commission administrative. [...]

Une commission aux pouvoirs limités et un juge qui n'intervient qu'en cas de recours. Pour beaucoup, c'est mettre entre les mains de ceux qui nous surveillent des pouvoirs immenses. Et « Ces pouvoirs exorbitants se feront sans contrôle judiciaire. Ne mentons pas aux Français en présentant ce projet comme une loi antiterroriste. Il ouvre la voie à la généralisation de méthodes intrusives, hors du contrôle des juges judiciaires, pourtant garants des libertés individuelles dans notre pays ». Celui qui parle ainsi, c’est l’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic, interrogé par L'Express. [...]

De leur côté, les fournisseurs d'accès associatifs de la fédération FFDN et La Quadrature du Net ont saisi le conseil d’Etat pour l’annulation de ce décretCelui publié le 6 février 2015, en application de la loi LOPPSI de 2011 et de la loi sur le terrorisme de novembre 2014.. Ils estiment que les premiers blocages confirment les craintes exprimées au moment de l’adoption de la loi. Et que « ce dispositif de censure administrative conduit inévitablement à bloquer de nombreux contenus parfaitement licites sans aucune intervention de l'autorité judiciaire, et fait peser un grave risque d'arbitraire absolument indigne d'une démocratie. » [...]

http://www.franceculture.fr/emission-pixel-criminalite-vers-un-controle-...

[Rue89] Comment le blocage des sites est devenu leur réponse à tout

En dix ans, le blocage des sites internet s’est imposé dans la tête de nos élus comme remède à des maux toujours plus divers : téléchargement illégal, pédopornographie, terrorisme... [...]

En fin de compte, tout se passe donc exactement comme les opposants à ce dispositif l’avaient prévu. En 2011, peu de temps après l’aval donné au blocage administratif des sites pédopornographiques par le Conseil constitutionnel, Jérémie Zimmermann, cofondateur de La Quadrature du Net, prédisait :

« C’est une instrumentalisation de la pédopornographie pour faire passer le filtrage. [...] Un prétexte qui va amener à contrôler le Web en fonction de valeurs morales. »

http://rue89.nouvelobs.com/2015/04/03/comment-blocage-sites-est-devenu-r...

[NextINpact] Sous-Surveillance.fr, le site de la Quadrature du Net contre la loi Renseignement

La Quadrature du Net vient de lancer Sous-Surveillance.fr, un site destiné informer le plus grand nombre sur les ombres du projet de loi sur le renseignement, et surtout à permettre à quiconque de sensibiliser les parlementaires encore indécis. [...]

Le site propose ainsi une plateforme pour interpeller directement chacun des 577 députés afin de les sensibiliser sur les risques soulevés par ce texte (voir son analyse ligne par ligne). Les principales inquiétudes de la Quadrature se focalisent sur les deux articles du texte qui vont permettre d’un côté, un recueil des données de connexion en accès direct chez tous les opérateurs et aux intermédiaires, de l’autre, l’installation d’une boite noire chez ces mêmes acteurs, afin d’anticiper par algorithme les potentielles menaces terroristes. [...]

« Les citoyens doivent avoir leur mot à dire dans le débat politique et sociétal majeur qu'est la question de la surveillance d'une population. Les députés semblent aujourd'hui peu enclins à contester ce projet de loi : faisons leur faire entendre la voix des libertés et demandons-leur de protéger les citoyens qu'ils représentent ! » tambourine la Quadrature dans son communiqué. [...]

http://www.nextinpact.com/news/93679-sous-surveillance-fr-site-quadratur...

[LeMonde] Blocage administratif des sites : le Conseil d'Etat saisi

La Fédération FDN (FFDN), qui regroupe des fournisseurs d'accès à Internet locaux indépendants, et La Quadrature du net, une association de défense des libertés sur Internet, ont décidé de saisir le Conseil d'Etat contre le blocage administratif des sites. [...]

Ce décret « met gravement en danger la liberté d'expression en permettant la censure de contenus en ligne hors de tout cadre judiciaire », peut-on lire dans un communiqué publié jeudi 2 avril. [...]

Quinze jours après les premiers blocages de sites, la FFDN et La Quadrature du Net assurent que si le Conseil d'Etat n'annule pas ce décret, elles iront « s'il le faut jusque devant la Cour européenne des droits de l'homme ».

http://www.lemonde.fr/pixels/breve/2015/04/02/blocage-administratif-des-...

