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Les citoyens, alibi des « labs » HADOPI

Paris, le 6 octobre 2010 - L'HADOPI a annoncé hier la création de 5 « labs » et invité les experts à y postuler et les citoyens à y participer. La Quadrature du Net invite les citoyens à ne pas se laisser piéger par cette dangereuse mascarade, afin de ne pas servir d'alibi à ces « savants fous » et à leur croisade contre le partage.

Lors de cette conférence de presse, les sujets qui fâchent n'ont pas pu être abordés : les failles juridiques de la « riposte graduée »1, les accusations portées à la légère par des polices privées du copyright et l'absence de collaboration de certains grands fournisseurs d'accès, etc. toutes ces questions sont toujours sans réponse. L'Hadopi a, en revanche, annoncé la création — aux frais du contribuable — d'un portail Internet et de 5 « labs », visant à approfondir des sujets techniques, juridiques et d'usages.

Ces 5 labs, animés chacun par un expert et des internautes bénévoles, seront donc le laboratoire des savants fous d'Hadopi. À ce jour, l'usine à gaz menaçait les internautes et prévoyait de leur proposer des logiciels espionnant et contrôlant leurs usages d'Internet, appelés pudiquements « moyens de sécurisation ». Aujourd'hui, l'Hadopi prétend demander à ces mêmes citoyens de servir d'alibi en participant à l'élaboration des futures politiques répressives.

« La mascarade des « labs » montre quelle chimère on a mis en place avec l'HADOPI : pendant que sa main droite menace les usagers et les pousse à s'enfermer volontairement dans la société de surveillance généralisée, sa main gauche utilise l'argent public pour acheter quelques experts et tromper les citoyens en se faisant passer pour un laboratoire de la démocratie numérique. » déclare Philippe Aigrain, co-fondateur de la Quadrature du Net.

« Il est important que les citoyens ne participent pas à cette ridicule mascarade : elle n'est qu'une campagne de communication ! La composition des labs et la tenue des débats étant contrôlées par l'HADOPI, il est clair que ce sont les mêmes lobbies qui ont présidé à sa création qui auront le dernier mot. C'est un comble que d'inviter les citoyens à la réflexion sur la construction de leur future prison numérique ! » conclut Benjamin Sonntag, co-fondateur de l'organisation citoyenne.