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La revue de presse recense les articles de presse relatifs aux sujets de la Quadrature, compilés par ses bénévoles.
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[Mediapart] Libre-échange : encore des obstacles à l’adoption du CETA

Les ministres du commerce extérieur des 28 se réunissent à partir de jeudi soir à Bratislava. L’occasion de dresser la liste des blocages de dernière minute concernant l’accord entre l’UE et le Canada, le CETA, considéré par ses adversaires comme un avant-goût du TAFTA. [...]

Chaque étape est encore incertaine. Mais à ce stade, le vote au Parlement européen semble le plus aisé. Le CETA devrait compter sur le soutien de l’essentiel des députés classés à droite, et d’une partie des sociaux-démocrates. De ce point de vue, le feu vert des sociaux-démocrates allemands donné au CETA mardi lors d’un vote interne du SPD à Wolfsbourg, malgré la contestation anti-CETA très vive en Allemagne, a le mérite de clarifier les choses : il renforce mécaniquement la future majorité sur le texte à Strasbourg. [...]

Dans ce contexte, la lettre envoyée mercredi par une centaine de députés français à François Hollande vaut le détour. Les élus, dont une majorité de socialistes (quasiment 80), certains situés à l’aile gauche du PS, d’autres proches de Matthias Fekl, ne s’opposent pas explicitement au CETA. Mais ils s’inquiètent des risques d’un passage en force du texte dans les mois à venir. En clair : ils redoutent qu’une entrée en vigueur provisoire du texte, après son vote au Parlement européen en fin d’année, ne vide de leur contenu les futurs débats dans les parlements nationaux. Tout cela à l’approche de la campagne présidentielle en France… et des législatives qui suivront. [...]

https://www.mediapart.fr/journal/international/220916/libre-echange-enco...

[NextInpact] État d’urgence : le Conseil constitutionnel examinera le nouveau régime des perquisitions informatiques

État d’urgence : le Conseil constitutionnel examinera le nouveau régime des perquisitions informatiques

Rendue à nouveau possible en plein état d’urgence, l’exploitation administrative des données informatiques est-elle conforme à la Constitution ? Une demande de question prioritaire de constitutionnalité vient d'être transmise au Conseil constitutionnel par le Conseil d'Etat.

Le 19 février 2016, le Conseil constitutionnel censurait une disposition importante de la loi sur l’état d’urgence, ajoutée dans le texte de 1955 juste après les attentats dits du 13 novembre. En substance, elle permettait aux services de police d’exploiter toutes les données informatiques auxquelles il était possible d'accéder au cours de perquisitions administratives. [...]

Après cette fois l’attentat de Nice, le 14 juillet 2016, le gouvernement a autorisé à nouveau cette exploitation pour tous les ordinateurs, tablettes, téléphones, clefs USB, etc. trouvés sur les lieux perquisitionnés. Grosse nuance : le nouveau régime fait maintenant intervenir le juge administratif, seul compétent pour accorder son feu vert. [...]

L’histoire se répète aujourd’hui : le 29 août dernier, le tribunal administratif de Besançon a certes autorisé l’exploitation des données informatiques saisies à l’occasion d’une perquisition. Mais il a surtout décidé de transmettre au Conseil d’État une demande de QPC. Selon les requérants, ces dispositions inscrites à l’article 11-I de la loi de 1955 porteraient atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution.  [...].

https://www.nextinpact.com/news/101406-etat-d-urgence-qpc-vise-nouveau-r...

[NextINpact] Renseignement, judiciaire : Belgique et Suisse se mettent à l'heure du numérique

[NextINpact] Renseignement, judiciaire : Belgique et Suisse se mettent à l'heure du numérique

La Suisse vient tout juste d’adopter sa loi sur le renseignement. Si le texte a suscité des critiques, il a été plébiscité par référendum. En Belgique, un projet de loi entend pour sa part mettre à jour les pouvoirs de la justice face à l’évolution technologique.

Ce week-end, c’est donc à une large majorité que les Suisses ont voté en faveur de ce texte (PDF). À la question « acceptez-vous la loi fédérale du 25 septembre 2015 sur le renseignement (LRENS) ? », 65% des participants ont hoché de la tête.

