[Mediapart] Espionnage électronique : « Briser la carapace du secret »

[…] L’éventail des données collectées avec Prism est très large : e-mails, chats audio et vidéo, photos, historiques de connexion… Pratiquement, cela couvre à peu près tout ce qu’on peut faire en ligne, y compris une recherche sur Google. L’échelle de cette entreprise d’espionnage généralisé est colossale : un document de la NSA montre qu’en mars 2013, l’agence a récolté 97 milliards d’éléments d’information sur les réseaux informatiques mondiaux. En clair, les services de renseignement des États-Unis ont aujourd’hui les moyens de surveiller une part significative du trafic Internet mondial. Au nom de la lutte contre le terrorisme, mais au risque d’empiéter gravement sur les droits civiques.

Comment les citoyens peuvent-ils résister à cette dérive sécuritaire ? La question est au cœur de la démarche de La Quadrature du net, organisation de défense des libertés sur Internet. Son porte-parole, Jérémie Zimmermann, est co-auteur du dernier livre de Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, Cypherpunks, en français Menaces sur nos libertés. Il revient, dans cet entretien, sur les conséquences des révélations de Snowden et les enjeux du combat démocratique contre les abus de la surveillance électronique. […]

Jérémie Zimmermann : Cette inflation du secret et de la surveillance des citoyens porte en germe une dérive anti-démocratique. C’est pourquoi il est si important d’avoir la preuve irréfutable de l’existence de cette surveillance : cela va peut-être permettre d’ouvrir un débat public sur cette politique sécuritaire paranoïaque qui fait le jeu des terroristes et des marchands de canons. Le monde entier doit faire pression sur les États-Unis pour les pousser à faire le ménage, à reprendre le contrôle de ces agences de renseignement et à briser la carapace de secret. […]

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