[ArrêtsurImages] Non, Internet n'est pas une « zone de non-droit »

En 1999, Françoise Giroud déclarait que "L'internet est un danger public puisque ouvert à n'importe qui pour dire n'importe quoi". Le CSA accueillait alors à Paris le premier "Sommet mondial des régulateurs sur Internet et des services électroniques", conviant tranquillement plusieurs pays bien connus des défenseurs de la liberté d'expression (dont l'Iran et la Syrie, deux des "20 pays ennemis de l'Internet" alors identifiés par Reporters Sans Frontières). Plus de 15 ans après, et malgré l'adoption de nombreuses lois, on trouve encore des politiques et des médias véhiculant tout aussi tranquillement la rumeur voulant qu'Internet serait une "zone de non-droit". [...]

Oser avancer qu'Internet est une "zone de non-droit" alors que des milliers d'arrêtés, codes, décrets et lois en font état est tout de même gonflé. Le droit s'applique d'autant plus sur Internet que, depuis une dizaine d'années, de nombreuses lois ont été adoptées pour renforcer le contrôle, la surveillance et la régulation des "communications électroniques". [...]

Comme le soulignait fort bien Yoann Spicher, doctorant en Sciences de l'information et de la communication, à force de marteler ce mythe, "il s'est progressivement réalisé : l'accumulation de mesures législatives et pseudo-contractuelles imposées par le pouvoir politique pour les premières et par des entreprises privées pour les secondes a réussi à transformer Internet en « zone de non-droit ». Non pas que le citoyen y court un risque accru d'être victime de diffamation, de propos haineux ou de n'importe quel autre crime perpétué en toute impunité par des anonymes, mais que sa capacité à opposer ses droits à des atteintes à ses libertés diminue de manière progressive et persistante" [...]

http://www.arretsurimages.net/chroniques/2015-03-30/Non-Internet-n-est-p...

[Liberation] Les sites de prostitution bientôt censurés ?

Le Sénat a adopté hier un amendement prévoyant le blocage administratif de "sites internet favorisant la traite des êtres humains et le proxénétisme". Un dispositif de censure extrajudiciaire déjà existant pour la pédopornographie et le terrorisme. […]

Le dispositif de blocage prévu par loi sur la prostitution a déjà connu plusieurs vies. Lors de son examen en première lecture à l'Assemblée, en décembre 2013, le gouvernement s'était prononcé contre. Au nom de « l’efficacité incertaine » et du caractère « problématique » d'un mécanisme de blocage sans intervention d'un juge, relève Michelle Meunier. Le gouvernement avait obtenu sa suppression par voie d'amendement. Depuis, le gouvernement s'est rangé à l'idée du bloquer des sites sans décision de justice. […]

L'association de défense des libertés numériques, La Quadrature du Net, a déjà réagi à l'adoption de l'amendement par les sénateurs en dénonçant « un pas de plus dans la régulation extra-judiciaire du Net ». Pas sûr qu'elle soit entendue par le gouvernement, qui a érigé le blocage sans passer devant un juge au rang de solution miracle, et l'envisage déjà pour lutter contre les propos racistes ou antisémites.

http://www.liberation.fr/societe/2015/03/31/les-sites-de-prostitution-bi...

[LaTribune] Loi sur le renseignement : la société civile réclame un débat et des garanties

Amnesty International France, la Ligue des droits de l'homme, mais aussi le Syndicat de la magistrature et le syndicat des avocats de France, Reporters sans frontières et la Quadrature du Net. Ces associations ont au moins une inquiétude commune et un objectif partagé : mobiliser l'opinion publique et les parlementaires contre le projet de loi sur le renseignement, présenté la semaine dernière en conseil des ministres et qui sera examiné en commission des lois la semaine prochaine et dès le 13 avril en séance plénière à l'Assemblée nationale, dans le cadre d'une procédure accélérée. [...]

Le motif de préservation des « intérêts économiques et scientifiques essentiels » fait aussi grincer des dents, car il reviendrait à « légaliser l'espionnage économique et scientifique » alors que « la lutte contre l'espionnage industriel peut intervenir dans le cadre d'une enquête pénale » relève la Quadrature du Net, une association de défense des droits et des libertés des citoyens sur Internet, dans un document dévoilant ses pistes d'amendements. [...]

La Quadrature du Net demande aussi que soit abrogée ou encadrée la procédure « d'urgence absolue » qui permet de se passer d'autorisation préalable, par exemple en la limitant à cinq par an. [...]

« Les gens n'ont pas envie de savoir qu'ils vont être surveillés » se désole Adrienne Charmet-Alix, la coordinatrice des campagnes de la Quadrature du Net.

http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/loi-sur-le-renseignement...