Selon sa présentation officielle, elle « donne au Service de renseignement de la Confédération (SRC) des moyens adaptés à notre temps pour déceler les menaces et garantir la sécurité » tout en renforçant les modalités de contrôle. [...]

Chez nos voisins Belges cette fois, c’est un projet de loi examiné sous procédure d’urgence qui entame sa procédure parlementaire, comme l’expliquent notamment nos confrères de l’Echo. La logique est la même : adapter la législation en vigueur à l’évolution technologique. C'est ce qu'indique l’épais document de 297 pages surtout dédié au pouvoir judiciaire. [...]

https://www.nextinpact.com/news/101514-renseignement-judiciaire-belgique...

[NextINpact] #QPCHertz : la surveillance hertzienne audiencée le 11 octobre au Conseil constitutionnel

C’est ce 11 octobre à 9h30 que sera organisée au Conseil constitutionnel l’audience d’une question prioritaire de constitutionnalité importante. Elle concerne la surveillance des communications hertziennes, laquelle échappe actuellement à tout encadrement.

La mèche de cette affaire a eu pour allumettes l'an passé, les Exégètes, à savoir la Quadrature du Net, French Data Network, la Fédération FDN et l’association Igwan.net. Elle cible une disposition de la loi Renseignement qui puise ses sources dans l'article 20 de la loi de 1991 sur le secret des correspondances, autrefois codifiée à l’article L. 241-3 du Code de la sécurité intérieure. [...]

Le livre VIII du Code de la sécurité intérieure mis à l'écart est celui intitulé « Du renseignement ». Il encadre donc toutes les opérations de surveillance… sauf celles empruntant la voix des airs. Et ce L.811-5 écarte également la sous-section du Code de procédure pénale relative aux interceptions de correspondances émises par la voie des communications électroniques. Il suffit que les mesures prises par les pouvoirs publics visent à assurer «&nbps;la défense des intérêts nationaux » pour virevolter dans la liberté la plus totale, dès lors que les « intérêts nationaux » sont en jeu, et pas seulement ceux qualifiés de « fondamentaux ». [...]

http://www.nextinpact.com/news/101478-qpchertz-surveillance-hertzienne-a...

[LeMonde] Censure : le plus grand journal norvégien attaque Facebook

L’accusation est grave, et barre la « une » de l’Aftenposten, le plus prestigieux quotidien norvégien. Espen Egil Hansen, son rédacteur en chef, s’adresse à Mark Zuckerberg, le patron du réseau social, pour avoir censuré la photographie de la « fillette au napalm ». [...]

« Je suis fâché, déçu, et même effrayé, de ce que vous êtes sur le point de faire subir à un pilier de notre société démocratique (…) Les médias libres et indépendants ont un rôle important dans la publication d’informations, y compris des images qui peuvent parfois être dérangeantes, et que l’élite dominante et parfois mêmes les simples citoyens ne peuvent supporter. [...] Ce droit et ce devoir, que tous les journalistes du monde doivent exercer, ne devraient pas être sapés par un algorithme codé dans votre bureau californien. » [...]

Plus largement, le pouvoir de Facebook dans l’accès à l’information et son rôle dans la formation des idées politiques ou dans la propagation de fausses informations effraient de plus en plus. Il est reproché au réseau social d’enfermer ses utilisateurs dans une bulle en ne les exposant qu’à des idées ou des informations dont ils se sentent déjà proches, jouant un rôle de « rédacteur en chef » qui relaierait non pas des informations pertinentes, mais celles qui sont le plus susceptibles d’être partagées.

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/09/09/censure-le-plus-grand-jo...

[LeMonde] Allemagne : le gendarme de la vie privée étrille les services de renseignement


En Allemagne, les révélations d’Edward Snowden sur les activités de surveillance des Etats-Unis n’en finissent pas de faire des vagues. La très grande proximité et la collaboration entre la National Security Agency américaine (NSA) et le Service fédéral de renseignement (BND) a notamment déclenché une enquête du commissaire fédéral pour la protection des données (BfDI).

Il a pu se rendre dans l’une des installations conjointes de la NSA et du BND, à Bad Aibling, dans le sud du pays. Il en a tiré une analyse juridique, classifiée, que s’est procurée le site allemand spécialisé Netzpolitik.

