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[Libération] «Ce projet est en décalage avec la réalité»

«Ce projet est en décalage avec la réalité des usages et des techniques. Il est complètement anachronique. Prétendre couper l’accès des internautes français l’illustre. A notre époque, Internet est devenu un outil essentiel pour communiquer, travailler, étudier… Bannir des internautes peut revenir à les frapper de mort sociale électronique. En fait, l’industrie du disque essaye une nouvelle fois d’éponger la mer avec une serpillière. Le problème, ce sont les dommages collatéraux que son fanatisme entraîne (bavures numériques, insécurité juridique pour les entreprises, entrave au développement économique et social, etc.).

«Il n’y a rien d’étonnant à ce que rien dans ce texte ne soit prévu pour le public. Il suffit de constater que c’est l’ancien président de la Fnac qui a dirigé la commission en charge du projet. C’est comme si on confiait une mission sur les OGM au président de Monsanto. Et quand les producteurs font réaliser des sondages ridicules, ils sont mis en avant par le ministère de la Culture dès le lendemain. Il devient difficile de savoir qui est fonctionnaire et qui est lobbyiste. Dans les faits, de nombreuses études indépendantes prouvent que l’influence du téléchargement sur la chute des ventes serait minime. Une étude commissionnée par le gouvernement canadien montre même que les utilisateurs qui téléchargent sont en réalité ceux qui dépensent le plus pour des produits culturels. Et s’il est nécessaire de compenser une baisse, il existe des solutions alternatives pour rémunérer les créateurs, comme la licence globale. En plus de leur viabilité économique, elles n’impliquent pas de piétiner les droits fondamentaux des internautes en vue de maintenir des modèles obsolètes.

«Nous demandons au gouvernement d’abandonner son projet mort-né et un moratoire d’un an sur ces questions. Nous demandons aussi que la présidence française de l’Union européenne soit l’opportunité pour qu’un vrai débat démocratique se tienne en Europe sur le sujet, pour que des solutions assurant la protection des droits fondamentaux du public et la rémunération des créateurs soient mises en place.»

http://www.liberation.fr/actualite/ecrans/332955.FR.php