[Politis] Renseignement : De nouveaux moyens pour pister des internautes

Accès en temps réel aux données informatiques d’internautes, détection des comportements « suspects » en ligne… Un nouveau projet de loi augmente largement l’accès des services de renseignement aux données personnelles des internautes. Ceci, « pour les seuls besoins de la prévention du terrorisme », précise le texte que Le Monde et Le Figaro se sont procurés avant sa présentation devant le conseil des ministres jeudi. [...]

Autant de mesures qui ne feraient que rendre légales des pratiques déjà existantes, selon Adrienne Charmet de l’association de défense des libertés numériques La Quadrature du Net.

« C’est un grand classique de ce genre de projets de loi. Les services de renseignement demandent une sécurisation juridique de ce qu’ils font déjà. Donc on intègre ces pratiques dans une nouvelle loi, et ainsi de suite », explique-t-elle.

[...]

http://www.politis.fr/Renseignement-De-nouveaux-moyens,30442

[LePoint] Loi renseignement: les associations inquiètes de la précipitation du gouvernement

Plusieurs associations ont fait part jeudi de leur inquiétude face à la procédure d'urgence utilisée par le gouvernement pour son projet de loi sur le renseignement, qui empêche tout débat sur un texte « sécuritaire et liberticide ».

Lors d'une conférence de presse commune, ces organisations (dont le Syndicat de la magistrature, la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, Reporters sans Frontières, La Quadrature du Net...) ont répété leurs craintes sur l'instauration d'une surveillance de masse sans contrôle indépendant. « Un projet de loi dans une logique purement sécuritaire et essentiellement liberticide », a résumé le président de la Ligue des droits de l'Homme, Pierre Tartakowski.

« Ce projet de loi est mené à un rythme d'enfer qui empêche la société civile et les parlementaires de se préparer. Il n'y a pas de temps de réflexion, on noie la société civile sous la rapidité », a souligné Adrienne Charmet, de l'association La Quadrature du Net. [...]

http://www.lepoint.fr/politique/projet-de-loi-renseignement-les-associat...

[Humanite] Le projet de loi sur le renseignement mobilise contre lui

Dans l’urgence, puisque le texte doit être voté dans deux semaines, des associations et syndicats tentent d’alerter l’opinion et de mobiliser contre les dangers du projet de loi sur le renseignement. [...]

Car en l’état de la législation, certaines pratiques de ces agents sont alégale (hors du cadre de la loi) selon le député Urvoas, ou plutôt illégale selon le syndicat de la magistrature qui récuse l’argumentaire. Pour le rapporteur du texte, rien que le fait de mettre un cadre légal aux écoutes est vertueux. Même lorsque ce qui devient légal constitue une atteinte aux droits de l’homme. Un blanchiment légal en somme. [...]

C’est ainsi que plusieurs associations (LDH, Quadrature du Net, Amnesty International…) et le syndicat de la magistrature tentent de mobiliser contre ce projet qui confère l’impunité aux agents de l’état. [...]

http://www.humanite.fr/le-projet-de-loi-sur-le-renseignement-mobilise-co...

[Liberation] Loi sur le renseignement : entre interrogations et mobilisation

Le projet de loi du gouvernement inquiète plusieurs associations de défense des droits et libertés, qui tenaient jeudi matin une conférence de presse commune.

Il faut « qu’un véritable débat démocratique ait lieu », insiste Laurence Blisson, la secrétaire générale du Syndicat de la magistrature. Ce jeudi matin, une partie des opposants au projet de loi sur le renseignement se sont donné rendez-vous pour une conférence de presse commune dans les locaux de la Quadrature du Net. Outre l’association de défense des libertés en ligne et l’organisation de magistrats, on retrouve la Ligue des droits de l’homme (LDH), Amnesty International, Reporters sans frontières (RSF) et le Centre d’études sur la citoyenneté, l’informatisation et les libertés (Cecil). Tous ont d’ores et déjà exprimé leurs inquiétudes sur le texte présenté jeudi 19 mars par Manuel Valls. [...]

Inverser la tendance ? La tâche promet d’être ardue. « Les conditions pour amender ce texte de manière significative ne sont pas réunies », déplore Félix Tréguer à la Quadrature du Net, qui craint une instrumentalisation du « contexte politique et émotionnel des attentats ». [...]

Du côté des associations, le ton est plus pessimiste. « Même si on avait en poche le meilleur contre-projet, il finirait dans les poubelles de l’histoire », jugeait jeudi matin Pierre Tartakowsky. « Une des constantes de ce type de texte, c’est qu’il n’y a pas de retour en arrière, a averti Laurence Blisson. Il y a un "effet cliquet". Or, la procédure d’urgence limite les capacités de mobilisation. » En attendant l’ouverture des débats, la Quadrature du Net « invite les citoyens à contacter leurs députés ». Nul doute que les séances à l’Assemblée seront scrutées de près. [...]

http://www.liberation.fr/societe/2015/03/27/loi-sur-le-renseignement-ent...