Cette analyse est extrêmement sévère pour le BND : le commissaire a dénombré 18 violations sévères de la loi, et a adressé 12 plaintes formelles liées à ces manquements. Netzpolitik note qu’il s’agit du nombre de plaintes adressé par le commissaire sur une année entière pour tout l’appareil fédéral allemand. [...]

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/09/06/allemagne-le-gendarme-de...

[Liberation] Loi renseignement : l'hertz et le néant

Le texte voté l’an dernier a conservé une exception au contrôle du gendarme des écoutes pour la surveillance des communications sans fil. Une brèche vieille de vingt-cinq ans que combattent trois associations.

Plus d’un an après l’adoption de la loi sur le renseignement, ses opposants ne désarment pas. Et ils pourraient bien avoir trouvé le moyen d’y enfoncer un coin… D’ici quelques semaines, le Conseil constitutionnel répondra à une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par trois associations, la Quadrature du Net, le fournisseur d’accès à Internet (FAI) French Data Network (FDN) et la Fédération des FAI associatifs (FFDN) . En cause, une étonnante largesse qui exonère de tout contrôle la surveillance, pour la « défense des intérêts nationaux », des communications sans fil. Une (grosse) brèche, vieille de vingt-cinq ans, dans un texte dont l’ambition était justement de mieux encadrer l’activité des espions français. [...]

Fût-elle « aléatoire », « non individualisée », « prise en amont » des procédures de surveillance de suspects identifiés, la pêche aux données couverte par ce legs persistant de la loi de 1991 n’en échappe pas moins à tout encadrement, même minimal. Or, l’été dernier, c’est parce qu’il jugeait trop floue la partie de la loi renseignement consacrée à la surveillance internationale que le Conseil constitutionnel l’avait censurée… De quoi donner de sérieux espoirs à la Quadrature du Net, à FDN et à la FFDN. « Le vrai problème, souligne l’un des membres de leur groupe d’action juridique commun, c’est qu’il n’y a eu aucun débat politique alors que les communications sans fil sont utilisées par tout le monde. A l’évidence, il faut un encadrement par la loi. » Sur ce point, les parlementaires pourraient bien être forcés de remettre leur ouvrage sur le métier. Verdict avant la fin octobre.

http://www.liberation.fr/futurs/2016/09/06/loi-renseignement-l-hertz-et-...

[Europe1] Données cryptées : « Ce que demande Cazeneuve, ça met en danger tout le monde »

Benjamin Sonntag, co-fondateur de la Quadrature du Net, a réagi à la proposition du ministre de l'Intérieur d'ouvrir les données cryptées, mardi, sur Europe 1.

Merci aux bénévoles de l'April pour la transcription originale !

Transcription

Pierre : Ce matin Bernard Cazeneuve a annoncé d’abord que sept personnes avaient été arrêtées au mois d’août par la Direction générale de la Sécurité intérieure, la DGSI, que trois avaient des projets constitués. Une annonce qui en cachait, en fait, une autre, puisqu’avec son homologue allemand, Thomas de Maizière, le ministre de l’Intérieur demande ou veut demander à la Commission européenne d’encadrer juridiquement les réseaux de télécommunications cryptés. Ça veut dire quoi ?

Benjamin : Ça veut dire que M. Cazeneuve va demander à ce qu’il y ait des lois qui imposent à des fournisseurs de service, par exemple Signal1 ou Telegram2, qui vous permettent de communiquer par des messages entre vos téléphones, par exemple, ou avec des ordinateurs, de permettre typiquement à des États ou à des forces de l’ordre de venir écouter les messages des correspondants, des gens qui s’échangent des messages entre eux.

Pierre : Telegram, c’est le fameux réseau social qui permet ?

Benjamin : C’est un genre de logiciel de chat par téléphone, tout simplement, et par ordinateur.

Pierre : Oui, mais ce sont les djihadistes qui utilisent ça, mais pas qu’eux !

Benjamin : Les djihadistes utilisent et une grosse partie de la classe politique française, en fait. C’est ça qui est très étonnant. C’est-à-dire que c’est comme le couteau que j’ai dans ma cuisine. On peut l’utiliser pour faire de la cuisine ou on peut l’utiliser pour tuer quelqu’un.

Pierre : Certainement !

