Press Review

[Silicon] Le paquet télécoms froisse industriels et consommateurs

Le nouveau paquet télécoms européen est critiqué par les opérateurs comme par leurs utilisateurs. Au cœur de la polémique : le roaming et la neutralité du Net. [...]

Pour l’UFC-Que Choisir : « cette confiance hasardeuse en l’autorégulation risque d’entrainer une augmentation du coût des abonnements des consommateurs et de fausser la concurrence en favorisant les accords entre gros opérateurs ». [...]

Elle autorise « explicitement la discrimination commerciale par le biais de priorisation », déplore de son côté La Quadrature du Net. Pour l’organisation de défense des droits et libertés des citoyens, Neelie Kroes a cédé « aux puissants lobbies télécoms, dans un cas flagrant de capture des politiques publiques par des intérêts industriels » et tente de « passer en force quelques mois avant les prochaines élections ». [...]

Jérémie Zimmermann, appelle le Parlement européen à « remplacer cette section du texte par des mesures garantissant l’application réelle et inconditionnelle de la neutralité du Net afin de défendre l’intérêt général ».

http://www.silicon.fr/paquet-telecoms-europe-industriels-consommateurs-8...

[LaTribune] Téléphoner en Europe pour le même prix qu'en France ? On s'en approche

Afin de créer « un continent connecté » et un marché unique des télécoms, la Commission européenne a adopté un nouveau cadre réglementaire du secteur qui prévoit la suppression (partielle et moins coercitive que prévu) des surcoûts d'itinérance (« roaming ») sur les appels mobiles au sein de l'Union. Elle s'attaque aussi aux appels « internationaux » depuis son pays d'origine en fixe et en mobile. Décryptage d'un texte de compromis qui ne satisfait personne. [...]

L'UFC rejoint sur ce point les défenseurs de la neutralité du Net, l'accès sans discrimination à tous les contenus. La Commission a pourtant inscrit le principe dans son texte : « le blocage et la limitation du contenu internet seraient interdits, garantissant ainsi aux utilisateurs l'accès à un internet ouvert et sans restriction » assure-t-elle. Mais les opérateurs « seraient toujours en mesure de fournir des «services spécialisés» à qualité de service garantie, tels que la télévision par internet (IPTV), la vidéo à la demande, certaines applications telles que l'imagerie médicale haute résolution » et certaines applications « en nuage » (en accès à distance) traitant les données critiques des entreprises.

De quoi faire hurler l'association la Quadrature du net, défenseure des droits et libertés des citoyens sur Internet, qui reproche au texte « inacceptable, biaisé, dangereux, dicté par les lobbies télécoms » d'autoriser « explicitement la discrimination commerciale par le biais de priorisation » de certains services au détriment d'autres. [...]

http://www.latribune.fr/technos-medias/20130912trib000784648/telephoner-...

[Numerama] Les eurodéputés appelés à retoucher le Paquet Télécom pour sauver la neutralité du net

Le Parlement européen se penchera bientôt sur le projet de règlement sur le Paquet Télécom. Défendu par Neelie Kroes, ce texte rassemble des dispositions touchant divers aspects du secteur des télécommunications. Pour la Quadrature du Net, c'est aussi un piège pour la neutralité du net. L'association appelle les eurodéputés à amender cette section. [...]

"Ce texte biaisé prétend protéger la neutralité du Net en interdisant le blocage et le ralentissement des communications en ligne mais vide ce principe de son sens en autorisant explicitement la discrimination commerciale par le biais de priorisation", écrit la Quadrature du Net, qui souhaite désormais que le Parlement européen fasse barrage et sanctuarise enfin la neutralité du net. [...]

http://www.numerama.com/magazine/26974-les-eurodeputes-appeles-a-retouch...

[01net] Neutralité du Net : Bruxelles veut ménager abonnés et opérateurs

Les opérateurs auront interdiction de bloquer le contenu sur Internet mais pourront fournir des services différenciés avec garantie de priorité et de qualité. [...]

Pour l'association la Quadrature du Net : « Ce texte biaisé prétend protéger la neutralité du Net en interdisant le blocage et le ralentissement des communications en ligne mais vide ce principe de son sens en autorisant explicitement la discrimination commerciale par le biais de priorisation ». [...]

http://www.01net.com/editorial/602992/neutralite-du-net-bruxelles-veut-m...

[France24] Télécoms : Bruxelles déçoit sur les frais d'itinérance... mais pas seulement

La vice-présidente de la Commission européenne, Neelie Kroes, a présenté, jeudi, son "paquet télécoms". Un plan qui promettait une révolution du secteur avec notamment la fin des frais d'itinérance, mais qui au final s'avère pour beaucoup décevant. [...]

   .@NeelieKroesEU précipite son inacceptable loi anti-neutralité du Net malgré les critiques https://t.co/UiKk1dB4Pr

— La Quadrature du Net (@laquadrature) September 12, 2013

L'Europe, futur paradis de la neutralité du Net, alors qu'aujourd'hui 44 millions d'Européens n'ont, par exemple, pas le droit d'utiliser Skype sur leur téléphone à cause de restrictions décidées par leur opérateur ? Pas si vite selon la Quadrature du Net, l'une des principales associations françaises de défense de la liberté d'expression sur l'Internet. Elle qualifie les propositions de Neelie Kroes de "projet anti-neutralité du Net" et son co-fondateur, Jérémie Zimmermann, fustige la vice-présidente qui "trahit les citoyens européens en cédant aux puissants lobbies télécoms".

La raison de cette ire ? Les propositions du "paquet télécoms" ouvrent la porte à l'instauration de services payants de "meilleure qualité pour ceux qui sont désireux de payer plus". Neelie Kroes reconnaît d'ailleurs qu'elle ne voit pas d'objection à ce qu'il y ait, "comme dans les avions", une "première classe et une classe économique" de l'Internet. Une définition de la neutralité du Net qui ressemble à celle défendue par les principaux opérateurs télécoms. [...]

http://www.france24.com/fr/20130912-itinerance-neutralite-net-telecom-pa...

[TeleSíntese] União Europeia prevê neutralidade de rede, com exceções

Para bloco, operadoras podem priorizar serviços, desde que a diferenciação não interfira na velocidade prometida aos demais usuários

A Comissão Europeia apresentou nesta quarta-feira (11) a proposta de regulação para criação de um mercado único de telecomunicações no bloco em que estabelece a neutralidade de rede como princípio. Está banida a prática de bloqueio e estrangulamento de qualquer conteúdo na internet. [...]

A organização não-governamental francesa La Quadrature du Net reagiu negativamente à proposta. Em texto publicado no site, a organização diz que o número de exceções beneficia as empresas e prejudica os usuários — e abre a possibilidade de institucionalização do fim da neutralidade de rede. "A proposta é propositalmente falha para beneficiar brechas comerciais na neutralidade de rede, através de formas de discriminação que minam nossa liberdade de comunicação e são anti-competitivas por natureza", diz Jéremie Zimmermann, porta-voz do grupo. [...]

http://telesintese.com.br/index.php/plantao/24122-uniao-europeia-preve-n...

[AFP] Bruxelles reporte à jeudi l’adoption de son "paquet télécoms"

Le « paquet télécoms », ensemble de propositions législatives de la Commission européenne pour rendre ce secteur plus compétitif, sera adopté formellement et transmis au Parlement européen jeudi au lieu de mercredi, a annoncé la Commission mardi. […]

Les propositions qu’il contient pour assurer la « neutralité du Net », c’est-à-dire assurer un internet ouvert sans discrimination, sont particulièrement contestées par les acteurs d’internet. Selon cette source, cette section du texte pose des « problèmes techniques et juridiques » et pourrait in fine être retirée du projet.

Les défenseurs d’un internet ouvert, comme l’association française La Quadrature du Net, accusaient depuis plusieurs semaines la Commission de céder aux pressions des industriels des télécommunications en permettant aux opérateurs de fournir des conditions de trafic privilégiées aux principaux acteurs d’internet, comme Google, ce qui va, selon eux, à l’encontre du principe de neutralité du net.

http://www.france24.com/fr/20130910-bruxelles-reporte-a-jeudi-ladoption-...

MÀJ : D'après un article publié par PC World, une source proche de la Commission aurait déclaré que le texte allait finalement être adopté mercredi ("Later, Commission sources said that an accord had been reached and that the text would be formally adopted on Wednesday after all.").

[EurActiv] Angriff auf Netzneutralität: Kroes' Breitband-Pläne in der Kritik

Neelie Kroes, EU-Kommissarin für die Digitale Agenda, muss möglicherweise ihre Pläne für den Breitband-Ausbau überarbeiten. Mehrere Kommissare kritisieren, dass Kroes' Vorschläge großen Anbietern unfaire Wettbewerbsvorteile gewährten, sagt ein hochrangiger Kommissionsbeamter. […]

Kroes' Sprecher Ryan Heath wollte sich dazu nicht äußern. […]

"Acht bis neun Kommissare haben ernsthafte Bedenken geäußert", sagt der Beamte, der nicht namentlich genannt werden will. "Die größte Sorge ist das Thema Netzneutralität. Kroes' Vorschläge schränken diese ein und schaffen Ausnahmen." Die Kommission will die Pläne nun noch einmal diskutieren. […]

Vereinbarungen zwischen Providern und Telekomdienste bevorzugten zwangsläufig aber nur große Firmen, so die Kritiker. "Das ist schlichtweg wettbewerbsfeindlich. Nur Unternehmen in der Größenordnung von Google haben diese Spannweite", sagt Jeremie Zimmermann, Mitbegründer der Pariser Aktivistengruppe La Quadrature du Net. […]

http://www.euractiv.de/digitale-agenda/artikel/angriff-auf-netzneutralit...

[IlSole24ORE] Alta tensione a Bruxelles sul pacchetto Kroes per il mercato unico delle tlc

Siamo alla resa dei conti in Europa sui grandi temi dei diritti di internet. Lo testimoniano le grandi pressioni in seno alla Commissione europea, che hanno già provocato l'effetto di rimandare di un giorno, a giovedì 12 settembre, l'atteso pacchetto - a firma del commissario Neelie Kroes - di norme per un mercato unico delle telecomunicazioni. [...]

In effetti ci sono molte parti, nella proposta di legge, che mirano a tutelare i diritti degli utenti nella normale internet. Le nuove norme vietano agli operatori di rallentare il traffico o bloccare specifici servizi, se non per alcuni specifici motivi. [...]

Il problema però — a quanto sostengono i vari critici, tra cui anche l'associazione pro internet Quadrature du Net e l'esperto di policy tlc Innocenzo Genna — è che non basta tutelare i servizi della normale internet se poi si apre la strada ad altri più veloci, a qualità garantita. Il rischio, quindi? Che i nuovi servizi uccidano quelli della normale internet e che ci ritroveremo solo con servizi e contenuti frutto di accordi tra big, con poco o nessuno spazio per i nuovi entranti. [...]

http://www.ilsole24ore.com/art/tecnologie/2013-09-10/resa-conti-internet...

[Mediapart][es] Contra el estado de excepción

En este póker diplomático, el rifirrafe entre rusos y americanos a propósito del caso Snowden esconde algo esencial que nos concierne a todos: la extensión del estado de excepción bajo una apariencia democrática tomando como coartada la Patriot Act o Ley Patriótica, puesta en marcha en Estados Unidos en el otoño de 2001 supuestamente para luchar contra el terrorismo. La batalla para hacer retroceder esta situación se juega aquí, en Internet.

Contra el estado de derecho, el estado de excepción se convierte en la regla aupado por nuestra culpable indiferencia. Una excepción planetaria, sin fronteras y sin límites, que querría imponerse como una norma universal con la fuerza de la evidencia y el refuerzo de la costumbre. [...]

« Los movimientos sociales más importantes de nuestra época son precisamente aquellos que luchan por la preservación de un Internet libre [...]. » — Manuel Castells

En defensa del intercambio con otros « hackivistas » digitales, entre ellos el francés Jérémie Zimmermann de la Quadrature du Net, [el libro] Cypherpunks: La libertad y el futuro de internet (Deusto) de Julian Assange no hace más que describir lo que fue más tarde confirmado por las revelaciones de Edward Snowden: « Si esta transformación no hace ruido, es porque aquellos que son conscientes trabajan en la industria de la vigilancia global y no tienen ningún interés en tomar la palabra ». [...]

Por consiguiente, la defensa de Internet, de un Internet libre, abierto y universal, se convierte en un reto político decisivo, donde la humanidad se juega la apropiación de su destino. « Es la herramienta más importante de la que disponemos para hacer frente a los problemas globales. Su preservación es una de las tareas más importantes de nuestra generación », insiste en el mismo libro Jérémie Zimmermann. [...]

https://www.mediapart.fr/journal/international/050913/contra-el-estado-d...

[Mediapart] Après l'affaire Snowden, l'anonymat sur internet en question

Les révélations du whistleblower ont mis en lumière une surveillance générale du net mais également une série d'outils permettant d'y retrouver un peu de confidentialité. Même si certains formats populaires, comme HTTPS ou SSL, pourraient eux-mêmes être corrompus... [...]

« On se rend compte aujourd’hui, avec PRISM, la surveillance de masse ou avec le modèle économique de géants comme Google ou Facebook, de la fragilité de notre infrastructure de communications », explique Jérémie Zimmermann, porte-parole de l’association de défense des droits des internautes La Quadrature du net. « Tout ce qu’on échange, la plupart du temps, ce sont des cartes postales que tout le monde en chemin peut attraper et lire avant de les laisser continuer. On en vient à se dire que c’est tout l’internet, l’ensemble de nos communications interpersonnelles, qui devrait être chiffré, anonymisé et sécurisé. » [...]

« Le terme “darknet”, je ne l’ai vu utiliser que dans le milieu de la presse », insiste Benjamin Sonntag, informaticien et co-fondateur de La Quadrature du net. « Je crois qu’il n’existe que dans la tête des journalistes. » « Si tu poses la question à des gens qui ont codé Freenet ou qui ont codé Tor, “pourquoi avez-vous voulu créer un darknet ? », poursuit Jérémie Zimmermann, « ils vont te regarder avec des gros yeux et ils vont te dire “non, nous on a fait des outils pour sécuriser les communications”. » [...]

http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/090913/apres-laffaire-snow...

[ComputerWorld][pt] Projecto de lei coloca em risco neutralidade da rede na UE

A comissária da UE para a Agenda Digital, Neelie Kroes, é acusada por um grupo de defesa dos direitos civis digitais, de ceder a interesses de empresas de telecomunicações.

O grupo de defesa de direitos civis digitais, La Quadrature du Net (QdN), acusa a comissária europeia da Agenda Digital da Europa de ceder à pressão de operadores e de abandonar sua promessa de proteger a neutralidade da rede. Um documento revelado pela organização mostra um esboço de propostas que a responsável deverá apresentar formalmente na próxima semana, sobre novas regras europeias de telecomunicações. E segundo Jérémie Zimmermann, porta-voz do grupo, mostram como Kroes recuou sob pressão dos lobbies das empresas de telecomunicações.[...]

A Comissão estará a dar aos operadores a liberdade de estabelecer negócios com grandes fornecedores de conteúdo, como a Google ou a Facebook para dar prioridade aos seus fluxos de dados através da Internet. Essa tomada de poder por parte do mundo empresarial iria relegar o resto dos cidadãos e novos agentes a uma Internet lenta com efeitos desastrosos para a liberdade e inovação online”, explica Zimmermann. [...]

http://www.computerworld.com.pt/2013/09/03/projecto-de-lei-coloca-em-ris...

[Sénat] Audition de Philippe Aigrain - 11 janvier 2012

Audition de Philippe Aigrain, cofondateur de La Quadrature du Net, par la commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat, le 11 janvier 2012.

Transcription réalisée par des bénévoles de l'APRIL. Un grand merci à eux !


Marie Christine Blandin : Monsieur Philippe Aigrain, cofondateur de La Quadrature du Net.

Philippe Aigrain : Merci. Je remercie chaleureusement la commission et sa présidente d'organiser cette audition et de m'y avoir invité. Je peux ainsi partager avec vous les débouchés d'un travail que je conduis depuis 2004 sur les moyens d'associer la reconnaissance du partage culturel non marchand entre individus et de nouvelles sources de rémunération et de financement de la création culturelle. L'expression la plus récente de ces travaux se trouve dans un livre qui paraîtra le 1er février et dont j'ai un exemplaire ici. Il est en anglais et je ne m'en excuse point. D'une part, parce que j'ai publié un autre livre en français sur des sujets voisins il y a 3 ans et d'autre part parce que je crois que pour un auteur qui a la chance d’être bilingue, faire vivre la pensée d'un auteur français en anglais est un bon service rendu à la francophonie.

Les propositions que je développe ont alimenté les propositions de la coalition « création publique internet » qui réunit des musiciens, des personnalités du cinéma, l'UFC Que Choisir dont Edouard Barreiro est ici le représentant et La Quadrature du Net dont je suis un des fondateurs.

Dans le temps qui m'est imparti je voudrais mettre en avant une proposition et faire un bref point sur la question du comment. Il nous faut absolument changer de regard sur le partage non marchand des œuvres numériques entre individus. On l'a stigmatisé comme piratage, or le partage non marchand de la culture est une constante dans toute son histoire. Alors pourquoi est-on arrivé à cette aberration d'une stigmatisation du partage non marchand des œuvres numériques entre individus ? Pour une raison simple c'est qu'il serait aberrant de nier la nouveauté introduite par l'informatique et internet. Aujourd'hui ce partage se développe à une échelle qui en fait un mode d'accès à la culture à part entière alors que les effets des pratiques non marchandes des individus paraissaient limitées avant l'ère numérique. En fait ils ne l’étaient pas tant que ça et heureusement parce qu'ils ont beaucoup contribué à la culture. Face à cette situation de nouveauté de l'échelle du partage, deux approches étaient possibles. On pouvait tenter d'éradiquer cette gênante nouveauté ou s'adapter à la nouvelle situation en sauvegardant l'essentiel, la rémunération des créateurs et les conditions d'existence des œuvres. L'application têtue de la première option depuis 15 ans, car l'Hadopi n'est que le 20ième des dispositifs qu'on a développés et il y en a eu plusieurs depuis, n'a pas amené un centime de rémunération supplémentaire aux créateurs. Elle a dressé, heureusement seulement partiellement, les créateurs et leur public en ennemis et elle a remplacé des formes vertueuses et utiles de partage par des formes appauvries d'accès, non rémunératrices dans la plupart des cas.

Je vous propose donc d'adopter la seconde approche et de porter sur le partage numérique un regard ouvert, factuel et sans préjugé. Dans mon livre « Sharing » - Le partage - j'ai dressé un tableau détaillé des enseignements de nombreuses études dont certaines que j'ai personnellement conduites. Elles montrent que c'est une erreur de se centrer sur l'éradication du partage entre individus et la compensation de supposés torts causés par ce partage alors que d'autres défis de l'ère numérique appellent toute notre attention et que leur traitement apportera à la création des ressources bien plus importantes.

En effet le premier effet du numérique c'est la multiplication immense, dont parlait à l'instant le représentant d'OpenStreetMap, du nombre de producteurs de contenus et parmi eux des créateurs qui nous donnent des œuvres d’intérêt dans tous les médias. Le second effet, en particulier quand le partage non marchand est possible, c'est un accroissement important de la diversité d'accès aux œuvres, et pour situer ça par rapport aux propos contraires de Pascal Rogard, il est exact que cet accroissement de la diversité d'accès ne se traduit pas nécessairement par un accroissement de la diversité de rémunération en raison du verrouillage des mécanismes des offres commerciales et des dispositifs de rémunération.

Nous nous trouvons donc dans un situation où il y a plus de créateurs, plus d’œuvres d’intérêt et une attention mieux répartie entre celles-ci. Voilà de bonnes nouvelles mais aussi un immense défi. Comment permettre à chacun d'entre nous, au niveau où il en est comme auteur, interprète tout ça, - moi j'ai tendance à penser que toutes les formes de contribution à la création ont une égale dignité - comment faire donc pour qu'au niveau où on en est, on puisse progresser vers ce que un créateur ou son public juge une qualité à atteindre ? Et ça se pose également pour les gens qui ne visent pas directement une rémunération liée aux œuvres. Comment enfin éviter que dans cette révolution les fonctions éditoriales à valeur ajoutée, les intermédiaires qui aident à reconnaître et à mûrir la qualité, les œuvres difficiles à produire ne viennent à disparaître ? C'est pour affronter ces défis que j'ai proposé de mettre en place, en parallèle avec la reconnaissance du partage numérique non marchand, un financement contributif des internautes, sous le nom de création contributive, contribution créative pardon, mais les 2 sont vraies, des internautes, donc contribution des internautes abonnés au haut-débit, à un bien commun dont ils bénéficieraient tous, la culture numérique partagée.

J'ai montré qu'à des niveaux acceptables de contribution, 4 à 5 euros par mois par abonné pour l'ensemble des médias, y compris ceux dont heureusement on a parlé pour une des premières fois aujourd'hui avec le livre numérique, on pourrait ainsi constituer une source supplémentaire, et je dis bien supplémentaire, car il faut être ignorant de toute l'histoire de l'économie culturelle pour prétendre qu'elle se substituerait aux autres, 4 à 5 euros par mois et par abonné au haut-débit, ça représente 3 à 4 % suivant comment on compte la consommation culturelle des ménages, ça représente 1/10ième de ce que les ménages défavorisés économiseront lorsque le prix de leur communication mobile aura été effectivement divisé par 2. Donc sans avoir vocation à remplacer les autres, cette source de financement aidera à passer à la nouvelle échelle des productions culturelles et compensera, non pas les torts venus du partage, mais l'érosion inévitable et heureusement partielle d'autres ressources comme les financements issus de la télévision.