[LeFigaro] Les opposants à la loi Renseignement font bloc

Des associations de défense des libertés ont tenu jeudi une conférence de presse pour dénoncer la mise en place d'une «surveillance de masse» par le gouvernement. […]

Faire bloc, et faire nombre. Une semaine après la présentation du projet de loi sur le renseignement en Conseil des ministres, des associations de défense des libertés et d'autres opposants au texte ont tenu jeudi une conférence de presse à Paris. Figuraient notamment des représentants de la Ligue des droits de l'Homme, d'Amnesty International, de Reporters sans frontières, du Syndicat de la magistrature et de la Quadrature du Net, hôte de l'événement. […]

Ces organisations l'admettent: l'opposition à ce texte s'annonce compliquée. Présenté trois mois après les attentats de Paris, le projet de loi bénéficie d'un large soutien politique. L'examen à l'Assemblée nationale débutera le 13 avril et devra s'achever avant l'été. Nicolas Sarkozy a annoncé que l'UMP votera en faveur du texte. « On ne se fait pas vraiment d'illusion, majorité et gouvernement font bloc, mais il est important de porter le débat sur la place publique », a dit Félix Tréguer, secrétaire de la Quadrature du Net. […]

Malgré ces contestations, les remarques de la CNIL, du Conseil national du numérique et de sociétés du Web, la marge de manœuvre pour faire évoluer le texte lors de son passage à l'Assemblée est réduite. « Le gouvernement est dans une écoute polie, mais déterminée, vis-à-vis de nous. Quoi que nous disions, il veut aboutir avec le projet tel qu'il est », remarque Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l'Homme. « Notre travail est de donner un maximum d'éléments aux députés. On se souvient qui sont les parlementaires américains qui ont refusé de voter le Patriot Act », avance Adrienne Charmet-Alix, coordinatrice des campagnes de la Quadrature du Net. […]

http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2015/03/26/01007-20150326ARTFIG...

[Lexpress] Loi sur le Renseignement : pourquoi vous avez tort de ne pas vous y intéresser

Vous n'êtes pas juriste, vous n'êtes pas geek et vous ne comprenez pas pourquoi le débat sur les moyens de lutter contre les terroristes vous concerne ? Cet article est pour vous. Promis, vous ne verrez plus le projet de loi de la même façon. […]

Ce jeudi, plusieurs organisations se sont retrouvées pour une conférence de presse commune. Parmi elles : la Ligue des Droits de l'Homme, Reporters sans Frontières, Amnesty International, la Quadrature du Net, le Syndicat des avocats de France, et le Syndicat de la magistrature. Cela commence à faire beaucoup. Mais ce qui est significatif pour ce projet de loi, c'est la mobilisation au-delà du landernau numérique. […]

« Les métadonnées sont tellement complexes qu'on n'a plus besoin de lire le contenu. Si on connaît votre réseau, vos mots de passe, votre historique de navigation sur internet et celui de vos recherches sur cinq ans, cela devient inutile », explique Adrienne Charmet-Alix, de la Quadrature du Net. « Cela revient à un profilage total de vos activités sur internet. Dire que la surveillance de masse est anonyme est faux. » […]

« L'étude d'impact est indigente sur l'efficacité et l'évaluation budgétaire", déclare Adrienne Charmet-Alix. "Les parlementaires reconnaissent eux-mêmes leur ignorance. Ils sont sur le point d'adopter un texte dont ils ne mesurent ni le sens ni l'efficacité. Ils ne comprennent pas ce qu'ils veulent légaliser », s'emporte Laurence Blisson. « L'exemple américain n'est pas très concluant, ajoute Felix Treguer de la Quadrature du Net. L'investissement est la vraie question. N'y-a-t-il pas un leurre techniciste à adopter ces technologies ? » […]

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/loi-sur-le-renseignement-pour...

[Libération] Loi renseignement: les associations inquiètes de la précipitation du gouvernement

Plusieurs associations ont fait part jeudi de leur inquiétude face à la procédure d’urgence utilisée par le gouvernement pour son projet de loi sur le renseignement, qui empêche tout débat sur un texte «sécuritaire» et liberticide».

Lors d’une conférence de presse commune, ces organisations (dont le Syndicat de la magistrature, la Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International, Reporters sans Frontières, La Quadrature du Net...) ont répété leurs craintes sur l’instauration d’une surveillance de masse sans contrôle indépendant. «Un projet de loi dans une logique purement sécuritaire et essentiellement liberticide», a résumé le président de la Ligue des droits de l’Homme, Pierre Tartakowski. [...]