Benjamin : Ce n’est pas ça qui fait qu’on va interdire les couteaux ou réglementer la vente des couteaux dans les magasins d’électroménager, vous voyez.

Pierre : On m’a dit que ça ciblait surtout Telegram. Pourquoi Telegram ? C’est quoi la spécificité de Telegram ?

Benjamin : Telegram a une spécificité qui est n’est pas tout à fait réelle, d’ailleurs. Beaucoup de personnes croient que les messages sur Telegram sont chiffrés de bout en bout, c’est-à-dire que les deux extrémités peuvent voir le message, mais personne entre deux ne peut écouter ce qui se passe. Ce n’est pas tout à fait vrai.

Pierre : On peut voir ?

Benjamin : Ce n’est pas qu’on peut voir, c’est qu’il faut vraiment activer cette fonction pour qu’elle soit disponible. Déjà, si vous n’y pensez pas, ça ne va pas être le cas. Donc n’importe qui peut écouter entre deux, plus ou moins…

Pierre : Oui. Donc on peut voir !

Benjamin : On pourrait voir !

Pierre : On dit qu’on ne peut pas voir et en réalité quelqu’un d’extérieur peut voir.

Benjamin : C’est un peu plus compliqué. Il y a toujours des bons outils. Telegram, si vous activez le chiffrement, comme avec le logiciel Signal qui fait un peu pareil, je connais plus : les journalistes que je connais utilisent plus Signal que Telegram, mais ça fait un peu la même chose, si vous activez le chiffrement, plus personne ne peut voir à part aux deux extrémités, c’est-à-dire sur votre téléphone et sur le téléphone de vos correspondants. Et c’est là où, à La Quadrature on dit : « C’est fallacieux de vouloir imposer aux fournisseurs de permettre d’ouvrir grand les conversations de tout le monde, parce ce que demande M. Cazeneuve ce n’est, ni plus, ni moins, que d’écouter en masse les citoyens. »

Pierre : C’est George Orwell. C’est 1984.

Benjamin : Ce n’est pas juste d’écouter, c’est juste de faire ce que la NSA fait depuis toujours et qu’on a appris avec les révélations de Snowden, c’est de continuer à pouvoir écouter en masse, à pécher au chalut plutôt que de pécher à la ligne.

Pierre : Vous comprenez que l’idée de Bernard Cazeneuve n’est pas de surveiller tout le monde pour son propre plaisir !

Benjamin : À ce moment-là, comment ça se fait ? Excusez-moi. Expliquez-moi que l’ANSSI, qui est chargée de la sécurité des systèmes d’information en France a dit : « Ce n’est pas une bonne idée, ça met en danger les conversations des citoyens et ça met en danger aussi les conversations des entreprises », parce qu’il y a des entreprises qui utilisent ces moyens de communications chiffrées, pas que Telegram, mais d’autres aussi. Donc ça pose un vrai problème.

Pierre : Oui, mais comment on fait ? Benjamin Sonntag, comment on fait ?

Benjamin : Il y a une solution vraiment toute simple, et d’ailleurs qui était dans le projet de loi, je ne sais plus si c’était le projet de loi renseignement ou le projet de loi terrorisme, il y a quelques années, qui autorise les services de renseignement français et les services de police à mettre des mouchards sur les téléphones ou les ordinateurs des personnes suspectées. La plupart sinon toutes les personnes qu’on a vu arrêtées ou qu’on a vu commettre des attentats ces derniers temps en France, ou en Europe, étaient toujours fichées, étaient toujours connues des services de police. Ou alors ce n’était tout simplement pas un attentat. C’est là où on voit que, finalement, les terroristes sont déjà connus. Et quand ils sont connus, je suis désolé, si les services de renseignement avaient les moyens, c’est-à-dire que si, au lieu de mettre des mecs…

Pierre : Des agents.

Benjamin : Des soldats en arme dans les gares et les aéroports, on mettait ces moyens dans les services de renseignement français pour qu’ils fassent du terrain, pour qu’ils aillent chercher les gens qui sont soupçonnés et les suivent nommément, mettent des mouchards dans leurs téléphones : à partir du moment où il y a un mouchard dans le téléphone, le chiffrement ne sert plus à rien.

