[ArretSurImages] "Pour une fois que la Commission travaille pour la protection du citoyen !"

Il y a des batailles menées très loin qui nous échappent totalement. Très loin comme Bruxelles par exemple. Actuellement, et depuis des mois, les députés planchent pour mettre au point le règlement européen sur la protection des données personnelles. Et, d’ici, on n’imagine pas les forces en jeu entre les entreprises qui souhaitent commercer et les citoyens qui souhaitent être protégés. Pour l'heure, le projet, au départ très protecteur des citoyens, est en train de se réduire à peau de chagrin. […]

A ce jour, la protection des données est encadrée par une directive européenne qui date de 1995. On est d’accord : c’est vieillot. D’autant qu’en vingt ans, les usages ont sensiblement évolué. […]

C’est dire si l’ambiance est chaud-bouillante dans les couloirs de Bruxelles. La Commission chef, celle de Jan Albrecht, n’a toujours pas voté le texte, un vote prévu initialement fin mai, puis mi-juin, puis juillet mais qui sera probablement reporté à la rentrée. Selon les bruits de couloirs, l’élu vert va sûrement manger son chapeau. Voire renoncer à mettre son nom sur le rapport si vraiment il ne correspond plus aux idées qu’il défend. Zimmermann est amer : "on passe à côté d’une formidable opportunité. L’Europe aurait pu créer les conditions de confiance pour voir émerger un nouveau marché". Euh… ce n’est pas l’avis des entreprises qui y voient une entrave au commerce des données. "C’est sûr, ces entreprises exigent l’open-bar sur les données ! D’ailleurs, celles qui râlent contre le règlement me font penser à l’industrie automobile qui s’opposait à la ceinture de sécurité au nom de la liberté d’entreprendre et celle des utilisateurs… au bout du compte, tout le monde y a gagné par la confiance accrue des utilisateurs dans l’auto. On aurait pu créer un label européen pour les sites vertueux et voir les internautes délaisser les géants actuels pour des services européens plus soucieux de la vie privée. Mais on en est en train de laisser filer l’occasion. A moins d’une grande prise de conscience citoyenne" soupire Zimmermann. On peut toujours rêver.

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5887