«Ce texte, vendu comme une loi contre le terrorisme, a une portée bien au-delà du terrorisme» et «légalise massivement des pratiques jusqu’à présent illégales, sans réfléchir à leur impact et aux justifications», a rappelé Adrienne Charmet. [...]

Le projet de loi sur le renseignement passera devant la commission des Lois la semaine prochaine avant d’être débattu à l’Assemblée à partir du 13 avril.

http://www.liberation.fr/politiques/2015/03/26/projet-de-loi-renseigneme...

[Silicon] Projet de loi sur le renseignement : « dangereux », « liberticide », « stupide »

Volée de bois vert pour le projet de loi sur le renseignement. Les associations représentant l’industrie et les défenseurs des libertés numériques pointent notamment deux mesures : l’installation de boîtes noires d’analyse des comportements sur les réseaux des opérateurs ou FAI et la remise aux autorités de moyens de déchiffrement. […]

La Quadrature du Net, association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet, a défouraillé la première. Dans un texte publié dès le 17 mars, l’association dénonce « l’instrumentalisation sécuritaire des événements meurtriers de janvier » (les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper cacher) qui « risque d’aboutir à une incroyable dérive du gouvernement en matière de surveillance des citoyens ». La Quadrature pointe notamment la conservation des données de connexion recueillies par les services pendant 5 ans et la faiblesse du contrepouvoir imaginé par le texte : « une commission consultative, aux pouvoirs limités, ne permettant des recours qu’a posteriori et sans garanties réelles pour les citoyens ».

http://www.silicon.fr/projet-loi-renseignement-dangereux-liberticide-stu...

[NextINpact] Droit d’auteur : l’équilibre du groupe de travail de Cavada mis en cause

Une ribambelle d’organisations, des professionnels du numérique à l’Electronic Frontiers Foundation en passant par des chercheurs, des bibliothécaires ou Wikimedia, ont adressé la semaine dernière un courrier à l’eurodéputé Jean-Marie Cavada. Objet de la missive ? Lui réclamer plus d’équilibre dans ses prochains travaux sur le droit d'auteur au Parlement européen. [...]

Craignant un déséquilibre patent, les signataires de la missive rappellent à Cavada l'impact du numérique sur une plus « grande variété de parties prenantes » : la société civile, les citoyens, les consommateurs, les institutions œuvrant pour le patrimoine culturel, les chercheurs, les universités ou encore l’industrie des nouvelles technologies. Cette ouverture doit profiter tout autant aux créateurs, du moins ceux « non représentés par les industries du droit d'auteur traditionnelles » (on pense notamment aux Youtubeurs, dont une partie desquels a exprimé son soutien au rapport Reda dans les pages de La Quadrature du Net). [...]

« Il y a certaines organisations qu’on n’a pu convier, concède le bureau bruxellois de l’eurodéputé. Cela correspond à une logique, un besoin de diversité et forcément, il y aura des déçus puisque choisir, c’est renoncer ». Dans les réunions, qui vont s’enchaîner jusqu’en octobre, « il y a un vrai équilibre, nous assure-t-on encore, pas un acteur n’aura une visibilité plus forte qu’un autre. M. Cavada s’efforce toujours de maintenir une certaine diversité des points de vue, d’autant que la mise à jour du calendrier est le fruit de la décision collégiale des dix eurodéputés qui constituent le groupe de travail ». On a beau chercher, nulle Quadrature du Net dans les prochaines réunions... L’attaché parlementaire nous rétorque que LQDN n’a pas fait connaître son souhait d’être convié... [...]

http://www.nextinpact.com/news/93504-droit-d-auteur-l-equilibre-groupe-t...

[Itele] Renseignement : au nom de la sécurité ?

Le Grand Décryptage de jeudi soir est consacré au projet de loi sur le renseignement. Pour en débattre, Olivier Galzi reçoit Céline Berthon, secrétaire générale du syndicat des commissaires de la police nationale, Thibault de Montbrial, avocat spécialiste du terrorisme, Céline Bardet, consultante sur le terrorisme et la sécurité pour la Commission européenne, et Philippe Aigrain, co-fondateur de l’association « la Quadrature du net ».

http://www.itele.fr/chroniques/grand-decryptage-olivier-galzi/renseignem...

