pi's quotes

« La plus sacrée, la plus légitime, la plus inattaquable, et, si je puis parler ainsi, la plus personnelle de toutes les propriétés, est l’ouvrage fruit de la pensée d’un écrivain ; c’est une propriété d’un genre tout différent des autres propriétés. Lorsqu’un auteur fait imprimer un ouvrage ou représenter une pièce, il les livre au public, qui s’en empare quand ils sont bons, qui les lit, qui les apprend, qui les répète, qui s’en pénètre et qui en fait sa propriété. » (il ajoute que le droit de l’auteur de « disposer de l’ouvrage » doit être vu comme une « "exception", [car] un ouvrage publié est de sa nature une propriété publique. »)

Le Chapelier, auteur de la première loi sur le Droit d'Auteur en 1791

Jean-Yves Bloch, UniversCiné, 22 mai 2008

La répression n’est pas la solution, plutôt une offre légale large avec plus que les 3500 films proposés aujourd’hui à l’internaute. Sur Torrent, vous pouvez trouver 20 000 films, de surcroît plus faciles à télécharger…

— Jean-Yves Bloch, directeur général d’UniversCiné, Libération

Tribune de Pedro Martínez, procureur, Madrid

Nous pensons cependant que ce processus est imparable. De même que la bourgeoisie a signifié la fin de l'aristocratie, le nouveau paradigme finira par s'imposer, et les nouveaux inquisiteurs ne parviendront pas à l'arrêter.

— Pedro Martínez, procureur au parquet de Madrid, le 5 mai 2008

Nicolas Dupont-Aignan, sur son blog, 21 avril 20008

Ne soyons pas les moines-copistes du XXIème siècle, étouffant le progrès comme leurs prédécesseurs du XVème siècle qui avaient tenté de maintenir le monopole de leur corporation en essayant de faire interdire l’imprimerie.

— Nicolas Dupont-Aignan, Ne soyons pas les moines-copistes du XXIème siècle !, 21 avril 2008

L’obligation de protéger les titulaires de droits d’auteur qui incombe à l’État n’est pas telle qu’elle lui imposerait de mettre à leur disposition des moyens illimités lui permettant d’élucider les violations de ceux-ci. Au contraire, rien ne s’oppose à ce que certains droits d’investigation soient réservés aux autorités publiques ou ne soient tout simplement pas disponibles.

— Conclusions de l'avocat général de la Cour de justice des Communautés européennes dans l'affaire Promusicae vs Telefonica

M. Lefur et A. Suguenot, communiqué, novembre 2007

Ce transfert des pouvoirs du juge à une autorité administrative revient à créer une véritable juridiction d’exception pour les téléchargeurs et va à l’encontre du principe d’égalité devant la loi et les tribunaux, principes fondamentaux des lois de la République.

— Non à la justice d'exception ! communiqué des députés UMP M.Lefur et A.Suguenot, novembre 2007

Guy Bono, 20minutes,avril 2008

Nous vivons dans une société moderne. Internet fait parti de notre quotidien: c’est devenu un outil indispensable aussi bien dans la vie privée que dans la vie professionnelle. Supprimer l’accès à Internet à un jeune au prétexte qu’il télécharge est une décision gravissime. En Europe, la France est le pays qui envisage la mesure la plus répressive alors que c’est le pays des Droits de l’homme.

— Guy Bono, avril 2008, interviewé par 20 minutes

Jacques Attali, Le Monde, Avril 2008

La société politique doit faire en sorte que la démocratie gagne la bataille contre le marché ou, au moins, ne la perde pas. D'une part, le marché doit être efficace car les rentes sont créatrices d'inégalités ; d'autre part, la démocratie, c'est-à-dire la gratuité, conserve son champ. Je pourrais vous citer bien des propositions de la commission qui vont dans ce sens : par exemple, nous prenons parti contre le projet Olivennes de mise sous tutelle et surveillance de l'ensemble des utilisateurs d'Internet

— Jacques Attali, avril 2008, lors d'un débat organisé par le Monde

Michel Rocard, 20 minutes, avril 2008

Ces moyens de contrôle touchent aux libertés fondamentales et atteignent la culpabilité collective. Ce qui n’est pas acceptable dans cette affaire, c’est qu’on en arrive à une culpabilité collective.

— Michel Rocard, avril 2008, interviewé par 20 minutes

Dissoudre le peuple ?

« Au lieu de s’ériger contre une société civile en mouvement et de brider les nouvelles formes d’organisation productives ou créatrices, les droits de propriété intellectuelle doivent évoluer en fonction de la nouvelle donne technologique, de l’apparition de nouveaux acteurs et de nouveaux usages. Faute de quoi le discours sur la contrefaçon et la défense de la propriété intellectuelle apparaîtra de plus en plus comme la langue de bois d’un temps qu’on croyait révolu, celui où « le peuple avait par sa faute perdu la confiance du gouvernement », où « ce n’était qu’en redoublant d’effort qu’il pouvait la regagner » et où les autorités s’interrogaient avec Bertol Brecht, sur la solution : « Ne serait-il pas plus simple alors de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? »

- Guilhem Fabre, Professeur à l'Institut Universitaire de France, spécialiste international de la contrefaçon. Rapport sur la contrefaçon. À paraître.

Quand la propriété devient le viol

« Ce n’est pas un débat anecdotique. Si on laisse faire, non seulement on verra s’installer en France un frein à la croissance la plus moderne, mais on préparera l’avènement de la pire des sociétés, qui cumulerait l’avidité impitoyable du capitalisme, et la surveillance totalitaire du communisme. »