Je n'ai pas le temps de vous détailler le comment, vous en trouverez un traitement détaillé dans mes ouvrages, mais depuis 8 ou 9 ans des chercheurs et des praticiens culturels du monde entier ont travaillé, débattu, critiqué et amélioré des propositions pour chacune des facettes du comment, des limitations précises du non marchand, par exemple en ce qui me concerne, je pense qu'il devrait exclure des sites qui ont une forte composante commerciale comme MegaUpload, mais que par contre il devrait pleinement s'appliquer pour la partie non marchande à des sites comme Jamendo, donc ce sont des réglages très précis et très importants pour le futur des sources de rémunération : mesure des usages, respectueux de la vie privée, précise et résistante à la fraude, clef de répartition, gouvernance des organisations à mettre en place, rôle essentiel des contributeurs dans les choix. Une des raisons pour lesquelles je n'ai rien contre les transferts dans la valeur ajoutée résultant de contributions qui viendraient des fournisseurs d'accès, de Google, de tout ce qu'on voudra, mais une des raisons pour lesquelles je tiens profondément à ce que la contribution vienne des individus, du moins des ménages eux-mêmes, c'est évidemment dans un souci pédagogique, mais la pédagogie inverse, celle où ce sont les individus qui font la pédagogie à destination de ceux qui ont pensé avoir la bonne solution pour eux, mais aussi parce que qui paiera aura le pouvoir ou du moins pourra avoir le pouvoir sur l'usage de ces fonds. Je n'ai aucune tendresse pour les sociétés concernées mais je crains beaucoup la façon dont elles deviendraient potentiellement de grands distributeurs comme ceux de la grande consommation, facturant des marges arrières pour le placement de produits en même temps qu'ils touchent des bénéfices de leur diffusion. Ils le font déjà mais ça pourrait être pire !

Donc on aura réussi à travers un débat qui est loin d’être terminé et qui est nécessaire à réunir un consensus qui sera forcément partiel mais qui peut être solide, on pourra enfin traiter la question de trouver une base juridique dans un cadre pour la première fois sain, c'est-à-dire on aura un projet d’intérêt général et on demandera aux juristes la meilleure façon de le mettre en œuvre et non pas, on ne demandera pas aux juristes de nous expliquer ce qu'on ne peut pas faire parce qu'on n'a pas envie de le faire.

Donc vous avez en main la possibilité de donner une chance à ces approches dans les mois et les années qui viennent, elles respectent les valeurs auxquelles vous êtes attachés, celle de la juste rémunération des auteurs interprètes et autres contributeurs à la création, celle de l'accès de tous à la culture et aux pratiques artistiques et elles feront vivre la diversité des œuvres et leur donneront une chance de trouver un public dans une concurrence qui, ne nous y trompons pas, sera forcément de plus en plus intense.

Merci de votre attention et le texte de mon intervention est disponible pour qui voudra y revenir.

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http://videos.senat.fr/video/videos/2012/video11066.html

[France5] Le Vinvinteur : la dictature du copyright

Extrait de l'émission Le Vinvinteur diffusée le 27 janvier 2013 sur France 5 avec Lionel Maurel et Jérémie Zimmermann, membres de La Quadrature du Net.

Transcription de l'interview de Jérémie Zimmermann réalisée par des bénévoles de l'APRIL. Un grand merci à eux !


Vinvin : Retrouvons maintenant une figure de proue de l'Internet libre : Jérémie Zimmermann. Il est l'un des activistes français anti-copyright les plus efficaces. Son collectif, la Quadrature du Net, a grandement contribué à faire flancher le projet de loi anti-piratage ACTA rejeté par le Parlement européen en juillet 2012. Nous l'avons rencontré dans les locaux de la Quadrature pour un entretien exclusif, dans la vie vraie.

Jean-Marc Manach : Bonjour Jérémie.

Jérémie Zimmermann : Bonjour.

Jean-Marc Manach : ACTA, SOPA, PIPA, c'est quoi le maître mot du combat que toi tu as mené ici, que Aaron Swartz a mené aux États-Unis ?

Jérémie Zimmermann : À quelques mois d'intervalle aux États-Unis, les Internets ont battu SOPA et PIPA alors que 3 mois avant tout le monde disait « C'est impossible, on ne peut pas battre Hollywood aux États-Unis ». Et à quelques mois de ça les Internets en Europe ont battu ACTA. ACTA, SOPA et PIPA c'était globalement la même chose. C'est ce que les industries du disque et du film demandent depuis maintenant 5 ans, un échelon de plus dans cette guerre contre le partage qu'ils mènent contre le public, contre nous, contre la société.

Jean-Marc Manach : Est-ce que tu peux juste expliquer ce que c'est que c'est que les Internets, parce ce que c’est ça effectivement un des enseignements fondamentaux, c'est les Internets.

Jérémie Zimmermann : Nous on a été un nœud du réseau. Et le réseau c'est un réseau complètement informel qui évoluait au fil du temps. C'était les agriculteurs du réseau semences paysannes, c'était séropositifs et militants gays et lesbiens de ACT'UP Paris. C'est une coalition qui a dépassé les communautés de geeks évidemment mais qui a également dépassé les frontières. On avait des gens de Nouvelle-Zélande qui nous soutenaient et qui relayaient nos communiqués de presse et quand l’Internet tout entier sert de caisse de résonance, ces sujets complexes politiques, techniques, législatifs se transforment en un mouvement social qui balaye les lobbies de l'industrie et c'est cette démonstration, par l'exemple, que l'on a faite à tous ceux qui pensent que l'on ne peut pas changer les choses. C'est du boulot, c'est beaucoup d'énergie, mais on peut le faire.

Jean-Marc Manach : On a l'impression que c'est complètement irrationnel cette façon qu'ont les politiques ou les industriels d'avoir peur de ce qui tu appelles les Internets, d'avoir peur du fait qu'il y a des gens qui vont se permettre de partager ou qui vont se permettre de pouvoir lire des choses sans demander l'autorisation.

Jérémie Zimmermann : Il faut mettre un terme à cette guerre contre le partage. Qu'il n'y ait pas le SOPA d'après, le ACTA d'après, l'HADOPI d'après et pour cela on est obligé de regarder en face la façon dont la culture se fait. Aujourd'hui notre culture, elle est basée sur le partage, sur le remix, sur le copier-coller. Chacun avec un ordinateur à 100 euros, peut prendre des bouts de vidéos, les passer à l'envers, changer le son et changer le sens d'une œuvre et en faire son interprétation et le partager. Ce n'est pas kim.com et les mégauploads qui se font du blé sur cette activité-là. Moi je te parle du peer-to-peer, je te parle de l’échange de disque dur ou de clef USB, ce qui s'est toujours fait. Quand un individu va voir une autre individu et lui dit « Hé ! J'aime ça et j'ai envie de te le donner », c'est comme ça que la culture se propage, c'est comme ça qu'elle existe. La culture n’existe que si elle est partagée et à partir du moment où on a notre culture qui se fait comme ça, et c'est la réalité, et qu'on a une loi qui va toujours plus loin se déconnecter de cette réalité, nous ce que l'on dit c'est simple : « il faut changer la loi ! » Et là on peut réfléchir à d'autres choses, on peut réfléchir par exemple à comment collectivement financer la culture, financer la création. On a nos propositions sur le site de la Quadrature pour réformer le droit d'auteur et les politiques culturelles associées, sauf qu'au Ministère de la Culture et dans les lobbies des industriels établis, on ne veut pas en entendre parler. Pour eux ces contributions créatives c'est un gros mot, parce que ça remet en cause le modèle établi.

Jean-Marc Manach : Merci, je crois qu'on va se revoir.

Vinvin : Merci Jérémie Zimmermann ! Sachez que mon équipage et moi-même serons toujours là pour vous prêter main forte.

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La version longue de l'interview de Lionel Maurel :

Transcription également réalisée par des bénévoles de l'APRIL.


Vinvin : Et bien bonsoir à tous. Bonsoir Lionel !

Lionel Maurel : Bonsoir.

Vinvin : Comment tu l’appelles déjà Jean-Marc ?

Jean-Marc Manach : Calimaq

Vinvin : Calimaq, c'est ton surnom ?

Lionel Maurel : C'est mon pseudo ouais, sur Internet.

Vinvin : C'est ton pseudo. Merci d’être avec nous. Je te laisse dans les mains de Jean-Marc Manach notre rédacteur en chef. Et actuellement sur Internet, tout le monde peut nous entendre, réagir, poser des questions, twitter, dailymotionner, faire tout un tas de choses et moi je m'occuperai essentiellement de ça pendant que Jean- Marc va mener le débat.

Lionel Maurel : Ok.

Jean-Marc Manach : Ça veut dire quoi Calimaq ? Ça vient d'où ?

Lionel Maurel : Calimaq, en fait j'ai pris ce pseudo par rapport à une personne qui s'appelait Callimaque de Cyrène qui était un des premiers bibliothécaires de la bibliothèque d'Alexandrie pendant l'Antiquité. Et j'ai pris ce pseudo.

Jean-Marc Manach : Pardon, vas-y, non non je t'en prie !

Lionel Maurel : Non non vas-y !

Jean-Marc Manach : Et pourquoi ton blog s'appelle S.I.Lex ?

Lionel Maurel : Alors S.I.Lex en fait c'est un mélange entre lex, la loi, et S I, Science de l'Information. Parce que moi ma formation c'est d’être à la fois juriste et bibliothécaire, et j'essaie de mélanger un peu ces deux approches sur mon blog. C'est pour ça que j'ai appelé ça S.I.Lex.

Jean-Marc Manach : Et comment ça t'est arrivé le fait que tu t'intéresses à ce qu'on appelle le libre, la culture du libre et des biens communs ?

Lionel Maurel : En fait ça a été un cheminement, je dirais, assez progressif : moi je me suis d'abord intéressé au droit d'auteur. Parce que dans l'activité des bibliothèques on est très très souvent confrontés à des problèmes juridiques et à des questions qui se posent par rapport au droit d'auteur. Qu'est-ce qu'on peut copier ? Qu'est-ce qu'on peut diffuser ? Comment on prête des documents ? Tout ça, ça renvoie au droit d'auteur. Et je me suis rendu compte qu'il y avait des contraintes extrêmement fortes qui pesaient sur toutes ces actions et petit à petit, j'ai découvert qu'il y avait une alternative, une autre façon de poser les choses, avec les licences libres et quand j'ai vu les possibilités que ça ouvrait, et bien j'ai approfondi la question et ça m'a ouvert, voilà, ça m'a ouvert… Je ne suis pas du tout moi, venu du monde, je dirais, du monde geek, du monde du logiciel libre ou quoi, mais ça m'a connecté à toutes ces problématiques qui sont extrêmement importantes pour essayer de penser autrement le droit d'auteur.

Jean-Marc Manach : J'ai une petite question: qu'est-ce que c'est la licence libre ?

Lionel Maurel : Alors ouais, les licences libres en fait c'est des contrats. Ça nous vient du logiciel, du secteur du logiciel, c'est né à ce moment-là. C'est-à-dire, c'est des gens qui au lieu d'utiliser le copyright c'est tous droits réservés, ça veut dire donc que celui qui a les droits sur le contenu empêche a priori tout usage de son œuvre. On peut faire fonctionner autrement le copyright ou le droit d’auteur. C'est-à-dire on peut utiliser des contrats, des licences, qui au lieu de poser des interdictions donnent des libertés. Et donc les licences libres, c'est tout un système de contrats, qu'on peut attacher à des œuvres qui peuvent être des écrits, des photos, des vidéos et qui permettent une meilleure circulation des œuvres sur Internet. Les licences les plus connues c'est les licences Créative Commons, actuellement sur Internet, mais il y en a bien d'autres. En France il y a une licence Art Libre, il y a des licences Open Data. C'est toute une galaxie, je dirais, de licences qui permettent de penser autrement le droit d'auteur.

Jean-Marc Manach : On m'a parlé aussi d'une histoire de recette de bière. Oui ? C'est quoi cette histoire ?

Lionel Maurel : C'est la première fois où j'ai rencontré le concept de licence libre : c'est une bière qui avait été mise sous licence Créative Commons, une bière libre. Donc en gros le principe, c'est : tu vois la recette du Coca-Cola par exemple est gardée secrète, c'est un secret extrêmement bien gardé, là pour cette bière, ils ont essayé de procéder autrement. Ils ont publié la recette en ligne et lui ont attaché une licence libre. Le principe, c'est la free beer si tu veux, le principe de cette free beer c'est que n’importe qui peut reprendre la recette, la modifier, l'améliorer et créer des dérivés de cette bière à partir de cette recette-là. Il y a tout un courant d'ailleurs, de cuisine libre, qui est assez intéressant : en ce moment à Brest il y a eu une opération de libération des soupes, un festival de la soupe où les gens étaient invités à partager des recettes de soupes, au moment du festival de la soupe. Il y a un courant de cuisine libre aussi. Quand j'ai vu le concept, ça m'a un peu renversé les conceptions que je peux avoir et c'est ça que je trouve intéressant dans les licences libres, ça met le droit d'auteur sans dessus dessous. Voila. C'est hyper important.

Vinvin : Et ça c'est bien ? C'est bien ça ? Que ça mette… Mais l'auteur, est-ce que ça le met sans dessus dessous l'auteur un peu aussi quand même ?

Lionel Maurel : Non, parce que ça le laisse au centre du dispositif. C'est ça qui est intéressant. C'est-à-dire que les licences libres laissent la possibilité à l'auteur, et à lui uniquement, de choisir s'il veut ouvrir ou non son contenu. Et ça si tu veux, il y a beaucoup de choses à mon avis qui doivent être changées dans le droit d'auteur mais certainement pas ce principe-là. C'est-à-dire que ça doit être centré sur l'auteur, et respecter ses choix. Et pour ça la licence libre je dirais, elle chamboule beaucoup de tout, beaucoup de choses, mais pas ce principe-là qui est hyper important.

Vinvin : Moi il y a une chose sur laquelle, enfin c'est une des raisons pour lesquelles je voulais parler avec toi ce soir, c'était que tu nous parles du Copyright Madness. Est-ce que tu peux définir ce que c'est le Copyright Madness ?

Lionel Maurel : Le Copyright Madness en fait, c'est une espèce de revue de presse, que je fais depuis un certain temps, depuis un moment on l'a fait à deux avec un collègue qui s'appelle Thomas Fourmeux, parce que… alors je vous expliquerai pourquoi. C'est une sorte de revue de presse qu'on fait, on essaie de repérer tous les cas où à notre sens il y a dérapage des lois de la propriété intellectuelle, du droit d'auteur, des brevets, des marques. On fait une veille là-dessus. La première fois où j'ai vraiment eu l'impression de tomber sur un énorme cas de dérapage, c'est des policiers qui s'opposaient à la diffusion de bandes de vidéo surveillance, d'enregistrements de vidéo surveillance, en estimant avoir un droit d'auteur sur l'enregistrement. Et là je me suis dit : c'est complètement délirant, une caméra de vidéo surveillance, considérer que c'est une œuvre et qu'on a un droit d’auteur et utiliser le copyright pour empêcher la diffusion de bandes, ça m'a paru vraiment énorme. Et j'ai continué à faire une veille sur ces questions et je me suis rendu compte, que chaque semaine, j'en trouvais assez pour faire une revue de presse complète quoi. Et j'ai l'impression que, plus ça va, plus je trouve de cas, plus on trouve de cas, et on a fait, il n'y a pas longtemps, un "worst of" Copyright Madness de 2012 qui faisait 4 pages avec des cas à peu près dans tous les sens des dérapages du système de la propriété intellectuelle.

Jean-Marc Manach : Est-ce que tu peux donner justement quelques exemples concrets pour que les gens comprennent exactement ce qu'est cette folie du copyright ?

Lionel Maurel : Ben, il y a plusieurs sortes de dérapages. Il y a des dérapages qui tiennent, je dirais, là dernièrement celui qui m'a beaucoup frappé, c'est vous savez bon les auteurs ont des droits , mais ces droits passent à leurs descendants à leur mort et durent pendant 70 ans après la mort de l'auteur. On a une durée très très longue. Il y a souvent des dérapages qui sont dûs aux excès dans la manière dont les descendants utilisent le droit d'auteur. Par exemple, c'était au Danemark et des descendants de Fifi brindacier, le truc pour enfants, qui se sont opposés à ce que le petit singe de Fifi brindacier, aille sur le faire-part de décès d'un enfant, qui avait 3 ans, parce qu'ils ont estimé que ça ne donnait pas une image assez positive du petit singe. Et donc ils se sont opposés à ça et ils ont avancé une chose qu'on appelle le droit moral. Ça s'appelle comme ça. Au nom du droit moral, ils se sont opposés à l'utilisation du petit singe sur le faire-part de décès du garçon, c’était son animal préféré. Et donc ça a fait un énorme boycott, et sous la pression ils ont été obligés de revenir en arrière. Ça pour moi c'est un cas, vraiment, assez puissant de dérapage. Voila. Après il y a beaucoup de dérapages sur Internet. On a des cas fréquents. Le cas le plus énorme, je crois, de l’année dernière c'était sur Youtube. Il y avait des chants d'oiseaux qui avaient été enregistrés, un enregistrement de chants d’oiseaux qui a été retiré de Youtube par le système de repérage automatique des infractions de copyright qui est en place sur Youtube, parce qu'une firme avait revendiqué des droits sur l'enregistrement des chants d'oiseaux. Et ce qui est fou c'est que ça a marché. C'est-à-dire qu'il y a eu vraiment un retrait et toute une procédure très compliquée pour remettre en ligne ces chants. Voila  ! J'en aurais plein d'autres exemples.

Jean-Marc Manach : Moi il y a un cas qui me semblait très intéressant. Tu avais fait un long billet qui avait très bien marché l'année dernière là-dessus, c'est sur les Jeux Olympiques. Parce que là tu avais écrit que c'était une sorte de représentation emblématique de ce qui risquait d’arriver, de ce qui risquait de se généraliser et en fait on serait dans un monde où on n'aurait pas le droit. Tu peux résumer un petit peu ce qui s'est passé aux Jeux Olympiques ?

Lionel Maurel : Les Jeux Olympiques c'était hyper intéressant parce que ça a été une sorte de paroxysme du contrôle par la propriété intellectuelle. Alors ça peut paraître assez éloigné, les Jeux Olympiques et le droit d'auteur, les marques etc., mais pas vraiment. Parce qu'on imagine Londres, la ville était en fait saturée de logos, d’affiches avec des marques qui sont protégées, et en même temps le CIO avait un besoin très fort de contrôler les images qui étaient diffusées, des épreuves, pour réserver une exclusivité à des chaînes de télé. Et ils avaient aussi un besoin de contrôler l’usage des marques parce qu'ils avaient accordé, enfin ils avaient des sponsors, des grandes marques qui étaient sponsors, et voilà. Donc ils ne voulaient pas qu'il y ait de publicité sauvage. Et ça les a conduits à mettre en place un système de contrôle extrêmement poussé de l'utilisation de tous ces contenus, à Londres. Ils ont mis en place une sorte de police privée des marques, pour appliquer leur politique, et ça a conduit à des dérapages complètement hallucinants. Par exemple : ils avaient accordé une exclusivité sur les frites à Mac Do sur tous les sites olympiques, il n'y avait que Mac Do qui avait le droit de servir des frites. Ils ont agi parce que certains gens portaient des tee-shirts Coca-Cola, alors que c'était Pepsi le sponsor, et ils ont demandé aux gens d'enlever leurs tee-shirts Coca-Cola parce que ça faisait une publicité sauvage à Coca-Cola.

Ils ont aussi exercé un contrôle extrêmement fort de tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à des anneaux olympiques. Par exemple, il y a des commerçants qui avaient voulu faire, par exemple, des pains en forme d'anneaux olympiques, il y a un boucher qui a voulu faire des saucisses en forme d'anneaux olympiques, et le CIO a demandé le retrait parce que c'était pour lui une violation des marques.

Et puis là où ça a commencé à déraper c'est lorsque, il y a eu beaucoup d'opposants à ces jeux olympiques, qui ont considéré que ce n'était du tout une bonne chose pour Londres, et ils ont utilisé le droit des marques et le copyright pour demander à ces opposants de retirer les billets qu'ils pouvaient publier sur ces questions-là, au motif qu'il pouvait y avoir quelques anneaux olympiques. Voilà.

L'autre cas qui était très très fort, ils avaient fait passer une loi en Angleterre pour réserver l'usage des mots "Jeux Olympiques" et ils vendaient l'exclusivité aux médias et les médias qui n'avaient pas acheté cette exclusivité n’avaient pas le droit d’employer le mot "jeux Olympiques". Donc les chaînes de télé, pour rendre compte des événements, employaient des stratégies pour contourner et elles pouvaient parler par exemple elles disaient les "jeux d'été". Ils n'avaient pas le droit de dire jeux olympiques. Donc ça j'ai trouvé que c'était vraiment un cas extrêmement fort, parce que ça montre que si on élève encore le degré de contrôle et si ce type de pratique se généralise on arrivera à un système où le copyright madness deviendra un peu notre quotidien.

Jean-Marc Manach : Il n'y avait pas aussi une interdiction de prendre des photos ou de twitter pendant les jeux olympiques, parce que c'était réservé aux seuls journalistes qui avaient payé des droits d'auteur ?

Lionel Maurel : C'est ça  ! Ils ont accordé des exclusivités aux chaînes de télé et aux agences de presse, aux agences photos, et donc ils ont exercé un contrôle très fort sur tous les médias sociaux, pour éviter que les gens avec leurs téléphones portables renvoient des photos sur fliicker, sur twitter ou des vidéos, et il y avait un contrôle des réseaux sociaux qui avait été extrêmement fort pendant les jeux olympiques. Il y a beaucoup de gens qui ont dit que finalement les jeux olympiques de Londres ont été plus répressifs que les jeux olympiques en Chine, mais ils l'ont été à cause du contrôle sur la propriété intellectuelle, pas pour des raisons politiques. Et c'est ça qui m'inquiète dans l'évolution de la chose  !

Vinvin : Mais Lionel, ce qui t'inquiète c'est le pouvoir de l'argent. Ce n'est pas tellement parce que les marques elles sont quand même là pour financer les jeux olympiques et si elles n'étaient pas là il n'y aurait pas de jeux olympiques  ! Donc comment ?

Jean-Marc Manach : Et c'est un pirate qui dit ça  !

Vinvin : Ben ouais mais bon justement, moi je voilà ! On fait quoi ? On ne fait plus de jeux olympiques pour respecter le copyright ? Comment veux tu que les gens fassent ?

Jean-Marc Manach : Comment il faisaient en Grèce ?

Vinvin : En Grèce ils étaient 12 et ils ont jeté un javelot. Il n'y avait pas twitter.