[LesEchos] La mise sous surveillance du Net suscite des remous

Le projet de loi sur le renseignement accroît sensiblement les obligations des opérateurs télécoms et des géants du Net. […]

« Surveillance des comportements de tous les internautes, accès en temps réel aux données de connexion, accès aux contenus des e-mails et enregistreurs de frappe au clavier, etc. : l’éventail des mesures sans contrôle du juge est d’une ampleur sans précédent  », dénonce La Quadrature du Net, une association de défense des libertés des citoyens sur Internet. […]

Enfin, le projet de loi veut empêcher les intermédiaires de dévoiler leurs échanges avec les autorités, invoquant le secret-défense.

http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0204233005677-la-mise-sous-s...

[LeFigaro] Loi renseignement : un projet qui divise

Le projet est très critiqué par les défenseurs des libertés en ligne, qui dénoncent une «&nbps;dérive dangereuse&nbps;». L'UMP, de son côté, se félicite de mesures « adaptées à la menace&nbps;»

Une dérive « incroyable », « désastreuse », « dangereuse » et « sans précédents ». La Quadrature du Net, principale association française de défense de libertés en ligne, ne mâche pas ses mots pour critiquer le projet de loi sur le renseignement, dont le Figaro dévoilait les principales mesures mardi. « La voie prise par le gouvernement de Manuel Valls instaure une ère nouvelle de suspicion généralisée, marquant un recul historique de la séparation des pouvoirs et des droits fondamentaux », a estimé l'organisation dans un communiqué. « Alors que la loi sur le renseignement était annoncée comme une grande loi permettant de protéger les droits fondamentaux, l'instrumentalisation sécuritaire des événements meurtriers de janvier risque d'aboutir à une incroyable dérive du gouvernement en matière de surveillance des citoyens. »

Sur les réseaux sociaux, largement concernés par le futur dispositif de surveillance, le discours est le même. « En l'espace de trois mois, on est passé de #JeSuisCharlie à #JeTeSurveille », commente Marc Rees, rédacteur-en-chef du site NextInpact. Lui et d'autres internautes dénoncent un « FrenchiotAct », en référence au Patriot Act, une loi antiterroriste américaine votée au lendemain du 11-Septembre et largement critiquée pour ses mesures liberticides. […]

http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2015/03/17/01007-20150317ARTFIG...

[FranceCulture] Internet est-il un bien public ?

franceculture

Pour sa dernière partie l'équipe de la Grande table, reçoit Philippe Aigrain, pour réfléchir à cette interrogation, informaticien et chercheur, co-fondateur de La Quadrature du Net (association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet), membre parlementaire de la comission de réflexion et de proposition sur le droit et les libertés à l'âge numérique.

http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-interne...

[Liberation] Pour la pub, Lenovo menace la sécurité

Le fabricant chinois a préinstallé un « publiciel » dans ses PC, fragilisant l’authentification des sites web. […]

Sauf qu’il y a beaucoup plus grave. En ajoutant ces résultats sponsorisés, SuperFish porte atteinte à un système de sécurité central sur Internet : l’authentification des sites web. « Pour communiquer entre deux points de façon sécurisée, il existe un protocole : le https », explique Benjamin Sonntag, directeur technique de l’hébergeur Octopuce (et membre de la Quadrature du Net, association de défense des libertés numériques). Ce protocole est par exemple utilisé pour les paiements en ligne, afin d’éviter que les données bancaires ne se promènent dans la nature, qu’elles aillent directement de l’ordinateur au site de vente sans être visibles par un tiers. « Il permet aussi de vérifier que le site n’a pas été modifié », ajoute Stéphane Bortzmeyer, ingénieur réseaux.

Autre fonction cruciale, le https vérifie la « carte d’identité » du site. « Des entreprises, appelées autorités de certification, produisent des certificats une fois prouvée l’identité du propriétaire du site », poursuit Benjamin Sonntag. Exemple : le patron de Monsite.com contacte l’une de ces entreprises, atteste qu’il est le propriétaire légitime du site, et achète une « carte d’identité » reconnue. Les visiteurs pourront vérifier dans leur navigateur qu’ils sont bien sur Monsite.com, signé par une autorité reconnue, et qu’il s’affiche tel que le propriétaire l’a voulu. Pour avoir de la pub supplémentaire sur un site, donc en modifier le contenu, SuperFish se place au milieu de cette connexion, entre l’utilisateur et le site. Il procède à ce que les informaticiens appellent une attaque de l’homme du milieu (ou man-in-the-middle). […]

http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2015/02/23/pour-la-pub-lenovo-menace-...