Pierre : Mais alors, expliquez-moi, parce que pour moi c’est du chinois, vous me parlez d’un mouchard sur un téléphone.

Benjamin : C’est un logiciel sur mon téléphone.

Pierre : Un téléphone comme celui-ci ? C’est ça ?

Benjamin : Sur mon téléphone, si je vous lis chez moi ou si je me le fais pirater à distance.

Pierre : Est-ce qu’il va décrypter, ce mouchard, également les applications Telegram et Signal ?

Benjamin : Oui, tout à fait.

Pierre : Ah ! D’accord !

Benjamin : C’est complètement possible.

Pierre : D’accord. Et pourquoi est-ce qu’on ne fait pas ça ?

Benjamin : Il faut aller le demander à M. Cazeneuve.

Pierre : Vous posez la question à Bernard Cazeneuve ?

Benjamin : C’est ça qui est terrible, c’est qu’il n’y a personne ! C’est un peu comme le projet de loi de renseignement : toutes les personnes un peu compétentes dans ce milieu, et pas que les activistes de La Quadrature du Net, pas que les défenseurs des libertés, mais des gens comme la CNIl, comme la Commission nationale des droits de l’homme, comme le CNNum, le Conseil national du numérique, qui sont quand même des gens qui sont des experts de ce milieu, qui ont été même nommés par ce gouvernement leur disent : « C’est une bêtise, ne le faites pas ! »

Pierre : Expliquez-moi comment…

Benjamin : Expliquez-moi !

Pierre : Non. Expliquez-moi vous, puisque vous êtes là ce soir et non pas Bernard Cazeneuve, expliquez-moi comment ce mouchard dont vous parlez préserve les libertés individuelles, contrairement…

Benjamin : Parce qu'il s'adresse…

Pierre : Laissez-moi terminer ma question pour les auditeurs, contrairement à ce que propose Bernard Cazeneuve, au chiffrement.

Benjamin : Ce que permettent ces logiciels, c’est d’aller chercher les messages de personnes soupçonnées et d’individus individués, individuels, de personnes une à une. Alors que ce que demande M. Cazeneuve, alors on n’a pas le détail de ce qu’il va demander, mais on le sent bien, ce sont soit des back doors, soit la collaboration, c’est-à-dire le fait de modifier le code source pour que le chiffrement ne soit pas efficace. Donc ça met en danger tout le monde parce que le moindre pirate va venir et va pouvoir refaire la même chose que le ministre de l’Intérieur, c’est-à-dire écouter les conversations de tout le monde. Donc ce que demande M. Cazeneuve c’est d’ouvrir ces logiciels pour que les services de renseignement ou la police puissent écouter les messages, mais écouter les messages de tout le monde, de manière complètement indiscriminée. C’est aussi absurde, aujourd’hui, que d’interdire, en fait, la mise sous enveloppe du courrier postal. Là le parallèle est flagrant et tout le monde comprend. Si on vous dit demain : « Il est interdit de mettre sous enveloppe. »

Pierre : Ah oui ! Vous voulez dire c’est comme si on avait des enveloppes transparentes.

Benjamin : C’est comme si on imposait des enveloppes transparentes et on interdisait les enveloppes opaques. C’est de ce même ordre d’idées.

Pierre : Là vous dites que ce que demande Bernard Cazeneuve et son homologue Thomas de Maizière, c’est d’écouter tout le monde.

Benjamin : Oui. Les allemands ne sont pas aussi…

Pierre : C’est d’écouter tout le monde, mais comment est-ce qu’on fait pour écouter tout le monde ?

Benjamin : Mais il ne faut pas écouter tout le monde ! C’est ça le problème !

Pierre : Il faudrait une planète entière pour écouter une autre planète, si j’ose dire.

Benjamin : Non, parce qu’en pratique aujourd’hui, si vous écoutez les conversations de tout le monde, déjà il faut savoir que ça tient sur un disque dur qui fait la taille de mon sac à dos, si vous voulez, et ça coûte quelques dizaines de milliers d’euros pour écouter des millions et des millions et des milliards de messages. Et après on peut indexer et on peut faire éventuellement des recherches dans ces messages. Il y a des gens qui me disent : « Alors ce serait bien. On pourrait rechercher les mots, des mots-clés sur le terrorisme, etc. » OK. Sauf qu’on perd toute liberté de secret, toute intimité. Enfin, il n’y a que des États totalitaires qui font ça !