Lionel Maurel : Moi ce que je trouve inquiétant c'est que ce soit aussi simple d'utiliser le droit des marques, le droit d'auteur et parfois aussi le droit des brevets, ça joue aussi, pour le détourner de son but initial et exercer des formes de contrôle qui ne sont absolument pas acceptables du point de vue des libertés publiques. C'est ça moi qui me dérange beaucoup. Après que les marques protègent leurs intérêts, notamment dans le cadre des jeux, c'est assez logique. Mais qu'on puisse aller jusqu'à par exemple retirer des billets d'opposants parce que simplement il y a un logo jeux olympiques, ça ça me paraît grave. Il devrait y avoir un équilibre entre certaines formes de liberté d'expression, liberté critique, et la protection des marques. Et quand cet équilibre est rompu, c'est là que les cas de copyright madness apparaissent, parce qu'on est dans un excès de l'application de la propriété intellectuelle. Moi ma réflexion aussi, c'est d'essayer de voir comment on peut rééquilibrer le système, parce que là on est arrivés à un stade où on peut sérieusement se demander si les choses ne sont pas allées trop loin.

Vinvin : Comment on sait quand c'est arrivé trop loin ? Qui a le curseur ?

Lionel Maurel : C'est quand les faits se sont passés qu’on sait qu'on est allé trop loin. Par exemple, je vous donne un autre exemple, l'année dernière il y a une enseignante qui s'appelait madame Figaro. Et madame Figaro elle avait un blog, qui s'appelait la classe de madame Figaro. Sauf que Le Figaro, lui, a considéré que c'était une violation de son droit des marques. Il a demandé à madame Figaro de fermer son blog. Donc là, moi il me semble, on voit qu'on va trop loin. Mais pourquoi est-ce qu'on on va trop loin ? C'est simplement parce que dans la loi on n'a pas les systèmes d'équilibre qui permettraient d’empêcher ça. Il n'y a rien qui dit par exemple, si c'est mon nom patronymique je peux l'utiliser même si une marque a le même nom. Voyez, donc je pense qu'il y a un travail vraiment juridique à faire, dans la loi, pour éviter ce genre de dérapage et mettre des garde-fous.

Jean-Marc Manach : On a un cas similaire avec les chocolats Milka également. Une dame qui s’appelait Milka, qui avait créé son site web Millka, c'est son nom, et en fait on lui a interdit d'utiliser son nom parce que c’était copyrighté par des chocolats.

Lionel Maurel : C'est pire que ça, parce qu'en fait son site lui avait été offert par ses enfants, elle était couturière, elle, et elle a été attaquée par Milka, mais elle a perdu en justice. Parce que pour madame Figaro, ça s'est réglé, c'est souvent comme ça que ça se règle, comme il y a une part d'intimidation, ça ne va pas devant les tribunaux. Mais là madame Milka, elle, elle a essayé de se défendre et elle a perdu.

Jean-Marc Manach : Elle n'a pas le droit d'utiliser son nom !

Lionel Maurel : Non, parce que le juge a considéré qu'elle créait une confusion dans l’esprit du public !

Vinvin : Rassurez vous, elle a choisi un pseudo, maintenant elle s’appelle Nestlé, donc c'est cool !

Jean-Marc Manach : Ouais ! Voilà !

Vinvin : Ça c'est de la vanne.

Lionel Maurel : Nestlé j'aime beaucoup aussi, parce que eux en ce moment ils sont en conflit avec Cadbury. Pourquoi ? Parce qu'ils se battent pour avoir la couleur, l'exclusivité sur la couleur violet sur leurs paquets, et Cadbury récemment a obtenu une marque valide sur la couleur violet. Donc là ils arrivent à obtenir un droit exclusif d'usage de la couleur violet. Ça aussi c'est un cas, l'année dernière, je l'avais trouvé extrêmement inquiétant quoi !

Jean-Marc Manach : Il y a des entreprises, notamment américaines, qui se sont spécialisées sur ces créneaux-là, qui engagent des avocats et qui ne vivent que en portant plainte, en disant cette marque elle est à moi vous n'avez pas le droit de l'utiliser ou alors vous devez nous reverser des droits. Ils n'ont rien créé comme valeur, ils ont juste acheté un brevet ou déposé une marque et ensuite ils font leur beurre avec ça !

Vinvin : Oh ! Ils sont méchants hein Jean- Marc. Ils n'ont pas créé de valeur ! Ils n'ont fait rien du tout !

Jean-Marc Manach : Je vais te donner des exemples.

Vinvin : Vas-y ! Vas-y ! Excuse-nous Lionel, on discute ! Vas-y Jean-Marc, explique moi !

Jean-Marc Manach : Tu as des boîtes aux États-Unis, ils sont allés au Mexique, ils ont pris une graine, ils ont breveté la graine et maintenant ils demandent aux mexicains, qui depuis des siècles plantaient la graine pour avoir du riz, maintenant ils demandent aux mexicains de leur payer le droit d'utiliser les graines que eux utilisent depuis des siècles !

Vinvin : Mais ils n'y ont pas pensé les mexicains ?

Jean-Marc Manach : Ils n'ont pas pensé les mexicains à breveter la graine qu'ils utilisent depuis des siècles. Bon, c’est vrai ils sont bêtes !

Vinvin : Non, ils ne sont pas bêtes, mais je vais dire, voilà c'est ça c'est le problème. C'est l'argent. C'est le business ! Tout ça c'est les méchants qui font de l'argent.

Jean-Marc Manach : Non, c'est des voleurs !

Vinvin : C'est des voleurs, vous pensez tous que ce sont des voleurs en fait !

Lionel Maurel : Sur ce cas-là parce que c'est vrai qu'il y a aussi une dimension Nord-Sud qui n'est pas absente du débat. Il y a le cas de l'Inde qui est hyper intéressant parce que les indiens se sont beaucoup fait piller leurs savoirs traditionnels, et notamment récemment il y a eu une grosse offensive sur les postures du yoga. C'est-à-dire qu'on a eu, voilà, des gens qui font du yoga dans le Nord, qui ont essayé de copyrighter les postures du yoga. Et là je trouve que les indiens ont réagi avec une façon vraiment excellente, ils ont ouvert chez eux une bibliothèque des savoirs traditionnels où ils ont montré que les postures du yoga existaient en fait bien avant, évidemment ça date des millénaires, ils ont donc empêché comme ça qu'on dépose, ils ont prouvé l’antériorité de leurs savoirs par rapport à ceux qui essayaient de copyrighter. Ils ont bloqué en fait l'appropriation. Il y a des parades quand même. Donc en Inde il y a une bibliothèque des savoirs traditionnels où vous avez des tas de textes anciens numérisés où on peut voir que ces postures du yoga existaient depuis extrêmement longtemps et ça empêche qu'on puisse déposer soit des brevets, soit des copyrights.

Jean-Marc Manach : Est-ce que tu peux expliquer ce que c'est les biens communs ? La notion de bien communs ?

Lionel Maurel : Les biens communs, c'est un courant de pensée qui essaye de voir comment on pourrait dépasser la gestion, je dirais, par l'appropriation privée sur certains types de biens, qui peuvent être des biens naturels, des biens de la connaissance, et essayer justement de mettre en partage la gestion de biens qui sont considérés comme des ressources essentielles pour une communauté. Et ça c'est un courant qui n'est pas très développé en France, mais il faut savoir quand même qu'il n'y a pas très longtemps, il y a une chercheuse, qui s'appelle Elinor Ostrom, qui a eu le prix Nobel d'économie sur ses travaux sur les biens communs. Et qui a prouvé que ces formes de gestion partagée pouvaient être efficaces par rapport à la forme d'appropriation. Et ça on a des signes très clairs de l'efficacité de ces formes de partage. Par exemple dans le domaine du logiciel libre, il y a beaucoup de logiciels libres qui ont prouvé qu'ils avaient une compétitivité et une efficacité extrêmement forte par rapport aux logiciels, certains types de logiciels propriétaires. Avec Internet il y a tout un renouveau de la pensée des biens communs, parce ça permet un développement des pratiques collaboratives qui existaient déjà sur certaines formes de biens naturels, il y avait des mises en partage de ressources d'eau par exemple, ou de forêts dans les pays du Sud, mais ces pratiques collaboratives avec Internet elles peuvent s'appliquer à des domaines qui peuvent être logiciels qui peuvent être Wikipédia, par exemple, c'est un exemple vraiment frappant aussi de biens communs, que ça permet de faire émerger.

Vinvin : Moi je me pose une question : comment faire pour que ce combat ait l'air super important pour les gens ? Que ce ne soit pas juste un combat de…

Jean-Marc Manach : Pour les chants d’oiseaux ?

Vinvin : Altermondialiste. Non c’est toujours un peu un combat d'altermondialistes, j'ai l'impression. Je dis ça. Je ressens ça comme un combat hyper avant-gardiste, utopiste. Comment on fait pour rendre ce truc, non c'est important parce que c'est vos libertés, tout ça. Moi je ne vois pas encore bien ça.

Lionel Maurel : Disons que la manière de le rendre important c'est de se rendre compte que si on ne va pas vers un renouveau de la pensée sur les questions de propriété intellectuelle, de l'autre coté, il y a quand même des projets extrêmement inquiétants, qui ont essayé de passer. L'année dernière on a eu la loi SOPA par exemple aux États-Unis, on a eu l'accord ACTA au niveau européen et quand on voit ce qu'il y a dans ces traités ou dans ces lois qui mettent en place des systèmes de blocages des sites Internet, de filtrage, qui comportent des atteintes à la neutralité du net, on se rend compte qu'en fait on a terriblement besoin de penser les choses de manière positive. Parce que à force qu'on introduise ce type de projets, il arrivera bien un jour où ça finira par passer et où on aura des atteintes extrêmement graves aux libertés publiques qui seront légitimées par une défense excessive des droits de propriété intellectuelle. Moi je pense que ce sujet il n'est pas encore mainstream, ça c'est sûr, la question des licences libres elle n'a pas encore percé comme l'écologie, comme un sujet mainstream, mais pour moi c’est l'autre pendant de l'écologie pour le 21ème siècle. Il y a une prise de conscience, voila, qu'il y a un écosystème naturel, il faut qu'il y ait une prise de conscience qu'il y a un écosystème numérique à préserver également et que cet écosystème il se protège : par la défense de principes qui sont, la neutralité du net d'un côté, mais aussi la préservation de certaines libertés essentielles. Et je pense que la pensée des biens communs elle peut apporter cette prise de conscience.

Vinvin : Vas-y Jean-Marc ! J'ai une question.

Jean-Marc Manach : Je rebondis là-dessus, c'est parce que tu emploies le mot écologie et parce que j'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de gens qui ont l'impression que ces questions du libre, au sens large, et des biens communs, c'est un petit peu l'écologie du 21ème siècle. Au sens où c'est quelque chose qui est porté aussi bien par des entrepreneurs, pour répondre à ta question sur les entreprises, par des entrepreneurs capitalistes de droite qui veulent monter des entreprises, que par des altermondialistes post hippies, post soixante-huitard humanistes, et que ça transcende les courants politiques. Est-ce que tu penses que un peu comme à l'image de l’écologie c'est quelque chose qui à terme sera revendiqué par tous les partis politiques ?

Lionel Maurel : Déjà ce qu'on voit, c'est qu'il n'y a pas de clivage gauche droite opérant sur ces questions. La meilleure façon de le voir c'est que finalement, on a eu une alternance politique l'année dernière, et on n'a pas pour l'instant vu une évolution extrêmement sensible sur les questions de propriété intellectuelle en France, quoi ! Alors qu’on avait des gens aussi à droite, qui se sont opposés à Hadopi, etc… Donc ce n'est pas du tout une question qui est polarisée gauche droite et on peut retrouver ça dans tout le spectre politique. On a des gens qui peuvent être d'un bord ou de l'autre. Donc je pense qu'à terme, oui effectivement c'est appelé un peu à transcender le clivage gauche droite. Et c'est aussi ce qui explique l'émergence du Parti Pirate quelque part, qui se pose comme un parti… et les écologistes qui ont pris en main cette question et qui essaient de la faire percer sur l'échiquier politique.

Vinvin : Le Parti Pirate, c'est bon ça ! Si je puis me permettre ! Lionel, moi j'ai l'impression quand on parle des entreprises, je me dis bon, OK ouais, elles exagèrent, mais là ça va être compliqué parce que c'est leur business, ils protègent leurs marques. Je me dis là c'est foutu ! En revanche, j'ai entendu parler d'une histoire avec la Bibliothèque Nationale, cette semaine, et là ça m'a énervé. Est-ce que tu peux m'expliquer Lionel pourquoi ça m'a énervé la Bibliothèque Nationale, ce qui s'est passé ?

Lionel Maurel : Donc, ce qui s'est passé c'est que la Bibliothèque Nationale a conclu des partenariats de numérisation avec des entreprises privées, pour numériser tous les ouvrages avant 1700, et imprimés, et des enregistrements musicaux anciens. Et la nouveauté par rapport à ce qui existait jusqu'à présent : c'est qu'il y a une exclusivité commerciale qui a été donnée à ces entreprises, qui va leur permettre pendant 10 ans de vendre l’accès à ces ouvrages et à cette musique numérisée. Et là, une question qui est importante, qui est le domaine public. C’est à dire que normalement, quand les droits de propriété intellectuelle sont terminés, les œuvres rentrent dans le domaine publique et elles doivent rester accessibles et on doit pouvoir les utiliser librement. En faisant ça en gros la Bibliothèque Nationale recrée une couche de droit, sur le domaine public. Et ça c'est une forme d'atteinte à un principe qui est très fort, et à mon sens c'est quand même une évolution qui est vraiment inquiétante dans la manière dont les personnes publiques gèrent le patrimoine et gèrent le domaine public.

Vinvin : Ça veut dire : comment elles peuvent faire pour numériser ? C'est à qui de le faire alors, si ce n'est pas à des boîtes privés ?

Lionel Maurel : Alors jusqu'à présent, il y avait des financement publics pour ça, qui garantissaient l’accès en ligne à ces documents. La Bibliothèque Nationale a une bibliothèque numérique où il y a 2 millions de documents numérisés et qui sont en accès complètement libre et gratuit. Donc il y a une espèce de retour en arrière sur ce principe d'accès libre et gratuit, qui est assez inquiétant. Alors on s'abrite derrière la crise, pour justifier cela. Il faut savoir que ces bases de données vont essentiellement être vendues à des universités publiques françaises, qui vont en gros payer une boîte privée. Donc en gros l'argent public qu'on n'aura pas dépensé pour la numérisation, et bien ce sont les universités françaises qui vont payer pour l'accès. Donc en gros d'un point de vue financier c'est complètement bidon je dirais comme montage, et l'effet que ça va avoir : c'est qu'on met une cloche quoi sur le domaine public qui aurait du rester en accès libre.

Vinvin : D'accord ! Lionel normalement on ne demande pas ça aux gens, mais quels sont les contre arguments qu'on vous oppose à vous ? Ça vous arrive qu'on vous dise non mais Lionel tu dérailles ! C'est quoi le principal contre argument qu'on vous donne ?

Lionel Maurel : Les principaux contre arguments, ils sont économiques. C'est-à-dire que, quand on parle de toucher au droit d'auteur, immédiatement ce qu'on nous oppose c'est les auteurs vont mourir, la création va disparaître et il n'y aura plus de création. Donc ça c'est le discours traditionnel que les Majors, les titulaires de droits tiennent, c'est qu'ils sont indispensables à la création, et que si on touche quoi que ce soit au droit d'auteur, si on ouvre un petit peu le système, ça va tout déséquilibrer et il n'y aura plus d'auteurs pour créer. Mais ça, bon, c'est un discours catastrophiste en fait. Il suffit de regarder Internet tous les jours, pour voir qu'il n'y a jamais eu autant de création, que la création elle explose dans tous les domaines, et qu'elle explose sans que les intermédiaires ne soient forcément nécessaires pour ça. Il y a une appropriation des moyens de création par le public qui est énorme, et c'est aussi ça qui dérange énormément les titulaires de droits c'est de se sentir petit à petit éjectés d'un système qui produit des œuvres comme jamais il n'y a eu dans l’histoire, en les marginalisant. Je pense qu'on est dans cette contradiction. Après, moi je suis aussi très sensible aux arguments économiques et je pense qu'il faut trouver des modèles économiques. Je ne suis pas un partisan forcément de la gratuité, à tout va. Je pense que c'est extrêmement important, y compris avec des licences libres, comme le logiciel libre l'a montré, qu'on puisse construire des modèles économiques qui rémunèrent les créateurs. Mais pour ça il faut faire preuve d'une inventivité dans l'invention des modèles.

Vinvin : Pour le moment tu n'as pas le modèle. Personne ne l'a le modèle !

Lionel Maurel : Il y a des modèles alternatifs qui sont extrêmement intéressants. Moi je regarde beaucoup une plate-forme qui s'appelle Kickstarter aux USA, qui fait du crowdfunding, et quand on regarde la puissance du financement collaboratif.. Récemment là je voyais, il y a un type qui a proposé de faire un livre dont vous êtes le héros avec Shakespeare, voilà, Hamlet de Shakespeare, il a récolté 500 000 dollars, et il a décidé de mettre sa création sous licence Creative Commons, sous licence libre. Ça pour moi c'est l'exemple type des synergies qu'il peut y avoir entre le domaine public, les licences libres et des modes de financement innovants comme le crowdfunding. Des exemples il y en a plein en fait. Mais on en parle beaucoup moins que d'Hadopi et tout le reste.

Jean-Marc Manach : Creative Commons avait fait comme ça un booklet, enfin un livre qui listait des dizaines et des dizaines d'exemples, où des artistes notamment, arrivaient à vivre de leur art tout en mettant leurs œuvres en Creative Commons. Et il y a un mot qui m'a fait tiquer dans ce que tu as dit tout à l'heure, c'est celui de la gratuité. J'ai l'impression qu'on se trompe beaucoup avec ce mot là, de gratuité qui est sorti dans ce que tu as dit là c'est une économie du don. Et là ce dont tu parlais de Kickstarter, c'est qu'il y a quelqu'un qui propose de donner son travail en Creative Commons, et en échange il y a des gens qui l'encouragent en lui donnant de l'argent. Ce n'est pas, on n'achète pas un produit pour avoir le droit de s'en servir. Non. Je te donne d'abord la possibilité de t'en servir et ensuite tu vas me donner de l'argent parce que tu as trouvé que c'était bien.

Lionel Maurel : Oui, c'est ça. Il faut un petit peu bousculer les schémas. C'est-à-dire que le schéma Itunes où je paye mes 2,99$ pour avoir, voilà mon contenu, ce paiement à l'acte c'est un modèle économique, mais il peut y en avoir beaucoup et dans le crowdfunding, le financement en amont ça renverse un peu la chaîne de circulation monétaire, mais ça permet de libérer d'autres possibilités. Et souvent ça permet aussi de faire aboutir des œuvres qui sont beaucoup plus risquées que les œuvres que les circuits traditionnels produisent.

Vinvin : Ouais d'accord. Mais ça veut dire que l'écrivain par exemple, il faut qu'il soit très bon en marketing avec son propre site, qu'il sache faire du Kickstarter, qu'il ait un réseau, qu'il sache faire marcher Facebook, s'il sait juste très bien écrire et qu'il n'y a pas un très bon éditeur pour s'occuper de lui dans son métier, il est mort lui avec ton système.

Lionel Maurel : Ouais mais, et là je suis bien d'accord. Ça oblige l'auteur à se repositionner complètement, à développer une identité numérique, à savoir utiliser les réseaux sociaux. Mais, je dirais, pour les auteurs qui n'ont pas ces capacités-là, ça ouvre aussi la voie à des nouvelles formes, à des nouveaux métiers. Comme il y a eu des éditeurs dans le monde papier, il pourrait y avoir des intermédiaires qui se positionnent pour faire ce travail de marketing numérique, d'animation de communautés, et ça c'est aussi une piste pour développer des nouvelles formes d'intermédiaires qui pourraient être extrêmement intéressants dans la création numérique.

Jean-Marc Manach : Ce n'est pas exclusif. Ce n'est pas exclusif. Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura plus d'éditeur, ça ne veut pas dire qu'il n'y aura plus d'auteur.

Vinvin : Et l'éditeur il fait quoi ? Il regarde son business crever. Allez-y les gars, faites votre truc sans moi sur Kickstarter.

Jean-Marc Manach : Non, il y a a encore des librairies, il y a encore des gens qui préfèrent lire des livres papier. Ça n’empêche pas ! Là c'est d'autres gens qui proposent d'autres modes, qui ne sont pas incompatibles.

Vinvin : Vas-y ! Va dire ça à l’éditeur. Je te paye des droits en avance. Je te laisse un an pour écrire, je paye l'impression, je fais le marketing, je t'envoie mon VRP dans toutes les chaînes, mais n'hésite pas à aller demander 500 000 de plus sur Kickstarter ! C'est quoi le modèle ?

Jean-Marc Manach : Ce n'est pas comme ça. Ce n'est pas comme ça que ça va se passer.

Vinvin : C'est comme ça que c'est en train de se passer !

Jean-Marc Manach : Non, il y a des gens qui font un modèle sur Kickstarter ou crowdfunding, il y en a d'autres qui restent sur le modèle papier et puis il y en a qui font des modèles hybrides. Moi, le bouquin que j'ai fait l'année dernière, il n'y a pas de marqueur, il n'y a pas de DRM.

Vinvin : C'est qui ça ?

Jean-Marc Manach : DRM, c'est Digital Rights Management, des petits bouts de logiciels privateurs qui t’empêchent de copier un fichier, qui t’empêchent de partager un fichier ou qui le tatouent. Moi dans mon bouquin, les gens une fois qu'ils l'achètent, ils le téléchargent, ils en font ce qu'ils veulent. S'ils veulent le partager avec leurs potes ils ont le droit, c'est sous Creative Commons !

Vinvin : Tu en a vendu combien ?

Jean-Marc Manach : Je n'ai pas le droit te le dire !

Vinvin : Quoi ? Toi le… Sifflement ! Tu n'as pas le droit !

Jean-Marc Manach : Non il y a des choses que je peux dire, il y a des choses je n'ai pas le droit !

Vinvin : Tu n'as pas le droit sur le truc où t'as des droits !

Jean-Marc Manach : Ce n'est pas moi qui ait les droits. C'est mon éditeur. Et mon éditeur il est en liquidation judiciaire.

Vinvin : Ah ! Merde.