[UsineDigitale] « La neutralité du Net aux États-Unis pourrait influencer l’Europe », avance Jérémie Zimmermann de la Quadrature du Net

Le cofondateur de la Quadrature du Net se réjouit de la décision de la FCC en faveur de la neutralité du Net, qu’il qualifie de victoire citoyenne. Pour lui, elle pourrait influencer l’Europe, même si la situation est plus complexe sur le Vieux Continent, où les services gérés des opérateurs sont déjà des discriminations qui ne disent pas leur nom. [...]

Jérémie Zimmermann insiste ainsi sur le fait que la décision de la FCC est une victoire citoyenne gagnée de haute lutte, après de longs mois.« Même Barack Obama est intervenu en nommant le lobbyiste en chef de Comcast (câblo-opérateur américain, NDLR) à la tête de la commission. Mais c’est un mouvement citoyen lourd qui les a fait plier. » Jusqu’au point d’orgue qu’il évoque : le présentateur vedette du Last week tonight show de la chaîne HBO, John Oliver a raillé le gouvernement et expliqué avec force plaisanteries le danger contre la neutralité que cette nomination représentait. [...]

Selon Jérémie Zimmermann, le débat européen qui partait de la stricte notion de ne pas restreindre l’accès des utilisateurs à Internet, s’est ainsi désormais déplacé. « Les opérateurs ont fait évoluer leur tactique. Aujourd’hui, leur but c’est d’essayer de faire payer un Google pour la part de bande passante dont il a besoin. Ces priorisations d’un service, y compris sous le nom de services gérés que les opérateurs appellent de leurs vœux, sont simplement des discriminations qui taisent leur nom. » Dans un document adressé au parlement fin 2014, la Quadrature du Net rappelait d’ailleurs ce qu’elle entend par neutralité : « Nous avons besoin de règles européennes claires qui interdisent tout type de discrimination du réseau comme le blocage, le ralentissement ou la discrimination par le prix. »[…]

http://www.usine-digitale.fr/editorial/la-neutralite-du-net-aux-etats-un...

[TF1] Vous trouvez internet lent ? Celà pourrait être pire sans la neutralité du net

INTERVIEW. Le régulateur américain des télécoms a adopté jeudi un texte consacrant la neutralité du net. Mais de quoi s'agit-il ? D'un principe qui pourrait nous éviter de payer internet plus cher ou de voir son débit ralenti selon Adrienne Charmet de la Quadrature du net. […]

MYTF1News : Qu'est-ce qu'une décision telle que celle prise aux États-Unis changerait en France ?

A.C. : Si la neutralité du net est garantie, ça ne changera pas grand-chose. Par contre, dans le cas inverse, les Français devront choisir au milieu d'une multitude de forfaits. Par exemple, ils devront choisir s'ils veulent voir leurs vidéos sur Youtube ou Dailymotion. Ou alors, on leur proposera un forfait à 5 euros mais uniquement pour consulter ses mails et Wikipédia. Ce sont des pratiques qui peuvent modifier profondément la question du prix d'internet ou la manière que l'on a d'accéder à internet. Aujourd'hui, on a accès à tout. Sans la neutralité du net, certains services seraient hyper ralentis et on ne pourrait plus y aller.

http://lci.tf1.fr/high-tech/vous-trouvez-internet-lent-ca-pourrait-etre-...

[PublicSénat] Les Etats-Unis consacrent Internet comme un « bien public »

Pour les défenseurs de la « neutralité du net », « c’est une grande nouvelle pour défendre l’égalité d’accès à Internet pour tous », commente Benjamin Sonntag, co-fondateur de la Quadrature du net. « Le risque, c’était la création d’un Internet à deux vitesses », insiste-il, qui remette en cause le droit des utilisateurs : « Ce n’est pas aux opérateurs qui fournissent les tuyaux de décider ce qui passe par leurs tuyaux. C’est aux citoyens de décider ce qu’ils veulent y faire passer puisque eux sont les utilisateurs finaux ». [...]

En France et en Europe, cette décision n’aura pas techniquement d’impact direct. Mais ce débat sur la « neutralité du net » existe. Au niveau national, cela relève du ressort de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), l’équivalent français de la FCC. Mais, « c’est surtout au niveau européen que cela se décidera », précise Benjamin Sonntag. D’ailleurs, se tient, en ce moment, un dialogue, au niveau européen, entre la Commission, le Parlement et le Conseil sur le futur règlement de l’Union européenne en matière de neutralité du net. Assurément, l’exemple américain pourrait avoir un impact politique.

http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/etats-unis-consacrent-internet-c...

[NextINpact] Au Parlement européen, un soupçon d'ACTA dans le rapport Svoboda

Le rapport de Julia Reda, c’est peu de le dire, déplait aux ayants droit et notamment aux autorités françaises. Qu'à cela ne tienne, un autre rapport est dans la boucle, avec des propositions nettement plus compatibles avec leurs prétentions, visant cette fois à lutter contre la contrefaçon à l'échelle commerciale, un thème cher à l'ACTA. [...]