Pierre : Est-ce que vous vous mettez à la disposition du ministre de l’Intérieur ce soir ?

Benjamin : Ah, mais on est tout à fait à disposition pour en parler.

Pierre : Pour lui proposer une alternative à ce que lui voudrait ?

Benjamin : Les services de renseignement lui proposent déjà des alternatives. Ce n’est pas ce qu’il demande. On se demande vraiment ce que fait M. Cazeneuve dans cette histoire. Il y a plusieurs possibilités. Il n’est pas idiot, je veux dire. Soit c’est un coup médiatique, c’est la rentrée, il faut faire un petit peu de bruit, c’est le moment, il y a les primaires qui se profilent, vous voyez, genre de choses.

Pierre : Vous pensez que c’est électoraliste ?

Benjamin : Qu’est-ce que vous voulez que ça soit d’autre ? Ça n’a aucun sens. Personne ne le demande, à part lui.

Pierre : Vous dites ce soir que c’est une proposition électoraliste ?

Benjamin : Je pense. C'est électoraliste ou ça fait partie de ces choses ! C’est comme les militaires dans les gares et les aéroports, c’est juste pour rassurer les Français sans qu’il n’y ait la moindre efficacité à long terme.

Pierre : Merci beaucoup Benjamin Sonntag, co-fondateur de La Quadrature du Net d’avoir été avec nous ce soir.

Benjamin : Merci à vous.

http://www.europe1.fr/emissions/l-invite-d-europe-1-nuit/donnees-cryptee...

[Usbek&Rica] Vivons-nous vraiment en cyberdictature ?

Loi renseignement, loi numérique, loi relative à l’état d’urgence… La démocratie française a-t-elle basculé ces derniers mois du côté de la cyberdictature ? Usbek & Rica a posé la question à deux observateurs de la vie numérique dans notre pays : Adrienne Charmet, porte-voix de l’association La Quadrature du Net, préoccupée par la dimension sécuritaire des récents textes de loi, et le journaliste spécialisé Jean-Marc Manach, qui refuse de tomber dans la paranoïa généralisée sur les questions de surveillance [...].

Quelques jours plus tôt, La Quadrature a bouleversé son plan d’attaque : exit le lobbying direct visant les projets législatifs ; place à la pédagogie grand public et à l’échelon européen comme cible prioritaire [...].

Le magnétophone tourne à peine que le journaliste – qui se méfie des journalistes – et la militante – qui se désespère des politiques – assemblent tel un puzzle les contours d’une société sous contrôle, où la paranoïa ne se niche pas toujours où on l’attend. Échange non complaisant entre deux lanceurs d’alerte [...].

http://usbek-et-rica.fr/vivons-nous-vraiment-en-cyberdictature/

[Actualitte] Défendre la neutralité du net : déclaration de l'IFLA pour préserver les bibliothèques

Lors du 82e Congrès de l’IFLA, une déclaration commune sur la nécessité d’un internet neutre a été communiquée. « L’Internet est construit pour être égalitaire, permettant à tout un chacun d’accéder à l’information à n’importe quel endroit de la Toile et sans interférence inique », assurent les signataires.

Les institutions réunies pour le Congrès de la Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques s’engagent donc, une fois de plus. Les avantages conférés par des Fournisseurs d’accès à internet à certains sites, ou les sanctions prises, remettent en cause la neutralité du net. « En tant qu’institutions s’engageant à donner à leurs usagers un accès équitable au savoir, les bibliothèques jouent un rôle clef dans le maintien du principe de la neutralité de l’Internet. » [...]

La Déclaration sera à mettre en parallèle avec la récente prise de position des opérateurs télécoms, qui menaçaient de restreindre les investissements en matière de 5G. L’intervention des régulateurs suivant les règles européennes sur la neutralité du net, leur posaient de sérieux problèmes. Une trentaine d’organisations [NDLQND : Dont La Quadrature du Net] avaient signé un courrier adressé aux législateurs européens, pour demander de ne pas céder à la pression des lobbyistes en la matière.

https://www.actualitte.com/article/lecture-numerique/defendre-la-neutral...

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