Jean-Marc Manach : Mais ce n'est pas à cause de mon bouquin.

Vinvin : D'accord ! Mais tu sais toi combien t'en as vendus ?

Jean-Marc Manach : Non je ne sais pas !

Vinvin : Ah ! Tu ne sais pas ! Ah oui c'est pour ça qu'il est en liquidation !

Jean-Marc Manach : Enfin, Je ne sais . J'ai su à un moment mais…

Vinvin : Mais il ne t'a pas donné les chiffres !

Jean-Marc Manach : Non je n'ai pas les données.

Vinvin : Il est en taule !

Jean-Marc Manach : Non il n'est pas en taule.

Vinvin : C'est pour ça !

Jean-Marc Manach : Je te montrerai des exemples de Creative Commons. Il y a plein de gens qui gagnent leur vie avec les Creative Commons. Il y a plein de gens qui gagnent de l'argent avec des logiciels libres.

Vinvin : D'accord.

Lionel Maurel : L'exemple là qu’on pourrait conseiller aux gens qui nous écoutent c'est d'aller voir Cory Doctorow, qui est un auteur de science fiction et qui depuis toujours fait circuler ses œuvres sur Internet, sous licence Creative Commons, et les publie en papier chez des éditeurs traditionnels. C'est vraiment quelqu'un qui a montré que cette double circulation, et bien ça crée une synergie entre les deux et que ça ne détruisait pas la valeur des deux champs.

Jean-Marc Manach : Il donne le livre sur Internet, gratuitement, mais ça n’empêche pas qu'il puisse le vendre également en librairie, et il arrive à en vivre !

Lionel Maurel : Ça c'est vrai. Et il a fait toute sa carrière comme ça et c'est aussi un des meilleurs avocats de la culture libre. Il faut vraiment conseiller d'aller le lire. C'est un auteur de science fiction qui est vraiment hyper intéressant.

Vinvin : Moi je sens que c'est bien. Je sens que c'est bien !

Lionel Maurel : Tu n'as pas encore de business plan ?

Vinvin : Non, je sens que c'est bien, mais je me dis, quand même, il y a un truc quelque part qui déconne ! Je ne sais pas, ce n'est pas très précis comme remarque, j'en ai conscience. Comment dire ? Excusez-nous, Lionel, je réfléchis encore dans ma tête.

Lionel Maurel : Ouais ! Ouais !

Vinvin : J'ai l'impression quelque part, je ne sais pas, qu'à la fin ça va être chaud quoi, à la fin, s'il n'y a plus les gros éditeurs, mais je fais l'avocat du diable, tu as bien compris Jean-Marc. Moi j’adorerais faire un Kickstarter, faire to be or not to be, gagner 560 000 dollars…

Jean-Marc Manach : Linux n'a pas tué Microsoft. Linux n'a pas tué Google. Microsoft n'a pas tué IBM. Apple n'a pas tué Microsoft. Apple n'a pas tué Microsoft. Apple utilise un logiciel libre, enfin utilise un noyau Linux. Aujourd'hui l'économie autour des logiciels libres c'est des centaines de millions de dollars !

Vinvin : D'accord.

Jean-Marc Manach : Ça n’empêche pas une économie propriétaire à coté. Et là, les exemples de Copyright Madness, tu me dis si je me trompe Lionel que tu donnais tout à l'heure, c'est quand des propriétaires veulent interdire à des gens de faire des choses libres, quand tu n'as pas le droit d’enregistrer des oiseaux.

Vinvin : Ah ! Ça c'est rude.

Jean-Marc Manach : Quand tu n'as pas le droit de mettre sur un faire-part…

Vinvin : Alors ça c'est cruel, même !

Jean-Marc Manach : Le truc préféré de ton gamin.

Vinvin : Ça ce n'est pas bien. Ça c'est cruel !

Jean-Marc Manach : Ce qui n’empêche pas ceux qui ont des sites de gagner de l'argent.

Lionel Maurel : Ouais. C'est ça.

Jean-Marc Manach : J'ai bien résumé ?

Lionel Maurel : Ouais, c'est pas mal ouais !

Vinvin : Merci. J'ai une question de l'autre sur Internet qui dit « Pourrait-on faire un paiement à un organisme centralisé, exemple 10 euros, qui redistribuerait les centimes aux logiciels téléchargés ? » Une sorte de licence globale quoi, je crois, non ?

Lionel Maurel : Ouais, c'est ça. Là c'est une autre piste qui est vraiment très puissante pour changer le système. On considère qu'on légalise le partage, le partage des œuvres ou des contenus, ça va des logiciels, la musique, la vidéo, tous les contenus seraient partageables de manière légale, et on change le système de rémunération et on fait un financement mutualisé pour la création. Toute personne qui a un accès à Internet, doit payer un montant par mois, pour centraliser ces sommes et les redistribuer en fonction de l'usage. Là ce sont les pistes qui moi me paraissent les plus prometteuses pour aboutir vraiment à une réforme globale du système. Alors évidemment, ce sont les pistes qui sont aussi les plus farouchement combattues de l'autre côté, mais si on veut vraiment sortir de la période de prohibition dans laquelle on est, la légalisation du partage, au moins du partage non marchand, me paraît vraiment le premier stade à atteindre.

Vinvin : Ouais, j'ai cru lire un article où ils disaient qu'il faudrait que chacun paye à peu près 20 euros de plus son Internet si on voulait payer juste la musique par exemple. Pour être au niveau des bénéfices de la musique aujourd'hui, il faudrait que chacun mette 20 euros de plus dans son abonnement web et ça c'est chaud quand même ! Ce n'est pas très démocratique !

Lionel Maurel : Ça ce sont en fait des estimations qui sont basées sur l'idée que si on légalise le partage non marchand, on tue toutes les autres formes de business. Mais en fait il y a beaucoup de signes qui nous montrent que c'est faux. L'année dernière par exemple vous prenez Gangnam Style, le bonhomme il a publié ça sur Internet, ça a été partagé comme jamais dans l’histoire de l'humanité un contenu n'a été partagé et il ne semble pas que ça ait complètement tué son business. Donc en fait le partage crée aussi de la valeur. Quand une œuvre est partagée ça lui donne de la valeur, ça ne lui en retire pas. Donc l'idée qu'il faudrait payer 20 euros par mois juste pour la musique, c'est juste l’idée que si je partage une œuvre ça va lui enlever de sa valeur. Mais non ! Donc du coup on peut imaginer en fait qu'il y aurait beaucoup d'autres formes de revenus qui perdureraient si on légalisait le partage. Il y a aussi tous les revenus (inaudible) pour la musique par exemple.

Vinvin : Les revenus de quoi pardon ?

Lionel Maurel : Les revenus de la scène. Les concerts. Ça ça restera un secteur qui est très très lucratif pour les artistes en ce moment et qui ne peut au contraire qu'être dynamisé par les formes de partage. Donc moi je vous conseille d'aller voir un auteur qui écrit beaucoup là-dessus, qui s'appelle Philippe Aigrain, qui a écrit un livre qui s'appelle « Sharing, partager », et qui est un économiste. Il estime qu'avec une contribution créative de l'ordre de 5 - 6 euros, on couvre en fait l'ensemble des contenus et on fait un apport très important de financement pour la création. C'est une question aussi de conception de la valeur.

Jean-Marc Manach : Hier il y avait Laurent Joffrin (Joffrein) qui intervenait sur France Inter, et qui a de nouveau sorti le coût de la baguette de pain. Je résume : il a dit « les médias se sont tirés une balle dans le pied parce qu'ils ont créé les boulangeries où les gens viennent, se servent, prennent le pain et repartent ! ». Donc là il définissait les sites Internet où les gens viennent gratuitement lire de l'information. Comment est-ce que tu penses qu'on pourrait en finir avec cette fixette sur la baguette de pain ? Le fait que partager une information sur Internet ce serait la voler, alors qu'en fait ce n'est pas la voler : on la duplique !

Lionel Maurel : Oui, ça c'est aussi un des verrous mentaux les plus forts. Ça revient au fait de concevoir la propriété des biens numériques comme des biens matériels. L'idée qu'on puisse voler un contenu numérique est complètement fallacieuse. C'est-à-dire que, par définition, je ne peux pas voler un bien qui est, on dit, non rival. C'est-à-dire que voler un bien physique, ça oui je peux le faire parce que j'en prive l'autre. Mais en fait il n'y a jamais de vol en numérique parce qu'on copie, donc on multiplie les objets. Il y avait une phrase que j'aimais bien c'est « Quand on partage un bien physique, il se divise. Mais si je partage un bien numérique, il se multiplie, et au contraire j'ai une abondance de copies qui circulent. » L'idée même que le partage serait assimilable à du vol, c'est un contresens dans le monde numérique. Et d'ailleurs du point de vue légal ce n'est pas du tout comme cela que ça se passe. Le téléchargement ce n'est pas du vol. Ce n'est pas du tout le même délit. Le délit c'est de la contrefaçon. C'est différent quoi ! Donc ceux qui essaient de nous faire croire que le téléchargement c'est du vol, c'est faux pour moi d'un point de vue économique, mais c'est aussi faux d'un point de vue profondément, d'un point de vue juridique.

Jean-Marc Manach : Ouais, parce qu'on est dans une économie sur Internet, on est dans une économie de l'abondance et non pas dans une économie de la rareté.

Lionel Maurel : Exactement. Et l'idée de Joffrin c'est exactement reproduire ce schéma de la rareté sur des contenus en ligne, et ça les conduit à proposer des projets type "Lex Google" qui est beaucoup en ce moment débattu pour la presse, où ils vont en venir à essayer de mettre un droit de propriété sur le lien hypertexte. C'est-à-dire que le lien hypertexte deviendrait payant. Il n'y a pas longtemps, ça c'est un cas de Copyright Madness énorme, les journaux irlandais vont mettre des tarifs en place et chaque lien hypertexte serait tarifé 300 euros. C'est-à-dire le simple fait de faire un lien hypertexte dans un contenu deviendrait payant et ça coûterait 300 euros. Si ils font ça et si ils arrivent à faire passer ça, c'est sûr que la structure même d'Internet est touchée d'une manière extrêmement puissante. Si je dois faire payer pour faire un lien hypertexte et si on me dit que ça c'est du vol, là on peut considérer que les risques, qu'une loi comme ça soit débattue en France, sont vraiment très forts. Ça pourrait arriver d'ici le mois prochain. On pourrait avoir un texte de cette nature qui arrive en France pour les contenus de presse.

Vinvin : Et Lionel, tu disais que l'arrivée de ce nouveau gouvernement n'a rien changé en fait !

Lionel Maurel : Non ! Non ! Ça a été une déception majeure. Dans la campagne il y a eu un moment où il y a eu une pression de lobbying extrêmement forte. François Hollande, le parti socialiste en tout cas, avait dans son programme tout un volet sur, suppression d'Hadopi, légalisation du partage et mise en place de financements mutualisés et il y a eu un coup de pression énorme des lobbies, des industries culturelles pendant la campagne, et on a vu peu à peu le discours du candidat qui a complètement changé. Il y a eu des changements d'équipe aussi, assez forts autour de lui, et cet aspect-là a disparu et a été remplacé. En ce moment on a donc toute une réflexion autour de la mission Lescure qui doit réfléchir à l'avenir d'Hadopi et au financement de la création, et les signes qu'on reçoit sont extrêmement contradictoires sur ce qui se passe à l'intérieur de cette mission et je ne suis pas forcément très optimiste, parce qu'on a vu dans la dernière conférence de presse qui s'est tenue qu'il y avait des choses qui ressemblaient beaucoup à la loi SOPA, qui a été repoussée l'année dernières aux États-Unis, et si de cette mission Lescure sort un SOPA à la française, ce serait extrêmement inquiétant quand même pour l’avenir. Il y aura certainement un très grosse lutte au Parlement pour empêcher ça. Après d'un autre côté il y a aussi des signes encourageants qui sortent de cette mission : ils auditionnent sur les licences libres, ils parlent du domaine public, ils veulent introduire des exceptions au droit d'auteur. Donc on verra ce qu'il en sort, mais il y a quand même des éléments qui paraissent inquiétants.

Vinvin : Est-ce que c'est un problème de génération, parce que ce sont des gens qui ne pigent pas Internet ?

Lionel Maurel : Moi je pense qu'il y a un vrai problème de culture numérique. Je pense qu'il faut avoir vraiment vécu personnellement, la culture numérique, la culture des réseaux, il faut avoir créé des contenus sur Internet, il faut avoir disséminé des contenus. Je pense que le plus important c'est d'avoir senti les effets d'intelligence collective que produit Internet. Quand on a senti ça, on ne peut pas penser la création avec les schémas du 20ème siècle. Ce n'est plus possible. Une fois qu'on s'est vraiment imprégné de ça, c'est très difficile de revenir en arrière ! Et ça je pense que la question générationnelle elle n'est pas absente du débat. C'est clair !

Vinvin : Et bien merci Lionel !

Jean-Marc Manach : Merci Lionel !

Lionel Maurel : Merci à vous !

Vinvin : C'était passionnant, c'était très intéressant. On va essayer de rendre ça clair pour les gens.

Jean-Marc Manach : Ce qui va être fou c'est que l'année prochaine tu vas recommencer un best off du Copyright Madness en fait.

Lionel Maurel : Ah, j'espère. J'ai fait une rubrique aussi Copyright wisdom, sagesse du copyright, et j’espère qu'il y aura beaucoup plus d’événements dans cette rubrique.

Jean-Marc Manach : Merci encore

Vinvin : Merci Lionel

Lionel Maurel : Désolé pour les problèmes techniques

Vinvin : Pas de chance ! C'est quand je fais l'accent pied noir ça.

Jean-Marc Manach : Quoi ? !

Vinvin : Non, c'est en fin de journée ! Merci aux gens qui ont posé des questions et on fera la suite sur le blog, sur le site et à la télé. Merci au revoir Lionel !

Salut et à dimanche.

☙❦❧

http://blog.france5.fr/le-vinvinteur/2013/01/22/lionel-maurel-dans-ton-c...

[Numerama] Neutralité du Net : "Neelie Kroes se fiche du monde"

Vendredi, La Quadrature du Net a révélé la dernière version du projet de révision du Paquet Télécom, que la Commission Européenne doit soumettre au Parlement Européen. "C'est un texte technique absolument fondamental pour l'avenir d'Internet, qui mérite que l'on s'y intéresse", explique Félix Tréguer, co-fondateur de La Quadrature du Net, dans une interview accordée à Numerama. Il estime que la vice-présidente de la Commission, Neelie Kroes, "se fiche du monde" en prétendant défendre la neutralité du Net tout en organisant la marchandisation d'une priorisation de certains flux.

http://www.numerama.com/magazine/26864-neutralite-du-net-34neelie-kroes-...

[ActuaLitté] Partage non-marchand et prêt numérique : l'autre réalité du livre

Le lien entre piratage et partage est évident, et il ne tient pas qu'à une voyelle. Dans le monde contemporain, le téléchargement est devenu une seconde nature, de même que le partage des informations. À ce titre, le prêt numérique en bibliothèque et la légalisation des échanges non-marchands sur la toile ont de nombreux points communs, qu'il est intéressant de confronter. [...]

L'angle d'attaque retenu par Eblida paraît donc extrêmement intéressant et il serait bon que les bibliothécaires français examinent très sérieusement cette option, avant de s'engager sur des terrains minés où il sera très difficile de peser. J'aurais cependant une remarque à faire à propos de la manière dont Eblida présente la question de l'épuisement des droits.

Il est à mon sens crucial de cesser même d'employer la fausse métaphore du "prêt numérique", qui ne peut qu'occasionner des glissements dans le raisonnement et ramener aux DRM. On ne peut réfléchir avec des fichiers numériques (par définition non rivaux) comme on le fait avec des exemplaires physiques. Le "prêt" d'un livre numérique n'a en réalité aucun sens, sauf à vouloir reconstituer artificiellement de la rareté dans l'environnement numérique. Le même raisonnement peut être tenu à propos de la revente d'occasion de fichiers numériques, qui n'a pas plus de sens, comme la Quadrature du Net l'a rappelé dans cette déclaration. [...]

http://www.actualitte.com/bibliotheques/partage-non-marchand-et-pret-num...

[Atlantico] Tous les secrets pour éviter de se faire écouter par la NSA

Les révélations sur le programme Prism ont lancé une nouvelle mode : les cryptoparties. Ces ateliers, qui permettent d'apprendre à protéger ses données et ses communications, semblent promis à un bel avenir.

Atlantico : Des « cryptoparties » s’organisent en Allemagne. Derrière ce nom barbare, se cachent des sessions de formation destinées à enseigner à ceux qui le désirent les techniques d’encodage pour protéger leurs données. L'idée connaît en effet un véritable boom suite aux révélations sur le programme PRISM. Les organisateurs invoquent l’incapacité de l’Etat à protéger les citoyens, revient-il à chacun de prendre ses responsabilités pour se protéger ?

Jérémie Zimmermann : Ces cryptoparties s’inscrivent, plutôt que dans un mouvement, dans une mouvance de plus en plus large de récupération par les citoyens de la maitrise du web, de la confidentialité de leurs données et des outils de communication en général. [...]

La cryptographie est donc une techniques très efficace mais elle n’est pas l’alpha et l’oméga - utilisée sans une gestion minutieuse des autres paramètres de sécurité informatique elle est en partie inutile. [...]

http://www.atlantico.fr/decryptage/tous-secrets-pour-eviter-se-faire-eco...

[L'Humanité] Accord de libre-échange: Méfions-nous du Canada, car le castor est fourbe

L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, négocié depuis 2008, fait peu de vagues en Europe, concentrée sur le partenariat avec les États-Unis. Pourtant, au Canada, la résistance à la doctrine néolibérale s’active contre ce traité. Un exemple à suivre pour les Européens, car l’accord UE-USA n’en sera qu’une copie. [...]

Si l’accord passe quelque peu inaperçu en Europe, il n’en va pas de même au Canada où militants de gauche, syndicats et ONG organisent la résistance contre le néolibéralisme. Pour Stuart Trew, « Les trente dernières années ont assez prouvé que le libre-échange enrichit les riches et appauvrit les pauvres, menace la santé publique et la défense de l’environnement et encourage à toujours plus de privatisations. » [...]

En France, une des rares organisations à maintenir la pression est La Quadrature du Net. En analysant un document de travail qui a fuité sur Internet, La Quadrature a découvert que plusieurs mesures de l’AECG concernant les droits de propriété intellectuelle (DPI) sont un copié-collé de celles de feu l’accord anti-contrefaçon ACTA, rejeté par le Parlement européen en juillet 2012. [...]

http://www.humanite.fr/monde/accord-de-libre-echange-mefions-nous-du-can...

[Le Quotidien de la Réunion] On n'est pas dans la science-fiction

Une conférence audio était organisée hier à Saint-Joseph, à l'occasion des rencontres mondiales du logiciel libre, avec Jérémie Zimmermann, fondateur de La Quadrature du Net, actuellement en Argentine. Trois questions à un ardent défenseur des libertés sur internet.

- J'enregistre cet entretien avec mon iPhone. Est-ce grave pour moi ?

- Oui, c'est grave parce que la société Apple est une extension des services de renseignement américains. C'est grave parce que vous êtes journaliste et que la protection des sources est essentielle pour une information libre. Si les sources ne se sentent pas en confiance lorsqu'elles parlent, elles se tarissent. Et lorsqu'elles se tarissent, le journaliste se retrouve avec rien d'autre que la bouillie ambiante qu'il suffit de régurgiter.

Non seulement avec votre iPhone vous n'êtes pas en mesure de garantir la protection des sources, mais vous n'êtes même pas en mesure de garantir qu'il est éteint lorsque vous pensez qu'il l'est. Un logiciel peut intercepter l'appui sur le bouton « power », vous afficher l'animation d'un iPhone qui s'éteint pour vous faire croire qu'il l'est - c'est très facile à faire - et déclencher le micro d'enregistrement.

On a vu avec WikiLeaks la liste de centaines d'entreprises qui travaillent autour du gouvernement américain pour lui fournir les outils de surveillance. Edward Snowden faisait partie de l'un de ces milliers de contractants dans lesquels un million d'individus ont accès à ces documents top secret. Parmi ces entreprises, certaines développent des logiciels espions, chevaux de Troie, taillés sur mesure pour s'introduire sur tous les systèmes informatiques et en extraire des informations. On n'est pas dans la science-fiction. Ce sont des technologies qui existent et qui sont utilisées chaque jour par les gouvernements. Alors à la lueur de ces révélations, vous les journalistes devez repenser les règles de votre métier, vos valeurs éthiques.

- Edward Snowden, Julian Assange, Chelsea Bradley Manning… Ces révélations en série signifient-elles que les choses sont en train de changer ?

- Les choses sont toujours en train de changer et heureusement. Changent-elles pour le meilleur ou pour le pire ? Ça, je ne saurais pas encore vous le dire. Pour le meilleur on a une grande attention portée sur ces sujets-là. Reste à savoir si cette attention va se maintenir. Désolé d'en venir encore à votre profession mais les journalistes vont-ils continuer à faire leur boulot ?

C'est Glenn Greenwald (The Guardian) et Lora Poitras (The New York Times) qui ont orchestré les révélations (d'Edward Snowden). Ils ont fait un travail admirable. Le premier est avocat, la seconde est documentaliste et ils sont en train de donner des leçons de journalisme au monde entier. D'autres journalistes vont-ils aller chercher derrière les communiqués de Google qui disent qu'il n'y a pas d'accès direct à ses serveurs par la NSA ? Vont-ils exposer ces pratiques aux yeux du monde ? Beaucoup de choses se sont passées mais je suis convaincu qu'il en faut beaucoup plus pour que l'on puisse changer les choses sur le terrain politique, technologique et sur le terrain de nos usages. Je pense qu'Edward Snowden a plus d'un tour dans son sac et plus d'un document sur sa clé USB. J'espère que lui comme Greenwald et Poitras seront en sécurité. Qu'ils resteront vivants. Qu'ils continueront de diffuser de l'information qui permettra à tous de réaliser à quel point il est inévitable de regarder ces questions en face si nous voulons rester libres.

- À l'échelle française, quels sont les projets de loi qui menacent les libertés et sur lesquels les journalistes devraient donc se pencher ?