Au Parlement européen, le rapport préparé par Pavel Svoboda (PPE-CZ), pointé par la Quadrature du Net, veut épauler cette communication par une résolution à voter en séance plénière. Un texte sans valeur juridique, mais un signal politique fort. [...]

Du côté de la Quadrature du Net, on fustige la tentation extrajudiciaire ici prônée : « Il est temps de tourner la page d'une conception du droit d'auteur comme machine à interdire et réprimer, qui aura nuit ces dernières années autant aux artistes qu'au public, au nom de la préservation d'intérêts privés. Le rapport Svoboda en est toujours l'expression, mais les citoyens européens peuvent agir pour peser sur le cours des choses, notamment en soutenant les propositions du rapport Reda » tambourine l’un des porte-paroles de l’initiative, Lionel Maurel (@Calimaq).[...]

http://www.nextinpact.com/news/93235-au-parlement-europeen-soupcon-dacta...

[NextINpact] Droit d'auteur : Jean-Marie Cavada flingue le rapport Reda

Au Parlement européen, en commission des affaires juridiques (« JURI », dans le jargon), Julia Reda a présenté lundi son projet de rapport sur la réforme du droit d’auteur. Au terme des discussions, Jean-Marie Cavada, qui présidait la séance, n’a pas été d’une tendresse particulière avec l’eurodéputée du Parti pirate. […]

La dernière attaque de l’europarlementaire français a consisté à décrédibiliser les soutiens de Julia Reda sur les réseaux sociaux. Cavada n’a pas fait état de la Quadrature du Net, des bibliothèques ni cette fois de l’Asic ou de DigitalEurope, mais des auteurs : « j’étais très réjoui de lire dans votre rapport que vous défendiez les auteurs, mais évidemment mon bonheur s’est effondré très rapidement quand j’ai vu quels auteurs sur les réseaux sociaux soutenaient vos propositions. »

Il épingle là le tout-venant, le gratte-cordes, le gratte-papier, derrière leur écran froid, loin des scènes et des lumières : « Mon petit fils est sans doute un auteur. Il a 18 ans, mais pour l’instant je ne le compare pas avec Goethe ni Victor Hugo. Mon voisin qui fait de la musique et a acheté une guitare est sans doute un musicien intéressant, mais pour l’instant cela ne m’intéresse pas beaucoup d’en prendre une dose plus importante que celle qu’il me file à travers les cloisons ». Bref, l’avis de ces sans-grades, délesté le temps d’un tweet entre deux bouchées de hamburger et trois boutons d’acné, ne compte que pour du beurre. […]

http://www.nextinpact.com/news/93201-droit-d-auteur-jean-marie-cavada-fl...

[Mediapart] Le nouveau dispositif de surveillance du net attaqué devant le Conseil d'Etat

La Quadrature du net et la fédération des fournisseurs d'accès à Internet associatifs ont déposé un recours contre le décret d'application de l'article 20 de la loi de programmation militaire sur l’accès administratif aux données de connexion. […]

Le recours déposé par La Quadrature du net et les fournisseurs d’accès associatifs attaque le décret d’application de l’article 20 sur plusieurs aspects. Ils estiment notamment que le gouvernement aurait dû notifier à la Commission européenne son projet de décret, une obligation prévue en cas de mesures législatives touchant à la « société de l’information ». Le recours se fonde également sur une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 8 avril 2014 annulant la directive européenne relative à la conservation des données par les opérateurs de communications électroniques. Or, selon Benjamin Bayart, porte-parole du fournisseur d’accès associatif French Data Network (FDN), « l'argumentation » utilisée par la CJUE, « est extrêmement claire : la directive traite tout le monde de la même manière, qu'on soit l'objet d'une enquête ou simple quidam. Ce qui veut dire que, de fait, tout le monde est suspect de tout, dans le doute. Et c'est précisément ça qui cloche, pour la CJUE. Elle constate que l'ingérence dans la vie privée créée par l'accès à ces données est majeure. Et que donc, elle doit être strictement proportionnée et rigoureusement encadrée. Loger tout le monde à la même enseigne, ce n'est pas proportionné. » « Dans cet arrêt », affirme dans son communiqué La Quadrature du net, « c'est donc le principe d'une surveillance générale de la population qui est mis en cause, au profit d'une surveillance ciblée des personnes pour lesquelles il existe un intérêt légitime à attenter au droit à la vie privée. » […]

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