- Je vais commencer par l'échelle européenne. Il y a le règlement sur la protection des données personnelles, absolument crucial, qui devait passer à toute vitesse avant l'été et dont les votes ont été repoussés. On va essayer de nous imposer une vision tuée dans l'œuf de la neutralité du Net, c'est-à-dire de la non-discrimination de nos communications, pour en réalité passer un texte qui permettra aux opérateurs de s'entendre commercialement pour prioriser les communications en ligne.

C'est un enjeu absolument fondamental parce que sans une infrastructure de communications libres, nous n'aurons aucune chance de maintenir nos libertés en ligne. En France, on voit se profiler une grande loi sur la liberté d'expression sur internet. Peut-être qu'on voit le mal partout, mais on n'imagine pas un texte pour protéger notre liberté d'expression mais plutôt pour la réguler, l'encadrer, la contraindre.

Entretien Thomas ARCENS.

Jérémie Zimmermann, depuis sa chambre d'hôtel à Buenos Aires, a donné une conférence audio pour les rencontres mondiales du logiciel libre à Saint-Joseph. (Photo Yann Huet)

https://www.laquadrature.net/files/rp/Le%20quotidien%20de%20la%20r%C3%A9...

[RageMag] Lettre de Manning à Obama : condamné pour avoir servi l'intérêt général

Bradley1 Manning, 25 ans, ancien analyste militaire vient d’être condamné à 35 ans de prison pour avoir transmis plus de 700 000 documents secrets à Wikileaks, révélant au monde les bavures et fautes meurtrières de l’armée américaine en Afghanistan, ce qu’il appelait lui-même du porno guerrier. Motif de cette condamnation ? L’espionnage. Alors qu’il s’apprête à passer plus de temps qu’il n’a vécu jusqu’à présent derrière les barreaux d’une prison, Manning a adressé une lettre au président Obama, diffusée par l’Associated Press. [...]

Pour l’ancien soldat, quelle que soit la loi, il estime avoir agi pour la justice, pour la liberté de l’information, pour l’égalité et pour faire progresser sa nation vers le bien. En refusant ces principes comme fondement d’une démocratie, les États-Unis se tournent un peu plus vers le modèle répressif et totalitaire des pays qu’ils se plaisent à pointer du doigt, en bons chevaliers blancs. [...]

« Quand j’ai choisi de divulguer des informations classifiées, je l’ai fait par amour pour mon pays et par sens du devoir envers les autres. »
- Manning

Jérémie Zimmermann, de la Quadrature du net, dans un entretien à RAGEMAG : « Avec Wikileaks, il a ouvert une boîte de Pandore, qui, à l’échelle globale, fait comprendre que l’information est une force et que chaque citoyen a le pouvoir d’exposer les méfaits de nos gouvernements et leurs abus. » [...]

http://ragemag.fr/manning-lettre-traduction-obama-condamnation-38557/

  • 1. Note de la RP : Nous savons que Bradley Manning s'appelle maintenant Chelsea et respectons ce choix. Comme ici l'auteur de l'article n'a pas employé le bon prénom, et comme nous devons citer l'article scrupuleusement, nous citons derechef, mais ce n'est pas une erreur de notre part. Notez également que cette lettre est antérieure à la demande de changement de prénom :)

[PCINpact] « Internet est terminé », Groklaw ferme ses portes

Le site Groklaw est connu depuis plusieurs années pour son travail sur l’environnement juridique autour du monde open source. Mais sa fondatrice, Pamela Jones, a annoncé hier soir que l’aventure était désormais terminée. La raison invoquée en inquiètera plus d’un : la surveillance totale des communications internet ne lui permet plus d’assurer convenablement sa mission. [...]

Groklaw a été fondé en 2003 par la paralégale Pamela Jones comme un blog centré sur les lois qui touchaient de près ou de loin l’univers open source. Le site s’est particulièrement fait un nom durant les nombreux affrontements entre la société SCO et les revendeurs de solutions Linux, l’entreprise s’estimant en possession de brevets fondamentaux sur le système d’exploitation Unix. Pour rappel, en mars 2010 et après bien des péripéties, un juge avait déclaré Novell comme détenteur légitime de ces brevets. [...]

La démonstration de Pamela Jones se focalise sur un thème régulièrement abordé : la nécessité du respect de la vie privée comme composante essentielle de l’autonomie et de la liberté. Un thème régulièrement abordé par le journaliste Jean-Marc Manach ou encore par Jérémie Zimmermann, porte-parole de la Quadrature du Net. Et si elle insiste autant sur ce point, c’est parce qu’elle estime désormais que ce qui faisait « la fondation de Groklaw est fini ». [...]

http://www.pcinpact.com/news/81869-internet-est-termine-grokloaw-ferme-s...

[Rue89] La « police 3.0 » de Manuel Valls, formule magique et mystérieuse

Le ministre de l’Intérieur rêve de « forces de l’ordre 3.0 » d’ici 2025. Mais que diable veut-il dire ? Rue89 a trois pistes. [...]

Pour Jérémie Zimmermann, de La Quadrature du Net, l’expression « 3.0 » est « encore plus floue que 2.0 », « un terme marketing qu’on utilise pour se donner l’air prospectif ». [...]

Il existe une autre façon de voir la « police 3.0 », la manière pro-active : Internet permettrait de faire avancer les enquêtes et d’anticiper les menaces cybercriminelles et terroristes. [...]

Ici, les réseaux sociaux serviraient d’antichambre aux services de renseignement. Mais Patrice Ribeiro va plus loin, puisque pour lui la police du futur devrait aussi interconnecter davantage les fichiers de police traditionnels, une pratique aujourd’hui limitée par le cadre juridique sur les libertés. [...]

http://www.rue89.com/2013/08/20/police-30-manuel-valls-formule-magique-m...

[Mediapart] Contre l'État d'exception

Poker menteur diplomatique, la fâcherie américano-russe dans l’affaire Edward Snowden masque l’essentiel qui nous concerne tous : l’extension et la banalisation sous les apparences démocratiques d’un État d’exception dont le Patriot Act américain est le symbole. La bataille pour le faire reculer se joue ici même, sur Internet.

Contre l’État de droit, l’État d’exception devient la règle, et notre coupable indifférence lui fait la courte échelle. Une exception planétaire, sans frontières et sans limites, qui voudrait s’imposer comme une norme universelle avec la force de l’évidence et le renfort de l’habitude. [...]

« Les mouvements sociaux les plus importants de notre époque sont précisément ceux qui luttent pour la préservation d’un Internet libre [...]. » — Manuel Castells

Livre militant d’échange avec d’autres hacktivistes numériques, dont le Français Jérémie Zimmermann de la Quadrature du Net, Menace sur nos libertés (Robert Laffont) ne décrit pourtant que ce qui fut confirmé par les révélations d’Edward Snowden qu’en quelque sorte, cet ouvrage appelait de ses vœux : « Si cette transformation n’a pas fait de bruit, c’est parce que ceux qui en sont conscients travaillent dans l’industrie de la surveillance mondiale et n’ont aucun intérêt à prendre la parole. » [...]

Dès lors, la défense d’Internet, d’un Internet libre, ouvert et universel, devient un enjeu politique décisif, où se joue l’appropriation de son destin par l’humanité elle-même. « C’est l’outil le plus important dont nous disposons pour faire face aux problèmes globaux qui se posent, et sa préservation est l’une des tâches essentielles de notre génération », insiste dans ce même livre Jérémie Zimmermann [...]

https://www.mediapart.fr/journal/international/100813/contre-l-etat-d-ex...

[LesInrocks] Ce que nous apprennent les dernières révélations sur la NSA

Si nul ne doutait des capacités américaines à se doter de tels mécanismes de surveillance, les révélations sur les pratiques de la NSA pointent les failles d’un système américain “schizophrène” : entre surveillance à outrance et promotion de la liberté. [...]

Jusque là, on n’avait que de très fortes suspicions et on se faisait taxer de complotistes, de paranoïaques. On a aujourd’hui l’assurance que c’est une réalité”, ajoute le porte-parole de la Quadrature du Net. [...]

Pour l’hacktiviste Nicolas Diaz, l’enjeu est de taille : “Les Etats-Unis risquent de perdre la confiance de leurs citoyens et des autres pays avec leur arrogance technologique”. La conséquence d’une “schizophrénie latente entre promotion des libertés fondamentales et surveillance à outrance”, selon lui. [...]

http://www.lesinrocks.com/2013/08/10/actualite/ce-que-nous-apprennent-le...

[Libération] Laissez Snowden tranquille, réclament 157 ONG à Obama

Dans une lettre ouverte, elles réclament la fin des poursuites judiciaires engagées contre le fugitif américain réfugié à Moscou. [...]

157 associations défendant la liberté de la presse ou les droits de l’homme ont publié ce lundi 5 août une lettre commune adressée à Barack Obama pour qu’il mette fin aux poursuites pesant sur Edward Snowden. « Les déclarations du Département d’Etat niant à Edward Snowden le statut de lanceur d’alerte en raison de la nature des accusations portées contre lui vont catégoriquement à l’encontre des normes internationales relatives à la liberté d’expression et d’information », plaident les ONG, parmi lesquelles la Fondation pour la liberté de la presse, l’association d’écrivains Pen Club, Privacy International et, côté français, Reporters sans frontières et la Quadrature du Net. [...]

Ces ONG estiment en effet que les mesures prises par les Etats-Unis contre Edward Snowden constituent « un précédent dangereux » pour les libertés d'expression et des médias. « Nous jugeons extrêmement préoccupant que les gouvernements s’inspirent des Etats-Unis pour justifier des attaques contre des lanceurs d’alerte et des journalistes qui se mettent en péril pour dénoncer ou révéler des actes répréhensibles du gouvernement, des faits de corruption ou autres dangers pour la société », souligne le collectif.

http://www.liberation.fr/monde/2013/08/08/157-ong-demandent-a-obama-de-l...

[DE] [Spiegel] Treffen in Alkmaar und Las Vegas: Hacker am Scheideweg

Solidarität mit Snowden oder Profit durch staatliche Aufträge? Die internationale Hackerszene hat in Las Vegas und den Niederlanden ihre wichtigsten Treffen abgehalten: Nach den Enthüllungen über die NSA-Überwachung suchen die IT-Profis nach dem richtigen Umgang mit Unternehmen und Behörden. [...]

"Der Nutzer muss wieder Kontrolle über die Geräte bekommen, statt dass die Geräte Kontrolle über den Nutzer haben", sagt Jérémie Zimmermann, Mitgründer der französischen Bürgerrechtsorganisation La Quadrature du Net. In ihrem Heimatland kämpft die Gruppe für Datenschutz und Freiheit im Netz. Nach dem Prism-Skandal seien in Frankreich zwar kaum Menschen zum Demonstrieren auf die Straße gegangen, "aber wir bekommen seitdem viele Anfragen von Bürgern, die verunsichert sind und sich schützen wollen," so Zimmermann. [...]

http://www.spiegel.de/netzwelt/web/treffen-in-alkmaar-und-las-vegas-hack...

[Mediapart] OHM 2013 : des solutions et outils pour un monde plus anonyme

Lors du camp de hackers OHM 2013, qui se tient actuellement aux Pays-Bas, de nombreuses solutions ont été présentées pour assurer une diffusion sécurisée des informations, et l'anonymat des whistleblowers. De l'application Android jusqu'au projet visant à « chiffrer l'ensemble du web ». […]

Au-delà de ces solutions techniques, plus ou moins accessibles au néophyte, le porte-parole de l'association française La Quadrature du net, Jérémie Zimmermann, a lui plaidé pour une prise de conscience de la communauté des hackers, qu'il appelle à s'ouvrir sur le reste de la société et à partager ses connaissances pour les démocratiser.

« Aujourd'hui, les technologies nous échappent. Elles ne sont plus faites pour nous rendre plus libres, mais pour mieux nous contrôler », a-t-il lancé lors de sa conférence sur le “Data Love”, un “amour de données” militant pour une libre circulation des informations (appliqué à Mediapart récemment...). « Nous avons le schéma du problème, nous avons les solutions techniques. Nous devons maintenant atteindre les autres, partager ce data love. Nous avons une responsabilité politique. Dans ce combat, nous somme en première ligne. Et la clef, c'est l'humanité. Faites le data love à vos voisins. »

http://www.mediapart.fr/journal/international/030813/ohm-2013-des-soluti...

[NouvelObs] Mort du hacker Barnaby Jack : tester les limites des systèmes, c'est du civisme

Le célèbre hacker Barnaby Jack a été retrouvé mort à San Francisco, il avait 35 ans. À la pointe sur les questions de sécurité des dispositifs médicaux, il avait piraté des pompes à insuline mais aussi des pacemakers pour mettre les producteurs devant leurs responsabilités. À quoi sert le hacker aujourd’hui ? Réponses de Jérémie Zimmermann, cofondateur de la Quadrature du Net. [...]

« La démarche de hacker est civique et scientifique. Nous fixons des hypothèses relativement irréalistes, que nous vérifions (ou pas) et nous partageons nos découvertes. Le rôle du hacker, c’est de mettre la puissance publique, les institutions mais aussi les producteurs de technologies face à leurs négligences. Souvent, pour des raisons de coûts, ils camouflent des failles dans les dispositifs qu’ils demandent à la population d’utiliser. En tant que hackers, nous sommes des gardes-fous. » [...]

« Personnellement, je pense qu’il n’y a qu’un seul adage : "ma liberté s’arrête là où commence celle des autres". La culture du hack n’encouragera jamais personne à violer les libertés individuelles. C’est cela qui nous unit, c’est notre combat. Je pense que les valeurs défendues par les hackers, et par la Quadrature du Net que j’ai cofondée, sont des valeurs humanistes : expérimentation, partage des connaissances et lutte pour que l’humain soit toujours maître de la technologie, pas l’inverse. Tant que l’on s’y conforme, il n’y aura pas de dérives ou de débordements. Le hacking doit servir l’humanité et Barnaby Jack nous l’a bien rappelé. »

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/914636-mort-du-hacker-barnaby-j...

[ActuaLitté] Définir le partage non-marchand est possible, en dépit d'Hadopi

Les conclusions de l'étude présentée par l'Hadopi concernant les échanges non marchands n'ont pas enthousiasmé toute la planète. [...] La présence de publicité, les interfaces, les abonnements pour des accès plus rapides... autant de points soulevés qui ne manquent pas de faire sourciller. Calimaq livre ici son point de vue, apportant une autre approche. [...]

Mais les propositions de la Quadrature du Net sont au contraire très précises sur le périmètre des pratiques qui doivent être incluses dans la notion" "d'échanges non-marchands entre individus" et elles ne visent pas à couvrir l'ensemble des dispositifs d'accès aux oeuvres dont la Hadopi a dressé l'inventaire. [...]

Ce que la Hadopi ne dit pas, c'est qu'elle a une responsabilité directe dans le fait que les pratiques d'échanges aient peu à peu migré vers des formes centralisées impliquant des intermédiaires marchands. Car la riposte graduée, en ciblant spécifiquement le téléchargement en P2P, a mécaniquement promu des formes centralisées, comme MegaUpload en son temps et Youtube aujourd'hui, qui concentre une part énorme du trafic.

Son étude a le mérite de nous montrer ce que nous risquons de perdre à cause de la guerre au partage qui est conduite : c'est justement l'autonomie de la sphère non-marchande, par déplacement des pratiques vers des offres commerciales, légales ou illégales. [...]

http://www.actualitte.com/legislation/definir-le-partage-non-marchand-es...

[Numerama] La Quadrature du Net fête ses 5 ans d'existence en vidéo

Voilà cinq ans que la Quadrature du Net agit en faveur des droits et des libertés des Français dans la sphère numérique. À l'occasion de cet anniversaire, l'initiative citoyenne a publié une vidéo retraçant les grands moments de son histoire. [...]

La Quadrature du Net a évolué ce printemps pour devenir une véritable association. Son avenir demeure toujours très lié au soutien des internautes. Récemment encore, elle a été contrainte de lancer un nouvel appel pour financer ses activités, agir à Paris et peser au niveau européen.

À l'occasion de cet anniversaire, la Quadrature du Net a donc mis en ligne une vidéo retraçant les grands moments de son action : la loi Hadopi, l'amendement 138 au parlement européen, la conférence eG8 à Paris, le concept d'Internet civilisé, le projet d'accord international ACTA... pour n'en citer que les plus importants.

http://www.numerama.com/magazine/26631-la-quadrature-du-net-fete-ses-5-a...

[PCINpact] La Hadopi démonte le concept d’échanges non marchands

Les réflexions menées depuis peu par la Hadopi au sujet des échanges non marchands viennent de donner lieu à la publication d'un premier document de travail. Tentant de décortiquer et d'analyser les pratiques cachées derrières ces termes, l'institution retient en fin de compte que le concept d' « échanges non marchands » n'est finalement pas très approprié. [...]

On notera pour l’heure la réaction du juriste Calimaq (voir son billet de blog à ce sujet), également membre de La Quadrature du Net, qui perçoit ici une manœuvre de la Hadopi visant à « discréditer les positions des tenants de la légalisation du partage », notamment au travers des critiques formulées par l’institution à l’égard de cette notion. « Ce que la Hadopi ne dit pas, c’est qu’elle a une responsabilité directe dans le fait que les pratiques d’échanges aient peu à peu migré vers des formes centralisées impliquant des intermédiaires marchands. Car la riposte graduée, en ciblant spécifiquement le téléchargement en P2P, a mécaniquement promu des formes centralisées, comme MegaUpload en son temps et Youtube aujourd’hui, qui concentre une part énorme du trafic » observe-t-il au passage. L’intéressé l’assure : les propositions portées de longue date par l’association citoyenne au sujet du droit d’auteur « sont au contraire très précises sur le périmètre des pratiques qui doivent être incluses dans la notion" "d’échanges non-marchands entre individus" et elles ne visent pas à couvrir l’ensemble des dispositifs d’accès aux oeuvres dont la Hadopi a dressé l’inventaire ».

http://www.pcinpact.com/news/81404-la-hadopi-demonte-concept-d-echanges-...

[Politis] Fin de l'Internet libre ?

Neelie Kroes, commissaire européenne en charge du numérique, a annoncé qu’elle présentera en septembre un projet de règlement européen relatif au marché unique des télécommunications. Plusieurs associations de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet sont montées au créneau après la divulgation, en juillet, d’une version consolidée du projet.

European Digital Rights (EDRi), à l’origine de la fuite, a mis le feu aux poudres chez les défenseurs de l’Internet libre. L’association, sise à Bruxelles, pointe l’article 20 du projet de règlement, accusé de discriminer les communications et donc de mettre fin à l’Internet libre et ouvert. « Après avoir affirmé le principe de neutralité du Net, le projet de règlement le vide de son sens », assure La Quadrature du Net, l’homologue française d’EDRi.

Selon l’association, « les opérateurs télécoms seront libres d’imposer des limitations sur les volumes de données échangées » et libres de « passer des accords commerciaux afin d’offrir des conditions de trafics privilégiées aux grands services en ligne (au hasard,Google ou Facebook) ».

Article publié dans le n° 1263-64-65 du 25 juillet 2013

[ActeursPublics] La protection des données personnelles freinée par les lobbies

Lancée depuis un an et demi par la Commission, la réforme de la loi européenne est toujours discutée par les députés européens, dont les positions se radicalisent sous la pression des groupes d’intérêts. […]

La Commission européenne, par la voix de Viviane Reding, commissaire à la Justice, a donc présenté un projet en janvier 2012 autour d’un mot d’ordre : ajouter de nouveaux droits et concepts pour préserver le citoyen face à la diffusion de données sur Internet. “L’idée est de donner au citoyen le moyen de prendre le contrôle sur ses données personnelles”, résume Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net, l’une des associations de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet les plus actives en Europe. […]

“Des centaines d’amendements ont été directement copiés sur des propositions de lobbies, souffle Jérémie Zimmermann. Un logiciel, LobbyPlag, a même été créé pour comparer les amendements des députés et les propositions des lobbies tant les copier-coller sont nombreux”. […]

http://www.acteurspublics.com/2013/07/23/la-protection-des-donnees-perso...

[ActuaLitté] De la complémentarité du partage avec l'offre légale

Suite à la publication d'une étude IPSOS en Norvège, faisant un point sur l'évolution de l'offre légale et la diminution du piratage, Calimaq s'est fendu d'un fameux billet, pour revenir sur deux points essentiels : l'offre légale et le partage ne sont pas à opposer, comme on le fait si souvent. Mieux : il existe une véritable complémentarité entre ces deux types d'usages. […]

Car ce qui se joue dans le partage non-marchand, ce n'est pas seulement un mode de consommation des biens culturels comme un autre, interchangeable avec les offres de streaming de Netflix ou de Spotify. Accéder à la culture par la mise en partage des œuvres, spécialement quand elle se fait par des moyens décentralisés comme le peer-to-peer ou au sein de communautés d'échange, c'est bénéficier d'une certaine forme de sociabilité avec des pairs, de recommandations collectives favorisant la découverte et l'approfondissement du goût et de modes d'assimilation des œuvres précieux pour l'individuation culturelle. […]

http://www.actualitte.com/usages/de-la-complementarite-du-partage-avec-l...

[Rue89] Comment Bruxelles se prépare à enterrer la neutralité du Web

[…] Le quotidien économique allemand Handelsblatt affirme être en possession d’un document prouvant la volonté de la Commission Européenne d’enterrer la neutralité du Web. La proposition, téléguidée par la commissaire européenne chargée de la société numérique, Neelie Kroes, vise à laisser libres les opérateurs Télécom de décider de la bande passante qu’ils désirent allouer aux sites internet.

Jérémie Zimmermann, cofondateur de l’organisation de défense des droits et libertés des internautes La Quadrature du Net, réagit vivement : « C’est un habillage très subtil, qui n’en détruit pas moins la neutralité du Net. En autorisant la limitation des données et les deals sur la qualité du trafic, on ne fait pas de discrimination, mais on n’interdit pas la discrimination. » […] 

On voit venir le loup : un Internet à deux vitesses, où les sites qui ont les moyens s’achèteront la priorité et le luxe de la vitesse, tandis que les autres prendront les miettes, où les internautes enragés pourraient être bridés une fois la limite de trafic atteinte.

http://www.rue89.com/2013/07/19/comment-bruxelles-prepare-a-enterrer-neu...

[LesInrocks] #UnBonJuif : quelles retombées sur les pratiques numériques ?

Après plusieurs mois de bras de fer judiciaire entre Twitter et cinq associations de défense des droits de l’Homme à la tête desquelles l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), le réseau social américain a finalement accepté de collaborer avec la justice française en lui transmettant des données permettant l’identification des auteurs de tweets antisémites, en supprimant les propos illicites et favorisant le signalement de tels contenus. Décryptage avec Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net et le président de l’UEJF, Jonathan Hayoun. […]

Jérémie Zimmermann : Est-ce qu’il n’est pas le moment d’appeler à repenser la liberté d’expression dans son ensemble à la lueur des technologies numériques et d’un espace globalisé d’expression et d’information ? On est aux balbutiements de prendre la mesure de cette nouvelle capacité universelle d’expression et de participation au débat public. […] Il faut donc être extrêmement vigilant dans les choix de société que va devoir faire à l’avenir : il ne faut pas qu’ils ferment la porte à cette expression véritablement universelle et décentralisée et entamer la liberté d’expression. Ces choix ne devront pas non plus donner des pouvoirs disproportionnés à aux grands acteurs privés du Net.

http://www.lesinrocks.com/2013/07/18/actualite/unbonjuif-quelles-retombe...

[RDL] France : Stockage des métadonnées de communication Vs Démocratie

Dans la foulée du scandale mondial PRISM, un plus petit scandale de surveillance des citoyens a été déclenché en France par "Le Monde". Toutes les données de communication (métadonnées) des appels téléphoniques et communications par Internet entre la France et l´étranger - mais pas le contenu de ces communications - seraient stockées par les services de renseignement extérieur.
Matthieu s'est entretenu avec Jérémie Zimmermann de La Quadrature du Net, une organisation citoyenne pour l´Internet libre. Il est question de l´importance de la protection de la vie privée pour la liberté individuelle, mais aussi pour la défense des droits fondamentaux collectifs et de la démocratie. Jérémie Zimmermann explique également comment l´enregistrement des simples métadonnées - même sans le contenu des conversations - permet déjà la surveillance généralisée.

http://www.rdl.de/index.php?option=com_content&view=article&id=21198:fra...

Traductions :

[RDL] Frankreich: Metadatenspeicherung Vs Demokratie

In Frankreich ist infolge des globalen PRISM-Skandal ein kleineres nationales Überwachungsskandal von der Zeitung Le Monde aufgedeckt worden. Alle Verbindungsdaten (Metadaten) von Telefonate und Internetkommunikation zwischen dem In- und Ausland sollen vom Auslandsnachrichtendienst gespeichert worden sein - jedoch nicht die Inhalte der Kommunikation. Matthieu sprach mit Jérémie Zimmermann von La Quadrature du Net, einer Bürgerorganisation für freies Internet. Es geht zunächst um die Bedeutung von Datenschutz für die Freiheit des Einzelnen, aber auch für die Wahrung der kollektiven Grundrechte und der Demokratie. Jérémie Zimmermann erklärt außerdem, wie die Speicherung der bloßen Metadaten - auch ohne den Inhalt der Telefonate oder E-Mails - bereits zu viel Raum für Überwachung schafft.

Im Interview ging es außerdem darum, unter welchen Umständen das französische Überwachungsskandal zeitnah mit dem amerikanischen aufgedeckt wurde, und warum in Frankreich so wenig darüber debattiert wird.

http://www.rdl.de/index.php?option=com_content&view=article&id=21198:fra...

Version française

[Zeit] EU-Kommission will Zwei-Klassen-Internet erlauben

Die EU-Kommission will die bevorzugte Übermittlung bestimmter Inhalte durch die Internetprovider ausdrücklich erlauben. Dies geht aus einem Entwurf für die Regulierung des europäischen Telekommunikationsmarktes hervor, den das Blog netzpolitik.org veröffentlichte. Demnach haben Inhalteanbieter und Telekommunikationsprovider das Recht, miteinander Vereinbarungen zum Umgang mit Volumentarifen der Kunden und der Übertragung von Daten unterschiedlicher Qualitätsklassen zu treffen (Artikel 20, Abs. 1). […]

Netzpolitische Organisationen warfen EU-Kommissarin Kroes Wortbruch vor, da sie sich zuletzt gegen die Blockade und Drosselung von Internetdiensten ausgesprochen hatte. Die französische Organisation "La Quadrature du Net" unterstellte Kroes, den "Telekomanbietern freie Hand zur Entwicklung von Geschäftsmodellen zu geben, die unwiderruflich die Kommunikationsfreiheit im Internet untergraben". […]

http://www.zeit.de/digital/internet/2013-07/entwurf-netzneutralitaet-eu-...

[ZDF] Filesharing in Frankreich und Hadopi: Legalisierung statt Repression?

Die Internet-Behörde Hadopi soll Filesharing in Frankreich bekämpfen. Anfang des Jahres kündigte die französische Regierung jedoch deren Schließung an. Vor einigen Tagen überraschte die Hadopi-Behörde mit einem unerwarteten Vorschlag, der die Legalisierung von Filesharing in Aussicht stellt. Netzaktivisten sind skeptisch. […]

Philippe Aigrain von der Bürgerrechts-Organisation La Quadrature du Net äußert im Gespräch mit Hyperland Zweifel an der Ernsthaftigkeit des Vorschlags. Er hält ihn schlicht für einen Versuch, das angekündigte Ende der Behörde abzuwenden. “Sie sind wie ein verwundeter Hund. Sie wollten der Öffentlichkeit einfach zeigen, dass sie noch da sind.” Er vermutet, dass der Vorschlag in vielleicht zwei Tagen grob zusammengezimmert wurde. […]

http://blog.zdf.de/hyperland/2013/07/filesharing-in-frankreich-und-hadop...

[BFMTV] Twitter livre des données à la justice : quelles conséquences ?

Twitter a cédé. Vendredi, la direction du réseau social a annoncé se plier aux demandes d’associations telles que l’UEJF ou encore J’accuse !. Ces organisations avaient porté plainte à plusieurs reprises contre le réseau social après la diffusion en 2012 de mots clés #unbonjuif et #unjuifmort. […]

Mais "les précédents, il y en a déjà eu, (même s’ils ne concernaient pas du contenu antisémite) rappelle Jérémie Zimmermann. Youtube a installé une plateforme automatisée qui permet de signaler toute fraude aux droits d’auteurs : ainsi, 300 parodies de La chute ont disparu d’un coup. Autre exemple : Facebook a bloqué un grand nombre de profils à cause de la photo de L'origine du monde", déplore-t-il. […]

Au niveau de l'amélioration du signalement de ces tweets, "c’est plus inquiétant sur la forme, estime Jérémie Zimmermann. Que va faire Twitter de ces signalements ? Les transmettre à la justice, ou faire justice lui-même ? L’entreprise va-t-elle engager une batterie d’avocats pour examiner chaque tweet signalé, ou mettra-t-elle en place un algorythme ? Ou chaque tweet signalé sera effacé ?" […]

http://www.bfmtv.com/societe/twitter-livre-donnees-a-justice-consequence...

[PCINpact] Europe : Neelie Kroes accusée de dégommer le principe de neutralité du Net

Le site de l’association l’European Digital Right (EDRI) a diffusé un projet de réglementation européenne du marché unique des télécoms. Le texte suscite beaucoup d’inquiétude chez les partisans de la neutralité du Net. […]

Le projet de texte prévoit aussi que « les fournisseurs de contenu, d’applications ou de services et les fournisseurs d'accès aux services de communications au public en ligne devraient être libres de convenir entre eux du traitement des volumes de données ou de la transmission de trafic avec une qualité de service garantie ». Cette qualité de service garantie est « exactement le contraire de la neutralité du Net garantie » estime l'EDRI pour qui la disposition laisse surtout libre champ à la priorisation des flux. « Il se pourrait même que l’actuelle loi néerlandaise, dans laquelle les opérateurs ont l’interdiction de discriminer le trafic, soit en violation avec cette disposition du projet. » […]

En somme, selon ces commentateurs, le texte affirme la neutralité pour ensuite l’éplucher. L’analyse est partagée du côté de La Quadrature du Net (LQDN) qui milite pour la sanctuarisation de ce principe depuis des années. « Cette disposition mettrait irrémédiablement en cause l'innovation en ligne, ainsi que l'universalité de la plate-forme de communications qu'est Internet » résume Jérémie Zimmermann, l’un des cofondateurs de LQDN. […]

http://www.pcinpact.com/news/81215-europe-neelie-kroes-accusee-degommer-...

[ArrêtSurImages] "Vous avez déjà vu une affaire révélée par des moyens honnêtes ?"

Émission diffusée le 12 juillet 2013 sur @rrêt sur images, avec Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.

Nous vous rappelons qu'@rrêt sur images vit uniquement grâce à vos abonnements ! Si vous avez aimé cette émission abonnez-vous.

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=6001

[Mediapart] Bettencourt-Mediapart : un appel contre la censure

Plus de quarante titres de presse, associations de défense des libertés et syndicats ont lancé ce jeudi matin au siège de RSF un appel « Nous avons le droit de savoir ». Ils protestent ainsi contre l’arrêt de la cour d’appel de Versailles ordonnant à Mediapart et au Point de supprimer toute citation des enregistrements Bettencourt.


Nous avons le droit de savoir

« La liberté de l’information n’est pas un privilège des journalistes mais un droit des citoyens. Dans une démocratie vivante, le pouvoir du peuple souverain suppose le savoir d’un public informé. Etre libre dans ses choix et autonome dans ses décisions nécessite de connaître ce qui est d’intérêt public, c’est-à-dire tout ce qui détermine et conditionne nos vies en société.

S’agissant des affaires publiques, la publicité doit donc être la règle et le secret l’exception. Rendre public ce qui est d’intérêt public est toujours légitime, notamment quand le secret protège indûment des injustices et des délits, des atteintes au bien collectif ou aux droits humains. Ainsi la sécurité des Etats ne saurait empêcher la révélation de violations des libertés individuelles, pas plus que la sauvegarde de l'intimité de la vie privée, impératif par ailleurs légitime, ne saurait être l’alibi d’infractions aux lois communes.

C’est pourquoi il importe de défendre les journalistes professionnels, les sources d’information et les lanceurs d’alerte ayant permis la révélation de faits d’intérêt général qui, sans leur travail et leur audace, seraient restés inconnus du public. Les soutenir, c’est protéger et étendre un droit de savoir universel, garantie d’un renforcement de la démocratie mondiale à l’heure de la révolution numérique.

Pour toutes ces raisons, nous nous disons solidaires de Mediapart après la récente condamnation lui imposant de censurer, trois ans après leur révélation, ses informations sur l'affaire Bettencourt. En signe de protestation, nous faisons désormais nôtres toutes ces informations. Et nous encourageons les médias, les associations, les élus, les citoyens à les reprendre immédiatement et à les diffuser par tous les moyens démocratiques en leur possession. »

[…]

L'objectif est de clairement signifier, par notre nombre, que la ligne jaune a été franchie en matière de droit à l'information, un droit fondamental de tout citoyen. […]

http://www.mediapart.fr/journal/france/100713/bettencourt-mediapart-un-a...

[PolskaTimes] Przecieki z negocjacji o TTIP. Dokument ma "tylnymi drzwiami" wprowadzić zapisy ACTA

TTIP (Transatlantic Trade and Investments Partnership) to dokument mówiący o wolnym handlu pomiędzy Unią Europejską a Stanami Zjednoczonymi. To wersja oficjalna. W internecie huczy od doniesień o rzekomych tajnych zapiskach TTIP. Czyżby powstawało nowe ACTA? […]

Negocjacje ws. porozumienia ruszyły wczoraj w Waszyngtonie. Mają potrwać do 12 lipca. Wszystko odbywa się za zamkniętymi drzwiami. Prawdziwą burzę wywołał opublikowany przez grupę obywatelską La Quadrature du Net dokument, który pochodzić ma od negocjatorów TTIP. […]

http://www.polskatimes.pl/artykul/940476,przecieki-z-negocjacji-o-ttip-d...

[Actualitté] Hadopi : la coupure d'accès à Internet enterrée… et ensuite ?

Hadopi est mort ! Vive Hadopi. Dans un communiqué du ministère de la Culture, Aurélie FIlippetti vient d'annoncer la publication du décret supprimant, dans le cadre de la loi, « la peine complémentaire de la suspension d'accès à internet ». Une demande formulée de longue date, alors que cette sanction semblait particulièrement inique aux yeux de différentes organisations. […]

Pour La Quadrature du Net, le porte-parole, Jérémie Zimmerman, cette décision de supprimer la coupure d'accès, est « un effet d'annonce ». Fort de cette abolition, il importe de « réformer le droit d'auteur en profondeur pour reconnaître nos droits culturels ». Car pour la Quadrature, la page Hadopi ne sera tournée qu'à compter du moment où « tout le dispositif de la Hadopi sera définitivement abrogé ». […]

Rendez-vous à la rentrée, pour de nouvelles aventures...

http://www.actualitte.com/legislation/hadopi-la-coupure-d-acces-a-intern...

[PCINpact] L'enfumage autour de la Hadopi, c'est maintenant

Sur son compte Twitter, la ministre de la Culture a repris le slogan présidentiel pour fêter la fin de la suspension Hadopi. Le message est pour le moins ambitieux lorsqu’on se souvient des propos du passé. Pour La Quadrature du Net, il est avant tout insuffisant. Mieux, le ministère indique que Hadopi sera à terme supprimée, et tous ses pouvoirs confiés au CSA. Sans changement. […]

« Le changement d'ère, ça n'est pas encore pour maintenant » rebondit du coup La Quadrature. Et pour cause : ce changement de façade ne passe pas. « Hadopi, la page n'est pas tournée ! » expose ainsi Jérémie Zimmermann, porte-parole de l'organisation citoyenne. « Contrairement à ce qu'annonce la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, la « page » de l'opposition artificielle entre les auteurs, les artistes et leur public n'est pas « tournée » en supprimant simplement la sanction de coupure d'accès au Net de la Hadopi. » L'intéressé en appelle à une réforme plus profonde des droits d'auteur, « pour reconnaître nos droits culturels » au partage « non-marchand » de la culture. […]

Avec une réponse graduée conservée « sous sa forme aménagée », le CSA sera donc doté des mêmes pouvoirs que la Hadopi. Une enveloppe différente, des pouvoirs conservés. « Le changement c’est maintenant » se tue à nous dire la ministre.

http://www.pcinpact.com/news/81093-lenfumage-autour-hadopi-cest-maintena...

[LesEchos] Hadopi : le gouvernement supprime la coupure d'accès à Internet

C’était un décret très attendu : le gouvernement a enfin mis fin à une sanction très décriée, même si elle n’a quasiment jamais été appliquée (un seul cas). La sanction de suspension de leur accès à Internet pour les internautes téléchargeant illégalement de la musique ou des films sur Internet appartient au passé. Le décret est paru ce matin, signé par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, et Christiane Taubira, Garde des Sceaux et ministre de la Justice. […]

«  Il ne s’agit là que d’un effet d’annonce. La page ne sera définitivement tournée que lorsque tout le dispositif de la Hadopi (riposte graduée, délit de négligence caractérisée, ordonnances pénales) sera définitivement abrogé, et que les droits culturels du public à partager la culture seront effectivement reconnus par la loi. Il est urgent de mettre en œuvre une réforme profonde du droit d’auteur, dans lequel le partage non-marchand, entre autres pratiques répandues permises par le numérique tel que le remix, serait légalisé. Le changement d’ère, ça n’est pas encore pour maintenant… », a réagi de son côté La Quadrature du Net.

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/medias/actu/0202884494335-ha...

[PCINpact] Snowden : la NSA est « de mèche » avec la plupart des pays occidentaux

Depuis les révélations initiales d’Edward Snowden sur le programme américain de surveillance Prism, les réactions outrées ont afflué d’un grand nombre de pays. Mais alors que le lanceur d’alertes est bloqué depuis deux semaines dans l’aéroport de Moscou, de nouvelles informations braquent les projecteurs sur les relations de la NSA avec les pays occidentaux et l’espionnage intensif qui a été fait au Brésil. […]

Un article publié hier par le journal allemand Der Spiegel relance en outre la polémique sur les liens existants entre la NSA et les pays occidentaux. Alors que Jérémie Zimmermann, porte-parole de la Quadrature du Net, soulignait récemment l’étrange calendrier des révélations du Monde sur le programme de la DGSE, on en apprend davantage sur le parcours d’Edward Snowden. […]

http://www.pcinpact.com/news/81059-snowden-nsa-est-meche-avec-plupart-pa...

[Libération] Manifestation de soutien à Edward Snowden à Paris

Une quarantaine de personnes, pour la plupart des militants d’organisations de défense des droits et libertés sur internet, se sont rassemblées dimanche à Paris pour soutenir l’ex-consultant de renseignement américain Edward Snowden bloqué à Moscou et érigé en héros, selon des journalistes de l’AFP. [...]

« Les gouvernements de l’essentiel de la planète sont actuellement complices des efforts des Etats-Unis pour mettre la main sur Snowden alors qu’ils devraient reconnaître le rôle de défenseur des droits et des libertés qu’il a eu en dénonçant le scandale de l’espionnage massif des citoyens du monde entier », a fustigé Philippe Aigrain, un des responsables de la Quadrature du Net. [...]

http://www.liberation.fr/societe/2013/07/07/manifestation-de-soutien-a-e...

[PCINpact] Etude Hadopi sur le partage non marchand, la Spedidam h.e.u.r.e.u.s.e !

Heureuse, la Spedidam ! Celle-ci vient d’applaudir chaleureusement la Hadopi pour sa « prise de conscience tardive » sur « l'inefficacité de la répression contre le public sur Internet et les vertus d'un mécanisme de licence globale. » […]

Un signe qui ne trompe pas : on a beau tendre l’oreille, les réactions chez les ardents opposants à la licence globale n’ont pas dépassé le murmure alors que leur outil pénal fait mine de se déguiser en Jérémie Zimmermann. Les SPRD n’ont même pas fait semblant de s’y opposer bruyamment. Quelques cuicuis sur Twitter, pas plus. Rappelons enfin que la Hadopi se lance sur un terrain terriblement novateur… où s’empilent depuis quelques années des camions d’études sur le sujet.

http://www.pcinpact.com/news/80907-etude-hadopi-sur-partage-non-marchand...

[LExpress] Espionnage de l'UE : après le scandale, des données personnelles mieux protégées ?

L'affaire Snowden risque de retarder les négociations sur un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l'Europe. En revanche, elle pourrait accélérer l'adoption d'un règlement européen sur la protection des données. […]

Avec l'affaire Prism, les géants américains d'Internet voient tous leurs efforts remis en cause, estime Jérémie Zimmermann, cofondateur et porte-parole de La Quadrature du Net, organisation de défense des droits et libertés sur Internet : "Prism peut avoir un impact sur le projet de règlement européen car Facebook et d'autres ont été pris la main dans le sac : ils fournissaient les données privées des utilisateurs à la NSA. Cette affaire risque de sérieusement discréditer leur lobbying." Françoise Castex compte quant à elle sur une prise de conscience des plus récalcitrants au projet après la révélation du scandale d'espionnage : "J'espère que ceux qui ont déposés des amendements vont se rendre compte qu'ils ont été floués." Au-delà des élus, Jérémie Zimmermann estime que ce scandale pourrait amener "les opinions publiques européennes à se saisir politiquement de la question." […]

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/espionnage-de-l-ue-apres-le-scand...

[Atlatszo] “A bátorság fertőző” – egy bennfentes a Wikileaksről, Snowdenről, szabadságjogokról

Jérémie Zimmermann francia aktivista, az internetes szabadságjogokat védő Quadrature du Net (A net négyszögesítése) szóvivője és a szabad szoftvert propagáló April egyesület adminisztrátora. […]

Jérémie Zimmermann  2006-ban a legnagyobb amerikai telekomcégnél, az AT&T-nél jelezték szivárogtatók, hogy az NSA (National Security Agency) rendelkezésére álltak a teljes nemzetközi kommunikációhoz való hozzáférést biztosító technikai eszközök. 2008-ban megszavazásra került a FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act) módosítása, amely lehetővé teszi, hogy az USA felderítése, ha érdeklődik a nem amerikai polgárok helyi szervereken tárolt kommunikációja iránt, külön engedély nélkül gyűjthessen adatot, bármely okból is tegye ezt. Mindez, plusz az amerikai polgárok megfigyelésére utaló információk, arra engedtek következtetni, hogy az adatgyűjtés, lehallgatás masszív és általános, most erre kaptunk cáfolhatatlan és az illetékesek által nem is tagadott bizonyítékokat, olyasféle ijesztő számokkal, mint 97 milliárd begyűjtött elem egyetlen hónap alatt, 2013 márciusában. A másik fontos aspektus a Szilícium-völgy óriáscégeinek aktív együttműködése e téren, amivel kapcsolatban szintén erős gyanúink voltak: tudtuk, hogy technológiai, gazdasági modelljük tökéletes alap a megfigyelésre. Az erre utaló bizonyítékok azzal is szembesítenek, hogy a hírszerzés és e magánvállalatok működése szétválaszthatatlan, tehát egyértelmű, hogy nem bízhatunk bennük a magánélet és az alapvető szabadságjogok biztosítása terén. A tények nyilvánosságra kerülése lehetőséget ad egy társadalmi vita megindítására, többek között az USA-ban 2001. szeptember 11-e óta kialakult, a közbiztonság kérdését paranoiás módon mindenek fölé helyező rendszerről. […]

http://atlatszo.hu/2013/06/28/a-batorsag-fertozo-egy-bennfentes-a-wikile...

[PCINpact] Prism/DGSE : les réactions de Jérémie Zimmermann de la Quadrature du Net

Depuis les révélations initiales sur le programme américain de surveillance Prism, la scène internationale réagit de manière plurielle. Dans une véritable partie de ping-pong politique, les pays se renvoient la balle et rivalisent dans les prises de position. Jérémie Zimmermann, porte-parole de la Quadrature du Net, revient sur l’infrastructure française de la DGSE et l’importance d’une reprise de contrôle démocratique. […]

Mais ces révélations pourraient offrir également une occasion de « reprendre le contrôle » de ce mécanisme de cette surveillance. « Un peu plus » en tout cas « qu’aux États-Unis avec la NSA qui s’est fait sans cesse étendre son pouvoir de façon quasi-illimité en-dehors de tout contrôle et où des pans entiers de politique publique sont classés top-secret ». De fait, cela pourrait être le bon moment pour réfléchir à un cadre législatif plus solide pour ce type d’opération car ces affaires « démontrent la valeur phénoménale de nos données personnelles et de nos métadonnées comme moyens de contrôler les individus ». […]

http://www.pcinpact.com/news/81050-prismdgse-reactions-jeremie-zimmerman...

[ThinkerView] Interview de Jérémie Zimmermann - 22 juin 2013

Interview de Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net, réalisée le 22 juin 2013 par Thinker View lors de la Nuit du Hack.

http://thinkerview.com/

Transcription réalisée par des bénévoles de l'APRIL. Un grand merci à eux !


Journaliste : Monsieur Jérémie Zimmermann, bonjour.

Jérémie Zimmernann : Bonjour.

Journaliste : Je t'interroge aujourd'hui pour un site Internet qui s'appelle ThinkerView. J'aurais aimé avoir ton point de vue sur PRISM, et les répercussions de PRISM sur la démocratie, c'est-à-dire nous.

Jérémie Zimmernann : Les révélations sur l'affaire PRISM sont intéressantes à plus d'un titre.

Tout d'abord, parce qu'on a maintenant la preuve irréfutable de cette surveillance et de son caractère massif et généralisé. Pendant dix ans, on a collecté des preuves, des témoignages, on a eu des informations plus ou moins probantes. Aujourd’hui c'est un document marqué Top Secret/ NOFORN, qui en est la preuve irréfutable.

Ce chiffre de 97 milliards d'éléments d'informations juste pour le mois de mars 2013... Pendant 10 ans on s'est fait traiter de conspirationnistes. Aujourd'hui, on sait que c'est la réalité et c'est l'élément essentiel pour pouvoir commencer un débat public sur le sujet de la surveillance de masse, et espérer éventuellement revenir en arrière sur cette spirale ultra sécuritaire et paranoïaque, impulsée par les États-Unis et les marchands de canons, à la suite du 11 septembre 2001. Voilà pour le premier élément.

Le deuxième élément, c'est qu'on a maintenant la preuve irréfutable de la participation des géants du web, Google, Facebook, Apple, Skype, etc., dans cette surveillance de masse. Et donc la preuve une fois encore par A + B que l'on ne peut pas faire confiance à ces entreprises pour protéger sa vie privée, ses données et communications personnelles - pour protéger ses libertés fondamentales au sens large.

Quand bien même on comprendrait l'intégralité des conditions générales d'utilisation de ces services, au milieu il y a un gros trou noir qui est le droit américain, le FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act), et la loi l'amendant en 2008, qui dit explicitement que lorsqu'il s'agit de données de citoyens non US, stockées sur des serveurs US, les services de renseignements peuvent y accéder quel que soit le motif sans rien demander à personne.

Journaliste : Je te coupe. Est-ce que tu penses que les législateurs français, nos hommes politiques sont suffisamment équipés intellectuellement parlant, ou suffisamment formés pour comprendre ce qui est en train de se jouer ?

Jérémie Zimmernann : Attends. Un point avant ça parce qu'on oublie de le rappeler quand on parle entre nous. Pourquoi il est essentiel de protéger notre vie privée ? Ça sonne comme une tautologie pour ceux qui sont habitués à ces concept-là. Il faut voir que la protection de la vie privée est une liberté fondamentale ici en Europe. C'est important, parce que la protection de la vie privée implique la mise en œuvre d'autres libertés. Sans protection de la vie privée, on ne peut pas efficacement user des autres libertés qui sont par exemple : la liberté de rassemblement, la liberté de mouvement, ou tout simplement la liberté d'expression. Si vous savez qu'il y a toujours quelqu'un par-dessus votre épaule quand vous tapez, vous n'allez pas dire « Tiens, le gouvernement fait de la merde », ou « J'ai vu telle information qui me semble suspecte », ou « Si l'on allait creuser dans les finances de tel ou tel organisme". De la même façon vous n'irez peut-être pas à une réunion d'un parti politique ou d'autre groupe, si vous savez que le public ou qui que ce soit d'autre pourrait être au courant.

Donc je dirais que la protection de la vie privée est une liberté fondamentale, peut-être encore plus fondamentale que les autres, à côté de la liberté d’expression, car toutes les deux sont une composante essentielle non seulement de la démocratie, mais aussi de l’exercice de toutes les autres libertés. On a donc là un véritable enjeu de société.

Pour répondre à ta question - est-ce que les gouvernements, est-ce que les politiques sont équipés pour comprendre cela ? Je répondrais non, parce que nous-mêmes on n'y arrive pas. Personne n'est capable de comprendre le fonctionnement d'un ordinateur aujourd'hui. Déjà parce que les ordinateurs qu'on a dans les poches, avec leurs puces baseband, sont complètement fermés : on n'a pas accès aux spécifications, on ne peut donc pas les contrôler. Il s’agit des puces essentielles qui émettent et reçoivent des flux, que ce soit de la voix ou des données. Personne aujourd'hui n'est en mesure de dire comment fonctionne un ordinateur. Et quand bien même on mettrait les millions d'euros nécessaires à comprendre le fonctionnement de ces puces, il est susceptible de changer d'une seconde à l'autre.

Donc on n'est pas capable de comprendre le fonctionnement des ordinateurs, et de la même façon on n'est pas capable de comprendre comment fonctionne Internet. On peut en connaître des bribes, des éléments. Chercher à en comprendre le plus possible est évidemment un objectif : comprendre comment marche TCP/IP, comment marche le routage BGP, comment se font les deals de bande passante, etc. Mais comprendre l'ensemble des interactions technologiques et humaines que l'on appelle Internet est quelque chose qui par définition dépasse notre entendement.

Alors quand on voit des conflits entre divers intérêts, industriel, politique ou général ; qu'on a d'un côté les marchands de canons qui vont s'exclamer : « Oh là là, terroristes, etc, il faut mettre ceci, cela », avec d'autres organisations comme la NSA, l'armée, ou autre, qui éventuellement emboitent le pas ; comment peut-on imaginer qu'un politicien soit en mesure de se dire : « Non, non, attendez : l’intérêt général, c'est la défense des libertés fondamentales, la liberté fondamentale c'est la défense de la vie privée, et là il y a un conflit ». C'est impossible.

Donc là on est dans un rapport de force qui est par nature politique et quand on dit politique, hélas, on est souvent un petit peu en dehors de la rationalité. Il ne s'agit pas simplement de comprendre les enjeux et d’appliquer les solutions qui sont optimales, mais il s'agit d’un rapport de force. Et ce rapport de force ce sont les citoyens du monde entier face aux marchands de canons, à certains membres de l'administration US, et certains membres de l'administration dans les gouvernements européens. Donc c'est vraiment un rapport de force politique qui est assez mal engagé pour nous.

Journaliste : Pourquoi ?

Jérémie Zimmernann : Parce que tout a été parfaitement pensé et mis en œuvre. Il y a ce bouquin de Naomi Klein qui s'appelle The Shock Doctrine [La Stratégie du choc : La montée d'un capitalisme du désastre], où l'on explique très bien comment utiliser des chocs émotionnels dans l'opinion publique pour imposer des mesures qui seraient sinon injustifiables, inacceptables. Le livre explique aussi que cette stratégie est parfaitement maîtrisée par les communicants qui conseillent les politiques, et a été mise en œuvre régulièrement par paliers depuis le 11 septembre 2001 pour solidifier un acquis de dispositions sécuritaires. Revenir en arrière va être extrêmement difficile.

Journaliste : La situation économique se tend à l'échelle mondiale. Les peuples se révoltent. Et ce qu'on a appelé les Révolutions de jasmin, les Printemps arabes, tous les éléments de langage pour décrire un peuple qui se soulève parce qu'il n'a plus rien à bouffer, parce qu'il a un État corrompu à sa tête, est-ce que tu ne penses pas que les services de renseignements, adossés à un pouvoir corrompu avec lobbyistes et tout l'arsenal, sont une façon comme une autre d'avoir une cavalerie sécuritaire afin d'encadrer une population pour passer un moment difficile de la mondialisation économique, c'est-à-dire faire du data mining pour identifier des humeurs contestataires...

Jérémie Zimmernann : Si. Bien sûr que si. Surveillance égale contrôle. On l'a vu partout dans l'Histoire. C'est l'histoire de la Stasi, des polices secrètes dans tous les régimes autoritaires. On surveille les individus, pas pour le plaisir : on les surveille pour mieux les contrôler. C'est un grand classique. Le jour où tu entres en politique, où tu commences à te rebeller, à contester un petit peu l'ordre établi et le gouvernement, il y a deux personnes qui frappent à ta porte qui te disent : « Vous voulez vraiment qu'on expose tel et tel élément de votre vie privée au public ? Alors fermez votre gueule. ». C'est en général la première étape avant de passer à la violence physique.

Journaliste : Ça va être compliqué de faire de la politique et de porter des valeurs pour notre génération !

Jérémie Zimmernann : Il va être compliqué d'entrer en politique pour qui que ce soit, oui !

On voit le déjà aujourd’hui : il y a cette statistique qui est sortie il y a quelques jours, qui montre qu'un jeune sur dix s'est déjà vu refuser un boulot à cause de son profil Facebook. Vous imaginez ! Se faire refuser un boulot, ce n'est quand même pas quelque chose de très exceptionnel, c'est quelque chose de banal. Alors imaginez quand un de ces jeunes va essayer d'entrer en politique.

D'une certaine façon, mais je ne voudrais pas là me faire l'avocat des théories post-privacy parce que je pense que c'est de la foutaise, mais d'une certaine façon, dans dix ans, entrer en politique, on vous dira « ouais mais vous avez eu une relation extra-conjugale », « ouais mais vous avez fumé un pétard », « ouais mais... » ceci et cela, ces choses-là seront beaucoup plus acceptées je pense, à mesure que les gens auront volontairement diffusé ce genre d'informations.

Et en même temps, ce que l'on est en train de faire, c'est une espèce de réflexion globale sur des valeurs qui sont universelles. Quand je dis « on », c'est « on les Internets », quelque part : sans chef, sans leader, sans parti, sans rien.

On voit qu'il y a d'un côté les technologies qui libèrent, qui sont basées sur le partage de la connaissance, sur l'ouverture et sur l'universalité de la potentialité de participation. De l’autre côté, les technologies qui contrôlent, qui surveillent, qui sont basées sur la centralisation et sur la fermeture. Et les valeurs que l'on pousse - et là je vais parler en tant que porte-parole de la Quadrature du Net - quand on pousse ces valeurs de défense des libertés fondamentales, du partage de la connaissance, c'est quelque chose qui résonne au-delà des frontières, au-delà des limites entre les partis politiques. Et cet objectif-là peut-être - je pense que c'est un objectif de société par son caractère universel - est peut-être quelque chose qui au bout du compte sera plus fort et qui saura s'imposer face à ce qui n'est finalement que la somme d’intérêts particuliers, d’intérêts sectoriels.

Oui, la vente de canons - ou aujourd'hui des armes de surveillance massive - oui, ce sont de très gros contrats, ça concerne des Amesys, des Blue Coat et des entreprises de cette taille. Oui, ce sont des contrats énormes. Oui, aux États-Unis, le budget de la Défense représente je-ne-sais quel pourcentage démesuré du budget global, ça embauche je-ne-sais combien de centaines de milliers d'individus, etc. Mais ça reste un intérêt sectoriel, un intérêt particulier. Nous ce que l'on défend en face, c'est un modèle de société. C’est l’intérêt général et ce sont des valeurs universelles qui sont les valeurs démocratiques.

Journaliste : On va parler de valeurs démocratiques. En France, les whistleblowers ne sont pas protégés ou très peu, mis à part fiscalement parlant. Un gamin qui travaille à la NSA ou qui travaille dans l'armée, et qui fait fuiter aux États-Unis se retrouve torturé avec tout le manuel de la CIA qui est sur lui, qui voit son sort se régler avec si peu de souci. Comment tu trouves la position de la France par rapport à ce qui s'est passé, prenons le cas de Bradley Manning. Pourquoi on n'a pas entendu la France à l'international pour dire : « Vous torturez au nom de la liberté »?

Jérémie Zimmernann : Le cas des whistleblowers, des lanceurs d'alerte, aux États-Unis est extrêmement préoccupant. L'administration Obama a plus attaqué de whistleblowers je crois que toutes les administrations précédentes. Ce n'est pas seulement Bradley Manning et le pauvre Edward Snowden qui risque de subir un sort similaire. Il y a Jesselyn Radack, il y a Thomas Drake, il y a Bill Binney. Il y a tous ceux dont on n'a pas entendu parler, tous ceux sur qui la pression a été efficace avant que l'information ne fuite. Tous ceux qui n'ont pas pu aller jusqu’à devenir publics pour être protégés par cette publicité.

C'est quelque chose d’extrêmement préoccupant. On voit là le rapport de force qui se dessine autour de l'information. On sait que l’information c’est le pouvoir, et en même temps on constate que les gouvernements et surtout le gouvernement US utilisent de plus en plus du secret pour cacher des agissements qui sont soit des mensonges, soit des crimes.

D'un côté il y a cette inflation du secret, et de l'autre des citoyens qui ont entre les mains le pouvoir de faire éclater la vérité. On voit que le gouvernement US est dans une situation intenable. Il y a je crois 1,4 millions de personnes aux États-Unis qui sont habilitées Top Secret. On l'a vu avec l'affaire Snowden : Snowden ne bossait pas pour la CIA mais pour Booz Allen Hamilton à qui la CIA sous-traitait. On se souvient des Stratfor, des HBGary, il y a les Redfin, des Palantir, etc., c'est une myriade, des centaines sinon des milliers d'organisations privées qui partagent ces informations. Donc tout le contenu Google, Facebook, etc., avec ce que ça implique, là pour le coup vraiment, pour la sécurité et la défense nationale. Parce que d'une, des petits gars chez ces petites boîtes machin qui peuvent faire faillite comme ça du jour au lendemain sont dix fois plus susceptibles d'aller revendre des trucs à des puissances étrangères, que des gens qui sont au cœur de l'appareil d'État. Et ensuite, ces gens-là sont plus enclins à révéler ce qu'ils voient. J'ose espérer que Edward Snowden et d'autres vont inspirer des gens aux quatre coins du monde dans ce genre d'institutions, qu'elles soient publiques ou privées, à révéler des informations pour essayer d'endiguer cette inflation du secret et cette dérive techno-totalitaire.

Journaliste : Est-ce que tu crains pour ta sécurité ?

Jérémie Zimmernann : Non, parce qu'il y a des choses auxquelles j'ai renoncé depuis longtemps.

Journaliste : D'aller aux États-Unis ?

Jérémie Zimmernann : Déjà je ne vais plus aux États-Unis. Pour la petite histoire, l'avant-dernière fois où j'y suis allé, juste avant la porte de mon avion, véritablement devant la porte de mon avion, trois agents du FBI sont venus me poser des questions sur WikiLeaks. Ils voulaient des informations sur le fonctionnement de WikiLeaks. Ils voulaient me transformer en un informateur parce que je suis ami avec Julian Assange. Alors j'ai assez bien résisté à leur pression. Ils sont allés jusqu'à me faire « Have you already been arrested?! Have you already been to jail?! ». Ce à quoi j'ai dit : « Écoutez, je défends mes idées comme vous le savez et si ça me coûte d'aller en prison, allez-y arrêtez-moi ! » et ils m'ont finalement laissé repartir.

Et ce n'est qu'après que j'ai réalisé que l'ensemble de leur intervention sur moi était complètement illégale. Ils ne m'ont pas montré de plaque, ils n'ont pas donné leur nom, ils ne m'ont même pas laissé leur vraie adresse e-mail quand ils voulaient que je les contacte, mais une adresse bidon @yahoo.com. Ça montre l'état de déliquescence des institutions américaines, et combien leur laisser du pouvoir au-delà du contrôle citoyen, au-delà des valeurs démocratiques, conduit à des résultats qui sont complètement contraires aux valeurs de la constitution qu'ils sont censés défendre.

Donc pour ma sécurité personnelle, il y a des choses auxquelles j'ai renoncé, de la même façon que, à un moment j'ai dû devenir une personne « publique », en faisant le choix de devenir porte-parole de quelque chose. Ça veut dire que voilà, je fais des interviews, on me prend en photo, on me cite quand je parle, et des choses comme ça. Donc c'est renoncer à une partie de sa vie privée pour défendre une cause.

Mais je pense que de la même façon, il y a des trucs en terme de sécurité où on ne peut pas passer son temps non plus à régénérer des clefs, à faire des fresh installs, à vérifier des fingerprints [empreintes numériques] des différents BIOS, des différentes puces, de toutes façons on ne trouverait pas parce qu'on n'a pas les outils. Donc, il y a un moment où il faut renoncer. Je ne dis pas que je n'ai rien à cacher mais j'ai très peu de secrets. Et la plupart de ce que je fais est....

Journaliste : Tu parles des institutions ? J'ai encore deux petites questions.

Jérémie Zimmernann : J'aimerais juste rajouter un truc. Je ne me compare certainement pas à ces whistleblowers qui font des actes d'un courage qui nous dépassent tous. On voit, quand Snowden parle, il sait qu'il risque sa vie, qu'il ne reverra peut-être plus jamais sa maison, sa famille, etc., qu'il met en danger même sa famille en faisant ça, mais il dit : « Je dois le faire ».

Je pense qu'on a tous, au fond de nous, cette étincelle de liberté, ce sens de justice, cette humanité, qui peut nous pousser un jour à dire : « D'un point de vue personnel ce n'est vraiment pas une bonne idée, mais je dois le faire, et je vais le faire quand même. »Et c'est ça le courage. Et c’est ça que disait WikiLeaks en disant « Courage is contagious! », le courage est contagieux. J'espère que c’est vrai. Je pense que c'est la seule solution pour sortir de cette situation.

Journaliste : Deux petites questions. La première. Le rapport Jean-Marie Bockel, qui a beaucoup chargé les serveurs chinois, alors que les serveurs Cisco nous poutrent depuis une trentaine d'années. Qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que tu penses qu'il a manqué de courage ?

Jérémie Zimmernann : Déjà je n'ai pas lu de la première et la dernière page, donc j'aurais bien du mal à en parler en connaissance de cause. Je pourrais me rattacher à de précédents rapports parlementaires comme le rapport Laborde.

Il y avait aussi un rapport Carayon sur l'intelligence économique qui était assez bien ficelé et qui déjà touchait du doigt ces mêmes problématiques telles que : faire confiance à des technologies fermées, ça n'est pas compatible avec la démocratie, et ça n'est pas compatible avec tout simplement la maîtrise de ses systèmes d'information.

Que l'on parle des logiciels fermés de Apple ou Microsoft, ou des spécifications de puces fermées des routeurs Cisco, ZT ou Huawei, ou des baseband à l'intérieur des téléphones - c'est une grosse grosse question aussi. Je ne sais pas si Bockel a touché du doigt cet aspect-là, mais le problème est le même : on externalise la confiance dans le cœur de nos infrastructures de communication à des entreprises qui répondent à d'autres impératifs, à d'autres objectifs que ceux de défendre les communications personnelles, ou les communications sensibles et critiques des citoyens français et des institutions en France. On a un vrai problème.

D'un autre côté, je sais qu'on a un vivier de compétences loin d’être ridicule. Par exemple l'ANSI et j'imagine qu'à l'ANSI ils doivent un tout petit peu se poser la question des ordinateurs de poche dits téléphones et de leurs rapports aux ondes de communication, activation à distance ou des machins comme ça. Les travaux de l'ANSI sur des technologies qui concernent le grand public devraient être, par défaut, publiées en logiciel libre.

Ce qui manque ici c'est une politique industrielle qui viendrait articuler d'un côté la recherche en sécurité informatique, qui se fait avec les moyens de l'État comme à l'ANSI, et de l'autre des objectifs de politique publique qui sont ceux de donner aux citoyens des outils leur permettant de reprendre le contrôle de leur information et de leur communication, à savoir logiciels libres, services décentralisés, chiffrement point à point. Il faudrait articuler tout ça autour d'une politique industrielle un peu cohérente.

Je ne sais pas si c'est à Montebourg qu'il faut secouer les puces ou directement à Jean-Marc Ayrault, mais leur dire : « Hé les cocos, lâchez quelques petits millions de rien du tout, pour aller arroser des projets logiciels libres qui répondent à ces critères-là. ». Ce n'est pas plus compliqué que ça. Les talents sont déjà là. Les projets sont déjà existants. Il suffit d'arroser, il n'y a même pas à planter des graines dans le sol, il suffit d'arroser !

Journaliste : Dernière question. Si tu avais un conseil pour les générations futures, un conseil pour les jeunes qui nous écoutent, parle-leur, laisse-leur une bouteille à la mer sur Internet, et donne-leur un conseil.

Jérémie Zimmernann : C'est une vache de responsabilité.

Un, apprendre à coder, pour apprendre comment fonctionnent les ordinateurs et les systèmes d'information en général. Je pense que c'est à peu près aussi indispensable que savoir lire, écrire et compter aujourd'hui. Et pas coder dans des machins Visual Schtroumf, mais faire de l’algorithmique, parler à la machine.

Deux, lire Stallman, Moglen, Lessig.

Et trois, en tirer les conclusions qui sont que la défense des libertés, ce n'est pas quelque chose d'abstrait. Ce n'est pas quelque chose d'éloigné, c'est encore moins quelque chose sur lequel on n'a pas prise, mais c'est quelque chose de bien réel et sur lequel on a une influence tous les jours par les choix que l'on fait. Et que la question au bout du compte, c'est quel monde on veut léguer à la génération d'encore après et que maintenant tout est entre leurs mains.

Journaliste : Jérémie Zimmermann, merci.

Jérémie Zimmernann : Non, non elles sont bien tes questions. Elles sont vaches, c'est bien.

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[PCINpact] Le Parlement européen va enquêter sur les programmes de surveillance US

Le Parlement européen a décidé hier à une large majorité d’ouvrir une enquête sur les récentes révélations portant sur différentes affaires d’espionnage et de surveillance. Un rapport est attendu pour la fin 2013. Les eurodéputés n’ont cependant pas jugé bon d’en appeler à une suspension des négociations relatives à l’accord de libre-échange avec les États-Unis, TAFTA, au grand dam de certaines organisations politiques ou citoyennes. […]

De son côté, La Quadrature du Net a profité de l’occasion pour enfoncer le clou contre TAFTA, qu’elle considère être un nouveau cheval de Troie comportant des dispositions de l’accord commercial ACTA, rejeté il y a un an par le Parlement européen. « Dans un contexte où toute communication entre les négociateurs européens sera potentiellement accessible à leurs homologues américains, comment la Commission pourrait-elle se trouver en position de force et défendre les libertés des citoyens européens ? Comment les négociations pourraient-elles être équilibrées ? » s’est ainsi emporté Jérémie Zimmermann, porte-parole de l’association. Selon lui, « dans un contexte d'espionnage massif des communications des citoyens européens par les institutions et les entreprises américaines, TAFTA pourrait devenir un nouvel accord illégitime trahissant les citoyens européens ».

http://www.pcinpact.com/news/81020-le-parlement-europeen-va-enqueter-sur...

[LaTribune] Vie privée, droit d'auteur, sécurité... pourquoi les Google Glass suscitent tant d'inquiétudes

En plein scandale de l'espionnage électronique, l'arrivée prochaine sur le marché des Google Glass attise bien des craintes, surtout sur la sécurité des données privées. Eclairage.

"Les Google Glass sont un outil de destruction de l'humain", lançait fin juin le philosophe américain Noam Chomsky.

Problème numéro un, une fois de plus: la question de la protection de la vie privée. D'autant plus que l'ouragan du scandale Prism amplifie le phénomène. […] "Le problème va beaucoup plus loin que les simples Google Glass. La vraie question c'est la régulation de l'utilisation des données personnelles qui sont une cible très attractive comme nous l'avons vu récemment", juge ainsi Joe McNamee, directeur exécutif du groupe European digital rights

A côté de ces ces divers problèmes tous liés au respect de l'anonymat et de la vie privée, il en est de moins évidents. Ainsi, pour Lionel Maurel, juriste spécialiste du droit d'auteur, ce "bel objet de méditation juridique", serait susceptible de faire évoluer notre regard sur le droit. "Lors d'un concert, d'un spectacle ou même d'une manifestation sportive, ce que vous voyez est soumis à des droits", rappelle-t-il.

Or, la médiation d'une oeuvre par un écran suppose le respect de ce droit, tandis que le fait d'observer un monument ou de lire un livre à l'oeil nu est libre. Mais, dans le cas des Google Glass, les verres font office d'écran. Dès lors, ce membre de la Quadrature du net également auteur d'un blog, anticipe une situation où la "réalité augmentée par le biais des lunettes" serait assimilée à une oeuvre et soumise à des droits. Pour voir, il faudrait donc payer... […]

http://www.latribune.fr/technos-medias/20130704trib000774024/pourquoi-le...

[RépublicainLorrain] Carte blanche à Jérémie Zimmermann

Carte blanche à Jérémie Zimmermann, co-fondateur de La Quadrature du Net, à propos de Prism, cette affaire de surveillance généralisée du Net par les Américains :

L’affaire Prism apporte la preuve irréfutable de cette surveillance massive et généralisée par les services de renseignements américains (NSA, FBI…). La spirale sécuritaire paranoïaque, depuis le 11 septembre 2001, a sans cesse étendu leur pouvoir au-delà de tout contrôle citoyen. Cela démontre également que les entreprises géantes du web (Google, Skype, Apple, Facebook, Microsoft) collaborent directement à cette surveillance massive.

Cela pose de graves questions de société sur notre rapport à la technologie. Nous ne pouvons faire confiance à ces entreprises pour protéger nos données personnelles et donc protéger nos libertés fondamentales. La protection de la vie privée est une composante essentielle de nos démocraties.

On constate, depuis assez peu de temps, l’émergence de technologies dont les modèles reposent sur le contrôle de nos données personnelles et de nos usages. Je pense à ces services hyper-centralisés comme Google, Facebook… Leur modèle économique est d’aspirer toujours plus de données, ou encore à ces ordinateurs-téléphones qui ne vous laissent pas choisir quel logiciel utiliser. D’une ère où la technologie était amie, où les ordinateurs obéissaient à nos commandes, on est entré dans l’ère des ordinateurs ennemis qui œuvrent contre nos usages et nos libertés.

Pourtant, il existe des technologies pour rendre les individus plus libres. Il s’agit : 1/ des services décentralisés où les données restent sous le contrôle des utilisateurs ; 2/ des logiciels libres qui permettent à l’utilisateur de comprendre et de contrôler la machine ; 3/ le chiffrement point à point des communications qui permet de s’assurer du secret de ses communications.

Ces trois principes existent depuis des années et sont disponibles à tous. Par définition, ils existent pour être auto-apprises. Leur prise en main active est la seule solution pour s’émanciper de ces technologies qui contrôlent. Là est le prix de la liberté.

Seulement, pour beaucoup, ces technologies apparaissent comme « trop compliquées » ou inaccessibles. Pris au piège de la facilité, du confort d’utilisation, ils réalisent aujourd’hui que ce confort cachait en réalité la surveillance généralisée qui est une des composantes du totalitarisme.

http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2013/06/25/jeremie-zimmermann

[Nesblog] [blog] La Quadrature du Net, soutien et infos

L’année dernière, le JoueurDuGrenier, bien entouré, avait sorti une video pour parler d’ACTA. Ce traité promettait de mettre fin aux pratiques de contrefaçon en ligne en restreignant les pratiques de partage, par le renforcement des moyens de surveillance, de censure, et de pénalisation. […]

Depuis, ACTA a été rejeté au Parlement Européen, mais les intérêts qui avaient construit et soutenu ce traité ne se sont pas arrêté à cette défaite, et le rôle que La Quadrature joue dans cette bataille politique reste essentiel.

Actuellement, La Quadrature du Net fait un appel aux dons. Parce que nous utilisons internet comme un gigantesque outil de partage culturel et que ça pourrait ne pas durer, nous sommes directement concernés par le travail de cette association militante. […]

http://www.nesblog.com/la-quadrature-du-net-soutien-et-infos/

[RFI] Comment échapper à la surveillance de Prism?

Chaque semaine apporte son lot de révélations dans l’affaire Prism, ce programme américain de surveillance et d’espionnage du web. Depuis la publication des premiers articles suite aux déclarations d’Edward Snowden, l’ex-informaticien de la CIA, la liste des « victimes » de Prism s’allonge […]

Pas de recette miracle

Pour protéger sa vie privée et ne plus être espionné, il n’y a pas de recette miracle, mais c'est possible, à la condition de changer complètement ses habitudes d'internaute, estime Jérémie Zimmermann de La Quadrature du Net, un collectif citoyen défendant les libertés et le développement économique et social à l'ère du numérique. « Il faut se rendre compte d’une chose, c’est que lorsque vous communiquez via Facebook, Google, ou n’importe quoi d’autre sur internet, c’est exactement comme si vous envoyez des cartes postales. Donc première chose, il faut arrêter de faire confiance aux entreprises qui participent à Prism et arrêter de leur donner des données personnelles. Il faut aller vers des alternatives qui permettent d’utiliser autre chose que Google pour faire ses recherches sur le web ». […]

http://www.rfi.fr/technologies/20130703-comment-echapper-surveillance-prism

[RMC] Les grandes gueules - 2 juillet 2013

Émission diffusée le 2 juillet 2013 sur RMC avec Jérémie Zimmermann, porte-parole et co-fondateur de La Quadrature du Net.

http://www.rmc.fr/podcast/podcast.php?id=36

[BFMTV] L'Atelier numérique - 29 juin 2013

Émission diffusée le 29 juin 2013 sur BFMTV avec Philippe Aigrain, co-fondateur de La Quadrature du Net.

http://www.bfmtv.com/emission/atelier-numerique/

[DebatPublic] [blog] Contribution à la création ou rentes aux intérêts établis : faites votre choix

Comme on pouvait s’y attendre, pendant qu’on déploie de nouvelles mesures répressives contre ceux qui pratiquent ou facilitent le partage non marchand entre individus, toute une série d’acteurs tentent de préempter une éventuelle réorientation des politiques. Il s’agit de redéfinir d’avance ce que pourrait être une reconnaissance du partage non marchand à leur sauce, c’est à dire à celle de leurs intérêts ou de leurs visions. Dans ce contexte, il est devenu urgent de fournir un tableau comparatif entre deux grandes classes de propositions :

  • les propositions de type contribution créative, qui incluent celle-ci, mais aussi la Blur-Banff proposal de 2002, le mécénat global du regretté François Muguet ou la Participation à la Production de Contenus sur Internet de Philippe Axel,
  • Les propositions de type licence globale qui incluent les propositions de 2005 en France, mais aussi déjà celle de Fred von Lohmann dès 2002, et dont on invente sans cesse de nouvelles variantes.

[…]

http://paigrain.debatpublic.net/?p=7460

[CESE] Audition de Jérémie Zimmermann par le Conseil Économique Social et Environnemental

Audition de Jérémie Zimmermann, co-fondateur et porte-parole de La quadrature du Net, par la Section des affaires européennes et internationales du Conseil Économique Social et Environnemental dans le cadre de l'élaboration de son avis intitulé : "Internet et sa gouvernance dans un monde globalisé".

http://www.lecese.fr/content/audition-de-m-jeremie-zimmermann-co-fondate...

[Mediapart] Achetez un « Pi-xel » pour soutenir La Quadrature du Net

La Quadrature du Net a lancé, lundi 24 juin, un appel aux dons pour l’aider à faire entendre la voix des internautes dans « un grand nombre de dossiers cruciaux pour le futur de nos libertés en ligne ». En échange de votre générosité, l’association offre un « Pi-xel » personnalisé affiché sur la page dédiée ainsi que « 1.000 décimales de Pi dans un certificat personnalisé ».

http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/270613/achetez-un-pi-xel-p...

[PCINpact] La Quadrature du Net lance un nouvel appel aux dons

La Quadrature du Net, initiative connue pour ses positions envers ACTA, Hadopi, et l'IPRED notamment, a lancé hier un nouvel appel au soutien. […]

Pour l'année 2013, le budget de l'association est donc de 225 000 euros environ, dont près de 60 % en salaires et 30 % pour les débats, déplacements, etc. Ce budget, en augmentation par rapport à 2012, s'explique par une récente modification du fonctionnement de l'association afin de s'adapter aux sujets d'actualité. « La Quadrature du Net, en plus de ses nombreux contributeurs bénévoles, est désormais dotée d'une équipe de 5 permanents (et un stagiaire) articulée autour de ses trois domaines d'action : la campagne (Jérémie Zimmermann et Yoann Spicher), l'analyse et la veille législative et politique (Miriam Artino et Arthur Messaud) et le développement d'outils pour la participation citoyenne (Thomas Bouchet) » résume LQDN. […]

http://www.pcinpact.com/news/80765-la-quadrature-net-lance-nouvel-appel-...

[TV5Monde] Le journal du 24 juin 2013

Émission diffusée le 24 juin 2013 sur TV5 Monde avec Jérémie Zimmermann, co-fondateur et porte-parole de La Quadrature du Net.

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/programmes/p-80-s2-z73-lg0-TV5...

[DebatPublic] [Blog] Il est juste temps

Les sociétés européennes sont dans un drôle d’état. Une indignation sourde y enfle, contre l’injustice sociale, contre l’apathie sur les questions écologiques, contre les groupes dirigeants, leur économisme aveugle et leur liens d’intérêts croisés, contre la société de contrôle et de surveillance. En même temps, citoyens et collectifs sociétaux développent de nouvelles capacités d’expression et d’action. […]

La Quadrature du Net défend les droits fondamentaux et les libertés dans l’espace numérique et promeut les capacités de chacun à en faire un usage constructif. Ce n’est que l’un des chantiers de construction du futur, mais tous les autres en dépendent. […]

Mais il y a un si, un grand si. Tout cela ne sera possible que si le soutien des donateurs individuels accompagne ce nouvel élan, comme cela a commencé à être le cas à la fin de 2012. Nous avons choisi de représenter chacun de vos dons comme un pixel sur un logo qui se construira au fur et à mesure. Ce n’est pas qu’une image, c’est à vous de construire les libertés et les capacités numériques dont nous espérons être un des ressorts.

Soutenez La Quadrature du Net !

http://paigrain.debatpublic.net/?p=7415

[Boursorama] Espionnage, mais où peut bien être Edward Snowden ?

Émission diffusée le 24 juin 2013 sur BFM TV avec Jérémie Zimmermann, co-fondateur et porte-parole de La Quadrature du Net.

http://www.boursorama.com/actualites/bfm-story-espionnage-mais-ou-peut-b...

[blog][Korben] Soutenons La Quadrature du Net

La Quadrature du Net, qui travaille dur à la défense de nos libertés sur le net vient de réactiver sa campagne de dons pour l'année 2013. […]

Il faut les aider car avec l'EFF et d'autres associations du même acabit, ils sont les derniers remparts de nos libertés. Leur donner plus de moyens, c'est nous donner plus de chances de lutter contre les lois liberticides et de défendre la neutralité du net. […]

http://korben.info/soutenons-la-quadrature-du-net.html

[RTS] Forum - Le périple d'Edward Snowden pour échapper aux USA

L'ex-consultant informatique du renseignement américain Edward Snowden, celui qui a révélé l'ampleur de la surveillance électronique des personnes et des institutions par les Etats-Unis, est arrivé en milieu d'après-midi à Moscou, après avoir quitté Hong Kong où il s'était réfugié. Sa destination finale devrait être Caracas après un crochet par Cuba. Cet itinéraire aurait été choisi pour échapper aux poursuites des Etats-Unis. L'association Wikileaks, qui s'est notamment spécialisée dans la diffusion de documents diplomatiques secrets, épaule Edward Snowdown dans sa tentative d'échapper à la justice américaine. Par Frédéric Pfyffer, avec l'interview de Jérémie Zimmermann, co-fondateur de l'organisation La Quadrature du Net, mais surtout proche de Wikileaks.

Émission diffusée le 23 juin 2013 sur RTS avec Jérémie Zimmermann, co-fondateur et porte-parole de La Quadrature du Net.

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/forum/4989404-forum-du-23-06-2013.html

[LaVie] "J'espère que les agissements de Snowden inspireront aux quatre coins du monde"

Après les révélations d'Edward Snowden, selon lesquelles la NSA avait mis au point un système d'espionnage à l'échelle mondiale, Jérémie Zimmermann, co-fondateur de La Quadrature du Net, une organisation de défense des citoyens sur Internet, répond aux questions de La Vie sur ce nouveau type de « lanceurs d'alerte ». […]

En quoi ces "fuiteurs" (Snowden et Manning) sont différents de leurs aînés (Daniel Ellsberg ou Gorge Profonde par exemple) ?

Jérémie Zimmermann : La différence se situe dans le contexte. L'acte technique est devenu plus simple. […] Mais au fond la démarche est la même : citoyenne, patriote, et mue par un sentiment de justice, et la conscience qu'ils ont entre leurs mains, par leur accès, le pouvoir de faire éclater la vérité. […] J'ose espérer que le « courage est contagieux » [en référence au slogan de Wikileaks, « courage is contagious » ndlr] et que les agissements de Snowden et de tous ces lanceurs d'alerte inspireront aux quatre coins du monde.

http://www.lavie.fr/actualite/societe/jeremie-zimmermann-j-espere-que-le...

[FranceCulture] Place de la toile - Données, archives, oubli

Données, archives, oubli

Tout cela est très compliqué. Et se joue à des niveaux très différents. D’un côté, la Commission européenne est en train de revoir sa vieille directive sur la gestion des données personnelles. Elle date de 1995, depuis beaucoup de choses se sont passées, les entreprises de l’Internet collectent nos données personnelles, les utilisent, les revendent, il est temps de réguler tout ça. Mais voici que les archivistes français s’inquiètent de certaines solutions avancées, et notamment du droit à l’oubli. Ils ont lancé il y a trois mois une pétition qui a recueilli près de 40 000 signatures. Comment retracer des généalogies si les données sont, au bout de quelques années, anonymisées ? Comment faire de l’Histoire avec des documents sans nom ? Les technologies numériques créent donc une belle aporie : nécessité de se protéger contre l’exploitation de données personnelles d’un côté, nécessité de l’archive de l’autre. Nécessité de l’oubli d’un côté, nécessité de la mémoire de l’autre. Le travail mené par la commission permet-il de régler le problème ? La question n’est-elle pas, de toute façon, plus profonde ?

Émission diffusée le 22 juin 2013 sur France Culture avec Philippe Aigrain, co-fondateur de La Quadrature du Net.

http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-donnees-archives-...

[TomsGuide] Le gouvernement lancera une mission sur le téléchargement illégal

D’après les informations du site Ecrans.fr de Libération, la ministre de la culture, Aurélie Filippetti serait prête à relancer le débat autour du « partage non marchand ». En d’autres termes, quelques semaines après la remise du rapport Lescure, le gouvernement ouvrirait un nouveau débat sur la place du téléchargement illégal. [...]

Sur Twitter, Philippe Aigrain, fondateur de l’association de défense des internautes La Quadrature du Net, s’est toutefois montré réservé sur la volonté de la ministre : « Le partage non-marchand entre individus est un problème de droits et de politique culturel, pas juridique. Les juristes sont là pour étudier comment atteindre des objectifs d’intérêt public, pas là pour justifier l’impuissance des politiques ». [...]

http://www.tomsguide.fr/actualite/telechargement-illegal-gouvernement-fi...

[InternetActu] Pour une autre innovation

[…] Les scandales Prism et Verizon ne posent pas seulement la question de la surveillance d’Etat, mais de la surveillance tout court, celle dont nous sommes l’objet à l’heure des très grandes masses de données, des Big Data, des algorithmes et des traitements. Ce n’est pas seulement la confiance dans nos Etats qui est cause, mais également la confiance dans les grands opérateurs de l’internet et dans nos fournisseurs d’accès. C’est la confiance dans une société organisée par et pour la surveillance. […]

Comme le dit Jérémie Zimmermann, porte-parole de la Quadrature du Net, association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet :

nous sommes à un moment charnière de notre histoire, et nous devons questionner notre rapport, en tant que société tout entière, à la technologie. D’un côté, nous avons des technologies qui sont faites pour rendre les individus plus libres, par l’ouverture et le partage des connaissances : ce sont les logiciels libres (comme GNU/Linux, Firefox ou Bittorrent), les services décentralisés (que chacun fait tourner sur son serveur ou sur des serveurs mutualisés entre amis ou à l’échelle d’une entreprise, institution, etc.) et le chiffrement point à point (qui permet aux individus de protéger par les mathématiques leurs communications contre les interceptions).

De l’autre, nous constatons la montée en puissance de technologies qui sont conçues pour contrôler les individus […]”

http://www.internetactu.net/2013/06/20/pour-une-autre-innovation/

[LeMouv] Le Pitch - Watching You… ?

Comment fonctionne Prism, le système de la NSA permettant d'extraire des données à partir de Google, Facebook et consorts ? Quel est l'impact sur notre quotidien ? Félix Tréguer, un des membres fondateur de La Quadrature du Net répondra à nos questions.

Extrait diffusé le 15 juin 2013 sur Le Mouv avec Félix Tréguer de La Quadrature du Net.

http://www.lemouv.fr/diffusion-watching-you

[Ecrans] LobbyPlag, la plaie des groupes de pression

Quoi de mieux qu'un règlement européen sur la vie privée sur Internet pour montrer comment se prennent les décisions politiques à Bruxelles et Strasbourg ?

C’est à ce très vaste projet que s’est attaqué depuis le mois de janvier le site LobbyPlag, lancé par des activistes du web et du data journalisme […]

Sont ensuite venus s’ajouter des documents communiqués par des groupes de défense des internautes comme la française Quadrature du Net […]

LobbyPlag a ensuite mis au point un site qui permet de comparer les propositions d’amendements et les textes des lobbys…

http://www.ecrans.fr/LobbyPlag-la-plaie-des-groupes-de,16576.html

[Numerama] OVH copie et analyse tous les e-mails sortant de ses serveurs

Pour lutter contre le spam, OVH a décidé de mettre en place une analyse en temps réel du contenu de tous les e-mails sortant de ses serveurs. Dès qu'un spam est détecté, l'envoi d'autres mails par le serveur concerné est bloqué en quelques secondes seulement. Mais quelles garanties l'hébergeur apporte-t-il à la confidentialité des courriels envoyés par ses clients ? [...]

Spam et vie privée ne font pas bon ménage. Hier, nous rapportions que Facebook bloquait de nombreux utilisateurs du réseau anonyme Tor, parce que les adresses IP utilisées étaient les mêmes que celles utilisées par certains spammeurs. Aujourd'hui, comme nous le signale @vincib, c'est OVH qui décide de mettre en place une mesure potentiellement attentatoire à la vie privée de ses clients, pour lutter contre le spam. [...]

Tous les e-mails sont lus par une machine, qui recherche les éléments caractéristiques des spams, à commencer par certains mots clés. Mais ce que ne précise pas OVH, et qui semble pourtant inévitable, c'est qu'il faudra nécessairement un contrôle humain pour limiter les faux positifs, et affiner l'algorithme d'identification des messages. [...]

http://www.numerama.com/magazine/26297-ovh-copie-et-analyse-tous-les-e-m...

[FranceInfo] Notre vie privée est-elle encore protégée ?

Entre les réseaux sociaux qui archivent toutes nos données, les sites internet qui nous envoient des pubs en fonction de ce que l'on regarde sur le web, et l'observation directe de nos mails par les renseignements américains, comme l'a révélé une jeune informaticien exilé à Taiwan, notre vie privée ne l'est plus vraiment. […]

Extrait diffusé le 18 juin 2013 sur France Info avec Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.

"Il y a une nécessité d'une approche politique et législative pour protéger les citoyens et leur mettre entre les mains des outils leur permettant de reprendre le contrôle de leur données", explique Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net (association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet).

"L'affaire Prism d'Edward Snowden démontre que l'on ne peut plus faire la différence entre la surveillance publique et la surveillance privée. Cela démontre aussi que l'on ne peut pas faire confiance à ces entreprises, Google, Facebook, Skype, pour protéger notre vie privée, et qu'il est essentielle de prendre des mesures."

http://www.franceinfo.fr/societe/dossier-du-12-14/notre-vie-privee-est-e...

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